Titre : Sous la couette
Auteur : Lisa
E-mail : [email protected]
Résumé : Sam et Jack se retrouvent pris dans un engrenage qui les mènera sous les feux de la rampe…
Statut : 1/1
Catégorie : 30 pages de Stupidité, quelle chance… et Romance bien sûr.
Pairing : Sam/Jack
Spoilers : Un petit peu de Wormhole X-treme
Rating : PG (je vous jure !)
Saison : 6
Disclamers : Stargate SG-1 et ses personnages sont la propriété de MGM, Gekko Film Corp. et Double Secret Production. Je n’ai reçu aucune prime dans l’écriture de cette histoire. Toute ressemblance avec des personnes existantes est purement fortuite.
Note de l'auteur : à propos du titre qui peut paraître étrange… Vous verrez par vous-même pourquoi la fic porte ce nom, mais je voudrais juste préciser que c'est en fait le nom d'une émission radio sur Le Mouv'…
On peut dire que toute la dernière partie de la fic a été écrite en collaboration avec Sabrina, donc MERCI mille fois sister, celle-ci est pour toi et rien que pour toi J
~*~
" Le film n’a pas encore commencé Jonas Quinn, il n’est pas nécessaire de s’extasier devant les publicités… "
Souriant à ces bonnes paroles de Teal’c, elle plongea la main dans un énorme cornet de pop-corn que Jack venait d’acheter. A quand remontait sa dernière toile exactement ? Ce cinéphile insatiable d’oncle Irving lui avait pourtant transmis un goût immodéré pour un large éventail filmographique, mais c’était il y a bien longtemps, il était mort d’un cancer généralisé cinq ans après la mère d’une jeune Sam complètement déboussolée.
C’était à prévoir, pensa-t-elle en grignotant les petites boules une à une, Teal’c était littéralement accro à La guerre des Etoiles, par conséquent quoi de plus inévitable qu’une soirée cinéma à l’occasion de la sortie du second épisode ?
Jack n’avait pas été d’accord à l’origine, lorsque l’idée avait été proposée par le Jaffa. La science-fiction ? Leur quotidien. On n’allait tout de même pas en rajouter une couche pendant les temps morts ! Puis Sam lui avait adressé *ce* regard. Elle avait aussi argumenté sur le fait qu’une sortie normale dans un monde normal était nécessaire de temps en temps, mais il était déjà convaincu.
Le pop-corn.
L’oncle Irving aimait beaucoup ça lui aussi. Il l’avait habitué au plus gros cornet qu’il pouvait trouver, généralement accompagné d’un esquimau pistache. L’esquimau pistache était à présent entre les mains d’un jeune extraterrestre qui lui servait d’ami, ces derniers temps. Murray, le shol’va venu d’un autre système solaire, préférait le parfum chocolat.
Quant à son colonel, la seule personne à peu près normale qu’elle pouvait fréquenter, il semblait partager son goût pour le bon vieux maïs soufflé, conclu-t-elle en plongeant de nouveau sa main dans le cornet.
Pas de… cornet ?
Elle se mordit la lèvre inférieure. Le film commençait, les pavés de textes se baladaient dans l’espace, au plus grand plaisir de Murray. Jonas finissait bruyamment son esquimau, et elle cherchait du pop-corn là où il n’y en avait pas.
Sur les genoux de son colonel et aux alentours.
Hésitante, elle tâtonna à l’aveuglette, n’osant pas tourner la tête de peur de rencontrer un regard confus ou embarrassé. Non, il n’y avait décidément pas de cornet. Peut-être fallait-il alors qu’elle retire sa main au plus vite avant que cela ne devienne suspect…
" Jonas les a monopolisés " lui chuchota-t-il à l’oreille sur un ton amusé qui, combiné au souffle qui lui effleura la nuque et à la sensation du jean sous sa main, lui fit monter le sang aux joues. Fort heureusement pour elle, la salle était obscure. " Vous savez, je ne vais pas m’en plaindre, mais vous pouvez récupérer votre main maintenant… " continua-t-il, visiblement pour la mettre au comble de l’embarras.
Stupide, stupide, stupide.
Elle se retira prestement et ferma les yeux en se maudissant mentalement. Cela ne lui arrivait que rarement, quoi que bien plus souvent depuis qu’elle travaillait à ses côtés, mais à cet instant précis elle avait envie de disparaître sous terre.
Mais qu’importe, sans ces summums électriques, leur relation ne serait vraisemblablement pas ce qu’elle était, pensa-t-elle en saluant Jonas qui repartait à pieds à la base en compagnie de Teal’c, enchanté de sa soirée.
Jack l’attendait, un peu plus loin dans le parking réservé au cinéma qui fourmillait de couples se tenant par la taille à la recherche de leur voiture.
" Impressionnant non ? " dit-elle en allant à sa rencontre.
Jack la suivit du regard. Oh oui, très impressionnant, il n’avait guère l’occasion de la voir ainsi, en jean et en chemisier. C’était bien dommage d’ailleurs, car cela n’était pas pour lui déplaire.
" Le film ? " demanda-il en réalisant qu’elle ne parlait certainement pas de sa propre silhouette. " Ouais, mais je soutiens ce que j’ai dit. C’est notre quotidien, ni plus ni moins… "
" Une bonne partie des Terriens tuerait pour en faire partie, de notre quotidien… " protesta-t-elle.
" Et continuellement risquer sa vie ? Je pense que les volontaires seraient déjà bien moins nombreux, vous ne croyez pas ? " demanda-t-il innocemment alors qu’elle atteignait ses côtés et qu’il commençait à s’aligner sur son pas.
" Oh, s’il vous plait… On a vécu des choses merveilleuses ces dernières années, vous n’allez pas vous plaindre ! " objecta Sam qui, n’ayant pas plutôt frissonné, se retrouvait avec une veste de cuir sur les épaules.
Il fut presque étonné lorsqu’elle ne fit rien pour se reprendre ou ajouter une marque de respect à la fin de sa phrase, frôlant effectivement l’insubordination. C’était tellement mieux ainsi, se surprit-il à penser… A la longue, se battre contre un punching-ball peut devenir frustrant, c’est lorsque celui-ci se met à riposter à force égale que tout devient excitant. Même si la comparaison était particulièrement mal choisie, ajouta-t-il pour lui-même.
" Non, non… quoi par exemple ? Je veux dire, y a-t-il une chose que vous avez particulièrement apprécié sans qu’elle ne soit immédiatement gâchée par un malheur encore plus grand ? " répondit-il en regrettant presque immédiatement ses paroles.
Pourquoi fallait-il toujours qu’il voit le mauvais côté des choses… ?
Sam baissa la tête. Ils étaient arrivés à l’endroit où leurs voitures respectives étaient garées côte à côte. Elle s’arrêta et se retourna vers lui, un sourire aux lèvres. Oh, elle en avait plein l’esprit de ces petits moments qui la faisaient tenir…
Un klaxon retentit sur la route, un peu plus loin. Des pneus crissèrent irrégulièrement pendant un long moment durant lequel Sam et Jack mirent un certain temps à réaliser qu’il fallait peut-être rompre le regard qu’ils s’échangeaient.
Après ce qui lui sembla une éternité, il décrocha délicatement ses yeux de ceux de sa compagne et les lança par-dessus son épaule. Il eut alors juste le temps de l’attirer vers lui entre leurs deux voitures avant qu’une autre ne fonce à toute allure sur l’endroit où ils étaient quelques secondes plus tôt.
