Titre : Avec classe

Auteur : Lisa

E-mail : [email protected]

Résumé : Tout le problème du soutien-gorge.

Statut : Complet

Catégorie : Romance, Stupidité (je vais créer une catégorie à moi toute seule...)

Spoilers : /

Saison : Indépendant.

Rating : PG-13

Disclamers : Stargate SG-1 et ses personnages sont la propriété de MGM, Gekko Film Corp. et Double Secret Production. Je n’ai reçu aucune prime dans l’écriture de cette histoire. Toute ressemblance avec des personnes existantes est purement fortuite.

Note de l’auteur : Un peu plus loin dans la nuit, 4 heures du matin, un peu plus loin dans le PG, un peu plus loin dans la stupidité. Pour Callie, juste parce que c'est Callie et qu'elle semble apprécier les stupidités comme celle-ci.

©Lisa, juillet 2003

~*~

"Colonel, allez-vous dégrafer ce soutien-gorge, oui ou non ?" s'impatienta-t-elle.

Debout, en sous-vêtements, au beau milieu d'une clairière, objectivement elle ne s'était jamais retrouvée dans situation plus embarrassante au cours d'une mission.

Non, pire.

Avec son supérieur qu'elle savait fixant son dos nu (peut-être même autre chose, mais elle ne voulait pas savoir), elle ne s'était jamais retrouvée dans situation plus embarrassante *tout court*.

"Non parce que si vous voulez que je vous aide, dites-le moi tout de suite..."

Elle interpréta ensuite les marmonnements qui lui répondirent comme un vague 'Non non Carter, ça ira', mais rien de plus ne vint.

"Ecoutez colonel" reprit-elle sur un ton irrité, "Avec tout le respect que je vous dois, vous venez de courir sur plusieurs centaines de mètres après votre major qui se trouve être en sous-vêtements, vous-même pas beaucoup plus habillé, alors gardez le peu de dignité qu'il vous reste et parvenez à formuler quelque chose pour m'expliquer pourquoi vous ne dégrafez pas ce soutien-gorge !"

Erreur.

S'il était réellement dans l'état où elle-même serait si elle devait fixer le corps pratiquement nu de son colonel, elle devait construire des phrases bien moins complexes, voire nominales, pour se faire comprendre.

"Mon colonel, vous avez un problème ?" s'enquit-elle en tournant la tête pour regarder derrière elle et éventuellement accrocher son regard.

"Hum ?"

Ah ! Il y avait du progrès.

"Oh non Carter, c'est juste que..."

'Encore un petit effort' pensa-t-elle en donnant à ses yeux une expression encourageante.

"Très bien" admit-il finalement, "C'est quelque chose que je n'ai jamais su faire."

Les sourcils de la jeune femme se haussèrent à une hauteur assez impressionnante.

"Quoi, dégrafer les soutiens-gorge ?"

"Hum ?" demanda-t-il d'un air rêveur, manifestement de nouveau happé dans ce songe vers lequel l'observation des épaules de Sam Carter l'entraînait. "Oh !". Il venait de réaliser qu'elle venait de supposer quelque chose de réellement insultant. "Non ! Bien sûr que je sais dégrafer les soutiens-gorge, mais..."

"Mais... ?"

"Mais je n'ai jamais su le faire avec classe, vous savez, avec seulement deux doigts..." Il mima la chose d'un geste professionnelle et, par soucis de réalisme, ajouta un 'CHTAC' retentissant.

Elle eut peine à croire ce qu'elle venait d'entendre. Après s'être pincé le bras pour vérifier qu'elle ne rêvait pas et que l'incongru atteignait vraiment un tel summum, elle enfouit son visage dans ses mains et soupira.

"Pour l'amour du ciel colonel, la course va commencer dans quelques minutes, alors dégrafez ce foutu soutien-gorge avec vos dix doigts et étalez-moi cette crème solaire !"

