POEMES DE JACQUES HARDY

Jacques etant tres prolifique,nous mettons une page a sa disposition.

Sommaire

BIOGRAPHIE

POEMES DE JEUNESSE

POEMES

INSOMNIAQUES 4 a 10

INSOMNIAQUES 11 a 15

INSOMNIAQUES 16 a 21

INSOMNIAQUES 22 a 27

INSOMNIAQUES 28 a 34

INSOMNIAQUES 35 a 42

FRACTURE


























































































BIOGRAPHIE


Oeuvres publi�es de Jacques
Une Myst�rieuse Aventure � Place-Royale / Uncovering a Mystery at Place-Royale
Minist�re des Affaires culturelles, Publications du Qu�bec, conte pour enfants. 1984.

Janouk et Ti-Loup, arch�ologues
Minist�re des Affaires culturelles, pi�ce de th��tre pour enfants. 1981.

La Bo�te magique
Parc Canada, pi�ce de th��tre pour enfants (adaptation d'une l�gende am�rindienne micmac). 1981.

Coucourico
Minist�re de l'�ducation, pi�ce de th��tre pour enfants sur les cinq formes du langage. 1981.
Fonction: auteur.
Pareil, pas pareil
Pi�ce de th��tre pour enfants. 1980. Conte pour enfants adapt� de la pi�ce, publi� aux �ditions
Ovale. 1982.

D�livrance
Disque du chansonnier Fran�ois L�veill�e. 1980.
(parolier)

Le Laser du losange
Recueil de po�mes, Hobo-Qu�bec. 1980.

Po�mes du corps ameut�
Recueil de po�mes, �ditions du Corps. 1977.

En chantier : Le Maudit (roman)
Pour me donner vos commentaires...
SOMMAIRE

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POEMES DE JEUNESSE


Poemes de jeunesse
bombe de sang crevant le vitreux des yeux
tessons des draps �veillant le lit
corps jaune en sueurs per�ant l�opaque
chambre d�j� hors du cauchemar ult�rieure
ut�rine

la petite fille de cr�ation dans mon corps d�homme
ne s�est pas vue devenir femme.

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question de braise        � la v�rit�
d�azote        par le biais
visage perc� jusqu�� l�os
du glacial feu cervical
lait tourn� du sang

je sais dans ma t�te des vaches
qui broutant mes cellules
regardent passer mon cerveau.

Jacques H. 


SOMMAIRE

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POEMES


Un po�me de Jacques

De quel trou noir et volcanique surgissent-elles
Pour qu�elles br�lent ainsi la peau
Avec leur salin et leur profondeur oc�ane
Quelle immense peine charrient-elles
Pour ainsi broyer de leurs vagues puissantes
Le coeur, les poumons et les entrailles
De quel immense d�sespoir sont-elles n�es
Pour que de ses propres larmes on soit le noy�

Aussit�t n� l�enfant porte le chagrin de la s�paration
Son coeur est un roc �clat� dans sa poitrine
Jamais pierre n�aura �t� aussi fragile
Qu�au moment o� elle quitte la montagne
Pour d�valer jusqu�au bas de la pente
Jusqu�au bas de la vie
O� le vieillard ploy� ressemble � l�enfant d�sarm�

Aussit�t n� il hurle car il sait qu�il n�oubliera jamais
Que ce ne sont que ses premi�res larmes

Car il sait d�j� ce que nul ne devrait savoir
Le sol usera ses pas et la terre qu�il aura march�e
La terre qu�il aura quitt�e le verra rapetisser
Plus il s��loignera de sa premi�re enjamb�e
La terre l�oubliera

Car il sait qu�il b�tira ce qui doit s��crouler
Et agenouill� devant l�usure de ses mains
Il pleurera avec la poussi�re
Et il n�aura jamais assez de larmes
Pour donner vie � son d�sert
Et il pleurera avec les grains de sable
Qui savent mieux former un tout que lui
Et chaque hurlement dans sa vie
Qu�il jettera � la face du ciel
Ne sera que l��cho de son premier vagissement

L�enfant pleurera car il ne saura jamais
�tre autre chose qu�un enfant
Il immergera son corps dans l�amour
Et il croira avoir invent� les larmes de joie
Et � son moment le plus sacr�
Son corps courbera comme un arc-en-ciel
Sa chair en conna�tra les couleurs et la saveur
Ses soupirs auront le fou rire
Et il croira que toutes ses larmes
N�avaient servi qu�� creuser le lit parfait
Pour son torrent amoureux

Mais l�enfant pleurera car il ne saura jamais
�tre autre chose qu�un enfant
Il saura que le soleil ne se l�ve pas pour lui
Et que les �toiles ne servent qu�� compter les secondes
O� il est irr�m�diablement seul et l�amour absent
L�enfant pleurera toutes les larmes de son corps
Lorsqu�il aura pour seule compagnie
Les fant�mes de son pass�
Et qu�il cherchera � les toucher
� les convaincre de l�enlacer
� les convaincre de le r�chauffer

L�enfant pleurera,c�est �crit
Dans toutes les rides qui l�envahiront
Il cherchera � saisir une de ses larmes
Entre ses doigts
Pour comprendre comment une seule goutte d�eau
Peut faire autant de bruit en tombant de son coeur
Pour comprendre comment une si petite goutte d�eau
Peut �tre aussi pesante sur sa joue
Pour comprendre comment une seule goutte d�eau
Peut contenir toutes les flammes du monde

L�enfant pleurera
Car il n�aura jamais r�ussi � tenir la larme entre ses doigts
Tout ce qu�il engendre lui �chappe
Il ne comprendra jamais la goutte d�eau
Ni pourquoi il est n�
Mais parfois
Seulement parfois
Dans ses larmes il verra se refl�ter
La goutte d�eau dans laquelle il est n�
La goutte d�eau qu�il n�aurait jamais voulu quitter
Mais qui au bout de neuf fois a �clat�
Comme une grande peine avec son torrent de larmes.

Jacques Hardy (1991)

J�ai �crit ce po�me en 1992 lorsqu�une amie tenta de rejoindre l�autre
versant du miroir, le versant dont les images ne reviennent jamais...

Ta peine est un peuple en douleur
Qui g�mit en moi
Lorsqu�il hurle son esclavage
Il y a un grand d�chirement aux fronti�res
Mon corps ni mon coeur n�ont �t� con�us
Pour contenir la noirceur qui t�habite

Ta peine est un peuple en douleur
Qui g�mit en moi
Ses lourdes cha�nes tracent des sillons br�lants
Et depuis mes yeux
Ma chair ne sera plus jamais la m�me
Apr�s avoir �t� ainsi labour�e

Ta peine est un peuple en douleur
Et je n�ai pas le pouvoir de le lib�rer
Je n�ai aucun pouvoir
Que d�imaginer sans cesse le couteau
Assassiner ta chair
Que de voir la lame violer la virginit� de ton bras
Je n�ai aucun pouvoir
Je suis le mur
Le t�moin lisse et impuissant
Qui sera hant� pour toujours
Par l�ombre rempla�ant le sang dans tes veines

Ta peine est un peuple en douleur
Qui g�mit en moi
Et ce r�ve que la mort a fait de toi
Ne devrait pas appartenir � ce monde
� aucun monde

Ta peine est un peuple en douleur
Qui g�mit en moi
Il a voulu entendre le chant de sir�nes muettes
Et il a vu les porte-parole du n�ant
Te tendre leurs bras glac�s pour te bercer
Tu as cru fermer tes paupi�res � jamais
Mais ton regard a filtr�
Comme la main d�un noy� � travers les vagues
On t�a �tendue les bras en croix
Sur le pont d�un navire
Pour que tu recraches tout ce chagrin
Et ce navire et ces marins sont guett�s aussi
Par tous les naufrages
Tu dois apprendre � ouvrir
Les yeux sous l�eau
Pour voir que la mort est pire que la vie

Ta peine est un peuple en douleur
Et il doit apprendre
Que si l�herbe des cimeti�res
Semble plus verte qu�ailleurs
C�est qu�aucun amoureux ne vient la fouler
C�est qu�aucun enfant n�y fait rouler son ballon
Il doit apprendre
Que si l�herbe des cimeti�res
Semble plus verte qu�ailleurs
C�est qu�elle est arros�e de trop de larmes

Ta peine est un peuple en douleur
Et je prie pour son droit au bonheur
J�accepte d��tre hant� par ses g�missements
Comme un fleuve acceptant
Que le d�versement du ciel
D�borde sur ses propres rivages

Ta peine est un peuple en douleur
Qui doit croire qu�aucune nuit n�est interminable
Les fen�tres n�existeraient pas autrement
Elles savent et attendent avec confiance
Le jour qui les justifie
Et si les fen�tres ont raison
Et si la clart� leur arrache
Mille sourires �blouissants
Et si m�me les aveugles voient la lumi�re
Par la chaleur qui les baigne

C�est qu�il ne fait jamais totalement noir
Et si ta peine est un peuple en douleur
C�est que toute clart� fait mal aux yeux
Du nouveau-n�.

