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NOVEMBRE ( 2 )
Pétales. Lambeaux du temps
Qui tombez du calice,
De mon ultime été.
Je vous sais mon oracle
Murmurant quels amours
Et que disperse en somme
Le rêve inachevé.
Ô langueur d'une envie,
A vouloir inventer ces muscs d'un "toujours"
Parfums de sortilèges...
Pétales vous chéez. Lors passe ce soupir
Obstinément en quête
D'un ton de vérité,
Après tant de mensonges...
louis-marClaude© |
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RIVIÈRE RUPERT
ô bassin fascinant impétueux partage
entre pierres et eaux
terrifiant creuset habité par l'orage
et d'insolents chaos.
ô rivière Rupert tu serais monstrueuse
si n'agitaient tes flancs
l'impavide beauté la force belliqueuse
où baignent tes torrents.
le regard fasciné, traverse tes couronnes
de perles d'enchanteur,
et tes souffles têtus lors que tu t'époumones,
engendrent la stupeur.
comme le ciel aussi, la terre te contemple
en parents sidérés,
toi l'enfant affranchie à qui sers-tu d'exemple:
à nos cœurs apeurés..?
je crois que t'avoir vue a permis à mon âme,
de rentrer au séjour
de la fontaine aimée, où baigne encore la flamme
de mon premier amour.
louis-marClaude© |
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LAISSEZ PASSER
Tu prends le Labrador-Express... pour l'aventure
De Sept-Iles à Scheffer-ville. La Nipissis
Conduit aux eaux où t'attend la truite géante...
Mais sois patient le Train de Fer devra passer !
Avant qu'au Lac Esker tu ne jettes ta mouche,
En sens inverse il déboule en priorité:
Il doit passer ! Et Jocelyn fait l'aiguillage
Pour se garer sur un chemin d'évitement:
Car le convoi devra passer. Ses trois machines
Tractant cent soixante-sept wagons de minerais,
Se moquent bien de ton "p'tit Train' façon indienne:
Rien ne l'arrête il doit passer ! Puis reprenant
Son équipée en direction de la Moisie,
En attendant qu'un bon Indien t'invite aux bois:
Pense aux convois ces trains d'enfer: laissez-passer!
louis-marClaude© |
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LE PARC SILENCIEUX
Au parc, c'est le silence, un rêve bleu s'y mêle,
Ourlé de franges d'ors
Et dans la claire image, inondés pêle-mêle,
Errent le flou d'accords.
Un faune l'a compris, qui referme sa bouche
Sur un pipeau distrait,
Mais quoiqu'il l'ait saisi dans un geste farouche,
Son instrument sa tait.
Alentours des danseurs, baisant l'ultime rose,
Suspendent leurs ébats,
Car depuis tant de temps, la moindre note n'ose
En effleurer les pas.
louis-marClaude© |
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BRUISSEMENTS D'ELLES
Charmes évanescents,
Ô bruissements d'Elles !
A fleur de peau, désirs,
Mélanges diaphanes,
Chahuts, chutes, froufrous,
Ô bruissements d'Elles !
Préambules furtifs,
Regards baignés d'aurores,
Courses, renoncements,
Ô bruissements d'Elles !
Aux vents voluptueux,
Ainsi se rompt l'amarre
Et court dans la voilure
Vos bruissements d'Elles !
Charmes évanescents,
Ô bruissements d'Elles !
louis-marClaude© |
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LE PARC SILENCIEUX
(autre version )
Au parc ensommeillé que baigne le silence
Dans ses chasubles d’or,
Parmi des rêves bleus, pour conjurer l’absence,
Erre comme un accord.
Un faune l’a compris qui referme la bouche
Sur un pipeau distrait
Et quoiqu’il l’ait saisi dans un geste farouche,
Son instrument se tait.
Des danseurs aux pieds nus baisant l’ultime rose,
Suspendent leurs ébats,
Car depuis tant de temps, la moindre note n’ose
En effleurer les pas.
louis-marClaude© |
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AU PARC ENSOMMEILLE
(autre version)
Au parc ensommeillé que baigne le silence,
Quand un dernier soleil, a ses clos constellés,
Passent des rêves bleus à peine dévoilés,
Inaugurant des jours l'insigne somnolence.
Un faune l'a compris dont l'heureuse indolence,
Lance sur un bassin des rythmes simulés,
Lors que ses deux pipeaux sobrement muselés,
Ont tu, de leurs accords, la superbe insolence.
Des danseurs aux pieds nus suspendent leurs ébats,
Entre le ciel d'automne et les tons d'ici-bas
Et que baise frileuse, une traîne de roses.
Puis dans ce séjour froid où l'oiseau baille un brin,
Juste avant de quitter ses promesses moroses,
L'ultime rendez-vous en referme l'écrin.
louis-marClaude© |
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Pèlerin
ressaisis-toi messire
je crois bien que c'est fait
quand tu pinces ta lyre
je pressens un forfait
tu viens d'un terrain vague
qui sait d'un coin de bois
mais chante ton aubade
et je me fous des rois
je me demande encore
messire qui t'en vas
quels couplets vont éclore
où tu laisses tes pas
leur fragrance est acide
avec le doux l'amer
mais jamais une ride
dans ton refrain offert
c'est que vois tu ma douce
depuis que tu m'as pris
la main j'ai cette frousse
de quitter tes abris
c'est certain je raconte
pour engourdir ton heur
pour que conte après conte
je retienne ton cœur
mais à la fin ma mie
un vent m'appelle au loin
veut y boire ma vie
et je plie avec soin
dans un mouchoir l'image
de ce baiser donné
en guise de partage
au nectar suranné
car le bonheur insigne
pour tout vrai pèlerin
et de goûter tel signe
sur le bord du chemin
surtout qu'il en ignore
et les commencements
mais plus la fin encore
fût-elle aux firmaments
regarde la portée
ces noires ces bémols
cette croche emportée
par un soupir alcool
en a-t-on fait des gammes
à cloche tons diésés
entre folie et drames
aux accords irisés
que dites vous messire
montez j'ai du vin chaud
dame ai perdu ma lyre
venir mais peu vous chaut
montez seigneur vous dis-je
je connais vos chansons
car j'aime leur vertige
et pas moins vos blasons
c'est ça prenez la marche
pend aux murs un flambeau
montez jusqu'à cette arche
toiturée en berceau
allez à la terrasse
y conduisent des lys
et faites que ne passe
ce qui nous a surpris
vous verrez de la même
manière l'horizon
puis il se peut qu'on l'aime
ensemble à l'unisson
dame amie âme écoute
après tel mot doux dit
mon cœur n'a plus de doute
mais je m'en vais pardi
car aller à ta couche
le suprême bonheur
l'inénarrable touche
l'indicible saveur
nous prépare une guerre
lors que le rêve est bu
et ne m'amuse guère
quelque combat imbu
lors la preuve idéale
d'aller nous aimer mieux
est que l'âme féale
j'aille sous d'autres cieux
enveloppé d'espaces
goûter de souvenirs
les posthumes audaces
quêter des avenirs
mais l'oiseau de passage
le messager du temps
sans mépriser la cage
à des soucis ardents
dont il sait que la perte
pétrifiant son vol
l'oblige à cette alerte
de quitter votre sol
le vrai pèlerin dame
en ce monde ici-bas
n'a qu'un but pour son âme
où donc il ne sait pas
louis-marClaude© |

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