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LE SONNET
Quatorze alexandrins ! Chef-d'œuvre vénérable,
Il cisèle fécond en tours délicieux,
Le fil du bien penser, dont l'argent gracieux
Se pique d'ors jaloux au lustre inaltérable.
L'aborder est un art raffiné, désirable,
Exigeant, redouté, jamais capricieux,
Quand nul talent ne sait, fort révérencieux
Atteindre, sans génie, à l'hymne incomparable.
Le poète s'applique et polit ce miroir
Cher à la Muse, au point qu'elle y veut comparoir,
Lui trouvant une forme assurément exquise.
Car le poème dit, pur et loyal signet,
Polymnie aussitôt se déclare conquise,
Le tresse et ceint son front des charmes du Sonnet.
louis-marClaude© |
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LE CLOWN
Artiste pitre, il sait parfaitement décrire
En tours de passe-passe, avec un rien d'outils,
Les éternels travers de nos sots appétits,
En brocarder les us, avec soin les transcrire.
Astucieux, malin, c'est le pince sans rire
Par excellence dont, les frustes abattis
Gesticulent nimbés de vols de confettis,
Franc plagiaire auquel la raison va souscrire.
Sur la piste plus tard, au chapiteau désert,
Après qu'il ait été si prolixe et disert
L'homme, seul y revient, gagné par l'hébétude.
Et bien qu'il voie encor sur le sable, vainqueurs
Ses pas pirouetter, gavé de solitude,
Le clown enterre amer ses vains hymnes moqueurs.
louis-marClaude© |
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LE MIROIR
Le miroir impavide en son vieux cadre à fleurs,
Incrusté d'oiseaux-lyre entre des asphodèles,
Garde-t-il du passé précieux et fidèles,
De ces souvenirs-là qui nous tirent des pleurs ?
Son âme dont le tain anime les pâleurs,
Nous rendra-t-elle un peu des antiques modèles,
Redressant de l'oubli maints avis infidèles,
Pour éclairer enfin, d'autrefois les couleurs ?
Mais rien de son puits clair où penchait ton visage,
N'autorise à le croire et fleure le présage
Qu'il taira, pour toujours, ta vie en apartés.
Car dans son oeil ouvert où sombre ce qui passe
Pour ne point revenir, habile en passe-passe,
Il ne soufflera mot du bleu de nos étés.
louis-marClaude© |
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LE PALAIS VIDE
Il y rentre du monde en l'énorme palais,
C'est sûr ! De tous ordos mais de toutes allures,
De maints acabits et de maintes encolures,
Fort étrange lice où bêlent fols et sots laids.
Les rumeurs au prétoire abondent sans délais
Dès lors que sous son dôme entrent les bosselures
Prises en charge enfin par mille et une enflures,
Dont l'astuce du verbe a pour sigle un balais.
C'est le chevet en somme où geignarde s'allonge,
Notre misère en mal toujours d'une rallonge,
Qu'un rite instrumental gère sans grand succès.
Voici ! Lui fait défaut l'insigne personnage,
Dont il n'a nul besoin, pour faire son ménage :
Car est, Dame Justice, interdite d'accès !
Tant il lui fait défaut l'insigne personnage,
Cette bonne Justice, interdite d'accès,
Dont il n'a nul besoin pour faire son ménage !
louis-marClaude© |
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PSY
Dans l'étrange pays que chacun en lui porte,
Hors de sa conscience - univers infinis -
C'est l'immense marée aux champs indéfinis,
Tumultes de toujours, en occulte cohorte...
nul n'échappe aux avis de cette saison morte
archanges du penser, vains cieux, obscurs bannis,
chacun en son exil de ses pas désunis,
se hâte vers un terme où tel rêve le porte
Aux souterrains séjours, d'insignes branle-bas,
Inquiètent la vie à force de combats:
Elle se cherche un nom, le sien, qu'elle réclame.. !
Car l'homme ayant perdu son Sens, fuit la paix,
Dont le deuil éternel l'admoneste en son âme
Qui vit, se forme et meurt, pour ne jaillir jamais!
louis-marClaude© |
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Le Sourire
Le sourire est ce bien dont toute âme dispose,
Incomparable force au magique pouvoir,
Il est alchimie et ne saurait décevoir,
Lui qui la vie en gris, superbe la transpose.
La sagesse d'antan depuis toujours propose,
De librement donner, avant de recevoir,
Et cet onguent le cour aime à s'en émouvoir
Au moment qu'il le touche et le bien recompose.