Jacques Hardy (1992)

� Pierre L.

Il y a quelqu�un en moi
Qui prend toutes ces d�cisions ind�cises
Il y a en moi ce quelqu�un qui doit �tre moi
Mais qui ne semble pas au coeur m�me

de mon existence

Cet �tre impalpable
Ce n�est pas moi et pourtant
Il me pose toutes ces questions
Il attend de moi toutes ces r�ponses
Comme si je le connaissais mieux que moi-m�me
Qui ne me connais pas

Il y a en moi cet enfant qui n�a jamais �t�
Qui aspirait � l�adulte
Cet adolescent qui n�a jamais �t�
Qui aspirait � l�adulte
Et cet adulte qui n�est pas encore
Qui aspire trop tard � l�enfant et � l�adolescent

Il y a en moi quelqu�un qui ne me donne pas la paix
Ni la tranquilit� ni l�acceptation de la vie
Il y a quelqu�un en moi qui ne s�aper�oit pas qu�il vieillit
Ni que je porte ses rides et le grisonnement de ses cheveux
Il y a quelqu�un en moi qui se rit de la mort
Et de ma peur de ne jamais �tre

Il y a quelqu�un en moi
Qui porte l�image du p�re
Et cette image n�a jamais vieilli
Pour ce quelqu�un en moi le p�re n�est jamais mort
Le p�re est fig� dans son dernier mouvement
juste avant la mort
Il a le sourire et le cadre et la photo sont l� pour le jurer
Ce quelqu�un en moi fait surgir le p�re souriant
de son armoire noire et blanche
Et je ne peux rien r�futer
Et mon chagrin ne doit pas exister
Puisqu�il y a quelqu�un en moi qui dit qu�il n�existe pas

Il y a quelqu�un en moi qui ne laissera rien derri�re lui
Et qui ne me laissera rien
Il y a quelqu�un en moi qui jure qu�on ne lui a rien laiss�
Qu�on lui a tout enlev�
Que le trou pour le cercueil du p�re n�a pas �t� creus�
dans la terre
Mais dans mon coeur
Et qu�on a descendu dans ce c�ur
Un cercueil qui n�en finit pas de pourrir

Il y a quelqu�un en moi
Qui ne sait pas ce qu�il manque du p�re
Ni si la terre aurait tourn� � l�endroi
Si le p�re avait v�cu et port� et partag�
avec l�enfant
Le poids qui a fini par l�ensevelir
Il y a quelqu�un en moi de froid et d�ind�cis
Et c�est peut-�tre celui qui a arr�t� de grandir
� la mort du p�re
Et c�est peut-�tre le p�re lui-m�me
avec le froid �ternel dans ses os
Qui ne sait pas ce qu�il aurait pu me dire
Tellement lui aussi il avait quelqu�un en lui d�impalpable

Il y a quelqu�un en moi
Et parfois je ne sais plus si c�est lui ou si c�est moi qui ai le plus de mal
� s�installer dans la vie.

Jacques Hardy (1990)


SOMMAIRE

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INSOMNIAQUES 4 a 10


Aux Insomniaques (4)

Un soir de juin 1991, j��tais dans un bar en train de d�guster un d�licieux scotch. J��tais seul � ma table et, tout en fumant une cigarette, j�observais discr�tement une inconnue assise � une autre table avec un groupe d�amis. Il y avait une beaut� qui �manait d�elle qui m�a impressionn�.

Alors, le lendemain, je lui ai �crit un po�me. Je suis retourn� au bar ce soir-l�, et, par chance, elle y �tait. Je lui ai alors remis ce po�me.

Jacques H.

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Je veux marcher sans crainte vers toi
Que la peur et la violence soient derri�re nous
comme de vieux v�tements tomb�s sur le plancher
aux abords du lit


Je veux que tu rendes jaloux le soleil
avec la seule lumi�re de ton visage
Je veux que tes yeux brillent
parce que je serai la nuit
et que la nuit est habit�e par les �toiles
Je veux que ton corps s��tire comme l�aube sur la noirceur
et entendre le matin emprunter ta voix
pour g�mir son r�veil
Je veux �tre la main multiple des for�ts
et le feuillage des caresses sur ta chair


Je veux que ton coeur soit s�r
quand je l�enserrerai dans mes mains
quand je le porterai � mes l�vres
je te le jure non pour le d�vorer
mais pour son baiser qui mettra dans ma bouche
ton nom et le rythme auquel il faut t�aimer
Je veux que la danse soit douce, lente et folle
parce que le temps certaines fois
a le droit � l��ternit�


Je veux savoir ce que cache ta beaut�
si son fer rouge marquera mon �me
par le feu du brasier ou
par la br�lure de la glace


Je veux savoir quand je te fixe
pourquoi mes yeux semblent prendre racine
dans mes entrailles
Je veux savoir qui de nous deux
ouvrira la mer du lit
et ensevelira l�autre dans ses flots
Je veux savoir si tes noy�s
ont un pacte secret avec les vagues qui les bercent
et si leurs hanches � la derni�re seconde
connaissent un autre balancement
que celui qui les a vus agoniser
Je veux savoir si le d�sir que tu fais na�tre
charriera poissons et �toiles de mer dans mes veines
et si je m��teindrai dans tes bras
comme dans un immense filet de p�che ruisselant


Je veux marcher lentement vers toi
parce que je ne suis pas un des multiples crayons
que tu prends pour �crire un moment de ta vie
je veux que tu saches
� ce moment pr�cis o� tu me prendras
que chaque page de ma chair
tourn�e par tes caresses
est unique et lisible par tes yeux seulement
Je veux que tu saches
si je marche lentement vers toi
que chaque geste que nous poserons
aura le poids d�un souvenir
et qu�apr�s ils serviront � peser sur nos paupi�res
et que nul ne pourra nous enlever ce sommeil
que nous aurons gagn� ensemble.


Jacques Hardy (1991)


Aux Insomniaques (5)

�coute        ce n�est pas un secret
dans mes yeux il y a un village
pour tous ceux que j�aime
quand mes paupi�res se l�vent
le soleil fait rire tous les toits
quand elles s�abaissent
chaque fen�tre est un lac pour nager avec les �toiles


�coute        ce n�est pas un secret
j�ai su tout de suite que tu pouvais habiter en moi
Entre
les maisons sont sans serrures et sans horloges
et il y a une maison juste pour toi
entre
mais ne contredis pas ses miroirs
les miroirs n�aiment pas qu�on doute d�eux
et aucun d�entre eux ne doute de ta beaut�


Entre chez toi
la maison est s�re et franche
et ses murs ont cr�� la transparence
elle est le berceau qui fait chanter
les oiseaux du jour et de la nuit


Entre dans ta maison
ses l�vres ont senti ta tristesse
comme un courant d�air sous ta chair
et ses caresses n�essaieront pas de d�nouer ta peine
c�est une corde qui t�appartient
et qui br�le en d�filant la paume de ton c�ur
et si les maisons de mon village sont attachantes
c�est qu�elles n�ont jamais su faire de n�uds


Entre chez toi
la maison est nue et vraie
ses bras sont souples et forts
comme les rives autour d�un fleuve
sa poitrine a pris l�empreinte de ta joue
et ses narines ont vol� � ton sommeil
tous tes parfums pour cr�er un jardin


Entre chez toi
les maisons de mon village
n�ont pas de secrets
elles ont un �tage et elles sont gratte-ciel
cela d�pend des yeux qui les habitent.


