POEMES DE JEUNESSE
Pour me donner vos commentaires...
--------------------------------------------------
bombe de sang crevant le vitreux des yeux tessons des draps �veillant le lit corps jaune en sueurs per�ant l�opaque chambre d�j� hors du cauchemar ult�rieure ut�rine la petite fille de cr�ation dans mon corps d�homme ne s�est pas vue devenir femme. -------------------- question de braise � la v�rit� d�azote par le biais visage perc� jusqu�� l�os du glacial feu cervical lait tourn� du sang je sais dans ma t�te des vaches qui broutant mes cellules regardent passer mon cerveau. Jacques H.
----------------------------------------------------
� Pierre L.
-----------------------------------------------------------------------------
Un soir de juin 1991, j��tais dans un bar en train de d�guster un d�licieux scotch. J��tais seul � ma table et, tout en fumant une cigarette, j�observais discr�tement une inconnue assise � une autre table avec un groupe d�amis. Il y avait une beaut� qui �manait d�elle qui m�a impressionn�. Alors, le lendemain, je lui ai �crit un po�me. Je suis retourn� au bar ce soir-l�, et, par chance, elle y �tait. Je lui ai alors remis ce po�me. Jacques H. -------------------------------- Je veux marcher sans crainte vers toi Que la peur et la violence soient derri�re nous comme de vieux v�tements tomb�s sur le plancher aux abords du lit Je veux que tu rendes jaloux le soleil avec la seule lumi�re de ton visage Je veux que tes yeux brillent parce que je serai la nuit et que la nuit est habit�e par les �toiles Je veux que ton corps s��tire comme l�aube sur la noirceur et entendre le matin emprunter ta voix pour g�mir son r�veil Je veux �tre la main multiple des for�ts et le feuillage des caresses sur ta chair Je veux que ton coeur soit s�r quand je l�enserrerai dans mes mains quand je le porterai � mes l�vres je te le jure non pour le d�vorer mais pour son baiser qui mettra dans ma bouche ton nom et le rythme auquel il faut t�aimer Je veux que la danse soit douce, lente et folle parce que le temps certaines fois a le droit � l��ternit� Je veux savoir ce que cache ta beaut� si son fer rouge marquera mon �me par le feu du brasier ou par la br�lure de la glace Je veux savoir quand je te fixe pourquoi mes yeux semblent prendre racine dans mes entrailles Je veux savoir qui de nous deux ouvrira la mer du lit et ensevelira l�autre dans ses flots Je veux savoir si tes noy�s ont un pacte secret avec les vagues qui les bercent et si leurs hanches � la derni�re seconde connaissent un autre balancement que celui qui les a vus agoniser Je veux savoir si le d�sir que tu fais na�tre charriera poissons et �toiles de mer dans mes veines et si je m��teindrai dans tes bras comme dans un immense filet de p�che ruisselant Je veux marcher lentement vers toi parce que je ne suis pas un des multiples crayons que tu prends pour �crire un moment de ta vie je veux que tu saches � ce moment pr�cis o� tu me prendras que chaque page de ma chair tourn�e par tes caresses est unique et lisible par tes yeux seulement Je veux que tu saches si je marche lentement vers toi que chaque geste que nous poserons aura le poids d�un souvenir et qu�apr�s ils serviront � peser sur nos paupi�res et que nul ne pourra nous enlever ce sommeil que nous aurons gagn� ensemble. Jacques Hardy (1991)
�coute ce n�est pas un secret dans mes yeux il y a un village pour tous ceux que j�aime quand mes paupi�res se l�vent le soleil fait rire tous les toits quand elles s�abaissent chaque fen�tre est un lac pour nager avec les �toiles �coute ce n�est pas un secret j�ai su tout de suite que tu pouvais habiter en moi Entre les maisons sont sans serrures et sans horloges et il y a une maison juste pour toi entre mais ne contredis pas ses miroirs les miroirs n�aiment pas qu�on doute d�eux et aucun d�entre eux ne doute de ta beaut� Entre chez toi la maison est s�re et franche et ses murs ont cr�� la transparence elle est le berceau qui fait chanter les oiseaux du jour et de la nuit Entre dans ta maison ses l�vres ont senti ta tristesse comme un courant d�air sous ta chair et ses caresses n�essaieront pas de d�nouer ta peine c�est une corde qui t�appartient et qui br�le en d�filant la paume de ton c�ur et si les maisons de mon village sont attachantes c�est qu�elles n�ont jamais su faire de n�uds Entre chez toi la maison est nue et vraie ses bras sont souples et forts comme les rives autour d�un fleuve sa poitrine a pris l�empreinte de ta joue et ses narines ont vol� � ton sommeil tous tes parfums pour cr�er un jardin Entre chez toi les maisons de mon village n�ont pas de secrets elles ont un �tage et elles sont gratte-ciel cela d�pend des yeux qui les habitent. Jacques Hardy (1993)
