Titre : Les mains froides
Auteur : Lisa
E-mail : [email protected]
Résumé : C’est la fin d’une ère.
Statut : Complet
Catégorie : Romance
Spoilers : /
Saison : Après la septième
Rating : G
Disclamers : Stargate SG-1 et ses personnages sont la propriété de MGM, Gekko Film Corp. et Double Secret Production. Je n’ai reçu aucune prime dans l’écriture de cette histoire. Toute ressemblance avec des personnes existantes est purement fortuite.
Note de l’auteur : Le style peut paraître étrange au premier abord, mais pour moi, l’écriture de fics et avant tout un moyen de m’entraîner à tout ce qui touche au français dans le seul et unique but de passer en première Littéraire… Alors je m’essaye à tout ce qui me passe par la tête, désolée de vous infliger ça… Dixit Cae, elle serait à classer dans la catégorie des fics égoïstes.
©Lisa, mars 2003
~*~
Mais l’Espoir n’est pas l’Eternel
Et mon dieu que la nuit est belle
Sur notre plaine perdue
Damien Saez
~*~
L’air est si lourd qu’il en est palpable. La fumée grisâtre s’élevant en de gracieux tourbillonnements forme un nuage terne au plafond. Une incessante rumeur sourde, le bruit des verres heurtant le comptoir, les exclamations de quelques joueurs, tout cela n’est qu’un bourdonnement qui ne fait que l’effleurer. Il est habitué à ce genre d’environnement.
Tu ne l’es pas, droite comme un piquet, tu pianotes nerveusement sur la petite table de bois couleur acajou devant laquelle vous êtes assis, tous deux, sur cette confortable banquette pourpre à laquelle il est adossé.
Vous n’avez pas choisi l’endroit, c’est l’endroit qui vous a choisi, au détour d’une rue dans laquelle vous flâniez. Flâner. Tu peux te permettre ce genre de chose à présent, car aujourd’hui la vie est à toi et à toi seule.
Hier marquait la fin d’une ère, aujourd’hui marque le début d’une autre.
Hier, la victoire s’est offerte à vous.
La guerre est finie.
Cela t’est étrange de savoir que la planète t’est redevable, que sans toi elle aurait été mille fois condamnée, et qu’elle ne le saura sans doute jamais. Que tu continueras à vivre dans l’anonymat.
Mais à vrai dire, tu n’en es pas mécontente. Tu apprécies vraiment l’existence qui t’a été nouvellement accordée. Emerveillée par tant de simplicité, tu as bien l’intention de la croquer à pleine dent.
Imitant ton compagnon, tu portes la chope de bière à tes lèvres et en sirotes le contenu.
Ici n’est pas l’endroit le plus approprié pour parler avec son amant, c’est ennuyeux, car tu sais que tu dois lui dire quelque chose.
Ton visage ne doit pas afficher son expression habituelle, car il te regarde suspicieusement. Soupirant, tu reposes doucement la chope sur la table et restes les yeux fixés dessus.
Il a de sérieux doutes à présent, il se rapproche de toi et tente d’accrocher ton regard. Tu n’oses pas. Il pose sa main sur ta joue, et même alors qu’il t’embrasse, mordillant amoureusement ta lèvre inférieure, tu évites de rencontrer ses yeux.
" Sam, quelque chose te tracasse ? "
Est-ce si flagrant ?
Tu soupires et hoches la tête.
" Quoi donc ? Explique-moi… " Il t’embrasse de nouveau, et tu frissonnes.
" Les sept dernières années sont révolues… Plus rien ne sera comme avant " murmures-tu.
Son pouce caresse ta main, froide, comme d’habitude. Tu fermes les yeux et savoures la chaleur qu’il te procure, la douceur de sa chair glissant sur la tienne. L’envoûtement est court.
" Le temps est à nous mon ange, on peut enfin le passer ensemble… Quel est le problème ? "
" La transition… "
" Ca va passer "
" … et tout ce que ça implique "
La caresse s’interrompt, tu gardes les yeux fixés sur vos mains jointes. Il ne comprend plus cette fois, tu as réussi à le confondre autant que toi-même. Non, pas plus, il est difficile d’être plus perdue que toi à cet instant précis.
" Et qu’est-ce que ça implique ? "
" Beaucoup de choses… Notamment plus de mission à risques, ou si peu "
" Je ne vois toujours pas où est le problème Sam… "
Tu inspires profondément, le regrettes amèrement à cause de la grande quantité de tabac qui pénètre brusquement dans tes poumons, et prends ton courage à deux mains : tu le regardes dans les yeux.
C’est déjà un grand pas en avant.
" Je t’aime "
Sa surprise passée, il éclate de rire. Quelques personnes se retournent, mais vaquent bientôt de nouveau à leurs occupations.
" Eh bien, je m’attendais à pire ! "
Bravo Samantha, bon départ.
Quelle merveilleuse idée de commencer par ce point là.
Quelle douche écossaise l’attend à présent !
Tu fronces les sourcils et te concentres sur tes prochaines paroles.
" Ce n’était pas uniquement ma bataille, c’était la sienne aussi, je la menais avec lui ". Tu ajoutes cela, mais tu sais pertinemment qu’il n’en est pas plus avancé. Il en est même d’autant plus déconcerté.