Jacques Hardy (1993) 


Aux Insomniaques (6)

Ta voix te ressemble
et ressemble � tout ce que j�aime entendre
ta voix me rassemble
et rassemble les quatre coins du monde
en quatre murs d�une maison


Ta voix est dans mon oreille
et mon oreille dans ta bouche
o� ta langue donne racine � tout ce qui m�rite d��tre dit
ta voix est dans mon corps
et mon coeur lui ouvre son nid
ta voix couve le feu et la paille est faite pour s�embraser


Ta voix        ce qu�il y a de plus terrible
c�est qu�elle a ton visage
et la douceur attachante de ta joue sous mes doigts
elle a tes yeux qui aiment la v�rit�
et tout ce qu�ils aiment se doit d��tre vrai


Ta voix        ce qu�il y a de plus terrible
c�est qu�elle a ta chair odorante de femme
avec tes seins qui �quilibrent la paume des mains
quand les caresses rendent justice � la beaut�
avec ton ventre comme une voile
o� les l�vres viennent d�poser le souffle chaud du vent
avec tes hanches comme le rebord d�une barque
pour enseigner au marin le rythme de la mer


mais vois-tu        ce qu�il y a de plus terrible
dans ta voix
de si simplement terrible
c�est que je l�aime.


Jacques Hardy (1991) 


Aux Insomniaques (7)

Un Insomniaque sp�cial, ce soir. Un po�me que j�avais �crit en anglais en juillet 1991. Pourquoi en anglais? Pour aucune raison sp�ciale, il y a des textes qui me viennent en anglais.

Jacques H.
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Secrets

It seems like I�ve been everywhere
known everyone, loved many women
but somehow my heart couldn�t share
Love can be a very bad omen
when you�re not ready to pay the fare


Secrets of loneliness
Secrets of holiness
I�ve always been a loner
filled with dreams and wonder
but my life is such a mess
when love has everyday life for border


I may have fallen many times in love
I may have surrendered to desire
but something was always threre above
burning my soul like a raging fire
Beauty takes you away from your beloved


I don�t know if I�ll ever come back
from this trip in eternity
Your eyes get used to white and black
and when you catch a glimpse of Beauty
you realize all you lack


Secrets of loneliness
Secrets of holiness
I�ve halways been a loner
filled with dreams and wonder
but life can be such a mess
when you choose Beauty for a lover


I am afraid I�ll never know
if it was worth giving up happiness
Van Gogh got the answer from the crows
He went crazy with God�s secrets
Is it worth all this solitude and sorrow?


You�ll never find anything true
Art has a magnificient way to lie
You thought that you had a real good clue
but it was only clouds in the sky
Shapes in white that the wind blew


Secrets of loneliness
Secrets of holiness
I�ve halways been a loner
filled with dreams and wonder
I pass through life as a guest
some say even as a deserter
Secrets of loneliness
Secrets of holiness.


Jacques Hardy (1991) 


Aux Insomniaques (8)
 
      
Je ne marche plus � c�t� de mes pas
je n�habite plus dans mon ombre
ou presque


plus jamais ma t�te d�capit�e
r�fugi�e dans les mains de mon ombre
ignorera ce corps comme un compagnon de honte
                            comme un compagnon de captivit�

 
J�ai r�int�gr� ce corps tout maladroit
d�avoir �t� si longuement abandonn�
                            et mal aim�
 

Il y a maintenant de la joie dans ce corps tortur�

 
dans mon corps


les larmes des retrouvailles ont remplac� celles des tenailles
et si la faiblesse est tout ce qui nous reste
mon corps presque �teint l��treint
l�assume et la consume
la fortifie et lui promet la vie


J�aime ce grand corps tout d�connect�
� qui j�ai tant manqu�        qui m�a tant manqu�
et il a le pardon facile        plus facile
que les humains entre eux


mon corps et ma t�te de nouveau sont un
ils savent que l�amour se doit d��tre clair
parce que l�amour se rev�t d�ombres lui-m�me
quand on le torture pour en ajuster l�heure


Je ne marche plus � c�t� de mes pas
plus jamais je ne serai cette ombre
cette aiguille qui � son propre corps
souligne le temps qui fuit.

 
Jacques Hardy (juin 2003)


AUX Insomniaques (9)
J�ai tant et trop attendu
depuis longtemps le soleil r�clamait son d�
et tapait dur sur ma terre comme un enfant g�t�
Engourdi        mon corps cherchait � chanter
mais plus que le temps le silence est pesant
mille rochers � ma langue s��taient attach�s


J�ai tant attendu et n�ai rien entendu
j�ai connu toutes les prisons du monde
o� pendant la nuit
les barreaux obs�dants dansent du ventre
et exhalent le parfum de toutes les femmes
Quand j�ai cru retrouver la libert�
dans des bras plus chauds qu�un ventre d�oiseau
j�ai su que j�avais trop r�v�
j�ai compris que dans des r�ves de prisonniers
on ne se r�veille pas juste avant de mourir
on se r�veille trop t�t juste avant de vivre


tous les prisonniers ressemblent � des enfants
qui n�ont pas encore d�sappris � r�ver
ils savent fondre leurs cha�nes
en des lianes qui s�envolent des arbres
ils �voquent des royaumes qui ne sont jamais imaginaires
o� la magie est un autre mot pour nommer l�amour
o� le joie est un ch�teau
dont les hauts donjons lib�rent des �toiles
qui s�accouplent pour donner naissance au soleil


peut-�tre devrais-je avoir
le coeur en forme de parapluie
pour donner raison au mauvais temps
mais j�ai bien peur d�avoir trop attendu
pour savoir effacer le rire de mes yeux
comme les chasseurs savent si bien
effacer les oiseaux du ciel


j�ai bien peur d�avoir la folie des miracles
o� tous mes maux couch�s sur le papier
ne connaissent plus de la douleur
que le mot accoucher.


Jacques Hardy (juin 2003)


Jacques Hardy (1990)
Les insomniaques 10
J�ai tant et trop attendu
depuis longtemps le soleil r�clamait son d�
et tapait dur sur ma terre comme un enfant g�t�
Engourdi        mon corps cherchait � chanter
mais plus que le temps le silence est pesant
mille rochers � ma langue s��taient attach�s


J�ai tant attendu et n�ai rien entendu
j�ai connu toutes les prisons du monde
o� pendant la nuit
les barreaux obs�dants dansent du ventre
et exhalent le parfum de toutes les femmes
Quand j�ai cru retrouver la libert�
dans des bras plus chauds qu�un ventre d�oiseau
j�ai su que j�avais trop r�v�
j�ai compris que dans des r�ves de prisonniers
on ne se r�veille pas juste avant de mourir
on se r�veille trop t�t juste avant de vivre


tous les prisonniers ressemblent � des enfants
qui n�ont pas encore d�sappris � r�ver
ils savent fondre leurs cha�nes
en des lianes qui s�envolent des arbres
ils �voquent des royaumes qui ne sont jamais imaginaires
o� la magie est un autre mot pour nommer l�amour
o� la joie est un ch�teau
dont les hauts donjons lib�rent des �toiles
qui s�accouplent pour donner naissance au soleil



peut-�tre devrais-je avoir
le coeur en forme de parapluie
pour donner raison au mauvais temps
mais j�ai bien peur d�avoir trop attendu
pour savoir effacer le rire de mes yeux
comme les chasseurs savent si bien
effacer les oiseaux du ciel


j�ai bien peur d�avoir la folie des miracles
o� tous mes maux couch�s sur le papier
ne connaissent plus de la douleur
que le mot accoucher.


Jacques Hardy (juin 2003)


SOMMAIRE

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INSOMNIAQUES 11 a 15

Je fus un arbre
avec un destin vertical
avec des racines arrogantes
qui croyaient broyer entre elles
le feu de la terre


Mais quel arbre peut pr�voir la hache
l�entaille et la s�ve infertile
quel arbre qui pr�tend au ciel
peut pr�voir le vertige
et le destin horizontal de toutes choses


C�est seulement dans sa chute qu�un arbre
finit par tendre ses bras vains vers la for�t
et que son oreille en go�te tous les murmures


puis son cri v�g�tal quand il frappe le sol
est au-dessous de tout regard


Les yeux d�une for�t ne peuvent
mettre au monde un arbre
ni la hauteur qu�il atteindra
Une for�t n�est pas un miroirpour prouver � l�arbre qu�il existe
La for�t ne peut reconna�tre � l�arbre
que la terre qui les unit


et les ensevelit pour les redonner � la vie.