Le caractère impromptu de son geste déséquilibra la jeune femme qui s’écroula sur lui, et Jack finit par atterrir violemment sur le bitume avec son major sur le torse.
Un bruit lointain de tôle froissée et de verre brisé accompagna sa chute.
Il porta douloureusement la main à sa tête et gémit. Qu’y avait-il marqué sur son front pour que tout tombe toujours sur lui, même en dehors des heures de travail… ?
" Mon colonel, est-ce que ça va ? " s’enquit Sam en passant elle aussi sa main derrière le crâne de son colonel pour vérifier qu’il n’y ait aucune blessure apparente.
" Tout va très bien Carter, je vous ai déjà dit que j’adore qu’une femme soit couchée sur moi de cette manière… j’aimerais seulement que ce soit un jour dans d’autres circonstances… " railla-t-il en massant son bras qui avait prit un angle étrange en heurtant le sol. " Je n’en dirais pas autant des occupants de cette voiture, d’après ce que j’en ai entendu. "
" Oh mon dieu " murmura-t-elle, se relevant brusquement en prenant garde de ne pas s’appuyer sur des parties du corps de son colonel qui pouvaient encore être douloureuses.
Elle partit en courant vers l’endroit où l’automobile s’était encastrée dans une autre, malencontreusement garée à cet endroit. Deux alarmes distinctes s’étaient déclenchées et les badauds commençaient à arriver de partout, encerclant la scène.
" Ecartez-vous, ça peut être dangereux " cria-t-elle. Voyant que ses paroles n’avaient aucun effet, elle s’énerva. " Dégagez, plus vite que ça ! "
Elle s’approcha de la voiture et jeta un coup d’œil à l’intérieur. Pas d’airbags. Une femme inconsciente, du sang. Beaucoup de sang, projeté sur le pare-brise. A ses côtés gémissait un homme qui se tenait la tête entre les mains.
" Mon colonel ! " hurla-t-elle, " Appelez une ambulance ! "
Elle ouvrit doucement la porte posa deux doigts sous le cou de la femme. Elle était jeune, frêle et pâle, son teint presque parfait était balafré de plusieurs coupures sanglantes. Des cheveux jais et des traits caractéristiques indiquaient des origines sud européennes, espagnoles peut-être.
Les battements de cœur qu’elle parvint à sentir étaient très faibles, irréguliers. Un spasme la traversa et ses paupières révélèrent soudainement des pupilles dilatées de douleur et d’effroi.
" Il est… dangereux… " murmura-t-elle d’une voix étranglée.
Sam ferma les yeux lorsqu’elle vit la tête de la jeune femme retomber sur le volant et qu’elle sentit son pouls s’arrêter. Le monde tournait dangereusement autour d’elle. Elle pouvait percevoir des sirènes lointaines, c’était assourdissant.
Deux mains l’agrippèrent par la taille et la tirèrent en arrière. Elle ne résista pas et se laissa apaiser par la voix de l’homme dont le sanctuaire des épaules la berçait alors qu’elle laissait progressivement ses nerfs retomber.
Les lumières clignotaient de partout et les sirènes se faisaient toujours plus nombreuses. Elle vit l’ambulance s’arrêter à quelques pas, une demi-douzaine de secouristes en sortir. Soudainement, le murmure des promeneurs changea de ton.
Tournant la tête vers l’auto accidentée, elle vit que la portière du passager s’ouvrait et que l’homme en sortait, encore vacillant mais résolu. Lorsque son regard rencontra le sien, son sang se glaça. Venait-elle réellement de voir ses yeux s’illuminer ? Ses doutes furent rapidement confirmés lorsqu’elle sentit tout le corps de son colonel se tendre sous la surprise.
L’homme recula de quelques pas, puis fit volte-face et détala sur l’avenue. Médusés, les deux militaires se dévisagèrent le temps de décider d’un commun accord qu’il fallait faire quelque chose. Ils se frayèrent un chemin parmi les passants, en bousculèrent quelques-uns uns en s’excusant platement et se lancèrent à la poursuite du fugitif.
Courant de toutes ses forces aux côtés de Jack, elle batailla pour sortir son portable de son sac à main. Ce ne fut pas une mince affaire non plus de composer le numéro, mais elle réussit finalement à avoir la personne souhaitée.
~*~
" Non Jonas Quinn, vous ne comprenez pas. C’est le second épisode, le dernier tourné, mais non le dernier d’un point de vue chronologique. Le sixième a été tourné bien avant le premier, cela dit le quatrième est encore antérieur. "
Jonas fronça intensément les sourcils et aligna son pas sur celui du Jaffa. Voilà une chose qui l’intriguait au plus au point… Le second n’était alors que second en apparence, le véritable second étant le cinquième ?
Ah ! Qu’était-ce donc que cela ?
Seulement cette étrange fonction que possédaient ces petites machines de communication terriennes, se rassura-t-il, seulement le vibreur…
" Jonas Quinn… Un quoi ? Mince… Oui bien sûr, on arrive tout de suite. "
Sous l’effet de la surprise et pour mieux comprendre ce qu’on lui disait, il s’était arrêté sur le trottoir. Une vieille femme encombrée de cabas et son Yorkshire grognèrent de devoir faire un écart pour l’éviter. L'incommodant jeune homme appela son acolyte qui avait stoppé un peu plus loin et lui cria qu’ils avaient des ennuis. Peu importait qui ces ‘ils’ étaient, elle les maudissait de tout son cœur, car le grand noir commença à courir en sens inverse, l’évitant de justesse et effrayant son pauvre chien qui manqua de tomber dans une bouche d’égout dont la plaque avait été ôtée pour cause de travaux.
" Vous a-t-elle dit où ils étaient ? "
" Sam m’a indiqué qu’ils s’engageaient sur le boulevard Roosevelt, celui qu’on vient de quitter. "
Comment ce petit nouveau arrivait-il à emmagasiner tant d’informations à la minute ? C’était une question qui risquait de le travailler encore longtemps, mais il devait avouer que cela leur était bien plus qu’utile. Si c’était humainement possible, il accéléra sa course, et déboula si soudainement sur le boulevard Roosevelt qu’il eut bien du mal à ne pas manquer son virage.
Par malchance, ce devait être la plus large avenue de la ville. Même à cette heure tardive, un grand nombre de boutiques étaient encore illuminées et une véritable foule se pressait devant elles. Il jeta un œil par-dessus son épaule pour vérifier que son coéquipier parvenait à le suivre, puis tenta de se frayer un passage dans la masse. Et dire qu’ils ne savaient même pas de quel côté de la rue ils devaient chercher… Dans ces conditions, ils avaient une chance sur deux de les manquer…
" Jonas Quinn ! " cria-t-il pour couvrir le brouhaha de la foule, " Vous devriez passer sur le trottoir d’en face, de cette façon nous pourrions couvrir… "
Humpf !
Quel était ce malotru qui venait de le heurter de plein fouet ? Pour encore ajouter à sa surprise, il crut percevoir la voix du colonel O’Neill…
" Teal’c " criait-elle, " C’est lui bon sang ! "
Il se retourna à temps pour voir Jonas se camper au beau milieu du trottoir, bras et jambes écartés d’un air de défi. Le fuyard stoppa net et vira à tribord. Teal’c se précipita à sa suite dans le bâtiment dans lequel il venait de pénétrer, sans doute en désespoir de cause.