Si seulement elle n'avait pas accepté le défi amical que lui avait lancé cette jeune autochtone, si seulement elle avait réalisé plus tôt que le maillot de bain ne faisait pas partie de l'équipement conventionnel et qu'il valait encore mieux nager en sous-vêtements terriens qu'à l'intérieur de ces minuscules bikinis qu'abordaient les autres participantes, si seulement l'étoile de ce système ne tapait pas si fort et si seulement le colonel n'avait pas été si soucieux qu'elle n'attrape pas de coups de soleil, allant jusqu'à la poursuivre sur son chemin du village à la rivière...

Oui mais voilà, toutes ces improbabilités étaient des faits accomplis, et comble de l'improbable, son colonel voulait la déshabiller 'avec classe'.

Une furieuse envie de rire la prit, mais Jack choisit cet instant pour s'entraîner.

"Waï !" s'indigna-t-elle lorsque la sangle claqua sur ses omoplates sans pour autant s'être dégrafée.

"Désolé" s'excusa-t-il platement.

Elle n'avait plus du tout envie de rire.

"Bon, voici le compromis : vous m'ôtez immédiatement cette chose avant que je m'en charge et on verra pour votre entraînement plus tard. Vous avez les doigts agiles, ça ne devrait pas poser de problème..."

Est-ce qu'elle venait vraiment de dire ça ?

Est-ce qu'elle avait vraiment cette conversation de toute façon ?

Mais il venait d'accepter le compromis et elle retint un hoquet de surprise en portant ses mains à sa poitrine pour retenir le vêtement.

Oh !

Oh, elle n'avait pas pensé à ça depuis 4 minutes et 33 secondes.

Elle se tenait à demi nue dans une clairière, pratiquement adossée à son torse (nu lui aussi, à cause de la température ambiante de la planète). Ajoutons maintenant à cela que son soutien-gorge menaçait de tomber et que ses mains (effectivement agiles) passaient une crème rafraîchissante sur sa peau brûlante.

Pense à autre chose.

Sur ses épaules brûlantes.

A Daniel par exemple, qui venait de faire un intéressante-

Sur son dos brûlant.

-découverte, un vieux temple manifestement-

Sur ses hanches brûlantes.

-Inca qui-

Sur ses... oh !

Oh.

Grand.

Dieu.

"Faut que j'y aille !" s'exclama-t-elle , et elle se retrouva à détaler en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, rattachant à la hâte son soutien-gorge.

Ca ne se faisait pas. Pas à son officier supérieur. Elle s'arrêta et se retourna, prise d'un certain remord à le laisser en plan avec sa crème solaire, simplement parce qu'elle ne pensait pas réunir assez de courage pour lui résister plus longtemps.

"La course est sur le point de commencer (eh, fantastique, elle venait de trouver une excuse valable !) et il nous reste un peu de chemin à faire, dépêchez-vous !"

Et elle repartit de plus belle, sachant maintenant Jack derrière elle.

La course fut légèrement laborieuse, ces espèces de pommes de pin tapissaient le petit chemin qu'ils empruntaient, et ils étaient bien évidemment pieds nus. Vue de derrière, sa démarche devait donner un certain effet comique, mais qui se souciait ? Certainement pas lui, n'est-ce pas... ?

Elle parvint finalement à une sorte de ponton, s'arrêta sur le bord et mit sa main en visière.

"Et mince !" jura-t-elle lorsqu'elle aperçut, un peu plus haut dans le cours de la rivière, une bonne dizaine de nageuses s'élancer sous les acclamations des autochtones venus les encourager avec maintes et maintes banderoles multicolores.

La course s'effectuait dans le sens du courant, elles arrivaient donc rapidement vers eux et Sam considéra un instant de sauter les rejoindre avant de décider qu'il serait injuste qu'elle ait un avantage sur elles.

"Mince, mince, mince et re-mince" continua-t-elle alors qu'elle l'entendit enfin atteindre le ponton et s'arrêter à ses côtés. Il pestait lui aussi, mais contre les pommes de pins apparemment.

Bien ! Quelqu'un sur qui passer ses nerfs...

"Si vous n'aviez pas mis tant de temps à m'étaler cette crème solaire !" s'indigna-t-elle en lui poussant légèrement l'épaule d'un air fâché, sans même le regarder.