Ta voix te ressemble et ressemble � tout ce que j�aime entendre ta voix me rassemble et rassemble les quatre coins du monde en quatre murs d�une maison Ta voix est dans mon oreille et mon oreille dans ta bouche o� ta langue donne racine � tout ce qui m�rite d��tre dit ta voix est dans mon corps et mon coeur lui ouvre son nid ta voix couve le feu et la paille est faite pour s�embraser Ta voix ce qu�il y a de plus terrible c�est qu�elle a ton visage et la douceur attachante de ta joue sous mes doigts elle a tes yeux qui aiment la v�rit� et tout ce qu�ils aiment se doit d��tre vrai Ta voix ce qu�il y a de plus terrible c�est qu�elle a ta chair odorante de femme avec tes seins qui �quilibrent la paume des mains quand les caresses rendent justice � la beaut� avec ton ventre comme une voile o� les l�vres viennent d�poser le souffle chaud du vent avec tes hanches comme le rebord d�une barque pour enseigner au marin le rythme de la mer mais vois-tu ce qu�il y a de plus terrible dans ta voix de si simplement terrible c�est que je l�aime. Jacques Hardy (1991)
Un Insomniaque sp�cial, ce soir. Un po�me que j�avais �crit en anglais en juillet 1991. Pourquoi en anglais? Pour aucune raison sp�ciale, il y a des textes qui me viennent en anglais. Jacques H. --------------------------- Secrets It seems like I�ve been everywhere known everyone, loved many women but somehow my heart couldn�t share Love can be a very bad omen when you�re not ready to pay the fare Secrets of loneliness Secrets of holiness I�ve always been a loner filled with dreams and wonder but my life is such a mess when love has everyday life for border I may have fallen many times in love I may have surrendered to desire but something was always threre above burning my soul like a raging fire Beauty takes you away from your beloved I don�t know if I�ll ever come back from this trip in eternity Your eyes get used to white and black and when you catch a glimpse of Beauty you realize all you lack Secrets of loneliness Secrets of holiness I�ve halways been a loner filled with dreams and wonder but life can be such a mess when you choose Beauty for a lover I am afraid I�ll never know if it was worth giving up happiness Van Gogh got the answer from the crows He went crazy with God�s secrets Is it worth all this solitude and sorrow? You�ll never find anything true Art has a magnificient way to lie You thought that you had a real good clue but it was only clouds in the sky Shapes in white that the wind blew Secrets of loneliness Secrets of holiness I�ve halways been a loner filled with dreams and wonder I pass through life as a guest some say even as a deserter Secrets of loneliness Secrets of holiness. Jacques Hardy (1991)
Je ne marche plus � c�t� de mes pas
je n�habite plus dans mon ombre
ou presque
plus jamais ma t�te d�capit�e
r�fugi�e dans les mains de mon ombre
ignorera ce corps comme un compagnon de honte
comme un compagnon de captivit�
J�ai r�int�gr� ce corps tout maladroit
d�avoir �t� si longuement abandonn�
et mal aim�
Il y a maintenant de la joie dans ce corps tortur�
dans mon corps
les larmes des retrouvailles ont remplac� celles des tenailles
et si la faiblesse est tout ce qui nous reste
mon corps presque �teint l��treint
l�assume et la consume
la fortifie et lui promet la vie
J�aime ce grand corps tout d�connect�
� qui j�ai tant manqu� qui m�a tant manqu�
et il a le pardon facile plus facile
que les humains entre eux
mon corps et ma t�te de nouveau sont un
ils savent que l�amour se doit d��tre clair
parce que l�amour se rev�t d�ombres lui-m�me
quand on le torture pour en ajuster l�heure
Je ne marche plus � c�t� de mes pas
plus jamais je ne serai cette ombre
cette aiguille qui � son propre corps
souligne le temps qui fuit.