Jacques Hardy (juin 2003) 

Aux Somniaques et Insomniaques

Une seule goutte de pluie parfois
d�un marteau a la force et le poids
toute une journ�e de pluie alors
fracasse chaque membre du corps


et surtout broie tous les os du coeur


quand un fibromyalgique pleure
c�est tout son corps liqu�fi� qui coule de ses yeux.


Jacques Hardy (juin 2003)

 Aux Insomniaques (12)

Il y a des temps de fin du monde
qui semblent durer une �ternit�
des temps dont le blanc des yeux 
r�gne sur le regard et saigne noir

les murs m�mes avec la mar�e
prennent le large laissant d�sert
ce qui un battement de coeur plus t�t
�tait toujours fertile et facile

les quatre points cardinaux
et chaque heure martel�e par le jour
tout est clou� au loin de soi
au-del� de l�aigle m�me
dans des brumes si profondes
qu�il nous semble avoir eu le temps
goutte � goutte d�y  voir s�engloutir 
l�univers entier

Il y a de ces temps qui d�une horloge
�clatent toutes les fronti�res
et des milliers d��clats de verre
sont le seul sol pour nos pieds nus
sont le seul garde-fou
pour ne pas basculer 
dans le r�ve sid�ral


Il y a de ces temps plus durs qu�un lingot dor
qu�il faut fondre en lave pour devoir les traverser
qu�il faut d�foncer avec un b�lier fait d�os broy�s
qu�il faut renverser avec la peur de l�agonie
et la foi d�un mourant en la vie


il y a de ces temps maudits
qu�il faut dire et nommer
pour d�samorcer leur tic-tac de bombe
le silence peut envier � la parole d��tre d�argent
il n�y a pas une souffrance qui ne fut pay�e
mais chaque jour qui est mien personne
personne ne peut le go�ter aussi bien.


Jacques Hardy (juin 2003)

 Aux Insomniaques (13)

Cette voix qui ne fut jamais mienne
il faut savoir que la douleur l�a r�clam�e
que des plus hautes falaises
des plus profonds canyons
des plus petits racoins
dans les �go�ts et les trous � rats
dans les caveaux du microscopique
dans des univers au-del� de l�imagination
elle a cri� son nom
avec les gestes tragiques d�une m�re
r�clamant son enfant enlev�


je n�ai d�j� plus rien � voir avec cette voix
qui ne fut jamais mienne
elle est berc�e et perc�e
par ce qui la porte
par la v�rit� qui appara�t
dans un �clair trop aveuglant
pour la cerner
et qui demeure pour toujours en soi
comme une cicatrice vive
 

Cette voix appartient au po�me
elle a gravi des gouffres trop sombres
pour en nommer la couleur
des ravins avec des lames aigu�s
pour les mains assoiff�es
elle a v�cu tous les champs de battaille
en un seul
toutes les amours depuis le d�but des si�cles
si vite parfum�es par le seuil mortuaire
en un seul corps


mais le temps du corps est pesant
il fut trop pr�sent
et la voix s��l�ve
souveraine et d�cha�n�e
lib�r�e par la douleur
de toute identit�
 

cette voix n�est pas la mienne
elle survole le corps d�senchant�
cette voix devrait �tre � tous
elle se nourrit au sein de l�au-del�
o� la souffrance m�me n�a pas droit de passage


cette voix est enfin libre
et toutes les cha�nes d�sormais muettes.


Jacques Hardy (juin 2003) 


Aux Insomniaques (14)
N�incendie rien        laisse
le squelette de la for�t encore intact
ne brise aucune branche morte
chaque os a droit � la poussi�re qu�il devient
assieds-toi aux pieds du microcosme
l� o� l�avenir mutant se d�cide
dans les fusions et les accouplements
les plus h�t�roclites


tends la main abreuve-toi au bouillon �l�mentaire
aucune lumi�re aucune destruction ne sont n�cessaires


pour apprendre ton sort immuable


l�incendie en toi ne peut
ni ne doit se r�pandre
prends son pouls il agonise d�j�
et de ses braises s�envolent
des milliers de papillons calcin�s
et par leurs ailes qui s��miettent
s�accomplit la fronti�re du lisible
et la g�ographie de tes mots 
deviendra un continent englouti

une statue dont la n�cessit� est d��tre aveugle
et la bont� l�effacement de ta m�moire
ins�r�e dans un diamant elle brillera
de toutes les impuret�s o� s��panouit la vie.


Jacques Hardy (juin 2003)


Aux Insomniaques(15)
Tu as toujours eu des serpents en toi
de beaux et forts serpents aux pires venins
la vie t��tait un antidote arc-en-ciel
et le ciel t�engloutissait discr�tement

tu �tais le bulldozer et la voie
l�at�mi et la nuque broy�e
maintenant tu marches au b�cher
avec la lenteur d�une pucelle damn�e
et le dieu de ta force aucun de tes g�missements
n�entend
ni ne d�fait
ni ne venge!

la foi t�a abandonn� un foulard de plus au vent
la douleur et la douceur des fruits
am�res dans leurs derniers baisers
d��tre vieilles avec des �clats de jouvemce
tu marchandes le temps
avec des pavots synth�tiques
et le temps de la brume est si court
que tu ne peux naufrager hors de toi

on a mont� autour de toi un mur de briques
un mur de temps et de raisons d�mentielles
un mur dont les rasoirs sont parois
et tu ne fais partie d�aucun peuple
la douleur est une ermite momifi�e
et le ravage est emmur� avec toi
o� les serpents te domptent.

Jacques Hardy (juin 2003) 


SOMMAIRE

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INSOMNIAQUES 16 a 21


Aux Insomniaques (16)
La nuit coquille et savoureuse
une p�che douce sombre et juteuse
les �toiles coulantes filent sur le menton
et s��teignent voluptueuses
dans la main gourmande

chaque pore noire de la nuit ph�romone
d�lie les sens et le sang
s��vapore sous la langue muette et tactile
le ciel d�aise se gratte le dos sur les arbres

de ses �treintes fugaces
le bonheur est toujours l�esclave
passe ma belle nuit
je n�aurai pas la m�moire ingrate

je te peindrai sur les nuits
o� tes os sont des trous noirs
engloutissant des spirales de galaxies
et leurs soleils orgueilleux
je fermerai les yeux
sur le velours pr�sent
dans mes bras pesants je t��treindrai
et dans tes bras vivaces je serai �treint

tu es une nuit d�amour
o� m�me les fous d�livrant
peuvent aimer la nuit d�un amour fou
le corps impudique affiche sa paix
l�insolence joue du tambour

tu es ronde oc�ane et enceinte de ma joie.


Jacques Hardy (juillet 2003) 


Aux Insomniaques (17)
Ta col�re � l�ombre est un poison attentif
une amande am�re sous la langue vip�re vive

tes yeux �chus sont un portail de quartz clos
aucun �clair aucun �clat ne leur redonneront la vue

tout est noy� dans ta m�moire ant�diluvienne
le fond de l�oc�an est peupl� de tes cadavres
et leurs os se soul�vent sur toute terre ferme

l�avenir sous tes paupi�res min�rales est �teint
tu as tir� sur la corde pour que le soleil se d�pouille
et les astres de toute lumi�re qui te contredise
ta rage brandit la noirceur au pic d�une lance
et ta nuit aux �toiles d��b�ne squatte l��ternit�

tu donnes ta bouche � boire aux ivrognes
aux cracheurs de lames et aux avaleurs de sable
pour qu�ils arrachent de ta gorge ton innocence

tu n�as pas surv�cu � ton enfance ni � ses empreintes
au premier non ta virginit� s�est d�faite en liasses
ta vie avait un prix et tous les marchands sont venus
t�ont v�tu d�v�tu vid� de tes os et empli de son

m�me ton �pouvantail s�est vendu aux quatre vents
le nord le sud l�enfer et le firmament

il n�y a que tes poings lev�s qui demeurent
deux com�tes qui frapperont de plein fouet
les miroirs o� tu t�invectives.