Les portes étaient de verre et l’intérieur d’un style plutôt moderne, esthétique mais sans trop d’exagération. Le sol était revêtu de carrelage blanc crème et de quelques tapis aux motifs Incas de couleurs vives.
Une jeune femme haute perchée sur des talons aiguilles criait à qui voulait l’entendre qu’elle venait de se faire bousculer par un goujat qui montait à présent les escaliers à toute allure, si bien que deux vigiles voulurent limiter les dégâts en tentant d’arrêter les quatre autres personnes qui pénétraient à la même allure dans le hall.
Par malheur, un homme gigantesque dont le chapeau venait de s’envoler, révélant une étrange marque dorée sur son front, était en tête. D’humeur visiblement non conciliante, il les écarta tout bonnement de son chemin, assez brutalement cependant pour qu’ils ne puissent pas revenir à temps pour enrayer la course de ses compagnons.
Arrivé sur un palier qui offrait trois portes distinctes, il s’arrêta un instant, indécis, laissant à Jack qui enjambait les marches quatre à quatre le temps de le rejoindre. Les deux autres qui arrivaient derrière n’eurent pas cette chance, car les deux hommes perçurent un bourdonnement qui paraissait venir de derrière la porte centrale.
Sans réfléchir plus longtemps, ils s’y précipitèrent.
A peine eurent-il franchi le seuil qu’une vague d’effroi courut dans la grande salle. A y regarder de plus près, il y avait d’un côté des gradins dont chaque rangée était pleine à craquer et de l’autre un plateau multicolore illuminé de différents projecteurs, de couleurs vives eux aussi. Sur la circonférence de celui-ci étaient régulièrement disposées plusieurs caméras.
Le tout était silencieux.
Un homme venait de glisser un long couteau sous la gorge de la malheureuse présentatrice.
Jonas et Sam manquèrent de percuter les deux hommes qui s’étaient immédiatement immobilisés. Lentement, sans bouger un autre membre que son bras droit, Jack tâtonna derrière lui. Il rencontra ce qu’il pensait être la main du jeune extraterrestre mais changea rapidement d’avis lorsque cette main pressa la sienne. Il esquissa un sourire pour toutefois s’en dégager rapidement dans le but d’adresser plusieurs signes discrets à son équipe.
Il fit prudemment un pas en avant, puis un deuxième, et à cette allure fut bientôt prêt à escalader la petite marche du plateau. Il était conscient que tous les regards étaient braqués sur lui, et il espérait que cela puisse permettre à Carter de ne pas attirer l’attention sur elle, lorsqu’elle utiliserait son portable pour signaler leur nouvelle position à une force spéciale qu’elle avait déjà contactée pendant leur course effrénée dans les rues de la ville.
Sans geste brusque, il se hissa sur la plate-forme. Aussitôt l’agresseur releva son couteau sous la gorge de la jeune femme, lui arrachant un gémissement plaintif. C’était dans ce genre de situations qu’il regrettait amèrement Daniel. Personne ne l’avait initié à la diplomatie, et il savait que ses techniques n’était pas du goût de tout le monde.
" Ok le serpent, tu vas la relâcher gentiment et on va discuter de tout ça. "
Décidément, il fallait vraiment qu’il revoie ses formules…
Ne discernant aucune réaction chez son interlocuteur, il fit un pas hésitant en sa direction… pour le regretter presque immédiatement. A peine avait-il posé son pied à terre que l’homme lançait sans avertissement sa main en avant, paume tournée vers lui, et faisant briller ses yeux mis en évidence quelque chose que Jack n’avait pas remarqué antérieurement.
L’arme le projeta violemment en arrière et l’envoya atterrir dans un public hurlant de terreur. Entre temps, le Goa’uld avait encore resserré la lame contre la gorge nue de sa victime, plus pâle qu’une statue de marbre. Il reculait doucement vers la baie vitrée, sans doute dans le but de s’enfuir par les toits.
Les murmures étouffés des spectateurs furent brusquement couverts par un bruit de verre brisé.
Une douzaine de soldats vêtus de combinaisons noires faisaient voler la vitre en éclats et en deux temps trois mouvements avaient arraché l’otage des bras de son ravisseur. Comme celui-ci se servait de son arme de poing pour envoyer au tapis quiconque l’approchait, Teal’c courut sur le plateau et tous deux se retrouvèrent bientôt à terre, l’un immobilisant l’autre de tout son poids et s’appliquant à retirer un à un de ses doigts les petites gaines qui composaient l’arme.
Sam ne perdit pas le sens des réalités. Elle se précipita vers un technicien devant la caméra duquel elle se posta sévèrement.
" Donnez-moi la bande, demandez au reste de l’équipe de faire de même " ordonna-t-elle.
" Et de quel droit, madame… "
" Major Samantha Carter, US Air Force, ne me faites pas répéter ma requête. "
Le caméraman inclina la tête et lui adressa un sourire narquois.
" A vos ordres Major, seulement je ne pense pas que votre geste limite les dégâts, nous sommes en direct… "
" Quoi ?! " glapit Jack, toujours sonné, allongé parmi un groupe de jeunes filles qui ne semblaient pas s’en plaindre.
" Nous sommes en direct " répéta-t-il " L’Amérique entière vient d’assister à vos exploits. "
~*~
Georges attrapa une sa petite fille et la posa sur ses genoux après avoir glissé la cassette du nouveau Disney dans le magnétoscope. Ce n’était pas si souvent qu’il réussissait à coordonner son emploi du temps avec celui de son fils. De plus, il ne pouvait garder ses petits-enfants que le week-end, ce qui réduisait considérablement ses chances de trouver une journée ou même une simple soirée à consacrer aux deux bonheurs de sa vie.
Au moment d’appuyer sur play, il fronça les sourcils.
Qu’est-ce que…
Oh ! Quelle étrange invention, comme si les sonneries ne suffisaient pas, il avait fallu inventer le vibreur…
" Hammond… Quoi ? Ecoutez, ça ne peut pas attendre ? Oui, je passe une cassette voyez-vous… Pardon ? Lilo et Stitch mais… non, bien sûr, pour mes petites filles ! Oui, d’accord, merci lieutenant. "
Maugréant, il s’excusa platement auprès de Kayla qui avait trépigné d’impatience depuis l’instant où ils avaient loué la casette. Il devait absolument mettre la télévision une petite seconde, après, c’était juré, ils regarderaient tous ensemble le dessin animé (au plus grand dam de Tessa qui avait prévu une soirée DVD de sa série favorite). Sur ce, il attrapa la télécommande et régla son poste sur la chaîne que l’on venait de lui indiquer.
Apparemment, rien d’anormal. Un de ces Talk Shows comme on en voyait tant, portant généralement le nom de l’animatrice elle-même. Il crut reconnaître Oprah, quittant le plateau escortée de plusieurs hommes, mais il devait avouer que ce genre d’émissions ne l’intéressait guère et il ne pouvait pas en jurer.
Par ailleurs, dans ses souvenirs, l’animatrice ne quittait pas le plateau. Les baies vitrées n’étaient pas à terre en mille morceaux et le public était bien plus enthousiaste.
Bien, donc il avait dû y avoir un raté, mais était-ce pour cela qu’on…
Mince, devenait-il si obnubilé par son travail qu’il en arrivait à voir ses hommes partout ?
