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Présenté par:Belkadi Yousria

Option: Sciences des textes littéraires

 
Pour une étude de l'esthétique du rire dans la nouvelle littérature algérienne d’expression Française.        

Le cas des romans de Yasmina Khadra        

       
Introduction:

Notre étude portera sur « L’esthétique du rire dans la nouvelle littérature algérienne », nous tenterons de démonter l’émergence d’une nouvelle littérature algérienne d’expression française, délimiter son profil et ses préoccupations thématiques.

Notre étude vise un aspect très peu étudié celui de l’esthétique du rire dans la littérature algérienne, ce qui nous donnera l’occasion de mettre en valeur sa variété et sa richesse .Ainsi pour échapper à des lectures qui assèchent le texte et le condamnent à l’isolement ainsi que les grilles importés de l’occident comme l’affirme R. Raïssi : « Ainsi la littérature maghrébine et autres se trouvent de plus en plus acculée et enfermée par les nombreux épitextes universitaires et journalistiques qui aplatissent le texte pour lui faire dire l’incompréhensible et qui occulte son pouvoir singulier et magique de donner voie/voix à la parole de l’âme et à celle du rêve et qui la réduisent , le plus souvent , à un A.I.E ou tout simplement , à un simple reflet déformé de la réalité ».1

D'après le dernier article de F. Chaouli2, la littérature algérienne d'expression Française est en train de se détacher des vieilles thématiques de la revendication de l'espace, de l'utilisation de la violence, de la quête de l'identité pour se renouveler grâce à la pratique du comique, de l'ironie et du rire et ce, pour dépasser le tragique éternel dû à l'inscription dans la dichotomie du même et de l'autre et de la réalité de la violence avec comme toile de fond des études toujours sociologiques, toujours historiques et toujours psychologiques.

Il existerait donc depuis 1992, indépendamment de la littérature «beure» généralement inclassable puisque se revendiquant d'un espace et de son opposé et se voulant aussi bien française qu'algérienne, une nouvelle génération d'écrivains algériens qui représentent le tragique d'aujourd'hui par le biais du comique et qui tenterait ainsi de faire sortir la littérature algérienne de l'impasse où elle se trouvait à cause et en raison des lectures qui assèchent le texte et le condamnent du même coup au nom des grilles importées. Ces écrivains de la nouvelle génération seraient, selon l'auteur, Khadra, Chouaki, Lebkiri, Zaoui…. Ce sont des écrivains qui, par la pratique de la satire et de l'ironie sont en train de «faire oublier» Kateb Yacine, Rachid Boudjedra, Chraîbi, etc.

Cette écriture est intéressante parce qu’elle constitue le lieu de l'expression de l'illicite, de l’interdit et de la dénonciation. Ecriture de la raillerie acérée, du cynisme et du rire, cette nouvelle littérature, comme défi contre les injustices et la mort, repousse les limites imposées par la réalité macabre de la décennie noire.

L'objet essentiel de ce travail est de désigner la venue au monde d'une nouvelle littérature algérienne d'expression française qui fonctionne non plus à la quête de l'identité cheval de bataille de ceux qui ont appris sur le tas et à partir de l’échec mais de l'écriture de la mise à distance qui produit l'éveil, la thérapie et le rire.

Ce sera, pour nous, l'occasion de travailler sur les écritures de la satire, de la polémique, du burlesque, de l'ironie, du rire, etc. pour sortir, enfin, de l'éternel analyse du discours, du comparatisme forcé qui s'adonne à des parallélismes fictifs et des thématiques néocolonialistes de la perte de l'identité.

Cela nous permettra, enfin, de sortir des sentiers battus des thèmes surexploités et d'échapper, ainsi, à la pensée commune qui ignore, le comble (!), qu'elle se fait aux clichés, aux stéréotypes et aux lieux communs.

Nous partirons, concernant la méthode, de la conception de M. Bakhtine qui définit fa création littéraire comme un exercice carnavalesque autrement dit comme refus de l'ordre, refus d'un langage, refus d'une forme fixée et normative et refus d'un langage univoque ; ce qui revient à dire tendance profonde à la célébration de l'ambivalence. Pour ce faire, nous adopterons une approche linguistique ou structurale des textes. De plus, nous considérons, après beaucoup de critiques, que l'histoire et la société ne peuvent être exclues de l'étude d'un texte, car tout discours littéraire, même le plus intime, est marqué par l'ensemble de la communauté. La littérature est perçue ici comme un fait complexe, lieu où se croise une multiplicité de discours hétérogènes, réseau de connotations en nombre indéfini, impossible à fixer de façon définitive, impossible à clore sur lui-même.

