AÏE !



En faut-il du courage et de l'inconscience
Pour, du Verbe affronter l'immense monument,
Les prodiges cachés que somme prudemment,
Avançant à tâtons, l'incommode science.

Quel insolite vœu de fluide prescience,
Cueillant de-ci, de-là, le terme qui ne ment
Et cet autre à sa main, pour que tous joliment
Avancent, dans la phrase, en pleine conscience.

Alors qu'en tout envol, arbitraire le moins,
L'inquiétude va parmi tant de témoins,
Pour assurer un fonds, jusqu'à sa mise en forme.

Ainsi, naîtront prudents, aux pieds d'un tel menhir,
Mille émaux émus quand le talent les transforme,
Du fait d'une alchimie. encore à définir!



louis-marClaude©




Tel cygne nostalgique



Tel cygne nostalgique offert à sa chimère,
En a gagné la berge entre anémones, lys,
Laissant là ses jeux pour les cantiques d'Homère.

Son plumage nautique aux galbes accomplis,
Le pousse palpitant vers les rêves antiques,
Protecteurs obstinés dans leurs profonds replis,

De ces abris futurs pour le moins fantastiques.
Un imposteur jaloux dont la règle est qu'il ment
A, brutal, renversé leurs somptueux portiques.

L'oiseau sait la promesse et fort diligemment,
Le pousse outre raisons, son immaculé rêve
En quête avec l'Alpha, d'un recommencement.

La vie est trop tenue et volatile et brève,
Qu'il faille lui fermer de mon cour les étangs,
Où nous cherchons ensemble et toujours et sans trêve,

Le généreux défi de nos premiers instants.



louis-marClaude©




RESTES



Quelle est donc cette fleur dans le temps qui soupire,
Intrépide un défi ? Alexandre n'est plus !
Par dessus tout naïve, elle éclaire un talus
Là même, où siégeait le trône d'un empire.

Candide, l'épitaphe à sa façon conspire,
Contre cette Aigle froide aux faisceaux vermoulus,
Après que les assauts de Destins résolus,
En eussent dépité son vol noir de vampire.

Il n'est aucun Conseil, dont les âpres accents
N'aient pas été surpris, dispersés leurs encens,
Non plus de Cour illustre et pas moins de Cénacle.

L'Oracle impertinent en les juchant aux cieux,
Fait que leur pavois rompt dès qu'atteint le pinacle,
Pour prix de gages vains, un rien fallacieux.



louis-marClaude©




Poète, je ne sais… 
- anagramme -



Poète ! Je ne sais si ta tombe est fleurie,
Ouverte, si la rose épanouie encor
Embaume ce coin d’ombre, au bord de la prairie,

Timide s’associe au vertueux décor
Et signe, se penchant, des dons de gratitude…
Je garde au fond du cœur le merveilleux accord

Enamouré du temps, dont la sollicitude
Ne manque pas d’offrir ces odes à foison,
Étincelantes qui calment notre hébétude…

Sur les granits moussus, ultime une oraison,
Appelle de ses vœux que nous aimions la lyre,
Immense, l’or de mots qui gardent leur raison,

Sans se perdre jamais à coups d’un vain délire…



louis-marClaude© 




LES CHRYSANTHÈMES



L’espace avait perdu de ses airs muscadins,
Où l’on cherchait en vain la rose vénérable,
Dans les frileux sommeils du parc et des jardins.

L’ennui gagnait les lieux et de façon durable,
Laissant les tons fanés proches de s’endormir,
Chagriner la saison et son sort incurable.

Mais un élan nouveau, magique et sans frémir,
Dans les pâles lueurs d’une aurore timide,
S’en saisit et la belle a cessé de blêmir. 

C’est là l’inespéré, le clair retour d’Armide,
Les teintes et les feux du printemps revenu,
Un regain de chaleur sur la prairie humide.

Au point que cent couleurs sur fond d’automne nu, 
S’inventent des bouquets en délicieux thèmes,
Paradis dont le cœur veut s’être souvenu :

Ce matin sous les ciels, naissent les Chrysanthèmes !



louis-marClaude©




LE PALAIS VIDE



Il y rentre du monde en l'énorme palais,
De tous ordres c'est sûr, mais de toutes allures,
De maints acabits et de maintes encolures,
Fort étrange lice où bêlent bels et sots laids.

Transpirent de ses murs, des plaintes et leurs lais,
Depuis que sont ses seuils, ouverts aux bosselures,
Prises en charge enfin par mille et une enflures,
Dont les secrets du verbe ont pour sigle un balais.

C'est le chevet en somme où plaintive s'allonge,
Notre misère en mal toujours d'une rallonge,
Qu'un monde instrumental gère sans grand succès.

Voici ! Leur fait défaut l'insigne personnage,
Dont ils n'ont nul besoin, pour faire leur ménage :
JUSTICIA la belle, interdite d'accès.



louis-marClaude©




Le Clown



Artiste pitre il sait parfaitement décrire,
En tours de passe-passe, avec un rien d'outils,
Les éternels travers de nos sots appétits
En brocarder les us par sa façon d'écrire.

.Malin, astucieux, c'est le pince sans rire
Par excellence dont, les frustes abattis
Gesticulent sans frein à coups de confettis,
Franc plagiaire auquel la raison va souscrire.

Sur la piste plus tard, au chapiteau désert,
Après qu'il ait été si prolixe et disert
L'homme, seul y revient, gagné par l'hébétude

Et bien qu'il voie encor sur le sable, vainqueurs
Ses pas pirouetter, gavé de solitude,
Le clown enterre amer ses vains hymnes moqueurs.



louis-marClaude©




TOHU - BOHU



Le Poème est rivière et son eau souterraine
Secrètement chemine avec discrétion
Aux grabuges d'en haut, il fait défection
Remettant à plus tard les chances qu'il parraine.

De vallée en plateaux, de sommets en moraine,
L'air a depuis longtemps fait sa reddition
Colonisé qu'il est, sans autre acception
Par brusque, une musique et de mauvaise graine.

Tout n'est qu'oreille à cran, mais sans cervelle, hélas,
Se dandine crûment, s'agite jamais las !
Pourtant quand se tairont tels bruits et leurs déismes,

Le Logos libéré de saines profondeurs
Prenant place aux grands jours - balayés leurs séismes-
A la Terre il rendra d'authentiques ardeurs.



louis-marClaude©




ASTRES A CONVICTION


En ramassant ma nuit j'ai compté les planètes
Ces perles d'argents froids bordés d'éternité
Mon cour, à chaque fois qu'elle l'a visité
Y discerne un discours aux allusions nettes :

Qu'elles me conduiront, conclusions honnêtes,
A reconstruire en moi pour un temps effrité,
L'art de voir au-delà de la réalité
Lumineuse et pourtant, objet à devinettes.

Dès lors qu'on ne voit rien et jamais et toujours
De l'immédiat présent, que de vains contre-jours.
Les sens ont de trompeur, que chacun d'eux s'accroche

Évidemment, à quoi rendent compte ses dits,
Ignore l'invisible, insensible y ricoche,
Dont les vrais témoins sont, idoines les esprits.



louis-marClaude©












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