ah! j'ai le mal de toi! mais me plaît que ne cesse

la morsure de feu dont toujours il me blesse

cette langueur d'amour qui me ramène à rien,

cette sans-cesse-mort où je me sens si bien.



tu es mon seul pays, mes champs et mes collines,

mes brocards et mes ors, mes refrains, mes rapines,

tu es mon pain, son sel, mes eaux et leur soleil,

mon réel jusqu'à l'aube et mon rêve au réveil.



la nuit c'est en secret cette autre part de vie

que tu portes en toi, pour que l'âme ravie

je la cherche et la trouve en la quête d'amour,

façon de m'accomplir en attendant le jour.



il te plaît, je le sais, que je te fasse offense

en nos duels secrets. otages sans défense,

nous nous restituons l'un et l'autre sa part,

gages, dons ou dépôts, échanges nus, sans fard.



qu'es-tu soudainement ? s'il advient que le
monde

plus tard, doive être lu par un oeil qui le sonde,

il verra quelque part la lumière d'un feu:

celui de notre ensemble inscrit dans cet aveu.



sois mon immensité. et laisse moi te boire

quand tu penches ton sein et je n'ose pas croire

que ta sente s'entrouvre en livrant ta cité...

je goûte de l'Amour ses goûts d'éternité.




t'enfuis que je te cherche et déjà je te trouve,

car tes ardeurs ont su sous ma cendre qui couve,

étonner de leurs jeux mon automne surpris,

avalanches d'été dont il se veut épris.



songerais-je à partir ? un souffle de ta bouche

me devient une chaîne et je reste à ta couche,

aussi longtemps qu'il plaît à ton désir vainqueur,

que j'aille lui conter les vœux clairs de mon cœur.




 

louis-marClaude©
novembre 2001



 



Oeuvre de Gabriel Bonmati©



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