Jacques Hardy (juin 2003)J�ai tant et trop attendu depuis longtemps le soleil r�clamait son d� et tapait dur sur ma terre comme un enfant g�t� Engourdi mon corps cherchait � chanter mais plus que le temps le silence est pesant mille rochers � ma langue s��taient attach�s J�ai tant attendu et n�ai rien entendu j�ai connu toutes les prisons du monde o� pendant la nuit les barreaux obs�dants dansent du ventre et exhalent le parfum de toutes les femmes Quand j�ai cru retrouver la libert� dans des bras plus chauds qu�un ventre d�oiseau j�ai su que j�avais trop r�v� j�ai compris que dans des r�ves de prisonniers on ne se r�veille pas juste avant de mourir on se r�veille trop t�t juste avant de vivre tous les prisonniers ressemblent � des enfants qui n�ont pas encore d�sappris � r�ver ils savent fondre leurs cha�nes en des lianes qui s�envolent des arbres ils �voquent des royaumes qui ne sont jamais imaginaires o� la magie est un autre mot pour nommer l�amour o� le joie est un ch�teau dont les hauts donjons lib�rent des �toiles qui s�accouplent pour donner naissance au soleil peut-�tre devrais-je avoir le coeur en forme de parapluie pour donner raison au mauvais temps mais j�ai bien peur d�avoir trop attendu pour savoir effacer le rire de mes yeux comme les chasseurs savent si bien effacer les oiseaux du ciel j�ai bien peur d�avoir la folie des miracles o� tous mes maux couch�s sur le papier ne connaissent plus de la douleur que le mot accoucher. Jacques Hardy (juin 2003)
Les insomniaques 10 J�ai tant et trop attendu depuis longtemps le soleil r�clamait son d� et tapait dur sur ma terre comme un enfant g�t� Engourdi mon corps cherchait � chanter mais plus que le temps le silence est pesant mille rochers � ma langue s��taient attach�s J�ai tant attendu et n�ai rien entendu j�ai connu toutes les prisons du monde o� pendant la nuit les barreaux obs�dants dansent du ventre et exhalent le parfum de toutes les femmes Quand j�ai cru retrouver la libert� dans des bras plus chauds qu�un ventre d�oiseau j�ai su que j�avais trop r�v� j�ai compris que dans des r�ves de prisonniers on ne se r�veille pas juste avant de mourir on se r�veille trop t�t juste avant de vivre tous les prisonniers ressemblent � des enfants qui n�ont pas encore d�sappris � r�ver ils savent fondre leurs cha�nes en des lianes qui s�envolent des arbres ils �voquent des royaumes qui ne sont jamais imaginaires o� la magie est un autre mot pour nommer l�amour o� la joie est un ch�teau dont les hauts donjons lib�rent des �toiles qui s�accouplent pour donner naissance au soleil peut-�tre devrais-je avoir le coeur en forme de parapluie pour donner raison au mauvais temps mais j�ai bien peur d�avoir trop attendu pour savoir effacer le rire de mes yeux comme les chasseurs savent si bien effacer les oiseaux du ciel j�ai bien peur d�avoir la folie des miracles o� tous mes maux couch�s sur le papier ne connaissent plus de la douleur que le mot accoucher. Jacques Hardy (juin 2003)
--------------------------------------------------------------------
Je fus un arbre avec un destin vertical avec des racines arrogantes qui croyaient broyer entre elles le feu de la terre Mais quel arbre peut pr�voir la hache l�entaille et la s�ve infertile quel arbre qui pr�tend au ciel peut pr�voir le vertige et le destin horizontal de toutes choses C�est seulement dans sa chute qu�un arbre finit par tendre ses bras vains vers la for�t et que son oreille en go�te tous les murmures puis son cri v�g�tal quand il frappe le sol est au-dessous de tout regard Les yeux d�une for�t ne peuvent mettre au monde un arbre ni la hauteur qu�il atteindra Une for�t n�est pas un miroirpour prouver � l�arbre qu�il existe La for�t ne peut reconna�tre � l�arbre que la terre qui les unit et les ensevelit pour les redonner � la vie. Jacques Hardy (juin 2003)
Aux Somniaques et Insomniaques Une seule goutte de pluie parfois d�un marteau a la force et le poids toute une journ�e de pluie alors fracasse chaque membre du corps et surtout broie tous les os du coeur quand un fibromyalgique pleure c�est tout son corps liqu�fi� qui coule de ses yeux. Jacques Hardy (juin 2003)
