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Présenté par:Dejediai Abdelhak

Les collocations

 
Mémoire Dirigé par M.Salah Khanour        
Introduction

1- Choix du sujet

C’est depuis l’aube du structuralisme saussurien que la linguistique s’est rendue compte que la langue, loin d’être une nomenclature, « est un système de signe »[1] régi par un certain nombre de contraintes et de règles imposées par et à ses locuteurs. Cet « (…) ensemble de contraintes imposées, dans une société donnée, pour sa réalisation effective ( …) »[2] dit la norme, est à l’origine de la langue. Car, c’est par rapport à ces contraintes que certaines réalisations de la langue sont  acceptables, alors que d’autres ne le sont pas. Toutefois, à la différence de la grammaire, la linguistique se veut une discipline descriptive et non pas normative. Comme le dit J. FEUILLET :La tâche du linguiste consiste à décrire la manière dont les hommes parlent […], et non à leur prescrire la façon dont ils devraient parler … [3].D’où la question de l’usage qui privilégie une certaine réalisation plutôt que d’autres ; qui accepte certaines combinaisons de mots en tant que phrases correctes et rejette d’autres en tant que phrases agrammaticales au asémantiques. L’une des combinaisons des mots résultant de l’usage est la collocation ; ce   concept a été introduit dans le la terminologie linguistique pour la première fois par J.R.FIRTH pour désigner des combinaisons de mots se caractérisant essentiellement par leur récurrence dans l’énoncé. Étant donné que la collocation est le concept de base sur lequel porte notre travail, il importe de s’interroger, dans un premier temps, sur les critères ou les propriétés linguistiques permettant son identification au sein de la phrase qui n’est pas une tâche facile. Car, la collocation se situe dans une zone floue, et ses frontières avec d’autres combinaisons de mots, dont les expressions figées et les mots composés, ne sont pas étanches. A ce propos R.H.ROBIN dit :On ne connaît ces traits particuliers d’une langue que par une longue expérience […] [et] on ne les acquiert généralement qu’à la fin de l’apprentissage d’une langue étrangère[4].

 Dans un deuxième temps, nous allons décrire les bases linguistiques sur lesquelles ont été construites les collocations ; autrement dit, nous allons nous interroger sur les critères sémantiques syntaxiques et pragmatiques qui font d’une combinaison de mots une collocation. Et ce, afin de proposer une classification ou une typologie des collocations propres à la langue juridique et en relation étroite avec  notre corpus,  car  ce travail ne vise qu’à l’étude de la langue juridique. Un tel travail n’est jamais dénué d’intérêts : il y a toujours des raisons subjectives et objectives qui sont à l’origine de la recherche, et qui déterminent le sujet. Dès lors, il importe de répondre à une question aussi importante que  pourquoi travailler sur la collocation ?

En fait, les germes du présent travail sont un ensemble de lectures qui nous ont amenés à constater que la collocation, bien qu’elle soit un domaine fertile de recherche, n’a pas joui des études d’envergure. Et ce, au moins à l’université algérienne ou les étudiants s’orientent vers ce qu’il est convenu d’appeler les disciplines annexes de la linguistique telles : la sociolinguistique, l’analyse du discours, la  pragmatique, etc. Ce qui veut dire qu’il y a un vide théorique remarquable concernant la collocation.

Certes, il sera outrecuident de prétendre avoir comblé cette lacune. Mais, nous allons au moins ouvrir des perspectives aussi bien  aux étudiants travaillant dans le cadre des sciences du langage que pour ceux travaillant dans un cadre didactique. Car, l’intérêt des collocations pour la didactique n’est pas moins important que leur intérêt pour la linguistique. Les raisons subjectives, quant à elles, sont au nombre de deux : la première, c’est que, au lieu d’entamer de nouvelles lectures requérant des efforts et du temps, nous voulons investir notre bagage conceptuel et notre savoir-faire en linguistique, acquis durant les années de la graduation et l’année théorique de la poste graduation. La deuxième raison, c’est que nous avons tendance à travailler sur des thèmes déclassés et écartés par les chercheurs (les étudiants). Car, cela nous permet, outre l’acquisition de nouveaux concepts, d’introduire un nouveau savoir-faire et une nouvelle habilité tout en développant, chez ceux qui viennent à la recherche, ce goût subtil pour la découverte des déterminations de l’être par le langage.  

 

2- Choix du corpus :

Si nous avons choisi de travailler sur Les 1000 questions à l’avocat  de M. FELL et al, c’est tout simplement parce que la langue juridique est un champ fertile de recherche dans la mesure où les collocations qui s’y trouvent sont clairement remarquables et faciles à repérer, de l’autre côté, cet ouvrage a abordé presque tous les sujets relatifs au droit. Ce qui nous permet de le considérer comme corpus représentatif de la langue juridique. Telles sont les raisons objectives déterminant ce choix. 

3- Méthodologie :

 En égard aux objectifs soulignés à savoir : délimitation, description et classification des collocations dans la langue juridique, un éclectisme de concepts empruntés à la grammaire, à la sémantique et à la syntaxe, impose à nous vu que la collocation, en tant que problématique, n’a pas une approche spécifique et une théorie unique qui la systématise ou qui la caractérise. Dans un premier temps, nous emprunterons des concepts à la grammaire et à la syntaxe tels que : «parties du discours»,  «mot», «morphème», «lexie», «lexème», «figement syntaxique», etc. Deuxièmement, étant donné que notre but est descriptif, nous allons comparer la collocation à d’autres combinaisons de mots tels que «synthèmes», «expressions figées», «mots composés», «figements sémantiques», «semi-figement».Enfin, dans le but de proposer une typologie de la collocation, nous revenons à certaines approches proposées par les théoriciens dont l’approche de V. HEID ou celle de J. BINON. Tels sont généralement nos outils d’analyse et nos concepts de lectures.