Hammond s’étrangla avec la limonade que Tessa venait de lui servir, revenant de la cuisine où elle avait passé les dix dernières minutes pendue au téléphone. Il ne rêvait pas, c’était bien la face de Teal’c décorée de son tatouage doré qui arrivait dans le champ de la caméra ? Il s’approchait, semblant menacer la pauvre personne qui avait le malheur de se trouver derrière elle, et posa la paume de sa main sur l’objectif. Tout fut coupé pendant un quart de seconde, puis l’image réapparut, avec un autre angle de vue pour seule différence avec la précédente.
Il repéra alors Sam et Jack, côte à côte, tournant le dos à la caméra. Ils semblaient légèrement paniqués et gesticulaient en direction de quelque chose sur lequel le point fut bientôt fait. Un homme, tenu en respect par quatre autres vêtus de noir. Son cœur fit un bond dans sa poitrine lorsqu’il discerna son air arrogant et la marque qu’il portait à la nuque.
Il agrippa aussitôt son téléphone et commença à composer le numéro de son fils. Il ne pouvait certainement pas garder les petites ce soir-là, la situation était trop grave. Comme toujours. Mais il s’interrompit lorsque ses yeux se posèrent sur une fine silhouette qui, mine de rien, se rapprochait toujours un peu plus de ses deux élites en grande discussion. Elle s’arrêta lorsqu’elle fut presque dos à dos avec O’Neill et ne bougea plus, affichant un air dégagé mais si manifestement attentif que Hammond changea d’avis et composa à la hâte un autre numéro.
~*~
" Ah oui ? J’admets que l’explication de l’échappé psychiatrique est acceptable, et encore, mais comment allez-vous faire passer cette histoire d’yeux qui s’illuminent et d’arme qui envoie balader n’importe qui à perpette ? "
" Ecoutez, franchement je n’en sais rien, et après tout ce n’est pas de notre ressort. Ce qui me préoccupe, c’est la façon dont cet alien a débarqué sur Terre, étant donné qu’il est certain qu’il n’est pas passé par la Porte des Etoiles. Vous pensez que l’hôte dont il a pris le contrôle avait un lien avec la jeune femme de la voiture ? "
Sam resta silencieuse, pensive.
" Major ? "
La jeune femme porta soudainement sa main droite à son sac à main, secouant la tête d’un air amusé. Satané vibreur, elle ne s’y habituerait jamais. Elle leva sa main à la hauteur de son visage pour demander à son colonel d’attendre une petite seconde.
" Carter… Hum… Hum… Entendu mon général. "
Elle raccrocha et posa presque immédiatement sa main libre sur la bouche de Jack qui allait l’interroger sur le coup de fil. Pris de court, celui-ci la regarda s’approcher doucement de lui jusqu’à ce que son corps soit complètement collé au sien. Sidéré, il défendit à sa partie basse de réagir et pria pour qu’elle lui obéisse. Sam approcha son visage du sien, évita sa bouche à quelques centimètres et dériva vers son oreille.
" Juste derrière nous colonel, on nous écoute. "
Reprenant son self-contrôle, ou du moins essayant désespérément, il acquiesça et se prépara à passer à l’attaque. Elle se détacha doucement de lui et garda un contact appuyé avec ses yeux. Soudainement, il fit volte-face et avant même que l’espion n’ait pu réagir, il l’agrippa par les poignets.
" Hum… jolis réflexes colonel… "
Jack fixa d’un air incrédule ce qu’il tenait à bout de bras. Une jeune femme rousse au visage constellé de taches de rousseur qui lui souriait de toutes ses dents. Voyant que, sous l’effet de la surprise, il relâchait sensiblement sa prise, elle libéra ses avant-bras et presque immédiatement lui attrapa sa main droite qu’elle secoua énergiquement.
" Enchantée colonel, moi c'est Destiny, je peux vous appeler Jack ? "
" Euh… "
" Et vous êtes le major Carter n’est-ce pas ? Oui, vous l’avez dit tout à l’heure devant la caméra. Bon venons en aux faits, j’ai tout entendu. "
Jack regagna ses esprits et tenta de récupérer sa main qu’elle semblait ne plus vouloir lâcher.
" Avant que vous ne puissiez dire quoi que ce soit colonel, il faut que je vous dise : je suis journaliste, j'ai récemment écrit un papier sur une superbe série -je vous laisse deviner laquelle-, absolument passionnante. D'autant plus passionnante quand on sait que ce n'est que la couverture d'un véritable projet top secret du gouvernement !"
Les deux militaires restèrent bouche bée devant le débit de parole de Destiny. Sam fit rapidement les rapprochements nécessaires entre cette énergique jeune femme et ses paroles prononcées à cent à l’heure, sur un ton enjoué et sincère cependant.
" Vous parlez de Wormhole X-treme, n’est-ce pas ? "
" Carter ! "
" Colonel, soyez rationnel, elle vient de vous entendre évoquer des aliens et une Porte des Etoiles ! "
Amusées, les deux femmes le regardèrent manquer de mots pour répliquer, puis hausser les sourcils et baisser la tête d’un air vaincu. Sam reporta son attention sur son interlocutrice qui ne tarda pas à fournir une réponse à la question posée.
" Absolument. Et déjà que je trouvais le colonel Danning absolument craquant, mais alors le réel je ne vous raconte pas ! "
Toutes deux s’échangèrent un sourire lumineux, ignorant consciencieusement l’homme à leurs côtés qui payait à présent une grande attention à la conversation.
" Ecoutez Destiny, " reprit Sam sans trop se laisser démonter, " Je ne sais pas quel est votre but dans toute cette histoire, mais… "
" Motus et Bouche Cousue, je connais la chanson Major… "
" Vous devez le jurer sur votre honneur, la divulgation du programme serait une véritable catastrophe… "
Elle s'exécuta. " C'est promis. J’ai appris assez de vos valeurs pour tenir parole. Pas un seul mot qui vous nuirait ne sera soufflé. "
" Parfait " coupa Jack qui parvint enfin à dégager sa main, " Ce n’est pas que cet entretient m’ennuie, bien au contraire, mais on va devoir l’écourter, on a du pain sur la planche avec cet… " Il mima une paire de guillemets avec ses index et majeurs. " … échappé psychiatrique. "
" Qu’est-ce que vous allez en faire si ce n’est pas indiscret ? "
" Eh bien l’organisation pour laquelle on travaille aimerait bien s’en charger " déclara Sam, coupant son officier qui allait dire que c’était effectivement indiscret, " Mais il va sans aucun doute se retrouver entre les mains du NID, et à partir de là on n’entendra plus parler de lui, mais on ne peut rien y faire… "
" Oh… "
" Oui, oh, comme vous dites. " conclut Jack en attrapant le poignet de son major pour l’inciter à suivre la petite équipe de forces spéciale qui quittait le plateau avec son prisonnier.
Destiny plissa les yeux et sourit.
~*~
" Colonel, comprenez-vous le sens du mot non, ou vous faut-il un dictionnaire ? " s’emporta Hammond en serrant les poings.
Jack fit une moue boudeuse et s’enfonça dans son siège plus qu’il ne l’était déjà. Il fallait qu’il trouve un argument décisif, il le fallait, c’était une question de vie ou de mort.
