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De vous à moi
Augures
Auprès de l'arc-en-ciel, je dessinais les
cieux,
Azur au goût de miel et parfums délicieux.
À la lumière du doute, je tissais plusieurs voiles,
Agrippant quelques gouttes fuyardes sur la toile...
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J'ai
baptisé la pluie, aux augures de joie,
Chevauché l'infini en rêve, quelquefois
Où là, je survolais des mondes oubliés
Habités de silence et paisibles beautés.
J'essayais d'oublier les parjures, l'horreur,
À l'ombre d'un " je t'aime " j'effeuillais une fleur,
Vestige d'un poème éclaboussé de pleurs
Essayant par là même, de conjurer la peur.
J'ai voulu tant et tant sortir de cet oubli,
De ces bras du néant qui me privaient de vie ;
L'ennui est si présent certains jours, que je meurs
Au rire et à la paix qui dorment dans mon cœur.
J'ai conquis le soleil, un soir de pleine lune,
J'ai béni l'arc-en-ciel qui envoûte la dune
Et lorsque le bien être prit place en mon esprit
Ce fut pour me faire naître et m'unir à la vie.
Combien d'étoiles sont de lumières ternies
Aux souvenirs anciens, d'existence d'antan ?
Combien de soleils morts, à cette heure d'aujourd'hui,
Ont quitté le circuit de la ronde du temps ?
Que de vestiges fous aux lambeaux d'espérance,
Se meuvent tout en nous au tréfonds des consciences,
Habillant nos humeurs, paradant sur notre âme,
Entachant de lueurs de crainte, notre flamme ?
Combien de résidus nous reviennent ainsi,
Nous poussant trop souvent sur le bord de l'abîme
Et nous faisant chuter, l'esprit endolori,
Dans la gueule d'un mal qui joue et nous décime ?
J'ai volé la lumière à un rayon solaire
Et mes doigts se sont pris dans un anneau lunaire
En brèves épousailles pour embrasser vos yeux,
Caresser votre étoile et saluer vos cieux.
On me dit intrépide, parfois on me rudoie
En paroles sordides, pour me montrer du doigt
Et je dois résister aux pensées qui m'accablent
Quand je m'ennuie souvent, d'être seule à ma table.
La communication ne connaît pas de lois
Qui lui imposent : rire et plaisirs partagés,
C'est souvent dans l'ornière que l'échange est un roi,
Enseveli, brisé, que l'on tient camouflé.
Sur un tel parcours, il n'y a pas d'ardeur,
Ce monde matériel n'est pas mon univers ;
Quand je m'y sens trop triste, j'ai le cœur à l'envers,
Surtout en cet hiver où tout dort et se meurt...
Au printemps je verrai à fixer une date
Pour faire une balade à mille lieues d'ici,
Je traînerai alors mes modestes pénates
Sous la voûte des cieux et des arbres aussi.
Je ne supporte plus de voir : mesquinerie,
Trahison, jalousie, venir salir mes jours,
Je ne suis qu'une femme, en tout point et qui vit
Loin de tout ce marasme, et qui aime d'amour.
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Entre
ville et campagne
La ville c'est parfois l'enfer.
On y retrouve ses tripes de métal
Qui vous tiennent serré dans leurs étaux de fer.
On y connaît l'amour des basses latitudes,
Les illusions sauvages aux pouvoirs d'abandon.
La ville, c'est ce fantôme aux sentiments épars
Qui hante votre temps à chaque heure du jour.
Des fragments éternels parfois vous interpellent
Mais passent furtivement comme un spectre qui erre.
J'ai besoin de la terre et j'ai besoin du vent
Pour nettoyer mes yeux de toutes ces scories,
Pour purifier mon sang de trop de cigarettes,
Mes bronches, mes entrailles, d'un dard empoisonneur.
Besoin de liberté pour y baigner mon cœur,
Ainsi que respirer les herbes et les fleurs !
Oui j'ai besoin des arbres, des insectes, des cieux,
Pour entrer en symbiose un instant avec eux.
LP
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