Aux Insomniaques (12) Il y a des temps de fin du monde qui semblent durer une �ternit� des temps dont le blanc des yeux r�gne sur le regard et saigne noir les murs m�mes avec la mar�e prennent le large laissant d�sert ce qui un battement de coeur plus t�t �tait toujours fertile et facile les quatre points cardinaux et chaque heure martel�e par le jour tout est clou� au loin de soi au-del� de l�aigle m�me dans des brumes si profondes qu�il nous semble avoir eu le temps goutte � goutte d�y voir s�engloutir l�univers entier Il y a de ces temps qui d�une horloge �clatent toutes les fronti�res et des milliers d��clats de verre sont le seul sol pour nos pieds nus sont le seul garde-fou pour ne pas basculer dans le r�ve sid�ral Il y a de ces temps plus durs qu�un lingot dor qu�il faut fondre en lave pour devoir les traverser qu�il faut d�foncer avec un b�lier fait d�os broy�s qu�il faut renverser avec la peur de l�agonie et la foi d�un mourant en la vie il y a de ces temps maudits qu�il faut dire et nommer pour d�samorcer leur tic-tac de bombe le silence peut envier � la parole d��tre d�argent il n�y a pas une souffrance qui ne fut pay�e mais chaque jour qui est mien personne personne ne peut le go�ter aussi bien. Jacques Hardy (juin 2003)
Aux Insomniaques (13) Cette voix qui ne fut jamais mienne il faut savoir que la douleur l�a r�clam�e que des plus hautes falaises des plus profonds canyons des plus petits racoins dans les �go�ts et les trous � rats dans les caveaux du microscopique dans des univers au-del� de l�imagination elle a cri� son nom avec les gestes tragiques d�une m�re r�clamant son enfant enlev� je n�ai d�j� plus rien � voir avec cette voix qui ne fut jamais mienne elle est berc�e et perc�e par ce qui la porte par la v�rit� qui appara�t dans un �clair trop aveuglant pour la cerner et qui demeure pour toujours en soi comme une cicatrice vive Cette voix appartient au po�me elle a gravi des gouffres trop sombres pour en nommer la couleur des ravins avec des lames aigu�s pour les mains assoiff�es elle a v�cu tous les champs de battaille en un seul toutes les amours depuis le d�but des si�cles si vite parfum�es par le seuil mortuaire en un seul corps mais le temps du corps est pesant il fut trop pr�sent et la voix s��l�ve souveraine et d�cha�n�e lib�r�e par la douleur de toute identit� cette voix n�est pas la mienne elle survole le corps d�senchant� cette voix devrait �tre � tous elle se nourrit au sein de l�au-del� o� la souffrance m�me n�a pas droit de passage cette voix est enfin libre et toutes les cha�nes d�sormais muettes. Jacques Hardy (juin 2003)
N�incendie rien laisse le squelette de la for�t encore intact ne brise aucune branche morte chaque os a droit � la poussi�re qu�il devient assieds-toi aux pieds du microcosme l� o� l�avenir mutant se d�cide dans les fusions et les accouplements les plus h�t�roclites tends la main abreuve-toi au bouillon �l�mentaire aucune lumi�re aucune destruction ne sont n�cessaires pour apprendre ton sort immuable l�incendie en toi ne peut ni ne doit se r�pandre prends son pouls il agonise d�j� et de ses braises s�envolent des milliers de papillons calcin�s et par leurs ailes qui s��miettent s�accomplit la fronti�re du lisible et la g�ographie de tes mots deviendra un continent englouti une statue dont la n�cessit� est d��tre aveugle et la bont� l�effacement de ta m�moire ins�r�e dans un diamant elle brillera de toutes les impuret�s o� s��panouit la vie. Jacques Hardy (juin 2003)
Tu as toujours eu des serpents en toi de beaux et forts serpents aux pires venins la vie t��tait un antidote arc-en-ciel et le ciel t�engloutissait discr�tement tu �tais le bulldozer et la voie l�at�mi et la nuque broy�e maintenant tu marches au b�cher avec la lenteur d�une pucelle damn�e et le dieu de ta force aucun de tes g�missements n�entend ni ne d�fait ni ne venge! la foi t�a abandonn� un foulard de plus au vent la douleur et la douceur des fruits am�res dans leurs derniers baisers d��tre vieilles avec des �clats de jouvemce tu marchandes le temps avec des pavots synth�tiques et le temps de la brume est si court que tu ne peux naufrager hors de toi on a mont� autour de toi un mur de briques un mur de temps et de raisons d�mentielles un mur dont les rasoirs sont parois et tu ne fais partie d�aucun peuple la douleur est une ermite momifi�e et le ravage est emmur� avec toi o� les serpents te domptent. Jacques Hardy (juin 2003)
-----------------------------------------------------------------------------
La nuit coquille et savoureuse une p�che douce sombre et juteuse les �toiles coulantes filent sur le menton et s��teignent voluptueuses dans la main gourmande chaque pore noire de la nuit ph�romone d�lie les sens et le sang s��vapore sous la langue muette et tactile le ciel d�aise se gratte le dos sur les arbres de ses �treintes fugaces le bonheur est toujours l�esclave passe ma belle nuit je n�aurai pas la m�moire ingrate je te peindrai sur les nuits o� tes os sont des trous noirs engloutissant des spirales de galaxies et leurs soleils orgueilleux je fermerai les yeux sur le velours pr�sent dans mes bras pesants je t��treindrai et dans tes bras vivaces je serai �treint tu es une nuit d�amour o� m�me les fous d�livrant peuvent aimer la nuit d�un amour fou le corps impudique affiche sa paix l�insolence joue du tambour tu es ronde oc�ane et enceinte de ma joie. Jacques Hardy (juillet 2003)
