[Fredesk - 07/03/2000 17h59 HNE]
Lustucru...! ouh! ouh! Lustucru... disait si doucement Fredesk... sachant fort bien que sa dulcin�e ne s'�veillerait jamais au son d'un aussi faible discours...
Il venait de s'�veiller dans la plus mis�rable masure qu'il ait jamais habit�e de sa vie. Leur faillite avait �t� si retentissante qu'ils avaient fui en se cherchant un toit qui ne leur co�terait rien car ils n'avaient plus un seul sou. Plus un seul. Et leur qu�te, souvent irrespectueuse les avait men�s ici... Du papier brun en guise de carreaux aux fen�tres, des pigeons qui roucoulent � longueur de journ�e dans le grenier crev�. Le sommeil s'�tait quand m�me empar� d'eux.
[Lustucru - 08/03/2000 12h54 HNE]
Lustucru continuait de dormir d�un sommeil l�ger dont elle n�arrivait pourtant pas � �merger, un r�ve succ�dant � un autre. Les doux mots chuchot�s � son oreille par Fredesk �taient devenus bruissement de feuilles; pour l�heure, le grincement de l�unique porte du logis trouvait �cho dans le hennissement d�un cheval et le tintamarre de la pluie qui subitement prenait d'assaut le papier des carreaux se transformait en cr�pitement de gravier froiss�.
[Fredesk]
Mais Fredesk commen�ait � avoir faim et ce n'�tait pas le genre � lever le petit doigt, ne serait-ce que pour se faire une omelette. Alors il se mit � chanter de sa voix chaude et musicale: �Lustucru, mes doigts se sont perdus
En cherchant le plat de morue
Je crois bien que c'est le chat qui l'a eu...�
S'�veillant lentement, Lustucru lui chantonna de sa voix de stentorette: �Tu sais ben qu'on a jamais eu de morue
On a m�me pas de frigogidaire
Pas de glace pis pas d'h�tesse de l'air
On n'a pas enne cenne
va donc qu�ter si t'as d'la couenne
pis tu me rap- (elle se met � cliquer les doigts) oui tu me rap-
tu me rap rap rap... porteras, la la la
des cuisses de grenouilles
tu sais que j'en raffolle
une bouteille de champagne
c'est today la journ�e de la f�����mme
pis des ti bescuits qui vont me fondre dans la bou-ou-ouche
en cochemolat de Restigou-ouche
pis oublie pas la bouteille de porto
tu me l'avais promise juste apr�s qu'on ait quitt� Tina
pis oublie pas que je suis ta promi-ise
fa pas l'fin-fin
je sais tout' � la fin...
Penaud, Fredesk prit un seau qui tra�nait dans un coin de la cabane ronde et s'en fut vers les marais. Si Lustu avait faim de grenouilles, il savait par exp�rience qu'il ne fallait point la d�cevoir. Son corps portait encore en plusieurs endroits les marques dues aux app�tits voraces de son amie.
[Lustucru - 09/03/2000 17h02 HNE]
E�t Lustu su que son cher Fredesk s��tait jadis �gar� sur le chemin du m�me marais � grenouilles, jamais se serait-elle montr�e aussi capricieuse � son endroit....
Mais voil�, elle ne le savait pas encore et, dans l�attente f�brile de son festin et de son bien-aim�, elle avait d�cid� d�inventorier le maigre contenu de leur mis�rable refuge dans l�espoir de tromper sa faim et son ennui.
Une surprise de taille l�attendait sous une pile de vieux v�tements abandonn�s sans doute par leurs pr�d�cesseurs dans la cabane, qui �taient eux aussi en fuite, pensait-elle. Pantalons mit�s, foulards d�chir�s, fourrures d�poil�es, rien qui vaille la peine de d�placer toute cette poussi�re qui la faisait �ternuer. Pourtant, tout au fond de la pile, entre le chandail gris souris qui avait perdu l�une de ses manches et les fibres bleues de ce qui avait nagu�re �t� une tuque de laine, voil�-t-il pas qu�elle aper�ut un coffret m�tallique qui semblait fort ancien et dont le couvercle �tait frapp� de l�initiale �H�, ainsi qu�une t�l�commande.
[Fredesk - 10/03/2000 02h10 HNE]
�Majest�, �a rebondit � foison sur votre table! Vos garnouilles sont de belle taille, ma foi. Lustucru pourra apaiser sa faim gr�ce � une seule cuisse! - dit Fredesk.
