Que dis-tu le monde ?
            
Le peuple des chansons

 

Chef d'oeuvre : Fernando V. Da Sylva



Le peuple des chansons

 

Nous avons des matins imprégnés de sagesse
Sous des regards nouveaux qui réveillent l'amour,
Nous portons en nos mains ces antiques caresses
Depuis l'aube des temps, ne pesant pas bien lourd.

Serments et sentiments sont les limons du monde
Qui danse sous nos pas à l'heure du berger,
Nous avons des soleils à chaque point vital
Et des cellules d'or, qui tombent à nos pieds.

Nous avons les étoiles, myriades de lumières,
Aux galaxies naissantes et regards enfantins,
Des sourires rêveurs, l'esprit toujours en fête
Et l'amour dans nos cœurs, chante soir et matin.

Puis aussi, des serments, bercés de certitude
Balayant toutes peurs et peines endurcies,
Nous bénissons l'espoir qui grandit comme l'herbe
Dans sa gloire sereine, conscients d'aimer la vie.


~~~*~~~


Par delà les flots bleus, par delà les maisons,
Le peuple des chansons perdure au gré du temps.
À l'égard des blessures, il parcourt du regard
Toutes les déchirures
Et l'absence se lit sur sa mine défaite.
Il s'adresse à son âme, lui dit d'être patiente,
Il écoute les heures fouler le temps,
De leurs chevaux de bois.
Et le peuple meurtri est réduit au silence,
Peut-être à l'agonie de ses jeux,
De ses joies.
Tournant des yeux mi-clos, sans savoir qu'il est là,
Adossé au néant, à souhaiter que reviennent
Des jours emplis de fièvre
Où la vie est le fruit qui nourrit toute chose.

La lassitude au corps, il se racle la gorge,
Il se gratte la tempe d'un doigt dubitatif
Puis reprend son chemin, toujours prêt à comprendre
Ce qu'il voudrait savoir mais qu'on ne lui dit pas.

" Car il est fait de l'eau,
Des vagues lancinantes
Qui s'attachent en chœur à la voûte des cieux
Et pour ces années là, de peines endurantes
Son âme cherche encore à vivre auprès des Dieux. "

Le peuple des chansons est un enfant qui dort
En gémissant parfois au cours de son sommeil.
Il aimerait gagner mais refuse à se battre
Pour une pacotille qui n'a pas son pareil.
C'est pourquoi il est dit : " Que le silence est d'or
Lorsque s'endort l'enfant dans les bras de l'oubli. "
C'est pourquoi il est vrai qu'il réclame la vie,
Car nul ne peut prétendre en ce monde cruel,
Disposer pour autrui, de celle qui ne lui
Appartiendra jamais.

 

LP
 

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