Un poeme de Gerard
Un ange-gardien fait un voeu pour son prot�g� � sa naissance :
Je d�pose dans ton berceau une rose
Pour qu'� ta naissance elle �close.
Ton regard d'un bleu d'azur,
Regardera toujours vers le futur.
La bont� et la clairvoyance seront tes armes,
Pour �viter � ton prochain d'essuyer des larmes.
Ton coeur immense ira toujours vers les autres
De la paix et de l'amour tu seras un ap�tre.
A jamais de la terre, tu banniras la guerre,
Les faibles tu prot�geras contre la mis�re.
Tu r�pandras le bonheur et l'amiti�,
La laideur tu remplaceras par la beaut�.
G�rard Fulop le 25 novembre 2002
POEMES DE MICHELLE
CARICATURE DE SOLEIL
Fractal de Gilles Nadeau "Paysage de glace"
http://www.mathsong.com/casaraku/
Je veux trouver mon vrai soleil!
Dans ma noirceur, je cherche anxieusement l'ouverture.
Parfois, comme dans un r�ve,
je me dirige vers un fugace bonheur
que je ne peux conserver.
Il m'�chappe parce que c'est un faux bonheur
b�ti sur l'espoir de m'en sortir,
de sauver ma t�te et mon coeur.
Je n'ai pas de vrai d�sir.
Je ressens trop de peur pour me laisser �tre
sans demander plus.
Je ne me donne pas le droit de me laisser aller.
D�sempar�e, vid�e, centr�e sur moi-m�me
ou plut�t sur ma douleur de ne pas vraiment vivre,
de jouer � �tre bien, jouer � vivre:
Caricature de soleil.
Je ris. En-dedans, j'ai peur.
Je taquine, je mime la paix, j'essaie de mimer la vie.
Mais la vraie vie n'est pas cette marionnette
qui fait semblant de vivre,
alors qu'elle est inerte et vide.
La vraie vie veut �clore, c'est elle qui me fait voir
et entendre ma peur.
C'est elle qui me harc�le, me d�chire,
me montre sans piti� que je me trompe de chemin,
que cette nourriture, ces fantasmes, ces faux soleils
ne peuvent que m'empoisonner.
La vraie vie pousse sans rel�che, elle veut surgir,
elle veut sortir de terre, s'�panouir aux rayons du soleil.
Et je souffre, puisque je ne veux plus me nourrir d'illusions,
puisque je ne peux plus vivre ainsi
et que je n'ai pas appris � vivre autrement.
Je n'ai pas appris � me d�livrer de ma peur des autres,
comment alors puis-je les aimer, les voir comme ils sont!
D�chirement int�rieur, que les hommes appellent folie!
Ces hommes ne savent pas qu'il existe une vraie vie
et que la route qui y conduit
passe souvent par la souffrance,
puisqu'on ne peut l'atteindre sans laisser tomber
les masques, les fa�ades, les miroirs truqu�s,
qui ne montrent pas notre vrai visage, mais qui nous flattent,
nous endorment dans une facilit� toute en surface.
Ils nomment folie cette pouss�e de vraie Vie
qui nous tord, nous �crase, nous fait crever de peur,
pour qu'on n'ait plus qu'un seul d�sir,
atteindre la v�rit� qui crie au fond de nous,
parce qu'elle meurt d'envie de vivre,
de s'�panouir sous la chaude caresse du soleil vivant,
que les hommes appellent DIEU.
Michelle 22 mars 1983
INTRODUCTION AU PO�ME
Je dansais et comme c'�tait sur un bon vieux blues
et que j'�tais seule, j'ai pens� � ouvrir les bras
et � tourner sur moi-m�me en pensant � mes proches.
Plusieurs se sont succ�d�s, ont dans� avec moi
un petit bout sans parler, mais quand j'ai pens� � Cosmique,
il m'a dit: "Je t'apporte des �toiles!"
Il y en a deux qui sont venues briller dans mes yeux!...
(Cosmique �tait un bon ami � moi, un type tr�s original,
sp�cial, marginal, un philosophe m�connu, qui est d�c�d�
quelques mois avant que j'�crive ceci.)
Et voici le po�me que cette phrase m'a inspir�:
LES �TOILES
Cher Cosmique, quels dons tu me fais l�?
Comme les anges de la chanson,
ces cadeaux viennent du ciel, ils n'ont rien de mat�riel.
Voyons voir, cher Alain, ce que tu m'apportes.
Des �toiles, �a ne s'emballe pas,
sauf les com�tes comme de raison,
qui s'�lancent, emball�es, au-dessus de l'horizon.
Pour d�baller une �toile, �a doit prendre mille pr�cautions.