�Oui, mon personnel cadre s'occupe de les engraisser aux hormones. Et nous �levons aussi des nu�es d'insectes nourrissants pour elles.� - dit Herrscher.
�Si vos gargouilles �quivalent vos garnouilles, vous �tes s�rely le ph�nyx des h�tes de cette contr�e�, dit Fredesk, paraphrasant une panoplie renouvel�e de vieux auteurs oubli�s.
Herrscher lui envoya une tape amicale sur l'�paule qui jeta notre ami par terre: c'�tait toute une pi�ce d'homme cet Herrscher! Ses serviteurs �plor�s arriv�rent � la course pour relever Fredesk, l'�poussetter et le dernier lui mit dans la main un cr�ne rempli de cervoise.
Fredesk huma le divin breuvage et but goul�ment. Voyant son air r�joui, Herrscher commanda qu'on tint la barrique constamment � port�e. C'est ainsi que pendant toute la visite du ch�teau et de ses d�pendances, on vit un cort�ge �new style� accompagner le couple visiteur-visit� qui tenant des cr�nes et qui ployant sous la barrique formidable dont les vagues int�rieures, provoqu�es par le roulis de la marche, produisaient des flic-flac-floc rice crispies du meilleur effet.
[Fredesk - 10/03/2000 17h51 HNE]
Pendant ce temps, Lustucru venait de r�ussir � d�bloquer le couvercle du petit coffret. En le d�poussi�rant, elle avait remarqu� qu'il �tait incrust� de joailleries minuscules...
�Bon sang, songea-t-elle, avec �a, plus besoin de chercher enne djobbe!
� travers les pierres pr�cieuses, une main experte avait trac� des lettres stylis�es plus fines et de plus petite taille que ce qu'elle avait jamais lu. Elle r�ussit � d�chiffrer ceci: �... pour mon bon ami Fredesk et sa copinette Lustucru, en souvenir...�
Cela avait suffi pour qu'elle veuille voir ce qui se cachait � l'int�rieur.
[Fredesk - 10/03/2000 17h58 HNE]
Herrscher n'avait pas r�ussi � faire visiter tout son domaine � Fredesk car celui-ci venait de s'�crouler, ivre-mort, entre la salle des cartes et le r�fectoire des concierges.
Laissant son invit� � ses valets, il s'enquit aupr�s de son secr�taire des derni�res nouvelles de son pays. Tout en devisant, ils parvinrent � la chambre du roi et celui-ci commanda un bain afin de para�tre au mieux pour le banquet qui aurait lieu ce soir en l'honneur de Fredesk. Il avait �galement laiss� des ordres � son personnel � l'effet qu'on lave son prestigieux invit�, qu'on le parfume � la t�r�bentine - parfum fort pris� � l'�poque - qu'on le v�te temporairement d'une chasuble ample et confortable et qu'on le masse afin que son sommeil soit agr�able...
[Fredesk - 11/03/2000 10h08 HNE]
� cinq cent kilom�tres de l�, � vol d'oiseau dans ce pays de montagnes-barri�res, un affreux pr�parait ses troupes dans le but de s'emparer du royaume riche et c�l�bre de son illustre voisin Herrscher, qui lui faisait une sorte de pied-de-nez virtuel depuis avant sa naissance m�me. Affreux n'avait possession de son territoire que depuis ceux cent ann�es alors que Herrscher r�gnait d�j� cinq si�cles auparavant et ce, de naissance alors qu'Affreux avait d� combattre huit cousins avant de se d�clarer chef.
D'accord, il s'�coulerait des mois avant qu'il ne puisse porter la guerre chez son ennemi � cause, surtout, des avatars g�ologiques qui l'en s�paraient. Des �claireurs l'avaient pourtant averti que le pays semblait sans d�fense avanc�e. Affreux s'en r�jouissait car la perspective de combats avec pr�cipice � la cl� ne lui souriait gu�re.
Que d'ann�es il avait pass� � se refaire une force. Les puits sans fond avaient la f�cheuse habitude d'avaler de l'humain sans en rendre rien. Des ann�es � aller de par le monde choisir les hommes les plus forts, les mieux faits et les plus intelligents qui existent. Dure t�che: de tels hommes ne pleuvaient pas sur la place publique...
