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« la
dernière levée
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"si donner de soi - c'est un peu mourir- mourir n'est-ce pas
avoir tout donné ?
et pourtant tout donner: c'est avoir vécu"?
louis-marClaude©
J'aimerais
j'aimerais
enfermer dans ma mémoire
les secrets de la vie - mais surtout son histoire
pour découvrir alors
jamais plus aparté
les messages en ors
d'une vraie liberté
qu'on espèr'- que l'on pleur'- en attendant la paix...
souvent je m'en vais boire à la fontaine
inspiré par ces vents doux venus de la plaine
où jamais égaré
le coeur s'y sait guéri
ce vieux monde effaré
n'a toujours pas compris...
de qui ces rumeurs - ces chants de sirènes
le monde est un voyou et son bal te malmène
je te vois côté cour
et puis côté jardin
tu vas - tu viens - tu cours
déblaye donc ton chemin...
d'où vient cette voie - où l'énigme humaine
qui parle d'avenirs que l'avenir enchaîne
laisse parler qui ment
puis va chercher ailleurs
moi les commencements
je connais ça par coeur...
dis-moi quand j'irai boire à la fontaine
avec moi viendras-tu - toi surgie de la plaine
mets tes yeux dans mes yeux
mets tes mains dans ma main
chiche et soyons heureux
tout ça c'est pour demain...
dorénavant j'ai en guise d'histoire
de ce souvenir bleu - la si claire mémoire
de l'éternelle envie
quand on est aux abois
de songer à la vie
un peu plus chaque fois...

Largué
César
largué César - largué le Jules
avant lui Alexandre - après lui qui tu veux:
par exemple un certain Bonap' le minuscule
et ceux qui se prendront pour quelques demi-dieux
ces accoucheurs d'empires
maîtres en continents
tous les jours "c'est pluss' pire"
et l'on grince des dents...
et des mille et des cents - tout à leurs pieds se couchent
un jour, je vous le dis: les morveux ça se mouche
s'il leur faut ça pour jouir
outrecuidants qu'ils jouissent
à chacun son plaisir
mais sur leurs jeux je pisse...
moi je fais mieux l'ami que leurs pâles conquêtes
je ne perds pas mon temps, c'est du 'nanan' ma fête...:
quand ma chienne adulée à force de câlins,
à mes pieds s'est couchée... la tête entre mes mains

Sans
titre
Dis-moi !
La note volée
Le parfum senti
D'un trait la courbure
Ce pastel froissé
Eh quoi !
Ce rayon de lune
La feuille qui chut
Avec un murmure
Et frémissements
Comment ?
De l'eau sous la roche
Les roseaux mouillés
Le galet qui roule
Pourquoi ?
Ces nuages bas
Le front qu'ils couronnent
Et se chargent lourds
De ses nostalgies
Vraiment ?
Du renard la trace
Jusqu'à son terrier
Comme un voeu s'y love
Et dort avec lui
Joli !
Le vent dans les dunes
Immuablement
Respir la terre
En flots continus
C'est quoi ?
Quel est ce message
Qui n'a pas de nom
Dont la déferlante
Redit les ailleurs
D'où ça ?
Là le soldat rêve
À des paradis
Venus de l'enfance
Au point de parler
Avec ?
Mais payer la dîme
Pour avoir goûté
Aux nectars de vie
Est l'insigne loi
eh oui !
Puis c'est la morsure
Celle d'un frelon
Au creux d'une orbite
Dessinant son arc
Déjà ?
Le corps qu'indiffère
Tout ça désormais
Se tasse en silence
Simple fruit tombé
C'est tout ?
Puis c'est l'insolence
Du silence cru
Dès lors qui se garde
De le réveiller
Malheur !
L'a quitté son rêve
Qui fera son trou
Aux plis d'une autre âme
A côté de lui
Mon Dieu !
J'ai volé du sable
Que j'irai verser
Au flancs d'un village
Qu'il avait aimé
Pardon !
D'avoir fait le geste
Qui fait qu'aujourd'hui
Du côté d'en face
Un autre est tombé
Assez !
Chérie
...laisse
aller l'eau du fleuve
t'y trempe
et fais peau neuve...
et dans le
doux mélange
des brumes
d'un baiser
j'entends
rire cet ange
qui vient
nous apaiser
Amour -
Café
trois heur'et nuit - l'heure où l'on s'aime
tout est secret sensible et fou
pendant ce temps le café crème
ronronne seul sur un feu doux
c'est tout fouillis - l'amour nous porte
nous nous cherchons je sens ta peau
sûr y' aura pas de saison morte
entre baisers et café chaud
les draps froissés tièdes murmurent
pour mieux emmitoufler nos jeux
vont-ils durer... quelle gageure
quand le lait bout et verse au feu
ainsi l'Amour redit ses gammes
entre cuisine et baldaquin
l'arabica sert de sésame
point d'orgue au terme d'un câlin
puis c'est l'instant inénarrable
tant de soupirs pour un seul cri
à quoi répond toujours aimable
l'odeur café... c'était écrit

Le doux défaire
Quand l'appel clair arrive
De nous aimer,
Mon aveu t'interpelle
Pour te dire l'Amour,
Ô ! toi dont m'indiffèrent
En l'instant les atours.
Ma hâte s'évertue
À de sages lenteurs,
Art flou qui tisse en des signes étranges,
Le propos confident. Qu’en reste-t-il ?
Une bague, une boucle
Sur ce tapis afghan, un lourd fermoir
Avant ta fuite, une fibule
Que je prélève en toute fin
D’un geste sûr, de main distraite.
Puis nos regards se croisent
Et dans l’odeur de nous,
Je compte à ta cheville
Les joncs d’un semainier,
L’attache - empreinte antique-
De l'esclave de prix dont son maître a voulu
Qu'elle règne sur lui, le temps que passe
La brève éternité de leur instant d'aimer.

louis-marClaude©
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