Ne ris pas, c'est vrai �a, c'est de l'�nergie en fusion.
Et dans la splendeur fulgurante qui s'empara de ma vision,
je reconnus sans h�sitation la puret� alli�e � une belle curiosit�.
Je reconnus l'enfant concentr� dans son univers � cent dimensions,
quelle �toile de joie! Oui, empare-toi de moi!
Ah oui, c'est bien de toi, Cosmique, je te reconnais l�.
Bien s�r, tu as raison, rien n'est mena�ant
dans ce magnifique pr�sent.
Voyons un peu le second de ces beaux dons.
Cette �toile m'aveugle tellement, qu'� la fin j'entre dedans,
attir�e malgr� moi, surprise d'y �tre � l'aise.
Ce n'est pas surprenant, c'est le pr�sent, et l'enthousiasme du moment,
permettant de cr�er naturellement, dans cet univers attirant et repoussant.
Cette �toile, c'est le don de l'instant o� le temps s'arr�te �ternellement,
c'est la magie qui recr�e ce monde autrement.
Et c'est une gr�ce qui m'�choit? Pince-moi, je ne r�ve pas?
Tu veux bien partager ce pr�sent avec moi? Merci, Alain...
et il r�pond: "Y a pas de quoi!"
Il y en a une troisi�me; celle-ci, elle rougoie d'un �clat �trange;
je m'avance donc plus pr�s, attir�e par cette rougeur vivante,
et qui m'inqui�te un peu, ma foi. Mon Dieu, qu'est-ce que c'est que �a?
Et Cosmique de rire aux �clats... car au milieu de ce brasier,
un petit �tre vivant, bravement, se faisait un chemin parmi les �l�ments,
r�pondait � ce feu par un autre aussi grand.
Il �tait la promesse d'un �ternel printemps, car au sein du pire des tourments
venait de na�tre en ce monde turbulent l'humain transform� et transformant,
se riant des obstacles, car il sait qu'ils servent � grandir.
Il suffit d'y croire vraiment, tout dans la vie est transformant.
Le secret de cette �toile, c'est le plus grand des myst�res,
celui qui nous porte au sommet de la croix,
dans ce monde qui a soif d'accomplissement.
Ce monde o� les hommes jusqu'� maintenant
ont souffert sans savoir pourquoi et comment.
Bienvenue � l'homme renaissant de la part d'un humain reconnaissant.
Et en attendant que le monde en soit transform�,
ce qui, soit dit en passant, risque tr�s fort d'arriver,
eh bien, moi, je vais continuer � avancer, esp�rant que tous le fassent �galement.
C'est ton voeu, � toi aussi, Cosmique, s�rement.
Eh bien, adieu cher ami, et merci.
Je comprends que ces beaux pr�sents sont � partager entre tous, naturellement.
Il n'en tient qu'� nous, l'�nergie est ici maintenant,
dans ce pr�sent abracadabrant!
Michelle
31 d�cembre 1996
ECRITURE
Parfaire le filet de m�moire,
le faire voltiger dans sa main,
dans sa t�te.
Inviter sa plume � creuser
en profondeur dans la nuit
mais parfois aussi en douceur, en rires,
en folies de toutes les grandeurs.
Suivre l'itin�raire de chaque labyrinthe
avec la prudence de ressentir d'avance
chaque pas.
Ou bien de revenir par une autre route
si celle-ci bloque en chemin.
L'�criture, c'est un peu �a!
Michelle 1er janvier 1984
LA MORT ET LA VIE
La mort dort en rond dans mon baluchon, � travers mes habits. Elle stagne.
Elle tache de couleurs sombres peu � peu tout mon fourbi. Mais qui cherche � entrer?
La mort dresse l�oreille, sa grande oreille en �veil. � Qu�est-ce qui passe ici
et s�amuse � venir m�agacer, me mettre au d�fi, qui ose me r�veiller? �
C�est une douce chenille qui vient grignoter mon baluchon. Un abri pour dormir en rond?
Un noeud l�emp�che d�entrer. Alors, je me vois forc�e de participer. D�faisant le noeud,
j�invite la douce chenille � entrer. La mort reste au fond, elle s�est recroquevill�e,
�a manque de place, maintenant, l�-dedans. Elle cherche � passer, s��tire, en un long et noir reptile
sinueux, qui le long de la chenille glisse, maintenant : � A nous deux! �. Mais la mort ne peut pas
agripper douce chenille vivante qui remue un peu, s�installe sans se douter de rien, et ronronne avec
�nergie.
La mort ne peut tuer gratuitement, comme �a, une vie. Elle s�endort en coin tranquillement, teintant tout
en gris maintenant. Je referme le sac doucement.