 
Jacques Hardy (juillet 2003)

Date : LUN 28, JUL 2003 18:14
Aux Insomniaques (18)
Aux insomniaques du jour abattu
de la vie aux reins rompus par le b�ton du temps
aux insomniaques du jour lunatique
du croissant de soleil dessin� par les t�n�bres
aux insomniaques du jour liqu�fi�
des mar�es accroupies sous des boisseaux de sable

aux fils et aux filles du clair de chair et de fer
aux enfants de l��clipse et aux infirmes sans �clisse
aux mendiants manchots et � leurs graffiti obsc�nes
sur le mur des aum�nes des suppliques et des supplices
aux croyants qui expirent � chaque soupir et ressuscitent

il n�y a pire cimeti�re que celui des vivants
nul n�y prie nul ne le fleurit nul ne le b�nit
les blasph�mes sont le rire des carcasses
les damn�s sur les crucifix font leur lit
leurs yeux sont des clous fous de douleur
le regard est un spectre qui a trop v�cu
et la piti� rend une justice corrompue

la piti� est une femme enflamm�e
qui br�le la r�tine des t�lescopes gel�s
ses seins allaitent les mirages
ses hanches agitent des temp�tes de sable
son ventre est un creuset coulant et dor�
une lave o� p�rissent les assoiff�s

aux insomniaques du jour
envers nous le mal est plus vif et loyal
que le monde aride o� nous souffrons

mais nos mains aux ongles griffus
aux ongles griffus de p�trir et d�extraire de nos membres
sans cesse la douleur irradiante

de se rejoindre
ont su sculpter un sourire muscl� et invincible.


Jacques Hardy (juillet 2003) 


Objet : Aux Insomniaques (19)
Tes reins de bambou de palmier
tes reins de jungle de mousson
tes reins tropicaux de b�te fauve
tes reins de tam-tams de m�lop�es
tes reins de lianes �paisses et souples

tu es moite muette une mouette
au-dessus de la pirogue chavir�e
une afrique blonde aux �pis de soleil
aux cuisses fluviales et muscl�es

nue tu es une tribu
une �le aux �clats de bl�
tu foisonnes de serpents
de venins aphrodisiaques
de morsures et de piq�res

et sur l�essaim de tes seins
ruisselant d�abeilles liquides
et dans tes yeux grand ouverts
je m�endors � la belle �toile.
 

Jacques Hardy (ao�t 2003) 


Aux Insomniaques (20)

Je dors dans une boule de cristal
une boule ronde comme du mauvais temps
les r�ves font des cauchemars injustes
ils ne devraient jamais r�ver tout �veill�s
au sort de la douleur et du corps
au sort de la douceur qu�a la mort

je dors la t�te sur des nuages d�orage
les yeux d�bouteill�s par des �clairs
l�horizon est une cl�ture �lectrifi�e
pour les mains gant�es de lucioles
la nuit une boussole affol�e
o� le nord contemple le soleil carbonis�

je dors sur un lit de braises et de tisons
drap� par des tessons incandescents
je suis une �toile de verre effil�
une balafre abolie par l�aube
une cicatrice vive inond�e de clart�

� chaque nuit je pr�dis le jour qui me renie.


Jacques Hardy (ao�t 2003) 


Aux Insomniaques (21)

Canc�reuse la vie aux dents carnassi�res
tes doigts sont des guerriers sans piti�
tes poings des arm�es d�ferlantes
tu violes et pilles tes vaincus
tu es la cible de mille complots
mille poignards furent fa�onn�s
avec ton image dans leur coeur
ta joie et ta peine sont identiques
deux soeurs enceintes de la mis�re

regarde le ciel que tu saignes
mais d�j� tu as la t�te dans les �toiles
tu ignores ce que tes pieds pi�tinent
et chacun de tes pas creuse une tombe
tes semelles sont en os pulv�ris�s
tes yeux t�tent les confins des galaxies 
ta folie copule avec des mondes parfaits

tu engendres sans cesse le mal qui t�habite
il n�y aura de paix pour toi ni d�humilit�
que dans ton rire peupl� d�hy�nes
tu te d�vores dans tes apocalypses
o� tous les morts sont faits � ton image

tu es la B�te outrag�e par son destin
tu n�avais pas demand� � pleurer sur ton sort
l�enfer est moins corrompu que ton �me
et tu rugis des pri�res blasph�matoires

tu imagines le silence
et il n�y a pas pire cri
tu imagines ta naissance
un gouffre ouvert sous tes pieds
tu imagines ton enfance

mais ta beaut� r�side dans ton dernier souffle.


Jacques Hardy (ao�t 2003) 


SOMMAIRE

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INSOMNIAQUES 22 a 27


Aux Insomniaques (22)

Le plus vrai po�me le plus arbre et le moins papier
r�side exactement dans l�espace entre ces deux vers.

Jacques Hardy (ao�t 2003) 


Aux Insomniaques (23)


Demain laisse tes habits
l�orgueil le pouvoir
la vanit� l�envie
la soif l�ivresse
la faim l�abondance
bien pli�s et empil�s
sur le bord du gouffre

ta nudit� sera un drap blanc
un drapeau blanc flottant
ta nudit� sera ton fant�me

laisse tes couleurs aux quatre vents
ton coeur maintenant sera daltonien
le gouffre ne fut jamais ton ennemi
ni le ciseau pour la ficelle de ta vie
ta fragilit� est un verre o� l�on a trop bu
ta force �tait plus liquide que limpide
l��ternit� posera ses l�vres s�ches
sur ta foi en un dernier baiser
l�infini aura la fixet� de ton regard
tes paupi�res soulev�es comme les jupes
de toutes les femmes que tu as aim�es

tu as f�cond� des miroirs
o� tu avais une sale gueule
chaque ann�e t�a vu na�tre identique
que peux-tu attendre qui ne fut d�j�
tu as depuis longtemps fum�
la gitane qui lisait les lignes de ta main

le jour lumineux ne fut jamais pour toi
tu n�as jamais cru aux vertus de la clart�
seules tes amantes furent radieuses
en t�ouvrant leurs bras et leur phare

tu as br�l� toutes les croix 
sauf les corps clou�s l�un � l�autre
tu auras pr�f�r� la sueur � l�eau b�nite
les cris pleins de griffes aux pri�res
l��clat vif des reins � la g�nuflexion
le parfum rouge du sexe � l�encens

tu n��tais pas n� pour survivre
tu agonises dans un monde
o� tout est une erreur de la nature.

Jacques Hardy (ao�t 2003)


Aux Insomniaques(24)

Tellurique sa souffrance 
centrifuge sa fissure
l�os est une veine �clat�e
sur l�enclume sous le marteau

le feu a le visage l�zard� des monstres
arm�s de chalumeaux et d��tincelles
l�os a le m�tal pr�caire des enfants
agripp�s puis supplici�s sous le lit

la souffrance est un mot banal
de l�autre c�t� de la rue
ici elle court apr�s son ombre
pour ne plus �tre battue
une albinos fuyant le soleil
quand sonne le glas de midi

pr�somptueuse la souffrance
il y a des jours o� elle croit savoir
ce qu�est l�agonie.


Jacques Hardy (septembre 2003)


Aux Insomniaques (25)

Une route bien droite avec une canne blanche
une route sans virage pour que courbe le dos
une route sans sens pour le chien d�aveugle
une route o� l�infini terrorise l�horizon
une route d�gris�e � l�image de Dieu
une route qui fait son chemin et moi qui le passe

immerg� dans les foss�s o� fleurit la brune boue
si brune comme la plus belle de toutes les brunes
avec des cheveux si doux que les doigts y jouent flous
si doux que l�herbe jaunie les transperce de roux 
si roux qu�on en ressort la bouche blondie

j�ai dormi les yeux ouverts et v�cu les yeux ferm�s
j�ai cru aux r�ves comme on croit au premier amour
je les ai habit�s si fort cach� par une �clipse de terre
je les ai habit�s si passionn�ment avec l��clat du verre
que la vie s�est fracass�e � la premi�re lumi�re

toute vie de r�ve qui n�est pas dormie s�enfuit.
 