Ta col�re � l�ombre est un poison attentif une amande am�re sous la langue vip�re vive tes yeux �chus sont un portail de quartz clos aucun �clair aucun �clat ne leur redonneront la vue tout est noy� dans ta m�moire ant�diluvienne le fond de l�oc�an est peupl� de tes cadavres et leurs os se soul�vent sur toute terre ferme l�avenir sous tes paupi�res min�rales est �teint tu as tir� sur la corde pour que le soleil se d�pouille et les astres de toute lumi�re qui te contredise ta rage brandit la noirceur au pic d�une lance et ta nuit aux �toiles d��b�ne squatte l��ternit� tu donnes ta bouche � boire aux ivrognes aux cracheurs de lames et aux avaleurs de sable pour qu�ils arrachent de ta gorge ton innocence tu n�as pas surv�cu � ton enfance ni � ses empreintes au premier non ta virginit� s�est d�faite en liasses ta vie avait un prix et tous les marchands sont venus t�ont v�tu d�v�tu vid� de tes os et empli de son m�me ton �pouvantail s�est vendu aux quatre vents le nord le sud l�enfer et le firmament il n�y a que tes poings lev�s qui demeurent deux com�tes qui frapperont de plein fouet les miroirs o� tu t�invectives. Jacques Hardy (juillet 2003)
Aux insomniaques du jour abattu de la vie aux reins rompus par le b�ton du temps aux insomniaques du jour lunatique du croissant de soleil dessin� par les t�n�bres aux insomniaques du jour liqu�fi� des mar�es accroupies sous des boisseaux de sable aux fils et aux filles du clair de chair et de fer aux enfants de l��clipse et aux infirmes sans �clisse aux mendiants manchots et � leurs graffiti obsc�nes sur le mur des aum�nes des suppliques et des supplices aux croyants qui expirent � chaque soupir et ressuscitent il n�y a pire cimeti�re que celui des vivants nul n�y prie nul ne le fleurit nul ne le b�nit les blasph�mes sont le rire des carcasses les damn�s sur les crucifix font leur lit leurs yeux sont des clous fous de douleur le regard est un spectre qui a trop v�cu et la piti� rend une justice corrompue la piti� est une femme enflamm�e qui br�le la r�tine des t�lescopes gel�s ses seins allaitent les mirages ses hanches agitent des temp�tes de sable son ventre est un creuset coulant et dor� une lave o� p�rissent les assoiff�s aux insomniaques du jour envers nous le mal est plus vif et loyal que le monde aride o� nous souffrons mais nos mains aux ongles griffus aux ongles griffus de p�trir et d�extraire de nos membres sans cesse la douleur irradiante de se rejoindre ont su sculpter un sourire muscl� et invincible. Jacques Hardy (juillet 2003)
Tes reins de bambou de palmier tes reins de jungle de mousson tes reins tropicaux de b�te fauve tes reins de tam-tams de m�lop�es tes reins de lianes �paisses et souples tu es moite muette une mouette au-dessus de la pirogue chavir�e une afrique blonde aux �pis de soleil aux cuisses fluviales et muscl�es nue tu es une tribu une �le aux �clats de bl� tu foisonnes de serpents de venins aphrodisiaques de morsures et de piq�res et sur l�essaim de tes seins ruisselant d�abeilles liquides et dans tes yeux grand ouverts je m�endors � la belle �toile. Jacques Hardy (ao�t 2003)
Je dors dans une boule de cristal une boule ronde comme du mauvais temps les r�ves font des cauchemars injustes ils ne devraient jamais r�ver tout �veill�s au sort de la douleur et du corps au sort de la douceur qu�a la mort je dors la t�te sur des nuages d�orage les yeux d�bouteill�s par des �clairs l�horizon est une cl�ture �lectrifi�e pour les mains gant�es de lucioles la nuit une boussole affol�e o� le nord contemple le soleil carbonis� je dors sur un lit de braises et de tisons drap� par des tessons incandescents je suis une �toile de verre effil� une balafre abolie par l�aube une cicatrice vive inond�e de clart� � chaque nuit je pr�dis le jour qui me renie. Jacques Hardy (ao�t 2003)