" Ecoutez Jack, je vous comprends, croyez-moi " continua Hammond en laissant finalement son sérieux l’emporter, " Mais vous êtes mon second ici, vous ne pouvez pas vous effacer de cette manière lorsque… "
" Mais mon général… " coupa Jack, " Le gouvernement vient de refuser de nous livrer le serpent et l’enquête a été attribuée au NID, pourquoi est-ce que je devrais… "
" Parce que c’est votre devoir… " reprit Hammond après l’avoir fait taire. " Nos renseignements sur les Goa’ulds sont sollicités et vous êtes un des mieux placés pour les leur donner. Je sais que vous haïssez ce genre de réunions, mais si vous accédez un jour au grade de général, ce que je vous souhaite bien entendu, il faudra bien vous habituer aux devoirs administratifs, et celui-ci vous touche de près tout de même… "
Le visage de son bras droit se renfrogna d’autant plus. Il commençait déjà à regretter d’avoir usé de cet argument, car à vrai dire il ne savait même pas si Jack avait la moindre envie de monter en grade une fois toute cette histoire terminée. Il avait même plutôt un tout autre scénario en tête, mais auquel il se gardait bien de faire allusion pour le moment.
Mais voilà qu’à cette pensée un autre argument lui venait en tête…
" Le major Carter sera présent… "
Jack releva vivement la tête et haussa un sourcil, profondément ébahi que son général puisse penser qu’une telle technique eut la moindre chance de le convaincre.
Cependant, sa détermination pouvait être reconsidérée, car elle allait sans doute porter cet adorable uniforme étriqué, coupé à la hauteur des genoux…
Il se frappa mentalement le front et secoua la tête à la vue du sourire victorieux qui se dessinait déjà sur le visage d’Hammond. Quelle niaiserie, il n’allait pas le laisser emporter la partie !
Trois petits coups à la porte.
Un glissement du regard de son général.
" Entrez major "
Cela aurait pu être n’importe quel major, mais il savait que c’était elle, car la petite flamme victorieuse qui dansait dans les yeux de son supérieur n’en avait été que plus éclatante. Oh pourvu qu’elle n’ait pas déjà son tailleur… Si elle le portait il était perdu, toutes ses résolutions s’évaporeraient.
Optant finalement pour une solution plus simple qui venait de croiser son esprit, il posa son bras sur l’accoudoir et cacha ses yeux derrière sa main, attendant qu’elle ait finit ce qu’elle avait à faire dans ce bureau pour sortir de sa cécité temporaire.
Un bref silence suivit le bruit de ses pas sur le sol.
" Colonel, est-ce que tout va bien ? " demanda *sa* voix.
" Moui… " répondit-il sans bouger pour autant. Il pouvait imaginer ses yeux prendre une expression intriguée, interroger muettement Hammond qui hausserait les épaules, puis elle lèverait un sourcil et secouerait la tête pour finalement aller droit au but de sa venue ici.
A peine eut-il finit de cogiter sur les faits et gestes de cette femme qu’il connaissait par cœur qu’elle prit la parole.
" Mon général… " débuta-t-elle avec hésitation, " Il y a un changement de programme "
A cet instant précis Hammond blanchit. La main qui restait appliquée sur ses yeux l’empêchait de voir quoi que ce fut mais il savait qu’il avait blanchi. L’astuce infaillible qu’il avait trouvée quelques instants auparavant venait de faillir. Il ricana à cette pensée, mais imagina immédiatement recevoir les foudres de son général et se tut.
" Tout d’abord, colonel, veuillez cesser d’être ridicule. Ensuite, major, veuillez me fournir une explication "
Au ton qu’avait pris Hammond, les deux militaires savaient qu’il était préférable d’obtempérer. Jack déplaça sa main et retint un inaudible gémissement à la vue des formes de son second, effectivement moulées dans l’uniforme féminin officiel de l’Air Force. Quant à Sam, elle se raidit et joignit ses mains derrière son dos, tentant désespérément de ne pas porter attention au regard de son colonel qui la toisait des pieds à la tête.
" Colonel ! " rugit Hammond.
Jack lui adressa un regard accusateur qui reportait sur lui toute la faute. Il n’avait qu’à ne pas lui ordonner d’ouvrir les yeux.
Le général Georges Hammond se mordit la joue dans le but de garder le peu de self-contrôle qui lui restait. Comme toujours en présence de ces deux-là, il était partagé entre l’envie d’éclater de rire et celle d’exploser d’exaspération. Etant donné que ni l’un ni l’autre n’étaient permis, il pensait sérieusement que ses deux élites finiraient par lui faire perdre la tête en un jour qui n’était vraisemblablement pas si lointain.
" Réfléchissez bien à ce que vous allez dire major, j’ai déjà épuisé une bonne partie des justifications qui pourraient expliquer une absence, aucune n’est passée jusqu’à présent "
Sam baissa la tête, probablement avec l’intention de masquer un sourire. Jack O’Neill avait réussi, ce qui illumina sensiblement son visage. Son inconscient profita de la situation pour faire glisser les yeux du militaire un peu plus bas, puis tout le long du corps de la jeune femme, en prenant soin de remonter plusieurs fois pour redescendre après.
S’il n’avait pas été un gradé respectable, Hammond se serait sans doute levé pour aller se cogner convulsivement la tête contre un mur.
" Vous vous souvenez de cette jeune femme qui avait surpris notre discussion ? " demanda-t-elle en reprenant tant bien que mal la concentration qu'il lui avait fait perdre.
"Cette histoire n'était-elle pas définitivement réglée ?"
"C'était ce que nous pensions… Mais comme vous le savez, elle est journaliste. Et j'en viens à me demander s'il y a un seul journaliste digne de confiance sur cette Terre."
"Venez-en au fait Major…"
"Elle m'a contacté. Notre conversation de la dernière fois a été enregistrée par ses soins, et elle menace de la diffuser où bon lui semble si le colonel et moi ne nous rendons pas à une adresse indiquée…"
"Ah ah !" s'écria Jack, le second 'ah' bien moins énergique que le premier. Il devait garder à l'esprit que la situation était grave, et non qu'il avait enfin une excuse pour ne pas participer à cette satanée réunion.
Le général réfléchit. Il ne savait que trop bien que le journalisme dans son ensemble était quasiment incontrôlable. Si un de ses représentants menaçait son projet, il ne fallait surtout pas le prendre à la légère.
"Très bien" soupira-t-il. "La réunion passe au second plan. Il a été précisé que vous deviez venir seuls ?"
"Oui, absolument"
"Et vous avez une idée de ce qu'elle veut ?"
"Pas la moindre."
Un silence s’installa durant lequel Jack posa ses mains sur les accoudoirs, prêt à se relever, et où tous deux attendirent le mot qui devait leur permettre de quitter la pièce. Le général restait les yeux dans le vide, avec un air d’intense réflexion peint sur le visage.
"Il faudra que je parle au président… Ces jupes sont trop courtes." maugréa-t-il.
~*~
"Vous trouvez vraiment ?" demanda-t-elle en baissant la voix.
"C'est certainement pas à un homme qu'il faut demander ça !"
"Ce qui, en langage masculin, veut dire 'oui mais c'est loin de me déranger', n'est-ce pas ?"
"C'est évident que c'est loin de me déranger, mais ma réponse est non, votre uniforme n'est pas indécent."
"Provoquant ?"
"Ni même provoquant enfin !"
"Alors pourquoi…."