Jacques Hardy (septembre 2003) 


Aux Insomniaques (26)
 
Tes mains ont pris la vie un vulgaire jouet
pendant combien d�ann�es l�as-tu ainsi broy�e
� m�me ton corps fractur� par chaque tic-tac 
� m�me ta voix rouge li�e � ta langue coup�e 

tu as tort tu n�as jamais �tudi� le silence
ni le choc du ploc ploc de ses gouttes d�eau
on t�a juste montr� � te taire
tes l�vres pour la cerise
tes dents pour la pomme
ta parole pour l�image d�un fruit
mais sois maudit et crie :
aspartakri l�gourgeux!

et le sourd pr�tera l�oreille au muet.


Jacques Hardy (septembre 2003)


Aux Insomniaques (27)
 
 

Parler les joues rougies par le rasoir
parler les joues rougies de l�enfance
parler les joues rougies par le fard
parler les joues rougies du premier baiser
parler l�aujourd�hui ici m�me tu rugis

trop de mots ont d�j� �t� dits inachev�s
m�dus�s balay�s par l�infini de la phrase
p�le statue carbone du tout premier mot 
nous avons vendu nos silences encha�n�s
esclaves nus d�un empire sonore et en sueurs

chacun de mes mots entaille ma langue
mes mains Maladroite et Malagauche
fomentent des complots pour le chaos
le soleil est un stroboscope toute la nuit
les amants chevauchant la lumi�re d�brid�e
et moi je me t�l�phone sans fil et sans bou�e
pour me faire r�pondre que je n�y suis pas

je ne me t�l�phone plus et le miroir est enceinte.

Jacques Hardy (octobre 2003)


SOMMAIRE

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INSOMNIAQUES 28 a 34


AUX INSOMNIAQUES 28
Nul ne te tient tu te sens li�
tes bras �treignent tes mains forcent
l�acharnement de ton coeur � battre
chevaucher ne te suffit pas
il te faut dompter le vide

tes yeux sont des �perons fous
tous les visages te sont des flancs
mais tes propres r�ves tes fils d�esprit
te mettent bas et te pi�tinent
le regard m�dus� des statues n�est pas pour toi
elles n�auront pas su ignorer que tu es sans destin
leur coeur de pierre tenait du divin

et toi ton socle sera �ternellement anonyme.


Jacques Hardy (octobre 2003)


Aux Insomniaques (29)
 

Tu es n� sans noblesse un cercueil pour destin
il te fallait r�ver de couronne et d��pines
de dieu et de diable et toi au centre un saint
pour �chapper � l�ombre o� la mort nous dessine 

comment as-tu pu croire un seul instant que toi
tu pourrais respirer le baiser des sir�nes
vivre le grand amour ce requin dont les proies
sont d�vor�es avant de manquer d�oxyg�ne

pourtant tu avais lu que tout �tait possible
tu te voyais en h�ros fort d��tre jeune et m�le
pointant la v�rit� tu en faisais ta cible

que t�ont donn� tes pas sinon l��ge et l�usure 
un mal rongeant tes os et sur ton front tout p�le
l�aveu que le faux est le vrai qui se mesure.


Jacques Hardy (octobre 2003) 


Aux insomniaques (30)
Le sommeil go�te le tuyau gel� sur la langue
des lambeaux de vie arrach�s � la peur arm�e
le sommeil est coinc� entre les aiguilles d�une montre
une pointe de n�ant dans un �tau vorace

le sommeil �tablit la pierre o� graver le contrat
nous n�avons nul besoin d��tre
pour que le monde soit

mais
nous ber�ons notre sommeil
mon insomnie et moi
l�univers ne cessera pas
sans que j�en sois averti
et la nuit
l�espoir porte plus loin
que le d�senchantement du jour.


Jacques Hardy (novembre 2003)


Aux Insomniaques (31)

J�ai des sourires en poches
de la menue monnaie d�homme
des poches sales et perc�es
pour imiter ce que c�est mendier
j�ai des exploits en poches
de menus r�ves d�homme
des membres et des os bris�s
pour imiter l�athl�te qui a chut� 

j�ai des amants en poches
tous ceux que j�ai �t�
martyris� ou combl�
et j�ai des femmes en poches
malheureuses ou rieuses
vers qui je ne l�ve plus les cieux

la rivi�re ne fait plus mon lit
les femmes n�y perdent plus leurs eaux
se noyer dans une chute de reins
maudit! avoir eu ce destin en poche

j�ai failli mentir j�ai failli �crire

la souffrance du corps abolit
la souffrance d��tre.


Jacques Hardy (novembre 2003) 


Aux Insomniaques (32)

Parle-moi de la nuit
une femme noire �gar�e dans mes veines
sa chair d�goulinant de mouches � feu
sa bouche un croissant de lune mordant
ses seins son ventre ses hanches ses cuisses
ses joncs drus encerclant l��tang qui la fait

elle est f�conde et le jour en p�lit
le jour est une b�te de somme.

                    *    
Quand l�aveugle jouit
toutes les femmes sont belles.

                   *       
Un homme nu montre un cactus
une femme nue une rose

leurs �pines ne s�annulent jamais
ni la chair couronn�e puis crucifi�e.

                   *    
Chacune de tes rides est �crite en braille
mes caresses t�ont lue et relue

maintenant dans ma nuit
mes mains me racontent ta vie.

    
Jacques Hardy (novembre 2003)


Aux Insomniaques (33)

C�est triste
une main qui dit adieu
plus qu�un flocon qui devient gla�on
plus triste que le mot et sa bouche
une main est trop intelligente
elle est affreuse ou caressante

tranchante ou heureuse
bourreau du coeur ou
une plume dans un hamac invisible
elle invite ou repousse

elle n�est pas faite pour dire adieu
et les fonds de poche sont des ventres si chauds.

Jacques Hardy (novembre 2003)


Aux Insomniaques (34)

Angoisse ma soeur de sang
ma danseuse du ventre ma tord-boyaux
ma gorille qui cogne aux tempes
ma jungle qui envahit le cerveau
tu as extirp� le coeur du silence
mes cris pa�ens mes entrailles br�lantes

mille fois ce rituel mille fois la fin du monde
mille fois l'�clipse du soleil et la fin du regard
mille fois je meurs sans espoir de sommeil.


Jacques Hardy (d�cembre 2003)


SOMMAIRE

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INSOMNIAQUES 35 a 40


AUX INSOMNIAQUES (35)
  
 
Tu as le sourire des secrets mal gard�s
des s�ismes qui pulv�risent ton coeur 
o� as-tu mis la main celle que tu t'es cr��e
pour appuyer ta joue dans un nid
o� as-tu mis la main celle que tu t'es coup�e
pour accompagner ton mort dans les t�n�bres
o� as-tu mis la main celle que tu t'es greff�e
pour s�duire le vide et le combler �perdument

tu as le sourire d'un mille-pattes cul-de-jatte
dans la toile faucheuse de l'araign�e
tu as une sangsue tatou�e au centre du front
tu ne savais pas qu'il te faudrait tout donner
les r�ves d��us comme les secondes v�cues

tu as le sourire des grandes mar�es
de la terre qui ram�ne l'eau sur ses �paules
tes l�vres sont des vagues qui prient
mais tous les baisers go�tent l'encens
tu r�ves � genoux tu r�ves debout
que la vie s'�croule apr�s l'enfant

o� as-tu mis les yeux ceux que tu n'as pas crev�s
pour le jour o� les miroirs mourront pour ta beaut�
o� as-tu mis la toute premi�re lettre celle que tu as trac�e
dans un cahier d'�colier sur un papier encore innocent 
o� as-tu mis la vie celle qui coulait sur ton menton
les fruits d'aujourd'hui portent le parfum de la damnation

o� as-tu mis l'avenir il a tant besoin de ton pardon.


Jacques Hardy (d�cembre 2003) 


AUX INSOMNIAQUES(36)
  
   
O� ai-je mis la t�te de ma t�te
la t�te pour redevenir idiot
le melon entre deux seins d'eau
la cruche qui court apr�s son anse
o� ai-je mis la t�te idiote
celle qui sait si le coeur doit vivre
et le corps tra�ner sa masse vers le jeu

o� ai-je mis la ch�re de ma chair
le parfum se parfumait sur sa peau
le parfait survivait dans ses yeux
les fruits ravissaient son baiser
la mer accouchait sur son ventre
les bras du fleuve jalousaient ses cuisses
l'homme apprenait � �tre cachalot

o� ai-je mis l'idiot du visage
ce fou a des rires de Bassan
un ventre o� les poissons fraient
un radeau pour porter les ruisseaux
une cale bleue pour les oiseaux malheureux

o� ai-je mis mon passager clandestin.


