| à la télé | |||||||||||||||
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| La rumeur enflait. Les nuits précédentes avaient été éclairées. En réalité, personne ne savait réellement ce qui s’était passé. Nous, ce qui nous intéressait, c’était d’aller danser sur la R16 calcinée des Bouroullec. Cette vieille caisse aux pneus crevés. Ce matin-là, elle nous rappelait vaguement un taurillon mis à mort par des banderilles invisibles. Dans le quart d’heure qui suivit le début de notre danse rituelle, arriva le cameraman de FR3 flanqué pour l’occasion d’un photographe de Paris-Match qui ponctua son arrivée par un... ça va les braves, qui nous laissa dubitatif face à ces intentions. Nous remontâmes bandanas et keffiehs sous les yeux et prîmes des allures de rebelles défraîchis. Face au capot de la voiture, nous pensâmes enfin accéder à notre quart d’heure de célébrité, jusqu’au moment où Diguito ne put s’empêcher de baisser son froc et de leur montrer son cul. La séance de prises de vue s’arrêta nette. Brisé dans son élan, le photographe tourna le dos et repartit sur sa moto. Le cameraman s’acharnait à essayer d’interviewer la mère de Ricardo. Seuls, des bribes de sa voix nous parvenait... foutez nousse la paisse... mon fils, c’est passe un voyou, il va à l’école, alorsse on veut pas de vousse ici... Les oreilles de Ricardo se mirent à rougir, et il commença à contourner le bâtiment pour éviter que le regard maternel le trouve. Nous pensions l’animation médiatique terminée lorsque nous entendîmes des cris venant de la voiture de la télé publique... putain, mais pourquoi vous m’avez fait ça... merde, je suis pigiste, faut bien que je bouffe aussi, déjà que je me tape tous les sujets de merde, et si à la fin je dois en plus rembourser un p’tain d’autoradio... C’est alors que nous aperçûmes Fab cavaler en direction des caves, le poste sous le bras et le sourire jusqu’aux oreilles... et en plus je lui ai niqué toutes ses serrures à ce cave de baveux. L’incident était clos... enfin clos jusqu’au jour, où nous nous vîmes en couverture de Paris-Match auréolé d’un énorme LES NOUVEAUX BARBARES. Nous avons observé nos tronches sur papier glacé et surtout, et surtout profité un peu plus de l’accent espagnol de la mère de Ricardo. |
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