* * *
[Fredesk - 11/03/2000 10h18 HNE]
Dans sa salle d'eau priv�e, Binette, la promise de Herrscher, cousine � lui germine mais qui �pouser d'autre, les femmes de haute lign�e �taient tristement �parpill�es � tous les coins de la plan�te. Binette se faisait belle elle aussi pour le banquet de ce soir. Ses cam�ristes se disputaient les m�ches de la chevelure si fournie et allant jusque par terre de leur ma�tresse.
[Fredesk - 12/03/2000 08h00 HNE]
Binette r�vassait: point encore elle n'avait connu au sens biblique son ami le roi et elle s'en promettait des vertes et des pas m�res. Car ne disait-on pas sous les ramures qu'Herrscher �tait un bon coup? Des paysannes � qui Binette avait jas� s'�taient confi�es � elle, le d�crivant pour ainsi dire sous toutes ses coutures. Oui, elle lui donnerait de beaux enfants si tout ce que ces filles lui racontaient �tait vrai. �la la la itoum... la la la ita...� chantonna-t-elle pendant que sa servante lui apposait un rimmel phosphorescent aux paupi�res.
[Fredesk - 12/03/2000 08h09 HNE]
�Lustu... ma ch�rie... tu dors?... ouh ouh, Lustucru, tu dors-tu?�
Lustucru ouvrit un oeil puis l'autre... et les referma vite fait: la lumi�re crue inondait la cabane car Fredesk avait retir� les papiers bruns des fen�tres.
Lustucru: �Argh! fait soleil � matin, mon minet, hein?�
Fredesk: �Oui, ma trotte-menu d'amour, je te pr�pare les croissants � la cr�me de crevette ou des petits pains au chocolat pour agr�menter l'ingestion de ton caf� au lait?... et les oeufs sur le plat sont pr�ts ainsi que le ti-verre de jus, la coupe de fruits des champs et ton courrier que j'ai d�senvelopp� et aplati pr�s de ton assiette en fa�ence de Chine"
Lustucru: �Tu sais donc faire la cuisine?�
Fredesk: �Bien s�r, d'autant plus que �a rime en crime!!!�
* * *
[Fredesk - 12/03/2000 10h40 HNE]
Fredesk lisait dans son salon et se rem�morait cette p�riode farfelue de sa vie et il souriait. Cette Lustucru lui en avait fait voir, ouh! l�! Elle avait la bougeotte et en m�me temps un si grand besoin de rep�res, de souvenirs dont elle s'entourait ce qui faisait, plus souvent qu'autrement, de leurs innombrables d�m�nagements un acte �pique: ils devaient chaque fois faire du calcul. La petite voiture de Lustu pourrait-elle embarquer tout cela? On avait d�couvert qu'elle �tait tr�s logeable � condition que tout y soit parfaitement imbriqu�. Casse-t�te lors de l'embarquement, migraine assur�e au d�chargement car Lustu tenait aux velours de ses banquettes comme � la prunelle de ses yeux et elle aurait griff� et mordu quiconque y aurait provoqu� la plus fine entaille.
Fredesk regardait la neige tomber et se demandait si l'hiver finirait par finir cette ann�e. Un jour, il faisait cinquante degr�s Fareinheigthe et le lendemain moins dix avec abondantes chutes de neige et hop! le cycle recommen�ait. Et tous maugr�aient par manque de soleil.
[Lustucru - 13/03/2000 00h32 HNE]
Lustucru elle aussi errait dans ses songes �veill�s, peupl�s d��v�nements qui avaient tant chang�, des ann�es plus t�t, la trajectoire de sa vie et celle de bien d�autres aussi. Elle aimait se rem�morer ce moment o� tout avait commenc� lorsqu�elle avait d�couvert, blotti au creux d�un antique coffret trouv�, un long ruban d'un vert inalt�r�, faisant office de papyrus sur lequel se trouvaient inscrits des caract�res plus minuscules encore que ceux trac�s sur le couvercle de son d�licat r�ceptacle.
De simple distraction qui l�aidait � oublier un peu la subite disparition de Fredesk, le d�cryptage de ce message �tait devenu pour elle une qu�te qui l�avait occup�e des jours entiers, jusqu'� s�en fatiguer les yeux du matin au soir. L��crit �tait si menu qu�� la fin, elle avait eu recours � son bon ami Auguste, qui faisait dans la photo sous microscope.
