Sombre beauté !
Ton visage retient, Femme,
Les mystères de l'ombre et de la nuit, 
Les chauds envoûtements. Fleur noire
Qu'un indistinct désir
Venu du fond des âges,
S'est épris à tisser
Dans d'obscures nuances:
Belle es-tu !
La plus belle sans doute. Où donc est Cléopâtre ?
Mes yeux te cherchent, mon regard
T'interroge et les clartés surfaites
Dont il se repaissait
Jusqu'alors, fuient.
Reste ! Ne bouge pas ! Permets
Que je scrute l'aplat de ta teinte profonde,
Le calme enfermement qui verse dans ta peau,
L'énigme souveraine, 
Par excellence sombre. Oui,
Ta face est une épure
Et son pouvoir sur moi,
Fait le partage
Magique, ensorceleur
De tes formes saisies.
Au nom de ta couleur, de ses charmes secrets
J'adule un rêve et ton absence feinte
Verse, aux choses de l'Amour -
Goûts mêlés qu'en mon exode de vie,
Je glane pour mon cœur -
De tes beautés, l'aura mélanésienne.


louis-marClaude©








Portrait de femme noire de Marie-Guillemine Benoist - 1768-1828


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