"Parce que ça attire l'œil, un point c'est tout ! Et parce qu'il se trouve que l'œil en question était le mien et qu'Hammond n'a pas apprécié, mais ça ne veut pas dire pour autant que l'uniforme vous fait ressembler à Pretty Woman !"
Sam se baissa légèrement pour tirer l'ourlet de sa jupe jusqu'à ses genoux et soupira. Le soleil brillait, les oiseaux chantaient, et ils étaient de retour sur le boulevard Roosevelt où tous deux faisaient leur petit effet. Pensez donc, Jack portait non seulement l'uniforme mais aussi la casquette et les lunettes noires assorties. A en tomber par terre. C'était la raison pour laquelle elle évitait de trop regarder à sa gauche, s'étaler ici et maintenant n'aurait pas été du meilleur effet. A en juger par les regards de biais que ses genoux déclenchaient, elle imaginait que le phantasme des femmes pour l'uniforme devait aussi s'appliquer aux hommes.
"Major !"
Ah, oui, c'était très certainement l'inconvénient que comportait le fait de ne plus regarder son colonel qu'en cas de force majeure. Elle se retourna et retraversa en sens inverse le passage piéton pour rejoindre Jack qui avait tourné à gauche pendant qu'elle entretenait ses rêveries.
"Vous êtes certain que c'est par là ?" demanda-t-elle, fixant un moment la ruelle sombre et étroite, perpendiculaire au boulevard animé qu'ils venaient de quitter.
"C'est ce que vous avez pris en note…"
Sam acquiesça et s'y engagea d'un air peu assuré, bientôt dépassée par son supérieur qui n'avait pas l'intention de la laisser partir devant alors qu'il se contenterait de surveiller ses arrières. Le numéro 8 fut bientôt atteint.
"Ca a plus un air de porte de secours ou d'arrière-boutique qu'autre chose, si vous voulez mon avis. On a dû se tromper quelque part." déclara-t-elle, s'apprêtant déjà à tourner les talons pour quitter cet endroit qui lui donnait la chair de poule.
"Si y'a bien un point positif chez les militaires, c'est la ponctualité !" s'écria une voix au dessus d'eux.
Apparaissant à une fenêtre du premier étage, Destiny leur adressa son plus beau sourire et disparut aussi vite qu'elle était venue. Peu après, la porte devant laquelle ils s'étaient arrêtés s'ouvrit.
"Sérieusement" reprit-elle "Merci d'être arrivés à l'heure, mes projets auraient été sérieusement compromis dans le cas contraire. Mais je vous en prie, ne restez pas là, entrez !"
Ils se consultèrent du regard avant d'obtempérer, mais tout bien considéré ils n'avaient pas réellement ce qui s'appelait le choix. La jeune femme les conduisit à travers le bâtiment, pas vraiment accueillant, mais assez net par rapport à la rue insalubre sur laquelle il donnait.
Au bout d'un certain temps, ils commencèrent à croiser quelques personnes au détour du couloir. Puis de plus en plus à mesure qu'ils progressaient. Tous saluaient leur guide et leur adressaient un petit sourire intéressé. Inconsciemment, leurs mains se resserrèrent sur leurs armes, invisibles sous leurs uniformes.
Tout en marchant d'un pas soutenu, Sam fronçait les sourcils. Les uns avaient portaient divers accessoires, les autres une trousse à maquillage, d'autres encore une oreillette… Elle ne regardait pas beaucoup la télé, mais elle savait ce qu'il fallait savoir sur ses coulisses. L'expression soucieuse de Jack lui indiquait qu'il devait avoir pratiquement les mêmes pensées.
"Vous nous emmenez où comme ça ?" lança-t-il lorsqu'ils atterrirent carrément dans des loges.
"Ah ah ! Surprise… Tout ce que je peux vous dire, c'est que si je vous ai fait entrer par la porte de service c'est parce que l'entrée principale vous aurait mis la puce à l'oreille. Maintenant avant même que vous y pensiez, j'ai posté des gardes du corps à toutes les sorties, et quoi qu'il en soit gardez bien à l'esprit que j'ai les moyens d'étaler vos petits secrets au grand public…"
Elle n'était pas journaliste pour rien… Toujours les mots qu'il faut, toujours au bon moment, lisant pratiquement dans les pensées de ses interlocuteurs. De nouveau, Sam et Jack échangèrent un regard inquiet, mais avant qu'ils n'aient pu émettre quelque protestation, on les déposa chacun dans un fauteuil faisant face à un miroir illuminé.
"Vous êtes parfaite !" s'exclama la maquilleuse en poudrant une dernière fois le bout du nez de la jeune femme, geste qui l'avait précédemment fait éternuer avec une telle violence qu'une bonne partie du travail de finition avait été à refaire. A ses côtés, Jack n'était pas beaucoup plus glorieux. Non seulement il subissait la même torture, mais son orgueil masculin en prenait un sérieux coup. Sam ne pensait pas l'avoir déjà vu avec un tel air blasé sur le visage.
Le parfait stéréotype du coiffeur qui venait de donner un coup de peigne final à ses cheveux poivre et sel enclins aux épis fit brusquement tourner le fauteuil et admira son œuvre. Attristé par la mine que Jack affichait, il tenta de tirer ses joues en un faible sourire mais ne réussit qu'à se faire fusiller du regard. Ayant remarqué la bosse sous l'uniforme, il n'insista pas de peur de se faire fusiller tout court.
Destiny, sortant elle aussi d'une séance de fardage en règle, mettant ses taches de rousseurs et son teint pâle en valeur, déboula soudainement devant eux.
"Je crois que vous commencez à vous douter de ce qui vous attend, non ?"
"A part me faire jouer dans un remix de Ma sorcière bien-aimée, je ne vois pas ce qu'on peut faire de moi avec une coiffure pareille…" ronchonna-t-il.
Le clone d'Elvis qui lui avait servi de coiffeur se rembrunit.
"Sympathique humour colonel, mais ne vous avisez pas de faire du zèle sur le plateau, vous savez ce qui peut arriver…"
"Un plateau…" commenta Sam en déglutissant difficilement.
"Exact major, vous comprenez vite. Bon, les règles sont simples, nous posons les questions, vous y répondez. Si vous faites ce qu'on vous dit, pas plus, pas moins, votre secret sera bien gardé. Allons-y !" s'exclama la journaliste, et ses deux victimes n'eurent d'autre choix que de la suivre.
~*~
Sam s'accrocha d'un côté au rideau, et de l'autre à la manche de la veste de son officier. Elle allait mourir de trac, c'était certain. Jamais, ô grand jamais elle n'avait aimé les caméras.
Elle était caméraphobe.
"Ca va aller ?" demanda celui-ci sur un ton concerné en la soutenant du mieux qu'il put.
"Que ça aille ou pas, j'ai pas vraiment le choix…"
"Ecoutez, si vous ne pouvez pas, je peux vous jurer que personne ne vous y obligera, dussé-je mettre tout le monde hors d'état de nuire." exposa-t-il fermement en portant sa main à sa ceinture.
Elle sourit faiblement.
"Bon retour Sous la Couette !" s'égosillait Destiny, "L'émission qui, comme son nom l'indique, s'insinue partout, jusque sous la couette !"
Son sourire disparut comme par enchantement.