Canc�reuse la vie aux dents carnassi�res tes doigts sont des guerriers sans piti� tes poings des arm�es d�ferlantes tu violes et pilles tes vaincus tu es la cible de mille complots mille poignards furent fa�onn�s avec ton image dans leur coeur ta joie et ta peine sont identiques deux soeurs enceintes de la mis�re regarde le ciel que tu saignes mais d�j� tu as la t�te dans les �toiles tu ignores ce que tes pieds pi�tinent et chacun de tes pas creuse une tombe tes semelles sont en os pulv�ris�s tes yeux t�tent les confins des galaxies ta folie copule avec des mondes parfaits tu engendres sans cesse le mal qui t�habite il n�y aura de paix pour toi ni d�humilit� que dans ton rire peupl� d�hy�nes tu te d�vores dans tes apocalypses o� tous les morts sont faits � ton image tu es la B�te outrag�e par son destin tu n�avais pas demand� � pleurer sur ton sort l�enfer est moins corrompu que ton �me et tu rugis des pri�res blasph�matoires tu imagines le silence et il n�y a pas pire cri tu imagines ta naissance un gouffre ouvert sous tes pieds tu imagines ton enfance mais ta beaut� r�side dans ton dernier souffle. Jacques Hardy (ao�t 2003)
-------------------------------------------------------------------------
Le plus vrai po�me le plus arbre et le moins papier r�side exactement dans l�espace entre ces deux vers. Jacques Hardy (ao�t 2003)
Demain laisse tes habits l�orgueil le pouvoir la vanit� l�envie la soif l�ivresse la faim l�abondance bien pli�s et empil�s sur le bord du gouffre ta nudit� sera un drap blanc un drapeau blanc flottant ta nudit� sera ton fant�me laisse tes couleurs aux quatre vents ton coeur maintenant sera daltonien le gouffre ne fut jamais ton ennemi ni le ciseau pour la ficelle de ta vie ta fragilit� est un verre o� l�on a trop bu ta force �tait plus liquide que limpide l��ternit� posera ses l�vres s�ches sur ta foi en un dernier baiser l�infini aura la fixet� de ton regard tes paupi�res soulev�es comme les jupes de toutes les femmes que tu as aim�es tu as f�cond� des miroirs o� tu avais une sale gueule chaque ann�e t�a vu na�tre identique que peux-tu attendre qui ne fut d�j� tu as depuis longtemps fum� la gitane qui lisait les lignes de ta main le jour lumineux ne fut jamais pour toi tu n�as jamais cru aux vertus de la clart� seules tes amantes furent radieuses en t�ouvrant leurs bras et leur phare tu as br�l� toutes les croix sauf les corps clou�s l�un � l�autre tu auras pr�f�r� la sueur � l�eau b�nite les cris pleins de griffes aux pri�res l��clat vif des reins � la g�nuflexion le parfum rouge du sexe � l�encens tu n��tais pas n� pour survivre tu agonises dans un monde o� tout est une erreur de la nature. Jacques Hardy (ao�t 2003)
Tellurique sa souffrance centrifuge sa fissure l�os est une veine �clat�e sur l�enclume sous le marteau le feu a le visage l�zard� des monstres arm�s de chalumeaux et d��tincelles l�os a le m�tal pr�caire des enfants agripp�s puis supplici�s sous le lit la souffrance est un mot banal de l�autre c�t� de la rue ici elle court apr�s son ombre pour ne plus �tre battue une albinos fuyant le soleil quand sonne le glas de midi pr�somptueuse la souffrance il y a des jours o� elle croit savoir ce qu�est l�agonie. Jacques Hardy (septembre 2003)
Une route bien droite avec une canne blanche une route sans virage pour que courbe le dos une route sans sens pour le chien d�aveugle une route o� l�infini terrorise l�horizon une route d�gris�e � l�image de Dieu une route qui fait son chemin et moi qui le passe immerg� dans les foss�s o� fleurit la brune boue si brune comme la plus belle de toutes les brunes avec des cheveux si doux que les doigts y jouent flous si doux que l�herbe jaunie les transperce de roux si roux qu�on en ressort la bouche blondie j�ai dormi les yeux ouverts et v�cu les yeux ferm�s j�ai cru aux r�ves comme on croit au premier amour je les ai habit�s si fort cach� par une �clipse de terre je les ai habit�s si passionn�ment avec l��clat du verre que la vie s�est fracass�e � la premi�re lumi�re toute vie de r�ve qui n�est pas dormie s�enfuit. Jacques Hardy (septembre 2003)
Tes mains ont pris la vie un vulgaire jouet pendant combien d�ann�es l�as-tu ainsi broy�e � m�me ton corps fractur� par chaque tic-tac � m�me ta voix rouge li�e � ta langue coup�e tu as tort tu n�as jamais �tudi� le silence ni le choc du ploc ploc de ses gouttes d�eau on t�a juste montr� � te taire tes l�vres pour la cerise tes dents pour la pomme ta parole pour l�image d�un fruit mais sois maudit et crie : aspartakri l�gourgeux! et le sourd pr�tera l�oreille au muet. Jacques Hardy (septembre 2003)
Parler les joues rougies par le rasoir parler les joues rougies de l�enfance parler les joues rougies par le fard parler les joues rougies du premier baiser parler l�aujourd�hui ici m�me tu rugis trop de mots ont d�j� �t� dits inachev�s m�dus�s balay�s par l�infini de la phrase p�le statue carbone du tout premier mot nous avons vendu nos silences encha�n�s esclaves nus d�un empire sonore et en sueurs chacun de mes mots entaille ma langue mes mains Maladroite et Malagauche fomentent des complots pour le chaos le soleil est un stroboscope toute la nuit les amants chevauchant la lumi�re d�brid�e et moi je me t�l�phone sans fil et sans bou�e pour me faire r�pondre que je n�y suis pas je ne me t�l�phone plus et le miroir est enceinte. Jacques Hardy (octobre 2003)
