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Enfin tombe l'Énigme.
Sans parler d'une intrigue, il est un grand mystère,
Antique logogriphe un immense secret,
Dont l'évident éclat sans inutile apprêt,
Dans l'ordre sibyllin fait ouvre magistère.
Il s'agit du sourire au furtif caractère
De la Mona Lisa dont le rite discret,
Attise au cour complice un insigne intérêt.
Car ce rebus, enfin, quel en est le critère ?
Quel songe la saisit par-devant Léonard,
Qu'elle ait cet air finaud, complice de renard,
Au point que nul ne sache en franchir les arcanes ?
Eh, bien ! Sur sa pupille, on en lit le menu
Et je vois dans cet oeil, aux flammèches toscanes,
Que l'ami de François, Vinci, la peignait nu.. !
louis-marClaude© |
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NE DITES SURTOUT PAS...
Ne dites surtout pas à l'enfant que je fus,
A quel point j'ai laissé de nos projets en rade,
Car si prince autrefois, aujourd'hui c'est sans grade
Que j'ai tourné le dos à nos anciens raffuts.
Nous en avons souvent placardé des refus,
Lesquels n'étaient jamais enfants de mascarade,
Nos monômes abrupts un prétexte à parade :
Nous inventions demain. Mais c'est sur des affûts
Que je traîne nos vœux de transformer le monde,
Mon oeil embourgeoisé le trouvant moins immonde !
Dites-lui malgré ce, que je m'active encor,
Vassal plus que jamais de notre estimé rêve,
Dans cette bulle bleue où je refais sans trêve
Les chemins du Pérou, des Pôles et d'Angkor.
louis-marClaude©
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Le Miroir
Le miroir impavide en son vieux cadre à fleurs,
Incrusté d’oiseaux-lyre entre des asphodèles,
Garde-t-il du passé précieux et fidèles,
De ces souvenirs-là qui nous tirent des pleurs ?
Son âme dont le tain anime les couleurs,
Nous rendra-t-elle un peu des antiques modèles,
Redressant à loisir maints avis infidèles,
Pour éclairer enfin, d’autrefois les pâleurs ?
Mais rien de son puits clair où penche mon visage,
N’autorise à le croire et fonde le présage
Qu’il taira, pour toujours, ma vie en apartés.
Et dans son œil ouvert où plonge ce qui passe
Pour n’en point revenir, expert en passe-passe,
Il ne soufflera mot du bleu de nos étés.
louis-marClaude© |
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Chantraison
L'esprit errant sur terre, libre
A choisi, pour fort s'exprimer,
Un barde, aède ou bien félibre,
Digne trimard fait pour bramer.
Étrange fou, vain dignitaire,
Géant qu'un verbe vient d'armer,
Atypique homme obituaire,
Unique genre au renom franc,
Toujours au bord d'un ossuaire,
Hé quoi. ! Puisque sorti du rang,
Il administre à coups de lyre -
Expert en vérités pourtant -
Rien qui plaise au monde en délire.
louis-marClaude© |
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L'ATTENTE
l'attente est une ronce...
ah ! terrible langueur
qui lentement s'enfonce,
jusqu'à l'âme du cœur.
elle n'a pour message
que le futur moment,
elle n'a de visage
que les yeux de l'absent.
la perte qu'elle pleure
est son bien à venir,
d'ici que n'en soit l'heure :
va de tout s'abstenir.
l'attente est une alarme
qui n'a de cesse, quand
de son objet le charme
vient rejoindre l'instant.
mais il est un usage -
manière d'ostensoir -
que s'en est fait le Sage :
il s'y verse un espoir...
louis-marClaude© |
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RELIEFS
Partir, abandonner derrière soi l'envie
De ces futurs filous, qui ne viennent jamais,
Menteurs que l'on soudoie au prix fort, mais distraits,
Dont leur loisir est de jouer à cloche-vie.
Maître artisan j'en ai tissé de ces cartons,
Dont l'aimable candeur essayait l'insolence,
Sans tenir compte assez de maints sorts l'indolence,
A prêter une oreille à nos clairs feuilletons.
Le rêve a sur l'esprit toujours la préséance.
