La Provence aux pieds nus enfante la Camargue,
Aventureux séjours entre sables, marais,
Elle a dans le regard, cet azur bleu qui nargue,
Dont les pastels jaloux ne déçoivent jamais.


Entre les bras du fleuve elle refait des rêves,
Quand Rome, la fit boire en le creux de sa main
Et la mer se souvient, qu'embarquant sur ses grèves,
Le Croisé traversa son plat pays salin.


Elle est d'abord sauvage, indomptée, farouche,
Le voyageur n'en sait que les yeux insoumis,
Elle reste à ses gens au labeur et se couche,
Après fêtes et jeux, chez ses rugueux amis :


Gardians, taureaux forts qui reniflent l'arène, 
Corne haute, l'œil noir, les écumes au flanc,
La manade égarée au Mistral dont l'haleine
Éparpille à l'entour, les cent fils de Crin-Blanc,


Les volées d'oiseaux dont le symbole est rose,
Ces fleurs d'un peintre fou, débordant de soleils...
Camargue, Ô ! garde en eux, ta si belle âme enclose,
Que renouvelle au cœur, chacun de tes éveils !




louismarClaude©








« En Camargue » de Clémentine Fighiera Curti©





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