--------------------------------------------------------------------
Nul ne te tient tu te sens li� tes bras �treignent tes mains forcent l�acharnement de ton coeur � battre chevaucher ne te suffit pas il te faut dompter le vide tes yeux sont des �perons fous tous les visages te sont des flancs mais tes propres r�ves tes fils d�esprit te mettent bas et te pi�tinent le regard m�dus� des statues n�est pas pour toi elles n�auront pas su ignorer que tu es sans destin leur coeur de pierre tenait du divin et toi ton socle sera �ternellement anonyme. Jacques Hardy (octobre 2003)
Tu es n� sans noblesse un cercueil pour destin il te fallait r�ver de couronne et d��pines de dieu et de diable et toi au centre un saint pour �chapper � l�ombre o� la mort nous dessine comment as-tu pu croire un seul instant que toi tu pourrais respirer le baiser des sir�nes vivre le grand amour ce requin dont les proies sont d�vor�es avant de manquer d�oxyg�ne pourtant tu avais lu que tout �tait possible tu te voyais en h�ros fort d��tre jeune et m�le pointant la v�rit� tu en faisais ta cible que t�ont donn� tes pas sinon l��ge et l�usure un mal rongeant tes os et sur ton front tout p�le l�aveu que le faux est le vrai qui se mesure. Jacques Hardy (octobre 2003)
Le sommeil go�te le tuyau gel� sur la langue des lambeaux de vie arrach�s � la peur arm�e le sommeil est coinc� entre les aiguilles d�une montre une pointe de n�ant dans un �tau vorace le sommeil �tablit la pierre o� graver le contrat nous n�avons nul besoin d��tre pour que le monde soit mais nous ber�ons notre sommeil mon insomnie et moi l�univers ne cessera pas sans que j�en sois averti et la nuit l�espoir porte plus loin que le d�senchantement du jour. Jacques Hardy (novembre 2003)
J�ai des sourires en poches de la menue monnaie d�homme des poches sales et perc�es pour imiter ce que c�est mendier j�ai des exploits en poches de menus r�ves d�homme des membres et des os bris�s pour imiter l�athl�te qui a chut� j�ai des amants en poches tous ceux que j�ai �t� martyris� ou combl� et j�ai des femmes en poches malheureuses ou rieuses vers qui je ne l�ve plus les cieux la rivi�re ne fait plus mon lit les femmes n�y perdent plus leurs eaux se noyer dans une chute de reins maudit! avoir eu ce destin en poche j�ai failli mentir j�ai failli �crire la souffrance du corps abolit la souffrance d��tre. Jacques Hardy (novembre 2003)
Parle-moi de la nuit
une femme noire �gar�e dans mes veines
sa chair d�goulinant de mouches � feu
sa bouche un croissant de lune mordant
ses seins son ventre ses hanches ses cuisses
ses joncs drus encerclant l��tang qui la fait
elle est f�conde et le jour en p�lit
le jour est une b�te de somme.
*
Quand l�aveugle jouit
toutes les femmes sont belles.
*
Un homme nu montre un cactus
une femme nue une rose
leurs �pines ne s�annulent jamais
ni la chair couronn�e puis crucifi�e.
*
Chacune de tes rides est �crite en braille
mes caresses t�ont lue et relue
maintenant dans ma nuit
mes mains me racontent ta vie.
Jacques Hardy (novembre 2003) C�est triste une main qui dit adieu plus qu�un flocon qui devient gla�on plus triste que le mot et sa bouche une main est trop intelligente elle est affreuse ou caressante tranchante ou heureuse bourreau du coeur ou une plume dans un hamac invisible elle invite ou repousse elle n�est pas faite pour dire adieu et les fonds de poche sont des ventres si chauds. Jacques Hardy (novembre 2003)
Angoisse ma soeur de sang ma danseuse du ventre ma tord-boyaux ma gorille qui cogne aux tempes ma jungle qui envahit le cerveau tu as extirp� le coeur du silence mes cris pa�ens mes entrailles br�lantes mille fois ce rituel mille fois la fin du monde mille fois l'�clipse du soleil et la fin du regard mille fois je meurs sans espoir de sommeil. Jacques Hardy (d�cembre 2003)
------------------------------------------------------------------
