|
Centre de Recherche en littératures maghrébine et africaine d'expression française LIMAAF |
Articles exterieurs
|
|
|
Cet article se propose d'exposer les résultats d'une recherche que nous avons menée en 89-90 et 90-91 en collaboration avec des psychologues sur des réécritures de textes d'élèves par des enseignants. Les psychologues travaillaient sur l'évaluation et avaient besoin d'un modèle linguistique d'analyse de textes. C'est à ce modèle d'analyse que notre équipe a travaillé. Il s'agissait de confronter des textes argumentatifs produits en situation scolaire par des élèves de collège et leurs réécritures par des enseignants chargés de les améliorer. Nous nous proposons dans cet article, d'exposer tout d'abord notre modèle d'analyse des copies-sources (CS) et des réécritures. Nous dégageons ensuite, les compétences argumentatives et discursives mises en œuvre dans les cinq CS que nous avons étudiées. Nous analysons en quoi ont consisté les reformulations, étudiant d'abord ce qui est commun à tous les reformulateurs et ensuite ce qui est divergent. Nous ébauchons un modèle du texte argumentatif scolaire tel que les interventions des enseignants nous le laissent entrevoir. Après quoi, nous proposons quelques pistes pour l'apprentissage de la rédaction de ce type de textes argumentatifs en classe. |
|
|
|
L'intérêt porté par le linguiste à des " récits " de rêves peut surprendre, voilà un domaine qui semble réservé en priorité à l'investigation psychanalytique et d'une manière plus générale à la psychologie comme en témoigne une abondante littérature. Nombreux sont les travaux consacrés à l'activité onirique ou encore à l'interprétation des rêves, rares, en revanche, sont les analyses strictement linguistiques, prenant en compte la dimension pragmatico-énonciative du texte du rêve. Ce manque, rappelons le, a déjà été signalé à différentes reprises, par D. Foulkes d'une part, dans sa " grammaire des rêves " (D. Foulkes: 1962), par Fiss (Fiss: 1969) ou encore par J.-D. Gollut (Gollut: 1984). Je me contenterai, en ce qui me concerne, de souligner un certain désintérêt du linguistique à l'égard d'un type de texte qui mérite me semble t-il, une certaine attention. Quand bien même l'on constaterait que le rêve ne peut faire l'objet que d'une approche pluridisciplinaire, il faut signaler la spécificité de l'approche linguistique en énonçant à la suite de Danon-Boileau (1987) une distinction triviale mais nécessaire entre le rêve proprement dit et le "récit" que l'on en fait: manifestation rétro-active de l'activité onirique. La présente analyse s'appuie sur quelques récits oraux de rêve, prélevés dans les interviews de cinq locuteurs. Il nous faut ajouter que c'est le narrataire/intervieweur qui fait ici la demande d'un récit devant répondre à une consigne de production précise. Nous avons donc affaire, pour reprendre les catégories proposées par Jacques Bres (J. Bres: 1991), à des récits sollicités suivis le plus souvent par une discussion d'une dizaine de minutes permettant au narrateur de commenter plus longuement le récit proprement dit. Dans le cadre de cet article, ne sont traités - de façon très brève - que les seuls récits de rêves, en essayant de mettre en évidence ce qui rend l'énonciation du rêve problématique. |
1995 : SANTACROCE
(M.) 1995. "
Recounting one's Dreams : some Aspects of the Narration of Dreams
". in: DASCAL (M.) Dir. de publ. 1995. Actes du colloque de
Calaceite : Language & Dreaming. Tel Aviv: fascicule ronéotypé
(Colloque Language and dreaming d'août 1992).