[Fredesk - 14/03/2000 21h34 HNE]
Quel banquet, quelle exub�rance! Fredesk n'avait jamais v�cu festivit�s de telle envergure. Trois orchestres symphoniques judicieusement dispos�s se r�pondaient l'un � l'autre: juste cela aurait suffi � vous ennivrer... mais non: les meilleurs vins du monde coulaient � flot, des nourritures exotiques r�jouissaient les palais. Des couples virevoltaient sur une piste de danse occupant l'�quivalent de ce qui serait un jour un stade olympique. Par chance, peu de gens parlaient, respectant l'harmonie, le chant des oiseaux, celui des fontaines, et cette musique... cette musique...
�... Qui ne s'est pas conserv�e jusqu'� nos jours, par malheur�, songeait notre vieillissime Fredesk, perclus de rhumatismes, allong� dans ce qui se fait de plus confortable en fait de fauteuil inclinable. Quand ces r�miniscences le r�jouissaient comme ce soir, il demandait � son secr�taire d'entrebailler les vantaux des fen�tres et de le rouler jusqu'� l'extr�me bord de la vaste galerie pour �tre au plus pr�s du chant du ruisseau � cascades qui coulait juste l�, � port�e d'oreille.
Et, parfois, une larme roulait sur sa joue: l'�motion de ces moments depuis longtemps envol�s le reprenait aussi vivante, aussi palpitante. Il disait � son ami Glom�rule: �Je les sens, je les entends encore...�
* * *
[Fredesk - 15/03/2000 19h18 HNE]
M.Affreux, donc, n'�tait que bi-centenaire, un jeune ado intempestif pour les gens de ce temps-l�. Ses troupes �taient fin pr�tes. Il fallait passer � l'action sous peine de passer, aux yeux de ses mercenaires, pour une mauviette, un cro�ton de pain sauc� dans le lait, un incomp�tent voire un po�te. Et �a, juste ce mot, po�te, c'�tait la pire insulte que pouvait recevoir un homme digne de ce nom dans le territoire de Affreux.
[Fredesk - 15/03/2000 19h27 HNE]
Et il �tait juste de dire � dans � le territoire de Affreux. Ce pays vivait sous une pluie diluvienne permanente depuis cent ans d�j� � croire qu'on lui avait jet� un mauvais sort. Les Freuxfreux (nom des habitants de ce pays) s'�taient depuis longtemps construit des maisons dans le roc, sous la terre, loin de toute cette humidit�. Malgr� tout, supr�me plaisir, chaque demeure avait sa cascade personnelle et c'est chez les Freuxfreux qu'on avait invent� la salle d'eau qui allait devenir le nec plus ultra du modernisme 1000 ans plus tard. D�j�, � cette �poque, on la tapissait de c�ramique, on y avait une large baignoire et il faisait bon s'y d�tendre entre copains apr�s une journ�e pass�e � s'entra�ner pour une �ventuelle chicane chez Herrscher. Personne n'�tait dupe des raisons qui poussaient Affreux � aller combattre chez son riche voisin. Il n'y avait gu�re que de la gloriole derri�re tout �a!
[Fredesk - 15/03/2000 19h40 HNE]
Car, quand on y pensait juste un peu, quel freuxfreux voudrait vivre ailleurs que l� o� il �tait n�? Personne n'�tait int�ress� � soutenir une occupation en r�gle. Si on s'entra�nait, c'est que Affreux payait fort bien, �a, no pwobl�mo!!!
Et puis nombre d'entre eux avaient du cousinage du c�t� de chez Herrscher. Le territoire des Freuxfreux �tait au moins aussi richement dot� que celui du voisin suppos�ment ha� sauf que personne n'�tait habitu� � c�l�brer avec faste. On �tait un peuple assez r�serv�. Le super pied, dans la vie, c'�tait un bon bain chaud en revenant de bosser. C'est pourquoi le seul boulot que l'on demandait r�ellement aux femmes, c'�tait d'entretenir la flamme. Sous les immenses bouilloires, s'entend. Le reste, apr�s tout, ce n'est pas de nos oignons!!!
Quelques g�ologues avaient trouv� depuis peu un combustible hyper �conomique: il br�lait, certes, mais si lentement et en d�gageant une telle �nergie qu'avec une boulette � peine plus petite que le poing, on pouvait chauffer une marmite pendant 4 mois.