"Je commence par une bonne nouvelle, chers téléspectateurs. Souvenez-vous de Tim, agent du fisc, et de Kelsey, meneuse de revue, qui avaient vaincu leurs tabous *grâce à vous* ! Ils se sont mariés en grande pompe hier et vous adressent leurs plus sincères remerciements !"
La coloration de ses joues disparut à son tour, ainsi que toute la partie basse de son corps, lui sembla-t-il.
"Wow !" s'exclama Jack en la rattrapant de justesse. Mais lui-même ne se sentait pas beaucoup mieux. Qu'allait-il leur arriver dans une émission nommée Sous la Couette qui avait vaincu les tabous d'un agent du fisc et d'une meneuse de revue ?
"Mais pour cette édition, nous allons accueillir deux personnes qui exercent un métier forgeant des relations tout à fait uniques. Vous avez pu les entrapercevoir dans la catastrophe qui s'est produite durant l'émission de notre regrettée Maggie… J'ai nommé le major Samantha Carter et son officier direct, le colonel Jack O'Neill !"
Le jingle se déclencha et plusieurs paires de mains les poussèrent sous les projecteurs. L'idée que tout le corps militaire puisse le voir apparaître dans une émission pareille, le bras autour de la taille de son major, croisa rapidement son esprit… mais il fut assourdit par un tonnerre d'applaudissements et ne pensa plus à autre chose que disparaître sous terre. Ou à la limite aller asseoir Sam là où pointait le doigt de Destiny et en faire de même.
Etant matériellement incapable de choisir la première solution, il opta pour la seconde et déposa la jeune femme sur un confortable canapé de velours rouge avant de s'asseoir à ses côtés et observer la foule prête à frapper furieusement des mains au moindre signal du chauffeur de salle.
"Mais passons tout de suite à la première partie de notre émission !"
Nouveau jingle, nouveaux applaudissements.
Malgré sa déconnexion d'avec la réalité, Sam trouva le moyen de pâlir encore.
~*~
La petite fille déboula dans maison et jeta littéralement son sac à terre, sans prendre le temps d'accorder un regard à autre chose que le poste de télévision. Elle appuya résolument sur le bouton, puis se retourna vers son grand-père qui arrivait plus tranquillement en compagnie de sa sœur.
"On se calme Capitaine" taquina celui-ci, cependant assez décontenancé par le fait que sa petite fille ne voulût plus répondre qu'à 'Capitaine'.
"Kayla, tu pourrais au moins attendre que grand-père ait préparé le goûté !" protesta Tessa.
"Pas question !" répliqua-t-elle, "J'ai attendu tout hier et tout aujourd'hui, je n'attendrai pas une seconde de plus ! Et appelle-moi Capitaine !"
Ce disant, elle se jeta sur le sac à dos qu'Hammond venait de déposer sur le canapé, l'ouvrit et fouilla dedans comme si sa vie en dépendait. Elle en sortit bientôt sa cassette vidéo de Lilo et Stitch et s'apprêtait à l'enfourner dans le magnétoscope lorsque Tessa poussa une exclamation de surprise.
"Grand-père !" cria-t-elle en direction de la cuisine.
Il apparut dans le cadre de la porte, trois tranches de cake dans la main droite et une bouteille de lait dans la main gauche, qu'il faillit lâcher en apercevant la télé.
'Non…' forma sa bouche, sans qu'aucun son n'en sorte pour autant. Kayla s'en chargea pour lui après s'être désintéressée de sa cassette et redressée, les yeux aussi ronds que le smiley dessiné sur son T-shirt.
"C'est Jack et Sam !" constata-t-elle sur un ton plus admiratif que surpris.
~*~
"A quel point vous connaissez-vous ? Vous êtes-vous déjà posé la question ? Non ? Nous allons y répondre tout de suite !"
Un petit groupe de personnes et leur attirail personnel arriva sur le plateau sous des applaudissements crépitants.
"C'est un véritable jeu d'enfant" annonça-t-elle alors qu'un homme arborant une toque blanche, vraisemblablement chef cuisinier ou tout du moins cherchant à en donner l'impression, s'avança vers eux et leur tendit chacun un menu. Derrière patientait encore toute une gamme de vêtements les plus divers, une pile de CD, une autre de DVD, des pancartes présentant plusieurs paysages paradisiaques, deux programmes télé, et tant d'autres objets invraisemblables qu'ils renoncèrent à énumérer.
"Vous choisirez non seulement pour vous, mais aussi pour l'autre. Il ne restera plus qu'à comparer les résultats ! On se retrouve après la pub !"
~*~
Sam posa son stylo et poussa un grand soupir. Si regarder ce genre d'émissions l'ennuyait profondément, c'était tout autre chose que d'y participer… Elle aurait pensé, pourtant, que rien ne pouvait être plus fastidieux et monotone, mais elle devait avouer qu'elle y prenait un certain plaisir. Beaucoup de choses lui semblaient claires comme de l'eau de roche (quelle était sa couleur favorite, où préfèrerait-il partir en vacances…) et elle parvenait sans grand mal à répondre à celles qui l'étaient moins. Il y avait de quoi se sentir fière…
Jack feuilletait encore le programme télé en fronçant les sourcils lorsqu'elle aperçut un pollen flottant dans les airs. N'ayant plus rien d'autre à faire, elle le suivit des yeux, l'observa changer de couleur lorsqu'il passait sous les différents projecteurs, virevolter à droite et à gauche, descendre, remonter, tournoyer… et atterrir sur le pantalon de son colonel pour ne plus bouger du tout.
Il ne semblait pas le remarquer.
Ennuyée comme on peut l'être par ces petites choses sans importance, elle se pencha pour épousseter sa cuisse gauche tout en s'appuyant sur la droite.
A présent satisfaite, elle se remit en place et recommença à inspecter les airs.
"Euh… Carter ?"
"Hum ?"
"Vous venez vraiment de faire ce que je pense que vous venez de faire ?" demanda-t-il en indiquant ses cuisses.
"Enlever le pollen qui avait atterri là ? Eh bien oui, pourquoi ?"
"Laissez-moi reformuler ça : Vous venez vraiment de frotter mon anatomie intime alors que le direct vient de reprendre ?"
Le visage de Sam s'accorda avec le canapé pourpre, et toute la salle s'esclaffa, à l'exception de Jack qui ne semblait toujours pas en revenir.
"Vous faites souvent des choses pareilles ?" s'enquit Destiny.
Il y avait bien cet incident au cinéma la veille au soir, mais était-il indispensable de le mentionner ? "Euh…" fut la seule réponse que le public obtint jamais, si bien qu'on finit par passer aux choses sérieuses au plus grand soulagement des deux militaires.
"Votre compagne a noté 'Chalet au bord d'un lac', est-ce correct ?"
"Tout à fait."
"Et vous pensez qu'elle a une préférence pour le Soda diet… Sam ?"
"C'est exact"
"Elle pense que votre actrice favorite est Mary Steenburgen…"
"Elle a raison"
"Sam, votre dessert préféré est-il la Gelée bleue ?"
"Oui."
~*~
"En dehors de l'uniforme, vous préférez le cuir ?"
"Hum hum…"
"Nous avons affaire à de vrais professionnels ! C'est un quasi sans fautes Mesdames et Messieurs… Cela mérite vos applaudissements. Chers téléspectateurs, vous pouvez dès à présent voter par téléphone si ce couple vous paraît bien parti pour remporter le prix du mois ! Mais il est temps de donner la parole au public… Passons à vos Investigations !"