Tu as le sourire des secrets mal gard�s des s�ismes qui pulv�risent ton coeur o� as-tu mis la main celle que tu t'es cr��e pour appuyer ta joue dans un nid o� as-tu mis la main celle que tu t'es coup�e pour accompagner ton mort dans les t�n�bres o� as-tu mis la main celle que tu t'es greff�e pour s�duire le vide et le combler �perdument tu as le sourire d'un mille-pattes cul-de-jatte dans la toile faucheuse de l'araign�e tu as une sangsue tatou�e au centre du front tu ne savais pas qu'il te faudrait tout donner les r�ves d��us comme les secondes v�cues tu as le sourire des grandes mar�es de la terre qui ram�ne l'eau sur ses �paules tes l�vres sont des vagues qui prient mais tous les baisers go�tent l'encens tu r�ves � genoux tu r�ves debout que la vie s'�croule apr�s l'enfant o� as-tu mis les yeux ceux que tu n'as pas crev�s pour le jour o� les miroirs mourront pour ta beaut� o� as-tu mis la toute premi�re lettre celle que tu as trac�e dans un cahier d'�colier sur un papier encore innocent o� as-tu mis la vie celle qui coulait sur ton menton les fruits d'aujourd'hui portent le parfum de la damnation o� as-tu mis l'avenir il a tant besoin de ton pardon. Jacques Hardy (d�cembre 2003)
O� ai-je mis la t�te de ma t�te la t�te pour redevenir idiot le melon entre deux seins d'eau la cruche qui court apr�s son anse o� ai-je mis la t�te idiote celle qui sait si le coeur doit vivre et le corps tra�ner sa masse vers le jeu o� ai-je mis la ch�re de ma chair le parfum se parfumait sur sa peau le parfait survivait dans ses yeux les fruits ravissaient son baiser la mer accouchait sur son ventre les bras du fleuve jalousaient ses cuisses l'homme apprenait � �tre cachalot o� ai-je mis l'idiot du visage ce fou a des rires de Bassan un ventre o� les poissons fraient un radeau pour porter les ruisseaux une cale bleue pour les oiseaux malheureux o� ai-je mis mon passager clandestin. Jacques Hardy (janvier 2004)
Mon chant est un multiple de sang un amant cousu � ses veines chaque femme aim�e nue comme un fer rouge sait qu'elle fut la plus belle et la plus tison je n'aurai jamais l'absolution d'avoir aim� le lit est divis� par la famine. Jacques Hardy (janvier 2004)
L'oeil perc� cribl� de nuages le vertige au coin des l�vres un tison d'air sao�l incendi� la fum�e habill�e par le corps le pied remue les cendres les sutures et leurs marais tu as choisi de hanter un remous de baptiser toutes les �treintes du m�me corps de la m�me s�ve tu as choisi de revivre ton �ge de pierre et de lierre ta m�moire est une sangsue qui n'a pas de veine tu te repais de pass�s qui n'ont plus d'avenir. Jacques Hardy (avril 2004)
Petits vers nocturnes Les cheveux les yeux la peau si j'�tais tout noir et m�me le blanc des yeux la douleur rend une justice aveugle. ---------------------------------------- La nuit tous les bourreaux ne sont pas gris pourtant ils ont neuf vies. ---------------------------------------- Je dors sans paratonnerre une girouette rouill�e plant�e dans les reins la foudre chevauche les montures de l'apocalypse. ---------------------------------------- Les berceuses ont la gorge rauque et les enfants tourment�s des r�ves de vieillards pr�matur�s le sommeil est un soldat de plomb un d�serteur ex�cut� par le soleil. Jacques Hardy (avril 2004)
La caresse se pose sous la main un coul�e de lave solaire sous l'illusion de la lumi�re la nuit se l�ve sur la peau des milliards de pores stellaires �clat�es sur la chair humide j'ai eu la main heureuse les parfums fr�missants go�tent encore le bonheur sur le bout de la langue la m�moire s'alanguit voluptueuse et fourbue les reins souples rompus ouvrir les yeux ne ressemble plus � rien. Jacques Hardy (avril 204)
La peur r�ve une femme aux seins blanchis nourrissant un poisson mort aux yeux d'enfant un homme au sexe ind�fini aiguisant le sang gorg� avec les lames d'une mer de sable les ch�teaux et les robes avec un go�t de cendres s'�croulent sur la langue et le vent la nudit� si nue transparente crue n'a qu'une seule vie elle expire � la premi�re paupi�re venue apr�s la peur est aveugle. Jacques Hardy (2 fevrier 2006)
Avec la saline des l�vres et dans la conque du piment avec la pulpe saignant jute rugueuse et juteuse la robe de chairs dont je m��tais par� j�invoque avec ma m�moire de d�fonc� des femmes stromboscopes tout battement du coeur cam� en est maintenant un de trop je bois � mes art�res scell�es vulves d�antan goulots volcaniques un alcool �th�r� les femmes o� je vivais je les regarde briller dans la nuit l�exil un trou creus� dans mon ombre pr�f�r�e les poings serr�s mes yeux se ferment les hommes savent mieux s��teindre que na�tre leurs baisers cachent des aveux leur mort crache des noeuds un nid d�hiers v�n�neux mes yeux se ferment noirs, bruns, blonds et roux mes cils fleurant bon le n�nuphar murmurent des visages tabous. Jacques Hardy (6 fevrier 2006)
Fracture 3
Fracture 4
Fracture 5
Fracture 6
Fracture 7
Fracture 8
Fracture 9
Fracture 10
Fracture 11
Fracture 12
Fracture 13
Fracture 14
Fracture 15
Fracture 16
Fracture 17
Fracture 18
Fracture 19
Fracture 20
Fracture 21
Fracture 22