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Mourad se cache toujours derri�re le panneau d�affichage municipal. D�un geste vif, il extirpe le morceau de shit enfoui au fond d�une bo�te d�allumettes, le br�le puis le m�lange au tabac. Comme d�habitude, je suis pr�pos� au filtre. Et comme d�habitude, j�ai oubli� de ramasser un ticket � la gare. Obligation m�est donc fa�te de m�attaquer une fois de plus � l�affiche. Cette semaine, la mairie tente de mobiliser les foules pour soutenir le r�volutionnaire peuple fr�re de Cuba. Comme d�habitude par un graphisme des plus incertains. Nous avons beaucoup fum� cette semaine. Du slogan.... tous derri�re Fidel et le fier peuple cubain... il ne reste plus que le dernier mot, pour rouler le filtre. D�ailleurs, nous avons arr�t� de nous servir des emballages cartonn�s des paquets de Camel, apr�s avoir subtilement remarqu� que les flics se servaient � chaque fois de cet indice, comme preuve irr�futable de possession de haschich. Ensuite, ils distribuent les gifles. Depuis cette subtile observation, la politique de communication des services municipaux est devenue beaucoup moins efficace. Mourad ach�ve de rouler le joint, arrache le petit chapeau de papier et tire une �norme taffe. Il a encore mis trop de shit et l�air g�n� ne peut se retenir... il tousse, crachote et finit par vocif�rer contre tous les d�mons de la terre. J�en profite pour prendre le joint et le fumer doucement. Lui continue de faire le tour du panneau. Bien s�r, lui n'en finit pas de maudire le type qui lui a vendu la barrette. Il jure qu�il n�ach�tera plus de libanais jaune. Et comme d�habitude la semaine prochaine nous fumerons du libanais jaune. Nous allumons une Marlboro et partons. En plus, il commence � pleuvoir. |
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