Force vive

 

Photo : Lydia


Mon esprit, cet oiseau qui survole les mers,
Perce les horizons puis traverse les airs.
Ses yeux fendent l'�clair et p�n�trent l'orage,
Nul ne s'en soucie gu�re, lorsqu'il voit les naufrages
De l'�me corrompue, de la fausse amiti�,
Des failles, des vertus et semblants de piti�.

 

*~~*~~*

 

L'arbre mutil�


Ils ont dit : Coupez cet arbre !
Rognez d'abord la branche droite
Et puis la gauche.
Coupez ses nœuds, broyez ses feuilles,
Fendez son tronc.
Rasez-nous ces racines qui d�passent du sol !

Ils ont coup� ses branches, broy� toutes ses feuilles,
Rogn� aussi sa flamme, panache �blouissant
�clatant sous l'automne.
Ils ont m�me effac� son ombre sur le sol
Mais l'arbre �tait vaillant sous les mains des scieurs
Et les dents ac�r�es de tous leurs attirails
Se sont pulv�ris�es, se heurtant sans merci
� l'�corce increvable de l'arbre imp�rissable.
Comme d�courag�s par cette force vive,
ils ont laiss� pourrir � terre tous leurs outils.

C'est ainsi qu'�lagu�, l'arbre �tait mutil�.

J'ai vu sortir des nœuds, la s�ve d�bordante
Qui, ne pouvant nourrir d'autres bois que son axe,
Se r�signait � fuir en coulant sur la terre
Tandis que l'arbre entier, fr�missait de col�re.

J'ai entendu grincer son �corce frissonnante.
D�pourvu de ses bois, il passera l'hiver
Mais au printemps venu, il redeviendra vert
Car il en est ainsi des arbres immortels.

Et le temps passera, emportant tous ces hommes
Qui n'ont pas eu le tact de le laisser en paix.
Bien des vents balayeront les nu�es de l'automne
Et la b�tise humaine qui n'a pas de regret.
D'autres arbres alors, auront grandi sans peine,
Issus de ses rejets, formant une for�t ;
L'anc�tre mutil� jadis par le carnage
Dont les yeux invisibles, pleuraient de cet outrage
Sourira tendrement � ses petits enfants.

 

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La fleur des champs


J'�tais une fr�le fleur des champs
Qui dansait dans l'air du printemps.
Des mains douces enserraient ma tige,
Je les flattais par mon parfum,
Jamais fleur ainsi ne se fige,
Le vent transportait mes embruns.

J'�tais paisible, j'�tais bien,
Vivant en parfaite harmonie
Avec les autres et les miens,
Herbes, orobes, chardons b�nis.

Je languissais d'�tre en �t�,
Quand un humain est arriv�.

Brassant l'espace, fendant les airs
il martel�t de son soulier
Le terrain vierge o� je vivais.

Sans un �gard et sans douceur,
Il me coucha ainsi, la fleur.

� pr�sent je suis d�sol�e,
Corolle � terre, pi�tin�e,
Or mes racines sont trop vivaces
Pour que je meurs de cette audace...

Alors des �pines ont pouss�
Pour prot�ger mon cœur bless�.

 

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L'arbre Coeur


Il est un arbre aux mille branches
Qui se d�ploie sur la montagne,
De ses bras noueux jusqu'aux hanches
Il salue l'aube, sa compagne.
Dans son bois chaud, coule la s�ve
Qui alimente son feuillage,
Quand il fait beau ses bras s'�l�vent,
Solides, verts en son bel �ge.

Il est un arbre inachev�
� l'int�rieur de son �corce ;
Qui pourrait croire qu'il s'est bless�
En tenant de toutes ses forces ?
Pourtant quand la foudre est tomb�e
Elle n'a pas atteint sa cime,
Seule sa fibre fut touch�e,
�branlant son port si sublime.

Quelques feuilles se sont d�tach�es
Retombant au sol doucement
Et ses bois se sont resserr�s
Comme pour se prot�ger des vents.
Mais il ne s'est d�racin� ;
Par quelque chance il fut sauv�.

Il est un arbre merveilleux
Qui se dresse, vaillant et fier,
Vrai colosse silencieux,
Il embrasse la terre enti�re.
Majestueux, en forme de cœur
Et portant le go�t du bonheur,
Un arbre ici avec des yeux,
Qui regarde au-del� des cieux.

LP

 

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