A moitié aveuglée par les projecteurs, Sam vit la présentatrice se lever et se fondre dans les gradins à la recherche d'une main levée. De là où elle était, elle porta son micro à ses lèvres et s'adressa à eux, une spectatrice debout à ses côtés.
"Le concept est simple, il vous faudra procéder par association d'idées. Une personne du public dira un mot ou une expression, vous devrez répondre par ce qui vous vient à l'esprit."
Aucun des deux n'hocha la tête, trop occupé à jauger le danger de l'expérience.
"Première rencontre ?" lança une femme entre deux âges, plutôt enveloppée.
"Tendue…"
"Torride" répondit Jack avec un petit sourire en coin.
Sam haussa les sourcils et le dévisagea alors qu'une vague de murmures traversait le public. Ainsi il voulait jouer à ça…
"Première impression ?"
"Barbante"
"Sexy" répliqua Sam d'un air innocent, levant les yeux au plafond pour éviter les siens.
~*~
"Confiance ?"
"Absolue"
"Totale"
"Affection ?"
"Evidente"
"Dangereuse"
"Premier baiser ?"
"Sauvage"
"Sous influence - mais diablement érotique"
Hammond était pris d'une quinte de toux, sa petite fille lui tapait dans le dos du mieux qu'elle pouvait et la seconde était assise en tailleur devant la télé, buvant les paroles des deux interviewés.
"Désirs ?"
"Omniprésents"
Il en avait assez entendu comme ça. Il se racla la gorge et attrapa son téléphone. A l'autre bout, son interlocuteur décrocha.
"Pardonnez-moi" entendit-il, "Je sais bien que ça ne se fait pas, mais c'est peut-être de la plus haute importance."
Puis…
"Allô ?"
"Que dites-vous de Première Cour Martiale ?" asséna-t-il sur un ton plutôt léger. Il eut la satisfaction de voir un gros plan de son second, blanchissant à ses paroles…
… et il se fit raccrocher au nez sans plus de cérémonie.
La quinte de toux le reprit.
"Qui était-ce ?" demanda la jeune fille qui avait hérité du micro et s'apprêtait à poser sa question.
"Mon supérieur direct… Je ne le pensais pas homme à regarder de telles émissions, mais on en apprend tous les jours. Il me rappelait gentiment que seules les relations strictement professionnelles sont autorisées dans le milieu…"
"Quelle splendide transition !" s'exclama Destiny en sautant les rejoindre sur le plateau. "On en sait maintenant un peu plus sur ce que vous pensez de vos interactions, du climat général de votre relation… Passons maintenant à des questions plus profondes !"
Sam se sentait mieux. Peut-être légèrement moins depuis l'appel d'Hammond, mais dans l'ensemble, toute cette batterie de questions n'étaient pas si effrayante, et à vrai dire plutôt libératrice. Un coup d'œil à ses côtés l'informait qu'elle n'était pas la seule à penser de la sorte.
"Dites-nous en un peu plus sur vos conditions de travail… Depuis combien de temps, qu'est-ce qui a changé, qu'est-ce qui vous est interdit, comment gérez-vous la situation…"
Ils se regardèrent pendant un petit moment, cherchant dans le regard de l'autre les restrictions qu'ils devaient s'imposer pour ne pas trop en dévoiler, puis Jack prit la parole.
"Ca fait cinq ans et quatre mois maintenant. Ce qui est resté pareil ? L'admiration…"
"Le respect"
"Pas mal de choses ont changé au contraire, ou plutôt sont apparues, comme la confiance inconditionnelle…"
"La complémentarité…"
"L'amitié."
"L'amitié ?" interrompit la présentatrice, "Excusez-moi, j'aurais pensé à un autre terme !"
"Il faut savoir qu'il est impossible pour deux officiers dans la même chaîne de commande d'entretenir une affection particulière." déclara Jack comme s'il avait appris sa tirade par cœur.
"C'est difficile à comprendre pour des personnes extérieures," continua Sam, "J'entends déjà certains d'entre vous s'insurger contre ces articles qui prohibent certains élans du cœur, mais il y a des raisons tout fait acceptables à cela."
"Comme des décisions de vie ou de mort qui doivent être prises pour le bien de tous, mais au détriment de l'autre."
"Pardonnez-moi encore" intervint Destiny, "Je sens déjà la question venir : vous devez par exemple choisir entre la vie de l'autre et celles d'une dizaine de personnes inconnues, je ne vois pas en quoi le fait que vous couchiez ensemble peut influencer vos décisions si vos sentiments sont les mêmes, ainsi que votre professionnalisme…"
Sam soupira à l'entente des expressions utilisées, preuve d'un certain vulgaire démolissant tout le romantisme de leur situation, et Jack haussa les épaules, tout en croisant les doigts pour que quelqu'un de haut placé dans la hiérarchie militaire regarde l'émission.
"Depuis des années, nous comptons sur ce que vous appelez notre professionnalisme." informa la jeune femme sur un ton grave. "Pour ceux qui seraient outrés d'apprendre qu'un officier et son second entretiennent non-seulement des rapports amicaux mais aussi une certaine… tension, je leur soulignerais que jamais tout ceci n'a empiété sur la sécurité nationale"
Un silence plana sur le plateau. Un instant, Jack crut que ceux qui ne n'essuyaient pas déjà leur petite larme allaient s'incliner devant eux avec l'hymne national sur les lèvres.
"Et c'est la pub, nous nous retrouvons pour élire le couple du mois… !" coupa Destiny.
Peu après, elle se pencha vers eux.
"Vous dépassez toutes mes espérances…" leur souffla-t-elle.
~*~
Ils sortirent par là où ils étaient entrés. La porte de service claqua derrière eux avec un bruit de porte de prison. La nuit qui commençait à tomber rendait la ruelle encore plus sombre qu'auparavant, mais à choisir, ils préféraient encore cela à l'agitation du boulevard.
"… et j'espère que vous comprendrez qu'il était nécessaire de lui donner satisfaction si nous ne voulions pas que le projet soit révélé au grand public…"
Les mains derrière le dos, Sam poussa une boîte de conserve vide du bout du pied et écouta le son provoqué résonner dans l'impasse. Elle l'entendit bientôt remercier, saluer son général et raccrocher. Epuisée, quelque peu dépitée, elle tapa encore une fois dans la boîte de conserve.
"Bilan ?"
Le souffle lui caressa la nuque. Elle déjoignit ses mains pour attraper les siennes et les ramener sur son ventre, afin que ses bras l'entourent complètement et qu'elle se repose sur son torse.
"Bilan… notre Goa'uld est aux mains du NID *mais* on s'en sort avec le titre Couple du mois ainsi que les vœux de bonheur de milliers de ménagères"
"Pourquoi est-ce que je perçois du sarcasme dans votre voix ?"
"Parce que c'en est un…"
"Ce n'était pas particulièrement désagréable…"
"Ce n'était pas particulièrement valorisant !"
"Vous dites cela à cause de l'histoire du pollen…"
"Entre autres…"
Elle se laissa bercer, doucement, des petits frissons lui parcourant l'échine à la sensation de son visage enfoui dans son cou.
"Major ?"
"Hum ?"
"Vous me croiriez si je vous disais qu'un pollen venait de tomber dans votre décolleté ?"
~*~
Fin… et maintenant je retourne dans mon placard.