2e chapitre
La chenille, un beau matin, s�est transform�e en cocon. Un long sommeil, semble-t-il l�a engourdie
dans son abri.
La mort, aux aguets, s�y int�ressait vivement, croyant que l�inertie viendrait � bout de cette vie.
Mais au terme de ce sommeil de coton, qui voit-on au milieu du cocon surgir avec peine? Un ange minuscule
aux ailes dor�es s��veille, ses petites antennes se dressent et vibrent, fr�missantes de nouveaut�.
Mais, tout au fond, l�-bas, qui se cache? Madame la mort, fascin�e devant cette chenille ressuscit�e,
passe aux aveux. � Vous savez, j"ai beaucoup r�fl�chi sur le sens de la mort enfouie autour des coeurs
et des esprits. Et je crois que la vie me r�serve une place d"amie � c�t� d"elle, � condition que j"accepte
de ne pas �tre �ternelle, moi non plus. Aussi, j"ai r�fl�chi sur le sens de ce gris qui envahit. Quand
on m"appelle, � tous moments, je viens, je pars�me la vie, comme une longue agonie, de tourments, et surtout d"ennui.
Mais aujourd"hui j"ai vu qu"au bout de la mort pouvait surgir la vie. Et �a suscite en moi de grandes questions.
Qu"est la mort et qu"est la vie?? Et laquelle est servante de l"autre, tout bien r�fl�chi?
Dans mon baluchon, ce matin, j�ai trouv� un joli papillon, un vieux cocon, et aussi un torchon aussi noir que la nuit.
Je ne me souvenais pas d�en avoir mis un l�. Alors de plein gr�, j�ai laiss� tomber au bord du sentier ce chiffon
tout frip�, esp�rant qu�un jour il servirait peut-�tre � l�oiseau, pour construire son nid, ou � quelque b�te pour
tapisser son abri.
Michelle 9 f�vrier 1987
POEMES DE NICOLE GAGNON
VIE D'�PINES ........ VIE DE ROSES
O� sont donc all� toutes ces �pines doucereuses
Qui me donnaient tant de pens�es douloureuses,
Tous ces maux qui me faisaient oublier mes mots,
Ce mal de vie qui ne faisait point de cadeaux.
Et bien, me voici aujourd'hui,
Avec ma vie de roses que j'ai choisie,
Celle qui me va comme un guant,
Celle que j'ai attendu si longtemps.
Mes �pines n'�taient qu'en surface,
Effleurements cruels sans gr�ce,
Je les enl�ve, une � la fois,
Et je les remplace par des moments de joie.
Mes douleurs et mes peines
Sont remis�es dans une cruche trop pleine,
De laquelle est ressorti cette sagesse,
Cette paix et cette fiert� dans mes prouesses.
Certes, il y aura bien d'autres �pines bigarr�es,
Mais je sais qu'elles seront accompagn�es
Par de belles roses de toutes les couleurs,
Qui m'aideront � imperm�abiliser mon coeur.
Ainsi va la vie,
Je m'en suis faite une amie!
Bionique
(Nicole Gagnon)
Po�me de Jean-Claude
Un qu�teux su'l bord d'la vie,
Gelatine informe en tas squelettique.
G�pette tendue,supplications,larmoiements,
Un job su'son tas d'fumier!
� vot'bon coeur m'dame!
D'la gentillesse m'ssieur!
Un outil pour rompre
L'�tau,la serre,la poigne
Qui me rompra le cou sous peu.
� vot'bonne �me m'dame!
D'la bont� m'ssieur!
Pourquoi pas un coup d'pied au cul ?
C'est tellement moins co�teux
Et si facile a donner � cet informe rigide sac...
Pourtant,m�me si ma cervelle
Roule n'import' comment dans mon cr�ne
M�me si ma carcasse joue des castagnettes
Y en a d'dans
� vot' bon coeur m'dame
Une gentillesse m'ssieur
Un outil pour rompre
L'etau la serre la poigne Qui �crase un futur f�cond
Un brandon pour r�chauffer
Cette g�latine porteuse des gemmes de la terre
Eh!petit! � ton bon coeur!
Affiche contre la galaxie de la beaut� de la vie
Pour dire � la dame ,au m'ssieur
Que la gelatine qui qu�te
Que la carcasse qui supplie
Te ressemble,qu'ils te ressemblent
Ce fut hier c'est ce jour d'hui ce sera demain
Qu'un qu�teux su'l bord de la vie
Tend sa g�ppette pour l'�tincelle
Tend sa g�ppette pour l'outil
Tend sa g�ppette pour la vie ...
Jean-Claude