Harpe étrange il défait de nos malheurs, les fers,
Nous invite magique, à d'étonnants transferts,
Conduits avec brio par la sollicitude.
Libre et riche à la fois de savoir exister,
Ayant tombé l'habit d'une vaine hébétude :
Tu vas sourire eh ! oui . sûrement l'adopter.
louis-marClaude© |
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NE DITES SURTOUT PAS...
(2)
Ne dites surtout pas à l'enfant que je fus,
Combien j'ai trop laissé de nos projets en rade ;
Prince autrefois peut-être, aujourd'hui c'est sans grade
Que j'ai tourné le dos à nos bruyants refus.
Nous en avions souvent entrepris des raffuts,
Sorte de jeux voyous d'antique mascarade,
Sains monômes abrupts, vrai prétexte à parade :
Nous inventions demain. Dès lors, sur des affûts
Je traînasse nos vœux de transformer le monde,
Mon oeil traître, bourgeois, le trouvant moins immonde !
Faites-lui croire ainsi que je m'implique encor,
Vassal impénitent de notre estimé rêve,
Dans cette bulle bleue où je refais sans trêve
Les chemins du Pérou, des Pôles et d'Angkor.
louis-marClaude© |
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Astres à conviction
En ramassant ma nuit j'ai compté les planètes
Ces perles d'argents froids bordés d'éternité
Et mon cour, chaque fois qu'elle l'a visité,
Y pressent un propos aux allusions nettes :
Qu'elles me conduiront, conclusions honnêtes,
A reconsidérer en toute honnêteté,
L'art de voir au-delà de la réalité,
L'occulte alpha princeps objet à devinettes.
Dès lors qu'on ne voit rien et jamais et toujours,
Seulement du présent, quelques vains contre-jours.
Les sens ont de trompeur, que chacun d'eux s'accroche
Évidemment à quoi rendent compte ses tris,
Ignore l'invisible, insensible y ricoche,
Dont les vrais témoins sont, idoines les esprits.
louis-marClaude© |
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Ne dites surtout pas
(3)
Ne dites surtout pas à l'enfant que je fus,
Combien j'ai trop laissé de nos projets en rade ;
Prince autrefois peut-être, aujourd'hui c'est sans grade
Que j'ai tourné le dos à nos bruyants refus.
Nous en avions souvent entrepris des raffuts,
Sorte de jeux voyous d'antique mascarade,
Sains monômes abrupts, vrais prétexte à parade :
Nous inventions demain. Dès lors, sur des affûts
Je traînasse nos vœux de transformer le monde,
Mon oeil traître, bourgeois, le trouvant moins immonde !
Faites-lui croire ainsi que je m'implique encor,
Dans cette bulle bleue où je refais sans trêve
Les chemins du Pérou, des Pôles et d'Angkor.
Vassal impénitent de notre estimé rêve !
louis-marClaude© |
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LA PLUIE
je pense que la pluie en tombant m'interpelle,
pour un propos secret, façon Polichinelle !
c'est l'antique récit aux saisons attaché,
récit dont les retours ne m'ont jamais fâché...
je la souhaite alors, au creux de mon bocage,
rapporteuse de riens, familier commérage.
l'écoute ne me lasse, elle qui dit sans fard,
ce que le banal sait commettre avec grand art,
tout en elle me prend, berce mes nostalgies,
a-t-elle pour enchanter, celui de maints génies ?
lâchés ces flics-flacs-flocs, qui cognent mats et drus,
je les vois rebondir sur mes dallages crus,
dans le gras du feuillage, en la lumière et l'ombre,
ils nichent et partout, s'installent sans encombre,
joueurs facétieux qui rient de mon passé,
mentent sur mes futurs dont je me sens lassé.
c'est le moment qui tient, entre ses doigts le leurre:
tout passe et fait penser que chaque instant demeure...
c'est le fol alibi, quand va durer encor,
s'installer plus longtemps mon refus de l'effort.
exister me paraît, soudain la seule vie
et ressasser tout bas, la plus goutteuse envie !
je bois, suave lait, du monde le dessein,
qui me raconte au cœur le bon vouloir divin.
que ce soit sur la vitre, insolite une plume,
ou modeste en retrait, les flous que tend la brume,
un cri strident d'oiseau qui sermonne le temps,
le murmure complice, avec ou sans accents,
des bois de tous ces nords qui brûlent dans mon âtre...
et je reconnais là, la mystique d'un pâtre,
l'intention première et ses vœux d'engendrer,
m'abandonnant aux mains d'un permanent secret.
louis-marClaude©
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