composee.gif (6254 octets)Fleurette

En ce nouveau présent,
Court fleurette volage,
Aimer de temps en temps
Est fort bel apanage
Et s'ouvrir chaque jour,
Noble serment d'amour.

Cueillez, fleurette belle
En votre coeur d'enfant,
Rires de jouvencelle
Quand tout sermon laissant
A votre âme pucelle,
Ses doux rêves naissants

Pour dans l'ombre blottir
A l'abri du présent
Vos espoirs d'avenir
Gardés jalousement
Tant les voulant chérir,
Couver secrètement.

Si prudente, si sage
Tout écueil évitant,
Vous pratiquez l'adage
Dont tout maître visant
A respecter l'usage,
Veille qu'il soit vivant

Grand raison vous avez,
Lors veuillez corps et biens
Des maux, vous protéger
Lorsque l'hiver s'en vient
Par trop vite arrivé
Et que l'on n'a plus rien
De semence à germer.


~~

L'ordinateur

Depuis que le monde est écran,
Les chimères assurément
Avancent à pas de géant
Sans regarder d'où vient le vent.

L'ordinateur est un brigand
Qui dérobe le coeur des gens
Dans la majeure partie du temps,
Sur le mode mineur des ans.


Des automobiles sans fin,
S'enfuient, le sol glacé se fend,
Ça pourrait faire peur aux enfants
Qu'il pleure, sous le cri de leurs freins.
Enchantement, ton étincelle,
Infante feu qui devient belle,
Danse sous une pluie de gel
Aux pieds du très grand Michaël.

~~

Vent du nord

Bise froide du nord
Que l'amitié réchauffe
En ce jour de mistral.

Ce vent sans concession
Fait tomber les feuillages
Comme coeurs qui s'égrainent
Sous le joug ennemi.

Ce vent,
Gémit les peines,
Déportant leurs courroux,
Dispersant leurs nuages,
Leur évitant les pleurs.

J'ai vu gravir des lunes
En des cieux menaçants,
Dans le cri de l'hiver.
J'ai vu fondre des coeurs
Sous un pâle soleil
Qui ne promettait guère
De briller plus longtemps.

Ainsi cette tempête
Se diluant dans l'azur
Par une simple bise
Qui ne jurait de rien.


~~

Vert luisant

Un vert luisant m'a dit:
" J'ai conté ma fortune
Au soleil, à la pluie
Or, je n'ai jamais pris
Un seul rayon de lune
Pour allumer la nuit.

Je n'ai volé au ciel, aucune des étoiles
Afin que ma parure ne se vêtit d'éclat,
De même qu'au soleil n'ai brisé de rayons
Pour prendre à sa grandeur,
Et sa face et son nom.

Si je me réfléchis
Dans un coin de l'espace,
Fier d'être lumineux
Et toujours à ma place,
C'est bien plus pour ma mie,
Gagner d'elle la grâce
Qu'être un vantard verreux,
Que la lumière efface. ''

~~

Dans ses nuits

Dans ses nuits éveillées
Il se voyait marcher,
Allant vers d'autres rives,
Loin des terres brûlées,
Des hommes en dérive.

Il vivait d'impuissance
Jusqu'au dernier denier
Mais remerciait la chance
De l'avoir épargné.
Saturé de défaites,
Il avait basculé
Entre vents et tempêtes,
Les dés étant jetés.

Il voulait voir la mer
Il voulait toucher Dieu
Et pensait que la terre
Le porterait aux cieux.
Au berceau de son rêve
Il maudissait les jours
En jetant sur la grève,
Ses fantômes d'amour.

En recherchant un monde
Où loge le bonheur,
Par la force de l'onde
Il y baignait son coeur.

Maintenant il écoute
Les poèmes du temps,
La faim, la banqueroute,
Il les voit autrement.
Sa vie est sans déboire,
Très sereine à présent
Qu'il écrit les histoires
Que lui porte le vent ;

Puis retourne sa terre,
Puis cultive son champ,
Voyage sur les mers
Comme il le souhaitait tant

Et le chant des baleines
Le berce comme un enfant.

~~
LP

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