|
In what ways are dreams communicated? How are dreams narrated? and can we talk about 'narration' or 'telling' for a text that is constantly in hiding, destroying itself as it is being constructed and breaking down in its admission of communicational helplessness? These are the essential questions that we will attempt to deal with in this article. The descriptive and implicitly comparative approach in evidence here initially attempts to highlight how the utterance of a dream constitutes a specific discursive strategy outside of norms of 'voice' The 'I' ('Je' in French) in the text is seen as the 'medium', with the experience of dreaming transcending the subject and recounted as if 'outside' of the very person at the centre of the dreaming process. The subject's demand is 'identitary', as if the only purpose of the dream-telling account was for the narrator to come to terms with the experience of their own strangeness. Speech is evidence here of this 'interpreting' process. Beyond the acknowledged inaptitude of language, lapses in memory and semantic slips, the question is on the one hand of the relationship between different semiotic codes and on the other that of the status of the subjects experiencing their disparities. |
|
Alors que les analyses grammaticales du français sont nombreuses et font l'objet de publications régulières, on remarque qu'aucun ouvrage de langue française présentant une vue un peu plus globale de la question grammaticale en classe de langue n'a été publié en didactique du français langue étrangère, depuis l'ouvrage de référence de Besse et Porquier (1984) ou celui de J.-P. Cuq (1996). L'entreprise de C. Germain et H. Séguin (1998/1999) visant à faire le point sur la grammaire en didactique des langues secondes est d'autant plus justifiée que le champ de l'enseignement grammatical en classe de langue reste un lieu, d'une part peu investi par la didactique, ainsi que le soulignent les auteurs (avant-propos), d'autre part, traversé par des polémiques théoriques et méthodologiques. Le fil directeur explicite de l'ouvrage de C. Germain & H. Séguin : Le point sur la grammaire, s'inscrit par rapport à l'absence constatée d'une théorie de l'enseignement grammatical en classe de langue, théorie se devant d'être articulée, précisent les auteurs, sur une théorie de l'apprentissage. L'orientation générale est ainsi résolument didactique et vise à combler simultanément une lacune théorique ainsi que les attentes pédagogiques des enseignants. L'une des hypothèses fondamentales des auteurs, qui n'apparaît d'ailleurs que fort tardivement (pp. 202-207), de nature essentiellement épistémologique et méthodologique, vise à refuser de donner une réponse unique à la question doublement complexe de l'enseignement grammatical en classe de langue. Cette complexité est présentée comme résultant d'une diversité des situations d'apprentissage, des objectifs et des types d'apprenants d'une part, des évolutions récentes, didactiques et linguistiques, dans le domaine grammatical, d'autre part. L'intitulé de la deuxième partie: essai de synthèse, semble alors rétrospectivement, pouvoir se comprendre comme une tentative pour exposer, sans les simplifier, les points névralgiques de l'enseignement grammatical : pluralité des grammaires, critères de sélection et d'élaboration des progressions grammaticales, conditions d'un enseignement et d'un apprentissage grammatical d'une langue seconde, relations forme-sens, observation des pratiques grammaticales en classe et des représentations grammaticales de l'enseignant de langue. |
Le terme
de langue contrariante institue une métaphore peut-être nouvelle pour
rendre compte d'une problématique fort ancienne. Par langue
contrariante, nous entendons la langue problématisée par l'analyse, la
description, l'essai d'explicitation. Il ne s'agit donc pas d'une
conception immanente à la " langue ", ni d'ailleurs d'une
conception " instrumentale ", mais d'un certain type de regard
que l'on peut porter sur la langue sans pour autant être extérieur à
cette même langue. Cette métaphore de langue contrariante renvoie à
l'écart inévitable entre les cadres d'analyse (plus ou moins formels),
les données jugées traitables (les critères de sélection étant également
plus ou moins méthodiques) et le reste: à savoir le Tout de la langue,
pour reprendre les termes de J.-C. Milner (1978). Cette contrariété
dans l'analyse concerne du coup aussi bien la langue-source, (ou langue
première) que la langue-cible, (ou langue seconde) que les différents
états de l'interlangue pour peu que l'on cherche à les expliciter.
