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A la frontière entre linguistique et
pragmatique, se noue la problématique du sens dans le discours
argumentatif. Or d’une considération purement textuelle, qui ne voit
dans le progression argumentative que l’enchaînement logique et
syntaxique, à une considération purement pragmatique qui ne tient
compte que des facteurs extralinguistique débute une recherche mariant
les disciplines, autrement dit une approche interdisciplinaire qui
part des éléments dits linguistiques sans pour autant négliger les
facteurs psychologiques et situationnels impliqués. Une nouvelle
approche qualifiée de pragmatique linguistique née de la volonté des
linguistes et des pragmaticiens tels que Ducrot et Anscombre. Se
prononçant contre la séparation entre sémantique et pragmatique, ils
soutiennent le fait que, pour la détermination du sens, il convient
d'étudier pragmatiquement l'énoncé en décelant tous azimuts son apport
argumentatif dans le contexte textuel.
D’un travail d’interprétation d’où
surgit la complexité de l’analyse de discours, les pragmaticiens
renvoient tout acte de parole à une finalité argumentative. Mais la
question reste en suspend «peut-on affirmer, dans l’absolu, que tout
énoncé est argumentatif ?».
Le discours argumentatif qui émane
d'une pragmatique dite intégrée, moyennant tous les éléments
linguistiques et situationnels est, au centre de notre recherche.
C'est le fait que tout énoncé aussi bizarrement banal soit-il (comme
les prémisses qui constituent les deux premières propositions d'un
syllogisme) ouvre la voie à une opération inférentielle ad hoc. En
pragmatique textuelle les recherches sont généralement orientées
vers l’analyse des éléments textuels permettant l’aboutissement du
sens en s’éloignant, de ce fait, de toute explication linguistique.
Ducrot et Anscombre, pionniers et fondateurs de la pragmatique
textuelle, partant de l’observation comme moyen de compréhension
d’énoncés montrent que tout énoncé est tributaire d’une visée
argumentative. Or, ce que le locuteur vise, ce que l’interlocuteur
comprend n’est évidemment pas le sens littéral de la phrase
(c’est-à-dire l’enchaînement des éléments linguistiques déversant
chacun sa signification apparente) mais plutôt une conclusion émanant
d’un travail d’interprétation qui dépasse la simple explication.
Le schéma argumentatif conçu par
Ducrot est une sorte d’appareillage théorique aidant à la recherche
de la conclusion visée dans tout discours. C’est pour dire qu’à toute
proposition P correspond une conclusion X. Les éléments dont on se
sert le plus sont les connecteurs logiques et les conjonctions en
particulier «Mais».
Nous discuterons, donc, la prééminence
de «mais» aussi bien à l’oral qu’à l’écrit en essayant de trouver des
explications fondées sur une étude de cas relevant d’un corpus
déterminé et sur un travail d’interprétation. Nous étudierons l’emploi
du connecteur argumentatif en rapport avec l’emploi de «mais» en
essayant de trouver à chaque fois des explications aux choix faits par
le locuteur. Pour se faire, nous étudierons l’apport de «mais» en
procédant à un travail de substitution, mutation et même de
reformulation. Nous verrons, entre autres, la réfutation, la
gradation, l’hésitation, l’étonnement, etc. Cependant, d’autres
occurrences dont on discutera l’apport argumentatif poseront des
problèmes à cerner. Nous essayerons tout de même, par une analyse
approfondie, à y parvenir.
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