Sans même le regarder, là était toute l'erreur.

Il ne prêtait pas du tout attention à l'irritation de la jeune femme, trop occupé masser son pied droit sous lequel une pomme de pin avait osé se trouver pendant sa course effrénée à travers la clairière. Cette légère pression qu'elle exerça sur lui, si infime qu'elle fut, le déséquilibra. Il chercha tout d'abord à retrouver son équilibre, mais s'étant arrêté sur le bord du ponton, ne trouva que le vide. Dernier recourt que Sam voyait venir gros comme une maison et qu'elle tenta d'éviter, sans succès : agripper la jeune femme.

Plouf.

Oui, c'est généralement le bruit que ça fait. Sam se dégagea rapidement de l'étreinte qu'il tenait sur elle et émergea en prenant une grande bouffée d'air. Elle trouva en un pilier du ponton une prise stable pour éviter que le courant ne l'emporte.

"Non mais ça va pas bien !?" entendit-elle crier derrière elle.

Il avait trouvé moyen de s'accrocher au second pilier.

"A parce que c'est de ma faute en plus ?"

"Pas qu'un peu ! Vous m'avez poussé je vous rappelle !"

"Et comment aurais-je pu savoir que vous jouiez les flamants roses !?"

"Simplement en tournant la tête !"

Humpf.

Qu'est-ce que c'était que ça encore ? Une entité mouvante venait d'enter en collision avec elle, l'entraînant de nouveau sous l'eau, et elle perdit momentanément sa prise pour en retrouver une autre peu après.

Interdite en premier lieu, elle se représenta rapidement ce que devait être cette nouvelle prise, bien plus glissante que la précédente, plus chaude et plus... vivante.

Mais l'instant n'était pas à la gêne que cette idée engendrait en elle. L'eau était devenue un véritable capharnaüm, beaucoup d'Objet Nageant Non-Identifiés brassaient les flots et plongeaient son monde dans une grande confusion, si bien qu'elle n'hésita à se servir de la jambe de son colonel pour remonter à la surface.

Un bras l'aida généreusement. Ou peut-être était-ce parce qu'elle s'accrochait à son short et que ça ne devait pas plaire à son propriétaire... Toujours est-il qu'il encercla sa taille et la maintint à sa hauteur.

Elle essuya l'eau salée qui ruisselait le long de son visage et irritait ses yeux, ne prenant même pas la peine de s'étonner de la présence de sel dans les eaux d'une rivière. C'était plutôt douloureux, elle voyait tout, certes, mais dans une version floue.

Ce fut pour cette raison qu'elle attendit quelques secondes avant de réagir à ce qu'elle entrapercevait. Les contours se dessinaient progressivement, les couleurs gagnaient en netteté...

Dès que tout fut clair, elle sauta sur cette jeune femme et qui semblait parfaitement se contenter de sa propre collision avec O'Neill si on en jugeait par la façon dont elle jouait avec les poils de son torse.

"Eh, on se calme" s'écria Jack en la voyant rageusement maintenir la tête sa rivale sous l'eau. Il libéra la pauvre femme qui, tout en jurant, s'éloigna rejoindre le groupe de nageuses qui l'avaient déjà devancée d'une bonne centaine de mètres. "Elle ne faisait que vérifier si elle ne m'avait pas cassé une côte !"

"C'est ça, et moi je suis James Maxwell...". Elle prit une mine boudeuse, croisa les bras et se détourna de lui aussi bien que son bras autour de sa taille le lui permettait.

"Là bien sûr, vous êtes persuadée d'avoir lancé une vanne, mais je me vois dans l'impossibilité de répondre vu que je ne sais absolument pas qui c'est..."

"Oh laissez tomber, c'est un physicien écossais qui a mis en équation le champ electromagnét..." Sa voix mourut sa gorge lorsque ses doigts exercèrent une petite pression au niveau de la courbe de sa taille.

"Vous avez raison, je vais laisser tomber..."