Jacques Hardy (janvier 2004)


AUX INSOMNIAQUES(37)
  
Mon chant est un multiple de sang
un amant cousu � ses veines
chaque femme aim�e nue comme un fer rouge
sait qu'elle fut la plus belle et la plus tison

je n'aurai jamais l'absolution d'avoir aim�
le lit est divis� par la famine.


Jacques Hardy (janvier 2004) 


AUX INSOMNIAQUES 38

L'oeil perc� cribl� de nuages
le vertige au coin des l�vres
un tison d'air sao�l incendi�
la fum�e habill�e par le corps

le pied remue les cendres
les sutures et leurs marais
tu as choisi de hanter un remous
de baptiser toutes les �treintes
du m�me corps de la m�me s�ve
tu as choisi de revivre
ton �ge de pierre et de lierre

ta m�moire est une sangsue
qui n'a pas de veine
tu te repais de pass�s
qui n'ont plus d'avenir.


Jacques Hardy (avril 2004)


Aux INSOMNIAQUES 39
Petits vers nocturnes


Les cheveux les yeux la peau
si j'�tais tout noir
et m�me le blanc des yeux

la douleur rend une justice aveugle.

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La nuit
tous les bourreaux ne sont pas gris
pourtant ils ont neuf vies.

----------------------------------------

Je dors sans paratonnerre
une girouette rouill�e
plant�e dans les reins

la foudre chevauche
les montures de l'apocalypse.

----------------------------------------

Les berceuses ont la gorge rauque
et les enfants tourment�s
des r�ves de vieillards pr�matur�s

le sommeil est un soldat de plomb
un d�serteur ex�cut� par le soleil.


Jacques Hardy (avril 2004)


Aux INSOMNIAQUES (40)
La caresse se pose sous la main
un coul�e de lave solaire
sous l'illusion de la lumi�re
la nuit se l�ve sur la peau
des milliards de pores stellaires
�clat�es sur la chair humide

j'ai eu la main heureuse
les parfums fr�missants
go�tent encore le bonheur
sur le bout de la langue
la m�moire s'alanguit
voluptueuse et fourbue
les reins souples rompus

ouvrir les yeux
ne ressemble plus � rien.


Jacques Hardy (avril 204)


Aux INSOMNIAQUES (41)
La peur r�ve


une femme aux seins blanchis
nourrissant un poisson mort
aux yeux d'enfant
un homme au sexe ind�fini
aiguisant le sang gorg�
avec les lames d'une mer de sable


les ch�teaux et les robes
avec un go�t de cendres s'�croulent
sur la langue et le vent


la nudit� si nue transparente crue
n'a qu'une seule vie
elle expire � la premi�re paupi�re venue


apr�s la peur est aveugle.

Jacques Hardy (2 fevrier 2006)


Aux INSOMNIAQUES (42)

Avec la saline des l�vres
et dans la conque du piment


avec la pulpe saignant
jute rugueuse et juteuse
la robe de chairs
dont je m��tais par�


j�invoque
avec ma m�moire de d�fonc�
des femmes stromboscopes
tout battement du coeur cam�
en est maintenant un de trop
je bois � mes art�res scell�es
vulves d�antan goulots volcaniques
un alcool �th�r� 


les femmes o� je vivais
je les regarde briller dans la nuit
l�exil un trou creus� dans mon ombre pr�f�r�e
les poings serr�s mes yeux se ferment
les hommes savent mieux s��teindre
que na�tre


leurs baisers cachent des aveux
leur mort crache des noeuds
un nid d�hiers v�n�neux


mes yeux se ferment
noirs, bruns, blonds et roux
mes cils fleurant bon le n�nuphar
murmurent des visages tabous.

Jacques Hardy (6 fevrier 2006)


SOMMAIRE


FRACTURE



 Fracture 3 

Les tiroirs sont vides jusqu'� l'os il n'y a plus de mots ni d'images la main se nourrit de sa fourche je suis un avion aveugle les lumi�res d�vor�es par la brousse furent de la nature de l'�clair tout vide a son sol la chute la dur�e d'une vie la plume se signe qui se voulait d'un ange. Jacques Hardy (5avril2006)



 Fracture 4 

Dans le po�me de duvet je m'enroule une douillette fuyante � la d�rive une barque battant de l'aile retourn�e une bulle d'air dans la m�choire de l'eau la main trace un rond dans le mot l'oreille r�cite le bruit de l'onde le vent les vagues et les remords l'odeur des algues le peuple des femmes le ciel coule le flot �tale des paupi�res sur les lignes planent les oiseaux liquides les �paves ont-elles droit aux m�mes r�ves que les fiers navires pourrissant au quai dans les grands fonds � deux doigts de la lave il fait aussi froid qu'� coeur ouvert. Jacques Hardy (6 avril2006)



 Fracture 5 

Je suis ce que je deviens la t�te effeuill�e de ses myst�res le billot d�ambul� par la d�busqueuse je suis du cirque la femme tron�onn�e l'homme crocodile aux �cailles fluides les fronti�res sont pour les acariens je me nourris de l'air qui me d�pecera je mets bas des vautours dessin�s ils bavent sous leurs ailerons de requin ma m�moire ne se souvient que de demain toujours d'un saut � l'autre dans le geste qui se profile jusqu'� son ombre dans le temps brandi jusqu'� la nuque lumineux dans l'arbre vieilli par l'autopsie de son tronc je suis ce que je deviens un devin d�pouill� de sa magie le corps br�lant �claire le fil de la marionnette je fume la paume de ma main les yeux ferm�s sans censure je suis assis au bord de r�ves vertigineux les pieds dans le vide chauss�s de mes sangsues je suis ce que je deviens du g�ant � l'�toile naine de la n�cessit� au toucher je me mesure au microcosme. Jacques Hardy (2 mai 2006)



 Fracture 6 

Maudite fut la race du regard la chair ne contient plus ses bribes murmur�es elles �chappent stupides et liquides des fossiles de chaque souvenir d�goutte une cloque m�re les caresses cessent de sourire aux grands br�l�s il n'y aura de vives que les fantomatiques ovules et leur coeur qui s'en va s'�teindre sur la macula tout ce qui fut n'a plus que l'instinct de la m�moire quand je ferme les yeux l'�ternit� est toute trac�e la nuit retrouve ses sens ses astres et ses galaxies inutile mais instruit le coq pond des jours sans vanit� et de mon silence rid� la nudit� comprend l'humilit� les yeux je�nent la gr�ce habite d'autres vieux ici les silhouettes rivalisent avec les squelettes des claquements des craquements un chant fractur� laiss� pour mort sur mon lit de batailles. Jacques Hardy (10mai 2006)



 Fracture 7 

Ils ont tous menti troublants personnages de cire et moi le feu le preux le pire nos lits m�res �teintes sont tombeaux nos visages ont un app�tit de st�le la femme sans menton r�ve � la lune � une pluie de m�t�ores muscl�s l'homme sans front s'imagine taureau un p�turage o� r�gne la dent sur l'herbe la crevasse r�ve au pr�cipice o� basculer le baobab au ciel qui baiserait ses racines le d�sir cru ploie un saule n'a plus aucune larme ils ont tous mentis la chair bafouille dans son b��llon les mots d'amour suent un mascarat de pute et moi le pire je ne t'ai jamais dit meurs-moi le cosmos ne peut �tre plus beau que toi. Jacques Hardy (11mai 2006)



 Fracture 8 

Il y a des l�ches aux pays de satan la terreur a le visage d'un comptable d'�mes pas m�me un chaleureux cri d'horreur pas m�me la haine pour engrosser ni le fouet de la beaut� pour hurler l'enfer ne pouvait faire mieux qu'un cierge allum� pour rien le front appuy� sur un �cran de fum�e j'imagine un monde qui n'est pas �teint new york babylone je veille sur vous les nyctalopes pissent leur p�ch� us� et fade les somnambules pleurent leur m�re d�pec�e je veille sur le caniveau berceau et tombeau o� coulent spermes et larmes d'amours esp�r�es les reins des femmes les hanches des barques tout est englouti un d�sert s'est lev� sur l'oc�an une mangue exsangue tend ses l�vres bleuets j'aime une morte qui n'est pas encore fruit�e ses seins chevelus o� reposera ma t�te m'absolveront de ma damnation la vie n'a pas de pr�t-�-porter pour les rescap�s. Jacques Hardy (15mai 2006)