Cela concerne également aussi bien l'apprenant, le praticien, que les
" spécialistes de la langue " (en l'occurrence les
linguistes). Chez le linguiste, cet écart dans l'analyse se résorbe en
partie dans une restriction drastique des données et un haut niveau
d'abstraction, c'est le cas classique de réduction des variables, par
exemple sémantiques, pragmatico-énonciatives, psycho-affectives,
socio-cognitives, etc. Réduction que l'on observe dans tous les
courants linguistiques ou plus traditionnellement dans les différents
courants " grammaticaux ". Dans l'enseignement des langues en
milieu institutionnel, cet écart peut être partiellement contrôlé
par l'enseignant de langue dans l'élaboration (a priori) ou
l'utilisation de grammaires pédagogiques, elles aussi réductrices de
variables. Dans l'interaction enseignant-apprenant, la langue
contrariante peut se manifester par des stratégies d'éludage (côté
enseignant ou côté apprenant) pouvant se traduire chez l'enseignant
par une implicitation maximale (par exemple des reformulations
discursives à visée " corrective " mais non explicatives) ou
encore des réponses " à côté ", quelquefois par l'aveu
d'un non-savoir. Chez l'apprenant, l'idée de langue contrariante
s'applique à une incompréhension linguistique qui ne perturbe pas pour
autant de manière systématique, l'inter-compréhension communicative.
Il s'agit plutôt de l'impossibilité pour l'apprenant de fixer une série
d'hypothèses plus ou moins explicites pour élargir certaines zones de
son interlangue.
Toutes
productions discursives orales ou écrites, directes ou différées,
soumises au regard d'un analyste constituent ce qu'on appellera au sens
large un corpus, à savoir un segment orienté par un appareil
perceptif, cognitif,
affectif qui attribue une forme particulière aux phénomènes observés.
Un corpus ainsi conçu ne peut jamais être une collection de faits
" bruts " qui préexisteraient à celui qui produit et qui
analyse. Dès lors on ne voit pas bien ni comment ni pourquoi, il
faudrait opposer systématiquement linguistiques modélisatrices et études
empiriques de données attestées. Si aux dires de Sampson G. (1994,
p.180) : " la linguistique de corpus prend le langage comme elle le
trouve. ", on voit mal en quoi cela permettrait d'affirmer qu'une
linguistique de corpus prend le langage comme il est. Le rejet de
principe, formulé par N. Chomsky dès 1957, du recours aux corpus au
profit de l'appel à l'intuition du locuteur a sans aucun doute marqué
les quarante dernières années de la linguistique ainsi que le font
remarquer Habert (B.), Nazarenko (A.) et Salem (A.) (1997, p. 8) et si
l'on peut se pencher à loisir sur les mutations des modèles Chomskyens,
tout en constatant que les linguistiques " de corpus " ou
" sur corpus " (Corpus Linguistics ) se sont parallèlement développées,
on peut tout autant concevoir que dans les deux cas il y a modèle préalable
plus ou moins explicité, traitement des données, hypothèses,
confrontations aux réalisations " effectives " (Aarts: 1990)
dans un cas, aux réalisations " possibles " dans l'autre cas
(intuition du locuteur, jugement de grammaticalité) qui ne sont jamais
que le corpus implicite de référence du locuteur. C'est pourquoi, en
accord avec J.-C Milner (1989 : 55) nous préférons considérer que
" l'activité grammaticale ne consiste pas à enregistrer les données
de la langue; elle consiste à émettre sur ces données un jugement
différentiel " c'est à dire à isoler " l'impossible de la
langue " (ibid.). Dans le champ didactique particulier que nous
nous sommes assigné, l'ensemble des formulations discursives émises
par les différents acteurs d'un cours de langue constitue un corpus. Ce
corpus est limité à défaut d'être délimité notamment parce qu'il
est soumis aux contraintes chronologiques des acteurs en présence et à
de nombreuses limitations externes et internes. Ce corpus est
fragmentable, segmentable, analysable. Lorsqu'un besoin grammatical a pu
être identifié dans le groupe apprenants-enseignant, se définit ce
qu'on appellera un espace transitionnel (qui n'est autre qu'un corpus réorienté)
dans lequel peuvent s'élaborer ou se re-élaborer explicitement des
représentations résidentes ou semi-résidentes. Le traitement des données
dans cette interaction spécifique consiste alors non pas à aboutir à
une " nouvelle représentation " stabilisée mais à "
saturer " ponctuellement les processus de représentation, l'étape
transitoire de saturation se comprend alors comme une co-construction
d'un module transitionnel (ou micro-grammaire transitoire) destiné à
un perpétuel " devenir " grammatical qui échappe aux acteurs
mêmes qui sont en train de le construire.
