|

Je
hais ce tchadri fou qui
voile ton visage
Ô ! femme amie, amante, épouse, mère aussi,
Toi la fleur dérobée au-delà de son âge :
Quand cessera le sort qui te tient à merci ?
Mais son heure est comptée. Au sortir de ta
chambre,
Découverte, on verra de la même façon,
Que ta peau soit laiteuse ou que ta peau soit dambre,
Ton visage affranchi dune vaine rançon.
Je sais que le soleil prépare des caresses
Pour embrasser ton front, tes tempes et ta main
Attends, ne languis plus, sannoncent les ivresses
De te livrer à lui. Rêve ! Cest pour demain.
Quand sous la lune avec ses cortèges détoiles
Un vent déjà murmure au fond de tes vergers
Quil taidera sil faut à soulever ces voiles
Sans exposer ta vie à darrogants dangers.
Je taime dun amour et fébrile et sincère
Et ta blessure laisse au plus profond de moi,
Lattente du moment qui fera ta misère,
Antique un souvenir où buvait ton effroi.
" Jai tenu quelque instant à me
tenir aux grilles
Du palais dun vizir mayant couverte dor,
Fait baigner, parfumer parmi toutes ses filles,
Goûter le miel, leau doranger, que sais-je encor
"
Tel était le récit brûlant de la Sagesse,
Désireuse de vivre avant que den parler,
Lamer enfermement de lâme quon oppresse
Sans nom, car sans regard et quon vient de voiler.
Elle fut prise ainsi dun étrange malaise
Irrépressible trouble au point quelle en a fui,
Puis ma dit que : " savoir
nest que pure fadaise,
Quand subir ce néant est un mortel ennui " !
De quels féroces, noirs, instincts
imaginaires,
Est sorti ce décret qui ramène au tombeau
Et ma mère et ma sur, mon amante si chères,
À peine quelles ont déserté le berceau.
Et puisque tes doux yeux ont tari leur fontaine,
Je regarde plus loin, pour deux, sur lhorizon,
Mais en larmes quun jour, toi la Samaritaine,
Vienne te réveiller une aube de raison.
Dès lors, nous irons tous hors les murs de la ville
Nous réjouir des feux de tel autodafé,
Géhenne où brûleront le fouet, la toile vile
Dont ton visage tendre avait été coiffé.
Désormais cette chape, indigne flétrissure,
Enfin tombée aux pieds dun sort libérateur,
Me fera contempler, ô ! lexquise gageure,
Ta beauté mon amante et ma mère et ma soeur.
louis-marClaude©
26 octobre 2001

~
Retour au Menu ~
|