 Fracture 9 

La gr�ce mis�reuse fragile �coeurante divine quand s�affaisse la lasse vue reptile et venin dans les r�ves opiac�s la gr�ce o� reviennent toutes courbes rose chair sans visage rouge bu d�sir il y a des secondes o� l�assassine haine porte dans son horizon une tra�ne de mari�e demande � vos miroirs reclus mon sort pour l�ex�cution et pour la noce mon sang la coupe demande Gr�ce aux l�vres qui ne peut nulle part ailleurs la boire un pr�nom pour se souvenir de toutes et la piti� juste pour avoir tu� l�orgueil demande � la massue un vif prosternement des milliers de caravanes d�heures submergent le d�sert le plus blas� une goutte d�eau dans un grain de sable peint des �toiles pour confier l�infini un m�t�ore nu pareil � la cruaut� plonge ses feux m�taux dans mon poitrail la gr�ce est un baiser de sang sur le front abattu des taureaux. Jacques Hardy (20 mai 2006)



 Fracture 10 

Tant de films dont je fus la vedette sc�narios parall�les plans de vins et de sous vies perpendiculaires aucun r�le ne me fut �pargn� l'assasin s�r et le bedot moins certain l'ange assassin� et le d�mon mandarin et si j'avais �t� aussi �ve faim et soif chaque vie le d�sert r�p�te une temp�te de fables chaque vie broutant le sable les chameaux me regardent passer on na�t ce qu'on est une grenade le fruit salivant le fruit baveux un perroquet avec une faux et un plat tout y est tout s'y refait le p�ne dormant la porte baillant le miroir o� la victime habille le bourreau et les sanglots la peine nue chaque r�le monte � la guillotine le billot sous la t�te une aur�ole de saint dans chaque film la vedette meurt un coeur et un soupir � la main. Jacques Hardy (5 juin 2006)



 Fracture 11 

Il y a des soirs sans cheveux la lune dans les joncs d�voile des noy�s du jour les bras lourds d'attente tais-toi leur ont dit � chacun la bou�e et le chant fun�raire tais-toi ber�ant leurs poumons tais-toi petit perceur d'eaux la nuit t'envoie qu�rir ses algues ton visage n'est plus un lac terrifi� ni ton coeur de craindre se p�trifier. Jacques Hardy (23 juin 2006)



 Fracture 12 

Voici venir les heures sonores et �pic�es un rideau danse et se d�hanche avec le vent une noirceur velue de sa jupe fendue s'�chappe apportant de la nuit son odeur touffue voici venir la m�moire et ses yeux sans pudeur une femme nue � son bras un d�serteur � son pied comme un chat le temps se love dans ses reins et sa main plurielle se doit d'interroger un sein voici venir le d�sir et la vapeur crue de l'�ternit� ses saumons vifs affolent notre jungle et son pouls la mort sur nos sexes dessine son nez de clown et de tous nos muscles d�chir�s seul le coeur en p�rit. Jacques Hardy (2 juillet 2006)



 Fracture 13 

Between two worlds one cold grey as a magnet one as a peacock in flame a shadow a draught always has been a fallen angel never burried in the ground but with fury in our hearts we look forward to live but after each dreamquake we wake up to die. Jacques Hardy (28 juillet 2006)



 Fracture 14 


La montre est pensive souffrons-nous autant qu'elle du tictac qui la carcasse le cadran solaire est pensif redoutons-nous autant que lui l'ombre o� va crever son dieu l'horloge grand-p�re est pensive avons-nous esp�r� autant qu'elle l'�me soeur son horloge grand-m�re le temps prend son pied le pied prend son temps les cheveux blancs poussent comme une poule sans t�te. Jacques Hardy (31 juillet 2006)


 Fracture 15 

� Lhasa de Sela Les l�vres en cerceau fauve-de-feu pleure spongieuse et pieuvre-de-glaise par les anses de ton ventre incendiaire berceau et duvet d'oiseaux sur le b�cher n�s tu oeuvres mes feux et mes cieux � l'envers je n'ai d'enfers qui n'ont bav� de tes incantations. Jacques Hardy ( aout 2006)



 Fracture 16 

L'�trang�re a des dessous familiers ceux qu'on ne peut voir mais imagine cieux sous ceux qu'on exorcise nuage et verglas o� le visage s'enlise il fait froid dans le r�ve tropical. Jacques Hardy ( 3 aout 2006)



 Fracture 17 

L'ombre plus enti�re et lumi�re que sans amour � son midi les aiguilles en sculptent notre fid�lit� que jalousent miroirs flaques assoupies m�me de l'ombre toison sourd un flot de sang un g�ant si intangible que vagit le n�ant toute ombre donne l'heure juste sur notre infini et notre angoisse d'y avoir �t� enterr� vivant. Jacques Hardy ( 27 aout 2006)



 Fracture 18 

Pourquoi les flots de terre ne s'ouvrent-ils aussi sous nos pas notre �me aussi infinie que l'espace dans la nuit � peine luciol�e l'univers est-il jeune ou en train de s'�teindre le mien l'est et s'�teindra en m�me temps que moi les lucioles demeureront, indiff�rentes � tout ce qui ne brille pas. Jacques Hardy ( 13 octobre 2006)



 Fracture 19 

Muses I cherished muses sang et moire my tongue for the salt ran cette m�moire des plaies cette ombre sweeping away even pain, its passions and orgasms I remember je me souviens me dites-vous dans mes couche-tard mellowing in dreams sweeting fluids for which Gods nous ont maudits sur ma terre la mienne! inferno where some nitrogen phoenix vit-il pour sa r�surrection ou sa mort and your soul without will to churn up me dites-vous your own core you were always bonded to a wreck. Muses Slim Reapers you were for slicing my throat on the first miss on the first kiss d'un seul coup d'ongle et d'ombre. Jacques Hardy ( 4novembre 2006)



 Fracture 20 

a lumi�re se l�zarde did you take your pill did someone drown your will tu fuis de partout ou�s les �clairs la fracture enfin presque totale tes doigts n'ont plus qu'une empreinte animale does a worm under a stone pray for your eyes birds caught in barbed wires dream for you now quelles voix mermaids of ink sont les tiennes black mermaids pierced pearls of your breath nobody writes with your blood anymore any sore mermaids of stone throats filled with blasted fins your brain is made of splinters souffres-tu en parlant de toi did you really fall like a bell hissing snakes or splinters do you really care madness madness songes-tu furieux curieux qui te croira chevauche trap�ziste tes nuages tes �perons tes bloody �perons flammes et blonds la beaut� des bas-fonds r�vant du sublime shadows of lovemaking dying embers without walls you are crazy crazy the wooden chorus whispers neither for the flesh nor its nightmares past halos you are crazy sing scared bullets running away tu es flou si flou midnight asks for your mercy. Jacques Hardy ( 10 novembre 2006)



 Fracture 21 

Who o� ou! the wolf oui so�l�mes, is the end abject thinks the wolf thing my crocs milord! hunger � toujours Damocles' clocks flick click mix tick mystically, amour! je ne te monte plus les sangs mouvants je m'enlise Who �tes-vous o� are you ou tout, sinks le loup. Jacques Hardy ( 20 novembre 2006)



 Fracture 22 

Hatred isn't it? v�loce le poing autopsie le lieu jusqu'� plus soif jusqu'� plus os why? tout tout ce rien pire que ciment dans les poumons so you can feel? les morts finissent par crever �tonnant you are dissolving what did you expect? je flotte au-dessus de notre corps bombe et gravit� why bother? � ta tempe l'insoluble est la veine �clat�e why bother? vois tous ces rameurs baisant le courant why bother! ce corps est un silence encore chaud why bother... piti� aide-moi � chausser les m�t�ores why? fuir les clous avec ces bottes de sept parsecs don't act like a child le gouffre a de noires macho�res take a nap we won't hear the snap a soundless lullaby nos arm�es d�faites fument sous la Voie lact�e hush now tu as d�ploy� ton envergure de vautour why is it so damn important to you je suis un fauve. Jacques Hardy ( 10 decembre 2006)


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