Je connais un vieux coq clopinant sur ses serres,
Allant de-ci, de-là, pour découvrir son grain,
Il est loin des soleils qui brillaient sur ses guerres,
Et l'air ne vibre plus de ses clameurs d'airain.





Le soir ne le voit plus se jucher sur les branches,
Fomentant à la nuit dans l'attente du jour
Un coup de main royal, quelques actions franches,
Élargissant son train, ses crédits et sa cour.





Nenni. Il tient le sol, parmi poulets et poules,
Les premiers encor niais, les secondes couvant,
Et même de pigeons sur sa crête les boules,
Lui fienteront dessus. Ah ! l'exil éprouvant.





Demain, l'ombre l'ayant rendu comme en spectacle,
Au manège des siens glorieux, batailleurs,
Il secouera sa plume et se fera l'oracle,
Que tout passe partout comme ici, les ailleurs.





Viendra bien un moment au cœur de la journée,
Où les tiédeurs sauront revigorer ses chairs,
Et dernier souvenir d'une race bien née,
Il tentera tel bond pour sauter dans les airs.





Pas bien haut, juste assez pour atteindre la cruche
Dont servent tous ces bris de niche à escargots,
Il y gargouillera les chants d'une perruche,
En équilibre instable au fait de ses ergots.





Et passeront ainsi, vaines heures saumâtres,
Les manèges du jour dont il est éconduit,
Pour lui remémorer les temps jamais bellâtres
De ses gloires d'antan. Aujourd'hui c'est l'ennui.





Il a bien quelques fois avec force marmailles,
Fils des fils de ses fils, un semblant de caquets,
Mais ça ne pas loin, non plus chez les volailles,
Un vermisseau surgit, changent les intérêts.






Ainsi dans le cortège inexorable ou glousse,
Pépie, éclate et chante un peuple en mal de quoi,
Chacun s'affaire et pense à va comme je pousse,
Devoir durer toujours sans jamais rester coi.






Aussi l'aimè-je bien ce morceau d'infortunes,
Vainqueur hier un temps, pour jamais aux rancarts,
Car j'aime consoler qui vécut pour des prunes :
Discerner accédant au parangon des arts.






louis-marClaude©








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