Depuis
une dizaine d'années, on peut assister à de subtils mouvements
disciplinaires qui se traduisent par une hétérogénéité croissante
des discours didactiques, par une hétérogénéité croissante des
pratiques d'enseignement et par le retour remarqué et remarquable d'une
linguistique appliquée à l'enseignement des langues, plus particulièrement
par le biais des Recherches en Acquisition des Langues (R.A.L.) et
notamment des courants les plus interactionnistes. Tout aussi
remarquable est le timide impact de cette nouvelle configuration au plan
de l'enseignement des langue étrangères. Pourquoi ces rendez-vous
manqués ? Pourquoi ces croisements multiples ne débouchent-ils pas sur
quelques propositions plus concrètes visant à tenter d'améliorer
l'enseignement et faciliter l'appropriation d'une langue étrangère ?
Nous pensons pouvoir apporter trois types de réponses à cette
interrogation initiale: la première est sans doute d'ordre
institutionnel, idéologique et politique, la deuxième est à la fois
épistémologique, disciplinaire et historique, la troisième concerne
plus spécifiquement un mouvement de relativisation des savoirs
linguistiques, également hétérogènes, fragmentés et parcellaires
Cet
article tente d'aborder le rêve sous un aspect qui semble souvent délaissé,
mis en marge, dans la littérature psychanalytique, à savoir l'aspect
linguistique. Nous ne saurions prétendre, bien évidemment, que cet
aspect est absent de l'investigation psychanalytique du rêve, c'est même
bien souvent tout le contraire et nous sommes sensible à la finesse et
à la profondeur de certaines approches psychanalytiques du discours
onirique; simplement nous remarquons d'une part que les références à
la linguistique sont rarement explicites, d'autre part que la
psychanalyse éprouve quelque difficulté à statuer sur la notion de
langage. L'accent sera donc mis ici sur des fonctionnements textuels
particuliers tout en essayant de montrer ce qui, dans la forme de l'énoncé
et dans les processus énonciatifs, peut conduire à une co-construction
de sens. Double recherche enfin, dans la mesure où nous souhaitons
articuler linguistiques du texte et du discours et psychanalyse. Notre
travail fait état des apports de la pragmatique textuelle (notamment
Adam: 1990, 1992) et de la notion d'opérations énonciatives, présentées
par A. Culioli. (1990, 1991). Nous commentons également succintement
les propositions d' A. Green (1983, de M. Arrivé (1987, 1994), de Ruth
Menahem (1986) et de L. Danon-Boileau (1987).
Les réseaux
interactifs multimédia internationaux (internet) nécessitent un
ensemble de sous-systèmes complexes: ordinateurs, modems, cables téléphoniques
ou fibres optiques, logiciels de navigation, moteurs de recherche, etc.
pour constituer un système technologique évoluant d'une manière
exponentielle en fonction de facteurs tels la vitesse et les algorithmes
qui classent l'information. Au delà des questions premières de "céphalisation"
(J. de Rosnay: 1997) ou de "décéphalisation" des acteurs
humains, il s'agit d'observer ici les éventuelles modifications que des
paradigmes technologiques (semi-fermés) entraînent dans la
communication humaine assistée par ordinateur. Sont examinés
notamment, dans une perspective systémique, certains aspects de
l'activité épistolaire numérique.
Pour tous renseignements complémentaires, contactez : [email protected]
retour page d'accueil