Il part d'une aile blanche à l'assaut des plus tard,
Quand de folles raisons les mettront en retard,
Faisant des eaux d'Hyphase* une boisson d'errance.
Y a-t-il quand on chante, ailleurs, des contre-chants,
Lorsque les yeux ont vu, le besoin de ces voiles
Qui leur reprocheront d'avoir trop vu d'étoiles,
Éteints puisque scellés sur d'éternels couchants ?
Tout n'est que vanité. Pourtant jamais morose,
Le songe plein de vœux de demeurer caché,
Dans ses riens de besoins s'en est trouvé gâché,
Lui qui disait au cœur, paternellement : "Ose" !
Oser, belle fortune et surtout bel enjeu !
C'est sans compter avec en chemin les bourrasques
De ce fichu destin toujours expert en frasques,
Qui n'aime pas entendre un autre dire : "Je "...
louis-marClaude©
* Hyphase : cours d'eau le plus extrême en Inde des conquêtes d'Alexandre |
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LE CERVEAU REPTILIEN
il faut connaître on fait en sorte
aucune haine au rendez-vous
tout frise la nature morte
je ne suis ici que pour vous
à quoi tient donc le phénomène
dans l'ombre d'éclairs scintillants
alors qu'untel autrui malmène
qui suintent de couteaux sanglants
quel est l'objectif des tortures
plus loin que les chairs c'est savoir
plus profonds que les ossatures
où mordent pinces et lardoir
jamais comme en ces moments j'aime
ce corps qui me dit qu'il est moi
sans me permettre le blasphème
de ne pas ressentir d'effroi
rien de tout cela ne se passe
c'est histoire d'imaginer
d'exorciser le temps cocasse
qui demain va m'invaginer
louis-marClaude© |
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ATTENTE
Femmes, vous attendez,
Comme savez le faire,
Tissant de vos travaux des jours,
Pour y mêler, cette idée pure
De quelque absent.
Il se retrouve
Un peu partout dans la maison.
Femmes, l'attente est votre gage,
Aura qui donne au geste clair
En solitude,
Un air de caravansérail,
Un goût frais de fontaines,
Un destin de vigile, où la mémoire enfin -
Si loin qu'on aille -
Vient, se rassure et boit.
C'est la liqueur complice
Qu'au monde, quelque part,
Des âmes vous prolongent.
Vous attendez, plus fortes que l'ennui,
que le temps, que l'espace... Femmes !
louis-marClaude© |
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entre les deux...
Cramoisi, blanc, parfois orange,
Oeillade aux vents, message d'ange,
Quant-à-soi frêle en la moisson,
Urne, où du rêve à l'unisson
Élabore un puissant mystère,
Liqueur d'un vil pain magistère,
Initiatique errement,
Compagnon de la céréale,
Occulte appel d'humeur vénale...
Tasse et Salem. Fiel et Froment !
louis-marClaude© |
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La Craie, l’Ardoise et l’Éponge
À l’âge où la tartine, également le rire,
En route vers la vie entraînent le bambin,
On lui suggère un jeu : qu’il apprenne à écrire,
Penché sur une ardoise une craie à la main !
Ah ! ces outils charmants, au besoin dérisoires,
Compagnons de labeur complices d’un grand gain,
Qui disent l’Univers et ses cent mille histoires !
Étaient-ils donc, rétif le blanc bâton crayeux,
Méritante la pierre à force de déboires…
Comme hier je les ai, commensaux sous les yeux,
Mais au cœur et surtout besogneuse l’éponge
Qui me pardonnait tout. Entre nous, pas d’adieux :
Tant cette trinité, m’habite encore en songe…
louis-marClaude© |
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New York
New York ! Fleur âcre
Offerte aux gris ressacs
Qui confondent de peur les regards lisses.
Tes yeux dansent en mer sur quelque destin froid.
Tes ferments géniales moisissures,
Ensemencent plus tard ;
Lendemains qui rameutent
D’insondables rumeurs.
Tes gens, sans préjuger et sans y prendre garde,
Inventent des humeurs et des accents nouveaux.