Boudant toujours, elle laissa pourtant un petit sourire apparaître sur son visage. "Il n'en reste pas moins que vous n'aviez pas l'air de vous plaindre..."

"Je suis un homme Carter ! Qui plus est, je m'intéressais à son bikini, non à elle."

"Oh, s'il vous plait colonel !"

"Non ! C'est pas ce que je voulais dire... La fermeture maillot est en fait un simple nœud sur le devant, je trouvais ça bien plus simple que ces..." Ce disant, il observait le dos de la jeune femme, mais s'interrompit en remarquant le regard qu'elle lui lançait.

"Mais qu'est-ce que vous avez avec les fermetures de soutiens-gorge pour l'amour du ciel !?"

"Je vous ai déjà expliqué..."

"Très bien, tournez-moi jusqu'à ce que je sois face à vous. Vous allez voir, c'est pas si compliqué."

Il s'exécuta.

"Trouvez l'endroit où les deux bouts se rejoignent". De nouveau, il obéit et chercha de sa main libre depuis qu'elle s'appuyait à ses épaules et qu'il avait put lâcher sa taille.

"Vous placez ensuite l'index d'un côté et le pouce de l'autre et vous n'avez plus qu'à pincer l'attache..."

Les sourcils froncés et un air de concentration profonde sur le visage, Jack O'Neill se donna plusieurs secondes, et ses yeux ne s'illuminèrent enfin.

"J'ai réussi !" s'enthousiasma-t-il, avant de remarquer que le soutien-gorge ne soutenait plus rien et qu'il fallait faire quelque chose avant que ses yeux ne voient ce qu'ils ne devaient pas voir.

Les deux militaires s'affolèrent.

"Pas de panique !" s'écria-t-il en tentant de le raccrocher.

"Pas avec les deux mains !" s'exclama-t-elle.

Trop tard. Leurs têtes disparurent sous l'eau lorsque Jack lâcha la prise qu'il avait sur le pilier du ponton, et ils en étaient déjà loin lorsqu'ils refirent surface. Le courant, quoique plutôt faible continua ainsi à les entraîner pendant un certain temps où Jack clamait qu'il ne fallait pas se séparer pour ne pas se perdre, alors que sa compagne soutenait le contraire, qu'il serait bien plus simple de rejoindre le rivage avec tous ses membres libres.

"Je vous dis que non !"

"Et moi je vous dis que si !"

"Mais non voyons..."

"Mais si !"

Cette discussion des plus passionnantes s'acheva brutalement sur les galets, dans un enchevêtrement de corps spectaculaire.

"Vous avez... perdu votre soutien-gorge." commenta Jack en jetant un coup d'œil sur ce qui se trouvait sous son torse.

"Je crois que vous l'avez là..." ajouta-t-elle en libérant une de ses mains pour indiquer l'objet dont l'une des bretelles s'était enfilée sur le bras du colonel.

"Oh"

Il se regardèrent un instant, mais même en se mordant la lèvre, Sam ne put s'empêcher d'éclater de rire devant le comique de la situation, bientôt suivie par Jack, lorsque celui-ci fut parvenu à oublier un tant soit peu la nudité quasi totale de la jeune femme sur laquelle il se trouvait.

Lorsque leur hilarité se calma, il se détendit et enfouit son visage dans sa nuque en soupirant alors qu'une paire bras s'enroula autour de lui. Peu à peu, le silence s'imposa et sa bouche ne résista pas à l'envie de goûter le sel qui s'était déposé sur sa peau.

Il s'attendait à percevoir un gémissement, au lieu de ça...

"Euh... les gars ?"

Non ça ne pouvait pas être Daniel.

Pitié.

"Je voudrais pas vous déranger mais..."

Il leva la tête, et Sam renversa la sienne en arrière. Daniel. Teal'c un peu plus loin, avec la moitié du village tenant banderoles et fleurs de toutes sortes. Un podium avec trois jeunes filles en bikini. Tout ce petit monde avait les yeux fixés sur eux.

Oops...

~*~

Fin

Ok, je lance un concours : dites-moi quel a été le nom commun le plus fréquemment utilisé... J J J

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