Université vers la  Professionnalisation.

Par: Dr.Raissi Rachid

 

 

 

Les structures pédagogiques de notre université sont héritées du XIX siècle. Son enseignement était destiné   à   une   certaine   élite.   Aujourd’hui, elle  absorbe  la plus grande demande sociale des  études supérieures avec les mêmes structures pédagogique,  de gestion et un enseignement hérités du XIX siècle.

Par ’’opposition’’ à l’université, de grandes écoles se sont développées pour répondre à des besoins spécifiques.  Cette distinction correspond à des fonctions distinctes. Les grandes écoles ont pour but de former des ingénieurs, des administrateurs ou des ’’managers’’  c’est un  réseau puissant et efficace dont la fonction est la formation professionnelle supérieure. La finalité des grandes écoles est d’alimenter les grandes entreprises.  

Par ‘’opposition’’ aux grandes écoles, les universités forment des étudiants   pour la recherche ou pour  la fonction publique compte non tenu des études juridiques et des sciences médicales dont la finalité est séculaire. La mission culturelle est le principal vecteur de la recherche fondamentale   mais   éloignée   des   préoccupations   utilitaristes. La finalité de l’université est d’alimenter le secteur publique.

 

L’université en mutation.

On a vu naître, en France, des filières professionnalisées au sein de l’université au lendemain de 1966 avec les I. U. T. C’est le premier essai de rapprochement entre l’université et le monde de travail. En 1970, on a instauré la maîtrise d’informatique appliquée à la gestion (MIACE) ; en  1971, il y a eu  la  maîtrise  des  services  de  gestion

(MSG) et la maîtrise des sciences techniques  (MST). En  1974, on a réformé le 3e cycle et ainsi il y a eu création de diplômes supérieurs spécialisés (DEES) avec un stage d’application garanti d’une liaison avec l’emploi par opposition au régime antérieur du3e cycle à contenu académique  et  destiné  à  former des enseignants  ou  des chercheurs.

Enfin, en 1985, l’installation des magistères qui visaient  à  former des ingénieurs  universitaires, confirment  la  mutation de l’université vers des préoccupations liées aux débouchés. Mais  l’université  devient  par  conséquent  un  système  fermé  avec l’instauration de la sélection à l’entrée et dans ce cas, elle ne contribue plus à résoudre le problème moyen de l’université de masse.

 

L’université algérienne vers la professionnalisation.

Un exemple : l’ILE de  Blida 1

 

Il existe en Algérie, et en particulier à Blida, un campus universitaire à dominante  scientifique et technique, un besoin d’enseignants capables de former en français, langue étrangère des publics spécifiques (c’est-à-dire non scolaires). Ces publics sont des étudiants des instituts scientifiques et techniques des universités,   les  personnes  impliquées  dans   les   transferts   de technologies  ou  dans  les  échanges  internationaux  des  relations internationales. La rapidité des évolutions technologiques, difficiles à maîtriser si on a pas accès aux publications  étrangères, la généralisation progressive de l’arabe  comme langue   d’enseignement    dans    les    universités scientifiques   et   techniques,   rendent   indispensable   et   urgente   la formation  de  professeurs  maîtrisant  les  particularités  du français  à objectif    spécifique.   Il s’agit   pour   l’université    algérienne  d’une nouveauté,     puisque     les     adaptations     exigées    par     ce     type  d’enseignement ont été laissées jusqu’ici à m’initiative des professeurs. La poursuite de cet objectif général n’implique pas de rupture radicale avec les contenus et l’organisation de la licence de français telle qu’elle  existe  dans  d’autres  universités  algériennes.  C’est  la   même langue,   adaptée   à   d’autres   usages,   qui  sera  enseignée.  Pour  cette raison, et pour ménager à  moyen  terme  toute  la  souplesse  voulue  au dispositif mis  en place  (notamment  en  matière  de  débouchés),  il  est prévu  que  la  licence  de  français  langue étrangère  comportera  deux options :   français   de   spécialité   (option 1)  et   langue   et littérature française (option2).

 

L’université de ouargla.

On va commencer, ici, par se permettre une petite ’’redite’’ puisque les choses  qu’on vient de dire pour l’université  de  Blida sont   applicables à l’université  de  Ouargla  où il  existe aussi  un  campus  universitaire. c’est-à-dire    un     ensemble     universitaire     regroupant des   unités d’enseignement   et    des    résidences,    à   dominante    scientifique  et

technique,   un   besoin réel    d’enseignants    capables   de    former   en français,   langue étrangère  des  publics  spécifique,  autrement  dit non scolaires.  

Nos  étudiants  de  instituts   scientifiques  et  techniques.  A l’image  de ceux   de   Blida,   d’ Alger   ou   d’ailleurs,   impliqués   aussi   dans  les transferts de  technologies  et dans les échanges  internationaux.  doivent pouvoir   également  bénéficier   d’une   formation  en  français,   langue étrangère   par   des   spécialistes   que   la    faculté    des    lettres    doit

préalablement  former. Ceci est  un   besoin,  actuellement  non   pris  en charge. 

Par ailleurs, il faut souligner que  l’université  de  Ouargla  a  ouvert  ses portes  sur l’entrepris :  elle ‘’ forme ‘’ des  travailleurs  de  la  sonatrach.Mais    cette   opération       financière      d’envergure      ne     touche malheureusement pas à la  professionnalisation de l’université   puisque le public qu’elle forme  n’est  pas  un  public  universitaire ;  ce sont des fonctionnaires   avec  un  emploi  stable  et  parfois   très   proches  de  la retraite. 

La   professionnalisation   doit   être   pensée   en  terme  de  besoins  des entreprises et en termes de  formation  de  nos  propres  étudiants ;  toute action   universitaire    ne  peut  être pensée   qu’en   termes  débouchés compte  tenu  du  fait  que  tous  les  secteurs  sont actuellement  saturés.           

Cela  demande  un  travail   préalable :  enquêtes  au  près  des  entreprises, élaboration   de programmes  et  participation  des  autres   universités  à cette   action  plus  que   nécessaire qui,  seule,  pourra   faire  redorer  le blason universitaire .  

L’ai fait, pour  ma  part  et  en   collaboration  avec  les  enseignants  de  la faculté   des lettres,   une  tentative  de  déblocage   par  une    proposition concrète  d’un projet de recherche en didactique  comparée  et   ingénierie de   la   formation.  Ce    projet     voulait circonscrire ,   par  le    contact permanent et des enquêtes, le  niveau  des  étudiants   pour l’améliorer  et mieux   l’adapter  aux  besoins  réels   de  la  société  et  des   sociétés.  Ce

projet   avait   également   l’ambition  de   penser  le    programmes  et  les actions  attendues de  l’université ;  il voulait,  par ailleurs,  entreprendre, dans   ce   sens,    une   comparaison objective    entre     l’évolution    des universités    étrangères  et l’ « immobilisme »   qui  caractérise  le    plus souvent l’université algérienne. Ce projet a été  refusé.

       

:J’ai enseigné à l’ILE de Blida et j’ai participé à l’élaboration  de l’accord –

Programme entre l’université de Blida et celle de Nancy .

           

        

  

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