" Lui ? "
" Lui "
Il acquiesce. Il ne sait pas exactement qui Lui est, mais il comprend tout de même. Il sait ce qu’implique ce pronom, lorsqu’il s’échappe des lèvres d’une femme. Il lâche ta main et retombe lourdement sur le dossier de la banquette. Privées de sa chaleur, tes mains sont si froides…
Tu lui expliques.
Vous étiez si proche, mais il y avait un tel océan entre lui et toi…
L’océan, c’était votre bataille qui vous l’imposait.
L’océan s’est asséché sitôt que la bataille s’est achevée.
Il s’est retiré du programme.
Et tu es sur la rive, indécise, devant cette mer de sable qui ne demande qu’à être traversée.
" Et moi ? " demande-t-il, les yeux perdus dans le vague.
Tu fais glisser circulairement ton doigt sur le rebord de la chope de bière et observes le liquide doré pétiller joyeusement.
" Lui et moi, on s’était dit que l’espoir n’était pas l’éternel. Mais on pensait que notre combat le serait, lui… "
" Et tu m’as rencontré "
" Oui "
Il détourne la tête.
Lui faire tant de peine te rend malade.
Vous pensiez que c’était sérieux.
Oui, même toi.
Tu pensais avoir trouvé tout ce qu’il te fallait pour regagner ton équilibre, après avoir été tant bouleversée, tant désaxée par ce que tu savais être l’amour, le vrai. Le contrarié. Celui qui avait tout bousculé si violemment sitôt qu’il avait compris avoir obtenu la liberté d’action qu’il attendait.
" Alors ? " lança-t-il, simulant un profond intérêt pour le barman qui lançait un verre le long du comptoir.
Oseras-tu le dire, oseras-tu rompre le dernier fil qui te garde de te jeter corps et âme dans ce qui te terrifie tant ?
Oseras-tu ?
" Je suis désolée "
C’est la phrase qui ne veut rien dire, mais qui veut tout dire en même temps. C’est une phrase que tu aimes à cause de son ambiguïté, et que tu exècres pour la même raison.
Un nœud se forme dans ta gorge, il a compris, la logique veut que tu t’en ailles. Tu tentes de lui toucher l’épaule mais il repousse ton bras et s’éloigne de toi comme s’il voulait construire un mur de briques entre vous.
C’est fini.
Tu te lèves et sors du pub sans te retourner, attrapant seulement un petit bonbon à la menthe sur le comptoir, en passant.
Lorsque tu refermes la porte derrière toi, tu réalises que devras faire sans moyen de transport, il était passé te prendre.
La pluie commence à tomber dès que tu poses un pied sur le trottoir.
Ca n’a pas d’importance, ni la façon dont tu iras là-bas, ni dans quelles conditions. Pourvu que tu y arrives.
Et tu y arrives donc, mi-marchant mi-courant, exténuée d’avoir traversé la moitié de la ville, trempée jusqu’aux os. Tu souries en pensant à ce qui te fait te retrouver dans des situations pareilles, même lors d’une soirée dite amoureuse. Qu’importe, l’adjectif banal n’est pas dans ton vocabulaire de toute façon.
Le soulagement de se retrouver sous une marquise est grand, tu peux sentir l’eau froide couler le long de tes épaules, dans ton dos, sur ta poitrine. Ton pantalon de cuir a un peu échappé à l’onde, mais l’humidité qui l’imbibe risque de te donner quelques difficultés pour ôter le vêtement.
Non que tu aies l’intention de l’ôter…
Si ?
Ta main se porte naturellement à la sonnette, mais avant que ton doigt n’ait eu le temps de l’atteindre, la porte s’ouvre.
Il est face à toi.
Vos yeux partagent une indéfinissable expression de tristesse, mais elle a toujours été présente, elle n’est qu’accentuée aujourd’hui par les conditions. Tu sens une goutte d’eau glisser le long de ton visage, et tu réalises alors combien pathétique tu dois paraître, ton mascara n’étant pas résistant à l’eau.
Tu regardes brièvement le sol et te mords la lèvre d’un air piteux. Lorsque tu lèves de nouveau la tête, il te toise de la tête aux pieds, un sourire aux lèvres.
Tu le lui rends et attends, stoïque, créant une large flaque à tes pieds.
Il tend sa main vers toi.
Tu hésites un peu, regardes un instant le ciel noir d’encre et imagines les étoiles qui doivent se cacher derrière. C’est là-haut que tout a commencé, c’est là-haut que tout est arrivé… Tu les remercies du fond du cœur, puis baisses les yeux pour les plonger profondément dans les siens.
Tu n’hésites plus.
Tu attrapes sa main et il t’attire vers lui.
Avant de t’entraîner à l’intérieur et de refermer la porte, il prend tes deux mains entre les siennes et les presse gentiment, leur transmettant toute la chaleur qu’il peut leur donner.
Tes mains sont toujours froides, mais déjà, tu sens ton cœur se réchauffer.
~*~
Fin
Ah… Vous savez ce que j’aimerais recevoir dans ma boîte aux lettres…
C’était basé sur mes espérances pour la fin de la saison 7, étant donné que notre chère Amanda Tapping a déclaré qu’une relation serait peut-être développée avec quelqu’un d’autre que Jack…