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Au-delà de l'attente

CE SERAIT
Ce serait des absences qui ne font plus
souffrir,
Des éclats de tortures qui se perdraient dans l'air
Des cris de déchirures qui seraient apaisés
Ou simplement le souhait de voir le vent tourner…
Ce serait des serments d'amour et de tendresse
Aux promesses tenues, sans être prisonnières,
Aux caresses qu'un ange poserait sur la joue
D'un vieil homme qui fuit pour protéger ses jours.
Les étaux de la haine, desserrant leurs étreintes,
Entrouvriraient soudain leurs lèvres de métal,
On pourrait voir enfin disparaître l'empreinte
De la vieille injustice qui ne connaît plus d'âge.
Ce serait le repos pour des âmes meurtries,
Les sanglots à jamais garderaient leurs soupirs
Et les fardeaux de honte succomberaient alors
Sous le poids de leurs peines, ils connaîtraient la mort !
Ainsi donc, une vie qui n'en finirait plus
D'être chaude d'ivresse, de haine révolue,
Dense dans le corps même de la joie retrouvée,
Tel un joyau suprême que l'homme a égaré...
Ou peut - être, une marche dont chaque pas élève
La dignité de l'être en offrande au soleil,
Une réalité dont l'homme et l'animal
Goûteraient l'harmonie dans un respect total.
Et si c'était un rêve, ce serait le plus doux,
Ce serait le plus beau qu'on puisse imaginer.
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L’homme défiguré
Cet homme, comme un maudit, dans le corps de
la nuit
Traverse les halos lumineux de la ville.
Sa vie s’est fracassée contre un roc puissant,
Volant en mille éclats tel un feu d’artifice.
Il voudrait oublier qu’il n’a plus de visage,
Doit reprendre à zéro le reste du parcours.
Sous son masque de honte la vie brûle son cœur,
Plus forte que jamais.
Devra-t-il désormais offrir son amitié
Puis rêver à l’amour plutôt que de le faire ?
Devra-t-il dévoiler sa beauté intérieure
Afin de compenser sa disgrâce physique ?
Cet homme court ! Court ! Court !
Pauvre dément trahi, foulant de tous ses pas
Le sol indifférent comme pour écraser
Sa peine, son horreur, sa jeunesse volée,
Son avenir meurtri et puis s’exorciser
D’une injustice immonde…
Obscurité, lumière, alternativement,
Zèbrent sa silhouette.
Je sais qu’il apprendra la dignité de ceux
Qui ont perdu l’attrait d’un charme légendaire,
Contraint de comprendre que la fleur de son âge
Est fanée avant l’heure, cultivant chaque jour
Des graines de sagesse pour mourir et renaître
A l’ombre de l’espoir,
Sur le sein de la vie.
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Le fileur
Un filet fin comme fil de lin
Se défile sous la lune
Où se faufile le fil du temps
Quand j'enfile des perles
Eperdues
de soleil, venues
Du bout du ciel tout nu.
Tu éternues dans le vent
Qui te bise en biseau
Et qui te mord la peau
Quand tu sors.
Mais un fil,
Filet fou où se faufilent
Ses mailles un peu percées
Qui vont se défiler
Pour te laisser filer,
Se trame sur ton âme
Et ça n'est pas un drame
Puisque tu es en vie.
Ainsi donc, sur un fil, tu marches,
Tu cours, tu files, eh ! Fileur !
Où vas-tu comme ça?
Allez ! va,
Vole et fuis aussi loin que tu peux,
Pour aller te
percher, pour aller te cacher
Dans le creux de ton nid,
Sur le fil de tes rêves,
Oh ! Douce fantaisie, fantaisie, fantaisie.
J'enfile dans une aiguille
Le lin de fil,
Sous un filet d'eau claire.
Je lance le défi dans l'air de me taire. Bon.
J'effile tous les fils me tenant
Au filet, enfilée dans le fil du temps
Que je vois défiler et je file en courant
Et je vole en filant, aussi loin que je peux,
Comme fait le fileur,
Mais où va-t-il comme ça celui là,
Pour aller se cacher, pour aller
Se nicher dans un filet d'écume,
Sous le fil de la lune
Et enfiler le rêve aux douces fantaisies?
fantaisies, fantaisies?...
Fin, ce filet de vie
Est comme fil de soie sous un reflet
D'eau claire où le soleil faufile
Ses rayons lumineux
Sur le fil du rasoir effilé par la haine
De nos cœurs quand ils saignent
Et qu'un filet de sang retombe sur la terre...
Là je file ! Je m'enfuis, je m'envole
Aussi loin que je peux,
De la braise un peu folle de mes amours en feu.
Toute nue, j'éternue dans le vent
Qui me bise, soulevant le biseau qui me mord
Quand je sors, eh ! Fileur, où es-tu?
Toi qui voles et qui files pour aller te cacher,
Pour aller te nicher dans le creux de tes rêves
Aux douces fantaisies, fantaisies, fantaisies...?
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L'autre
Regarde là l'autre !
Les yeux éclaboussés de solitude,
Des pigments d'angoisse plein le visage,
Sa chevelure feuillage
Frissonnant au moindre stress !
Regarde-là celle-là !
Dans son besoin d'aimer qui la taraude,
Les yeux du désiré dansant en son esprit,
Ce regard indigo si tendre qu'elle réveille
Dès lors qu'elle pense à mourir !
Non mais dis, tu la vois ?,
Qui fredonne inlassable, son refrain langoureux
Et, se voyant vieillir, semble tout s'interdire ?
Quand elle écrit " Amour ", à qui écrit-elle donc ?
Quand elle en rêve aussi, où s'en vont ses chimères ?
Vers quelle destinée ? !
Y aurait-il donc des gens sur cette bonne vieille terre
Qui rêvent pour les autres
Leur permettant ainsi d'exaucer tous leurs souhaits,
Sans avoir droit à rien,
Si ce n'est : Qu'espérer ?
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LP
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