Concernant le corpus, nous préférons ne pas nous enfermer dans une œuvre spécifique puisque notre projet n'est pas d'étudier un texte, ce qui est moins intéressant en soi, mais notre propos est d'essayer de montrer la naissance d'une nouvelle littérature fonctionnant au refus des formes et aux revendications traditionnelles et avec un déterminant commun, celui de la pratique du rire comme dénonciation et comme thérapie. C'est pour cette raison que nous choisissons de prendre notre «bien» là nous le trouvons dans l'oeuvre de Khadra, de Chouaki, de Lebkiri, ou de Zaoui. Comment se manifeste « le rire » dans cette nouvelle littérature des jeunes écrivains de la nouvelle génération ? Telle est la question à laquelle que nous tenterons de répondre tout le long de notre étude. La réponse répartira notre travail en deux chapitres.

Dans le premier chapitre, nous essayerons de survoler l’historique de la littérature algérienne à savoir les thématiques relatives au colonialisme , à la guerre et à la quête identitaire , nous essayerons aussi de démontrer leur préoccupations et fascination par la forme de la langue française pour exprimer leurs sentiments et dont ils font usage , afin de démontrer le détachement de cette jeune génération d’écrivains des thématiques traditionnelles en ménagent de nouvelles techniques grâce à la pratique du rire et de l’ironie.

Dans le deuxième chapitre nous tenterons d’examiner de près les différents aspects du rire à travers une écriture de la blessure et celle de l’humour qui exalte l’écart et le renversement des normes stylistiques à travers une poétique négative. Lieu où se manifeste l’ironie et la satire, le grotesque et le comique.

 

       

Conclusion :

Notre étude sur l’esthétique du rire dans les romans de Yasmina khadra se propose de souligner le profil moderne que se donne cette nouvelle littérature , lieu de la dénonciation et de l’expression de l’illicite , comme l’affirme J.Emelina : « Le comique ne participe t-il pas d’une destruction sardonique , exaspérée et délibérée de l’ordre , de la raison et du monde ? »3

L’écriture de Yasmina Khadra est une écriture ambivalente et polysémique porteuse d’une idéologie de la rupture et de la subversion contre la société à travers ce que Bakhtine appelait « la carnavalisation littéraire ».

Notons que cette nouvelle pratique du cynisme et du rire figure un espace où la parole nie le pouvoir et l’ordre établi par la société. Elle se manifeste par le refus du langage univoque en se démarquant du conformisme traditionnel par la perception de la «différence».

Par ailleurs, nous constatons que l’écriture de l’humour produit les sens de la différence détruit par le rire tout en produisant des images grotesques pour décrire le tragique et le malaise algérien. Toutefois, le rire s’investit et prend de l’ampleur sur toute la trame romanesque, à savoir des personnages caricaturés et des situations douloureuses qui rappellent une Algérie souffreteuse terrorisée par les massacres des intégristes.

Ainsi, nous en déduisons que les écrivains de la jeune génération tels Yasmina Khadra, Chouaki et Zaoui….réussissent à travers une langue parfois agressive par le biais du rire à démystifier les balises imposées par la mort .Comme l’affirme F. Chaouli : « …..quand les mots se mettent au service de l’humour, alors le rire ne se résigne pas, il défie ».4

Ainsi notre étude se veut une étude générale de l’esthétique du rire dans la nouvelle littérature algérienne en prenant comme cas les romans de Yasmina Khadra .Un survol des différents aspects du rire produit dans le texte, ce qui ouvre la perspective pour d’éventuelles recherches plus approfondies .

 

       

1 R. Raïssi « L’enfermement de la littérature » in www.licence-2eme.new. fr

2 F. Chaouli, L’ironie du rire sur fond tragique dans Morituri de Yasmina Khadra in ALGERIE/Littérature Action n°71-72, mai-juin2003, pp.47/58

3 J.Emelina, Le comique, essai d’interprétation générale,Paris,S des,1991,p.15

4 F. Chaouli, L’ironie du rire sur fond tragique dans Morituri de Yasmina Khadra in ALGERIE/Littérature Action n°71-72, mai-juin2003,pp.47/58

 

       
         
         
     
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