le château (>>>)
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Nous n’étions plus qu’à quelques semaines du fatidique examen, de la mythique étape du passage. Celui qui vous ouvre les portes de l’Université. Celui qui vous confère un statut d’intello sur les bancs où nous avons passé notre enfance et la suite. Un mercredi après-midi d’ennui, nous avions décidé avec Ricardo d’aller visiter la Sorbonne. Nous sortîmes vestes et pantalons à plis de nos placards. Comme un poisson dans l’eau disait l’autre. Passés la porte et le premier étonnement, nous prîmes place en haut d’un amphithéâtre. Nous n’imaginions même pas qu’un tel musée puisse accueillir des cours. Du bois, des frises, des sculptures, des lumières presque tamisées, le ronron de la voix au centre des craquements, des bruissements et des murmures... une véritable suaverie. Nous profitâmes d’un temps-mort pour nous échapper. Nous ne comprenions alors pas grand-chose à ce qui constitue le champ sémantique de l’étudiant ... licence, amphi, partiel, département, module... et arpentions joyeusement les interminables couloirs de ce qui était pour nous un labyrinthe. Aux détours d’une galerie ou d’un corridor, qui sait, nos regards se fixèrent sur un pan de mur orné de centaines de petits papiers multicolores. Cette esthétique du dazibao déchirait l’harmonie de cet office que nous voulions château du Moyen-Age ou de la Renaissance. Nous débutâmes la lecture. Une pub pour une mutuelle, une assurance voiture ou des voyages en car, au choix. Ricardo me tapa sur l’épaule et se mit à la recherche du complet stylo-feuille. Et oui, nous étions bien les seuls à déambuler au sein de l’antichambre du savoir, vierges de tout équipement. Je me retournai. Personne à l’horizon. D’un geste vif, j’arrachai la petite carte que Ricardo m’indiquait d’un index déterminé... et hop ! Dans la veste. Détendus, l’air de rien, nous nous dirigeâmes vers la sortie et prîmes place à la terrasse d’un café du coin. Le garçon nous présenta les deux cafés et encaissa son dû. Je plaçai la petite carte dans le creux de ma main... Editeur recherche rédacteurs débutants pour magazine culturel branché. Pas sérieux s’abstenir. Suivaient le prénom Charles, et un numéro de téléphone. Nous avalâmes le café d’une traite et nous pressâmes le pas. (>>>)
la sorbonne, mais vue par Orson Welles
9-quatre (petit roman)
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