* * *
[Fredesk - 16/03/2000 20h49 HNE]
Et c'est comme �a qu'on a repris la route, Lustucru et moi. Gr�ce � l'�pouse ador�e de l'�mir du Kilimandjaro rencontr�e � Londres, nous avons pu r�duire par la pens�e le volume de tout ce qui, avant, prenait toute, mais toute la place dans la mini-Austin de Lustu. Maintenant tout cela tenait largement dans un d� � coudre: faire gaffe � ne pas �garer ledit d� constituait l'une de nos pr�occupations majeures et constantes. Car l� se trouvait aussi le tr�sor de d'Hersscher, la correspondance de G�ofreufreux, le jeune professeur qui avait r�ussi � lui tout seul � remettre la paix � l'ordre du jour entre les deux nations ennemies. Mais nous emportions ainsi, �galement, toute la collection de toiles de ma�tres constitu�e par Affreux. Des centaines de centaines, toutes de la plus belle eau - on comparait les toiles en ce temps jadis avec les m�mes mots que nous utilisons aujourd'hui pour nous �merveiller d'une pierre pr�cieuse.
[Fredesk - 17/03/2000 06h36 HNE]
�
�...Les temps sont fouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuus...�
DB a bien raison, nul plus que nous n'est en mesure de l'affirmer. Notre arr�t suivant le prouvera de lui m�me et hors de tout doute m�connaissable.
�
[Fredesk - 17/03/2000 07h47 HNE]
Le risque de contagion �tait augment� du simple fait que l'eau se faisait rare, les virus s'en donnaient � coeur joie et les microbes pullulaient. La ville, terrass�e par une maladie nouvelle et, donc, inconnue, ne savait o� donner du brancard. On ne pouvait creuser des tombes communes car la cit� s'assoyait sur du roc pur et dur. Jeter les cadavres � la mer �tait hors de question puisqu'on �tait fort loin � l'int�rieur des terres. Et ce sot de Fredesk avait �limin� le choix du brasier pour consumer la chair tum�fi�e en utilisant la derni�re allumette disponible pour allumer une cigarette. Un mouvement inopin� de la cro�te terrestre avait r�duit en poussi�re la seule et unique loupe que poss�d�t encore la jadis orgueilleuse capitale.
On laissait donc les gens o� ils mouraient et on essayait de fuir. Dur d�fi: les cr�tes montagneuses encerclaient le bourg comme des m�choires avides et plus d'un succombait � une crise de neurasth�nie r�p�titive quand on se rendait compte de l'inutilit� d'entretenir quelqu'espoir que ce fut de se sauver du massacre.
[Fredesk - 17/03/2000 07h49 HNE]
Ouf! quel r�ve horrible, songea Sail'ormoon en s'�veillant. Pas demain la veille qu'elle retournerait voir un film de cape et d'�p�e au cin�ma: cela la bouleversait bien trop!...
[Fredesk - 18/03/2000 00h11 HNE]
Ils s'amusaient bien tous les deux dans la petite voiture. Ils chantaient et se r�pondaient, le tout entrecoup� d'�clats de rire.
Lustucru: Madame Arlette �tait un peu pompette tout en �crivant des lettres accompagn�es des recettes essay�es par mamzelle Josette
Fredesk: Y a monsieur Gaudette qui charge des palettes avec son gros tracteur et son sourire enj�leur destin� � Arlette avec qui il fait ses emplettes les dimanches de grande chaleur
Et ils rient, rient aux larmes, tant et si bien que Lustucru est oblig�e de ranger la petite Austin sur le bas c�t� afin de prendre le temps de s'essuyer les yeux. Ils n'osent pas se regarder car ils savent bien que cela se traduira par une nouvelle salve de rires interminables...
Ils repartent sur la route d�fonc�e dont ils ne sentent ni les bosses ni les creux occup�s qu'ils sont � inventer leur bonheur.
Fredesk: La paillasse sombre o� on s'essuie les pieds devient vagabonde quand il est temps de la laver
Lustucru: La m�lasse � l'ombre et le verglas au soleil ne seront point du nombre au jardin des merveilles
... Et le voyage continue...
[Fredesk - 18/03/2000 19h23 HNE]
Moi qui m'attendais � subir un hall d'entr�e bourr� � craquer de gens de toute condition, les bras lev�s qui r�clamaient l'un son territoire, l'autre une facture ou ayant �gar� le bambino... C'�tait totalement d�sert. Plus vide que cela, c'est la Place Rouge par une soir�e sans lune sous une pluie battante.