4- Le plan :

 Il est évident que, dans un tel travail, nous devons commencer par avancer quelques définitions données par les théoriciens au mot collocation et ce, dans le but de montrer que la collocation, en tant que concept linguistique, est polysémique. Ce qui va être détaillé dans un premier sous-chapitre s’intitulant   La collocation : tentative de définition. Dans un deuxième sous-chapitre, s’intitulant  La collocation : problème de définition, nous allons d’abord mettre en évidence (théoriquement) les caractéristiques syntaxiques, sémantiques et pragmatiques de la collocation. Deuxièmement, nous allons comparer la collocation à la phrase ordinaire, à l’expression figée et au mot composé. Dans un dernier sous chapitre s’intitulant,  La collocation typologie et critères de classification,  l’accent sera mis sur certaines approches ayant pour but la classification des collocations ; nous travaillerons ; nous travaillerons, à ce niveau, à la suite, de V. HEID ou celle de J. BINON. Tous ces points seront compilés dans un premier chapitre s’intitulant  Éléments linguistiques pour approcher la collocation. Dans un deuxième chapitre s’intitulant,  collocation et langue de spécialité, nous projetterons la lumière sur le rapport entre la collocation et les langues de spécialité. Nous commencerons d’abord par expliciter les spécificités des langues de spécialité dans un sous chapitre s’intitulant     la langue de  spécialité : définition  et  spécificité. Le deuxième sous chapitre sera réservé à l’une des langues de spécialité que nous avons choisie comme un exemple révélateur à savoir, la langue juridique. Le dernier sous chapitre s’attachera à mettre la collocation en rapport avec la langue juridique. Le troisième chapitre s’intitulant, délimitation et description des collocations dans la langue juridique, ne sont qu’une exploitation de concepts exposés dans les deux premiers chapitres. Nous commencerons le premier sous chapitre par le problème de la délimitation, puis nous passerons, dans le deuxième, à l’analyse interne des collocations pour en décrire les propriétés linguistiques. Le dernier chapitre s’intitulant,  pour une typologie des collocations dans la langue juridique,  se veut une application des approches proposées par les théoriciens cités ci-dessus.

 

       

Conclusion

Délaissé de la part des étudiants-chercheurs, et voire écartée parfois des ouvrages de la linguistique; en ce sens qu'ils n'y réservent qu'une partie marginale, la collocation en tant que fait linguistique, ne peut jamais être circonscrite dans un tel travail. Il nous faut dès lors avouer l'insuffisance et les lacunes qui peuvent s'y trouver consciemment ou inconsciemment. Toutefois il n'est pas impossible que notre travail a enlevé l'ambiguïté sur  ce domaine tout en abordant trois points essentiels relatifs à la collocation. Ces  points se résument en trois verbe à savoir : délimiter, décrire et classifier. Résumée ainsi la problématique de ce travail a été concrétisée par rapport à la langue juridique en quatre chapitres. les deux premiers ne sont q'un exposé théorétiques dans lequel nous avons défini les concepts et les méthodes nécessaires dans notre approche de la collocation. Les deux derniers, quant à eux,se veulent une application littérale de ces concepts et ces méthodes. Si les résultats sont nombreux et différents, c'est parce que chaque forme de collocation est singulier et requiert une étude  spécifique. Néanmoins , cela ne nous empêche pas de signaler des traits communs propres aux  collocations dans la langue juridique. En effet, outre le semi figement sémantique caractérisant toutes les collocations extraites de notre corpus, le semi figement syntaxique est aussi dominant. Ce qui fait la spécificité des collocations propres à la langue juridique. de surcroît,en écartant ce que certains appellent collocation grammaticale (il est question de choix personnel), nous avons constaté que la structure morphosyntaxique contient toujours un nom(en tant que partie du discours) qui est toujours la  base de collocation. Quant à la classification,nous avons confirmé l'idée de J.BINON selon laquelle la collocation typique à un domaine particulier est de type classifiant(selon la typologie de BINON  qui distingue entre collocation classifiant et collocation qualifiant).Tels sont brièvement les résultats de notre travail qui, malgré les difficultés consistant à ce vide théorique dont nous avons parlé et au problème de la traduction de certains concepts de l'anglais,a pu avoir lieu. Au terme de ce travail, nous espérons que nous avons avancé même d'un pas la recherche scientifique tout en enlevant le rideau sur un domaine si important. Et ce, en particulier pour les futur chercheurs travaillant dans un cadre didactique ou dans le cadre de la traduction. Comme l'Affirment certains théoriciens entre autres J. BINON et J.BAHN, la connaissance des collocations joue un rôle important dans l'apprentissage des langue et la traduction d'une langue à une autre

 

       

[1] - G. SIOUFI et D.V. RAMDOUK, 100 fiche pour comprendre la linguistique, Bréal, Paris, 1999, P. 77.

[2] - O.DUCROT et al., Nouveau dictionnaire encyclopédique  des sciences du langage, seul, Paris, 1995, P.314.

[3] - J.FEUILLET, Introduction à l’analyse morphosyntaxique, PUF, Paris, 1988, P.314.

[4] - R.H. ROBIN, Linguistique générale : une introduction, Armand colin, Paris, 1973. P.70.

 

 

       
         
         
     
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