Ils ont, comme victoires,
D’aller aux reniements :
Naufrages incantatoires,
Fièvres prophétiques, assauts,
Mêlant jusqu’au délire en d’étranges lumières,
Ces incessants fracas, qui n’ont pas même un nom.
New York en son écume,
Sombre et s’invente encor,
Défiant cette crainte
Où puise son génie. Étonné le Vieux Monde
A rêvé, mais en vain, qu’elle appelle au secours !
Ainsi sur ses rivages,
Éperdus d’avenir,
New York pointe son doigt
Vers quelque certitude,
Toujours à découvrir.
louis-marClaude© |
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L’AMPÉLOPSIS
A la belle saison, en constantes coulées,
Mêlant dans la nature, inexorablement,
Parmi branches et bois, ses lances emmêlées…
Et sa course toujours avec cet air qui ment,
Lien insatiable il se disperse et chemine,
Occulte pèlerin… Mais quand au firmament
Passe l’automne en longs frissons sur la moissine,
Soudain, l’ampélopsis abandonne ses verts,
Incendiant de roux, d’ors, de feux la colline !
Saigne, pour quels rachats cosmiques, l’Univers ?
louis-marClaude© |
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Oka reviens
Oka tu tends le poing - cette façon de faire
est le geste qu'il faut
pour qu'au moins se réveille
les ventres endormis -
l'occupant est venu venus ses sortilèges
et leurs enfantements
sur les nations premières
pèsent comme rochers
des îles madeleine
sur nos identités le poids de leurs reliefs
les chiens pareils aboient et nous avions nos langues
mais hélas devenues un unique parler
celui du reniement
et puisque chiens tenus entre histoire et réserves
comme eux sommes parqués
il n'est pourtant de germe
enfoui sous le roc
qui ne garde son crû pour la prochaine chance
à faire prévaloir
le signal de son âme
et nous qu'en faisons-nous
nos armes sont des mots si les mots se souviennent
ils sont armes au fourreau
et la force d'ailleurs peut reposer à l'aise
nous sommes confisqués
mais pire cette envie où l'on se sait soi-même
se lasse et qui s'efface au gré du temps
montez la garde
abénaquis algonquins cris
attikameks micmacs tout comme malécites
mohawks hurons-wendat montagnais naskapis
inuits il le faut n'est pas fini l'ouvrage
lavez-vous des poisons
dont sont gavés vos cœurs
sinon laissez la place à ceux que j'entends rire
vos filles et vos fils
cessez de les tromper en vous faisant adultes
le disant vous mentez
votre passé vous somme
quand vos âmes sont l'arc qui touchant l'avenir
devraient y reconduire
vos coutumes d'antan
quand vous gardez le cul verrouillé sur vos chaises
frappés par des torpeurs
savamment calculées
eh! qu'est donc l'occupant ? il n'est bien que cela
semence sans histoire
dont les gênes sont secs
de toutes souvenances
allons réapprenez
à vos garçons vos filles
le mal d'antan qu'un jour
autour d'eux se réveillent
et le ciel et la berge et le sol la forêt
ample manteau contrit que la force étrangère
a roulé dans un coin
mais ce coin n'est que vous le pire
vos vainqueurs n'ont de vœu
que votre léthargie
ne dure eux qui n'ont de passés
qu'un vide
une dernière fois
toi l'homme et toi l'épouse
hybrides sans pays quand le pays attend
et puisqu'il vous échappe
rendez-le à l'enfant
il sait encore ce qu'est la main droite et main gauche
sur ses cuisses debout
il sait renifler l'air celui de vos ancêtres
entendre ce qu'enfin non vous n'entendez plus
je sais vous avez froid mais aucune pelisse
ne vous garantira contre ce vent glacé
qui s'empare de vous alors que s'en amusent
les mensonges du blanc
vos soleils ô jamais ne tombent sur grande île
ou à baie ou ailleurs
mais au tréfonds de vous de pauvres crépuscules
dès demain levez-vous
pour gagner votre guerre
y poussez la jeunesse
qui ne sait pas encor mais qui du moins le peut
Val-d'Or Chisasibi Sept-Îles Havre-Saint-Pierre
Oka ? c' est pour demain !
louis-marClaude© |
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