Personne pour nous indiquer la direction � prendre pour nous rendre au b�timent E alors qu'� notre connaissance, il n'y avait l� qu'une unique et immense tour � bureau avec rien autour � 20 km � la ronde. Curieux de centre administratif d'ailleurs. Il fallait aller l� pour nous d�clarer en faillite totale. Apr�s tout, on n'�tait pas oblig� de leur montrer notre d� � coudre, n'est-ce pas? Normalement, on devrait sortir de cet endroit avec une subvention gouvernementale nous assurant de quoi remplir quelque peu notre non-ventripotent pendant tout le temps qui passerait jusqu'au mois suivant. De plus, on aurait une aide pour nous trouver un logis gratos aux frais de la princesse et m�me quelqu'un nous cherchant un job vu que notre rouleau �tait compl�tement d�roul�...
[Fredesk - 24/02/2001 19h23 HNE]
... un an s'�tait �coul�, le garnement nous avait effectivement fourni un logis, un chercheur d'emploi qui s'�tait fort employ� � nous trouver un petit job...
Mais on avait d�nich� un genre de gros lot par nous m�me: on s'�tait engag�s comme gardiens de r�sidence en tant que couple
Et puis notre appartement �tait d'un luxe inesp�r� pour des gens suppos�ment sans le sou comme nous.
On avait bien �videmment vid� peu � peu notre d� � coudre portatif et les diff�rentes pi�ces fourmillaient de tableaux de ma�tres...
Ce que je consid�rais comme notre morceau de r�sistance se composait d'une esp�ce d'automation... un truc qui envahissait les trois quarts des murs avec ses tubes pleins d'eau color�e, ses man�ges, ses clics et d�clics.
Des billes couraient dans ces tubes et nous avions, Lustu et moi innov� en ajoutant de tout petits poissons d'aquarium dans le circuit.
On pouvait tout aussi bien admirer les �volutions diff�rentes en silence ou alors mettre en mouvement les circuits musicaux que nous avions rajout�s apr�s de multiples d�marches chez des ferrailleurs et des antiquaires.
Une bille tombant dans un verre d'eau produisait une onde sonore minuscule qui �tait amplifi�e par des �crans dispos�s judicieusement... un simple petit ploc inaudible devenait une symphonie pour chute et rapides.
Et comme gardiens, notre apart se trouvait chez les riches absents dont nous gardions les biens. Un vrai paradis. Des serres de plantes exotiques, des salons qui n'auraient pas d�par� le ch�teau de Herrscher, vastes... d�cor�s avec un go�t tr�s s�r. Encore l�, des chefs-d'oeuvre, des tapisseries inestimables...
On �tait dans notre �l�ment.
Et dans ses temps libres, Lustucru planchait sur le d�chiffrement de son ruban.
*******
Il n'y avait pas eu de guerre. Affreux, �tant all� rendre une visite de courtoisie � son voisin, avait vu que jamais guerre ne saurait aboutir en un r�sultat heureux pour lui contre ce puissant voisin qui poss�dait des dons. Des dons! Comment se faisait-il que lui n'en poss�de m�me pas un seul tout petit et minuscule? Ce que Affreux poss�dait de plus pr�cieux, c'�tait sa nation pleine d'esprits inventifs et scientifiques. Herrscher compensait le manque d'esprit de ses sujets par des dons personnels qui lui permettaient de pourvoir aux besoins de son peuple sans avoir � importer denr�es ou brillants cerveaux �trangers. On lui avait bien rapport� qu'au royaume de Kilimandjaro, une reine c�libataire ne savait plus � qui vendre ou donner ses citoyens g�niaux et que son pays �tait surpeupl� d'intelligence. Mais jamais ils ne pourraient sortir de leur continent pour aller chez Herscher... Au nord, il faisait bien trop froid.
Version fredeskinoise
des Aventures ;o)
16 septembeurre, 2001... Bon, ce lien paratil, est inexistant pour le moment.... Povre Fredesk, pris dans les affres du d�m�nagement ;o)
walla il est r�apparu!
Vers d'autres aventurlures
� 2000-2001, Fredesk
� 2000-2001, Lustucru
Fond musical: Fantaisie en Fa Mineur
pour quatre mains, de Schubert