Les bienfaits de l'enseignement de la musique
sur le rendement académique et sur la vie en général.

 

Compilé et rédigé par:

Robin Tropper, B.Mus., B.Ed.

 

© Robin Tropper 2002
Droits de reproduction accordés pour la distribution au personnel
enseignant, conseillant et dirigeant d'écoles élémentaires et secondaires.

 

Table des matières:

 

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PRÉFACE:† *

Introduction: *

Les effets académiques: *

Ce que la musique offre comme préparation (mémoire et attention) *

Avantages *

Enfants en difficultés *

L'âge fait une différence *

Les effets sociaux: *

L'aspect social du milieu scolaire *

L'aspect psychologique collectif *

Les compétences et les grâces sociales développées par la musique *

L'aspect psychologique individuel *

La préparation de l'enfant aux possibilités professionnelles *

Autres effets sociaux: *

La qualité de vie *

Les relations inter-culturelles *

Les effets psychomoteurs: *

Agilités neurophysiques *

Les bégayeurs: *

Conclusion: *

Pourquoi met-on tant d'importance à l'enseignement de la musique en Europe et moins au Canada? *

Annexe: *

Un aperçu parapsychologique de la musique. *


PRÉFACE:

Le présent ouvrage a pour but de promouvoir l'éducation de la musique dans les écoles primaires et secondaires et veut défendre ceci en démontrant les bienfaits qu'a la musique sur le rendement académique dans les autres matières ainsi que sur la vie en général. Pour ce faire, il recueille autant de notions populaires, observées sur le champ de travail et expérimentées au laboratoire que possible concernant les bienfaits de l'éducation musicale. Le travail s'adresse donc au directeur d'école, au professeur titulaire, au parent ainsi qu'à toute personne ayant un rapport avec les décisions concernant l'éducation des enfants et, plus particulièrement, le programme de musique.

Dans un monde d'enseignement qui se dirige de plus en plus vers la technologie et l'intégration des matières, il semble important de redéfinir le rôle que joue la musique dans nos vies, son importance et les avantages incomparables qu'offre l'enseignement de celle-ci. Les études sur l'apprentissage indiquent souvent que les élèves manquent d'intégration des matières et un d'enseignement basé sur des résultats à atteindre plutôte que des évaluations sur la matière a assimiler. La musique offre depuis longtemps ces avantages, retient son monopole sur d'autres types de formation personnelle et l'offre gratuitement, indépendamment du style d'enseignement préconisé.

Le travail ne tient pas compte des différences sexuelles, du niveau intellectuel, mental ou psychologique des enfants. Il ne s'agit donc pas de comparer les bienfaits de l'éducation musicale entre catégories de gens, mais de démontrer l'avantage de l'apprentissage de la musique sur un individu quelconque indépendamment de tous ces facteurs ainsi que bien d'autres.

Le travail ne se repose pas uniquement sur des références et recherches publiées car peu de compilations de ce genre existent. Il incorpore des témoignages documentés et personnels et il tente d'éveiller l'expérience personnelle du lecteur comme juge ultime de la validité de mes affirmations.

Les styles musicaux évoqués dans ce travail sont surtout classiques, comme on l'entend traditionnellement, et folkloriques. Il ne tient donc pas compte des styles jazz, rock etc. et aucune tentative de comparaison n'est faite entre les styles variées. Il semble vrai que le style musical reste un facteur déterminant sur bien des aspects et effets ci-présents. Prendre note de ceci s'avérerait une grande étude en soi; étude d'ailleurs entreprise par des gens bien plus compétents que moi dans ce domaine. Les liens qui devront être faits entre tous ces paramètres pourront figurer dans un travail très élaboré et dans le cadre d'une autre recherche.

Il y a bien des affirmations ici faites qui peuvent s'appliquer également aux sports, aux matières intellectuelles ainsi qu'aux autres formes d'art. Le but n'est pas de discuter quelle est la meilleure activité, mais simplement de démontrer à quel point la musique est un véhicule de choix pour un grand nombre d'avantages personnels, sociaux, académiques et professionnels. Selon mes recherches et l'expérience de mes proches, aucune autre matière, pratique ou activité n'inclut aussi globalement autant de bienfaits que la musique et ceci, de façon si marquante.

Veuillez noter que l'utilisation exclusive du masculin quand les deux genres (ex.: il ou elle) n'a pour but que de faciliter la compréhension de la lecture et ne prétend d'aucun sexisme qu'il en soit. J'attends impatiemment l'ajout du genre neutre dans notre vocabulaire.

Introduction:

Les musiciens sont souvent stéréotypés comme des gens intellectuels, sages et attentifs. Ils sont généralement considérés comme de meilleurs étudiants, ayant des meilleurs résultats scolaires.

"He maintained that active exercise and participation in music contributes to the development of a child's other faculties as well, and that it not only lays the foundations of an artistic culture but advantageously influences a child's physical and intellectual abilities"

Pourquoi? Y a-t-il des preuves à l'appui à ces affirmations? Est-ce que l'éducation musicale rend vraiment un individu plus apte à mieux réussir dans le milieu scolaire et dans la vie courante? Et si oui, comment? C'est ce que je tenterai de démontrer dans les prochains para-graphes.

Les effets académiques:

Ce que la musique offre comme préparation (mémoire et attention)

Le travail du musicien l'oblige à développer une mémoire basée sur des automatismes et l'intégration de nouveaux systèmes de classement; développement que nous trouvons à peu d'autres endroits. L'exécution spontanée de doigtés et le contrôle de mouvements très complexes (respi-ration, mouvement de l'archet etc.) doivent répondre instantanément à des systèmes de représentation graphique sans prendre le temps d'analyser consciemment ce qui est demandé. Les actions et réactions qui sont nécessaires à la production musicale, instrumentale ou vocale, doivent donc être mémorisés de façon complète et parfaite. De plus, surtout si l'on ne fait pas l'utilisation de musique écrite, la mémoire de pièces et de chansons doit reposer sur une faculté de rappel à la mémoire très élaborée et fiable. Il y a donc les facultés de rappel de l'information et de compa-raison qui permet à l'exécutant et à l'auditeur d'identifier la fidélité de la nouvelle exécution d'une pièce à son originale, de trouver les erreurs ainsi que de les corriger, s'il y a lieu.

Une étude sur la méthode de Kodály pour l'enseignement de la musique supporte ces affir-mations en concluant que l'enseignement de la musique accentue:

1- [le] renforcement et interaction de la mémoire cinétique, visuelle et auditive

2- [le] prolongement de la durée d'attention.

En effet, il est logique qu'un travail qui demande tant de minutie pour autant de paramètres tels que la justesse des notes, la précision rythmique, l'ensemble avec d'autres, le contrôle du son, l'expression dans le phrasé etc. doit servir d'entraînement à l'attention et la minutie dans tous les domaines que rencontrera l'élève de la musique. Cette minutie et l'attention qui l'accompagne deviennent des automatismes, des réflexes si incrustés dans la personalité de l'individu qu'il ne peut pas faillir à les utiliser comme modus operandi dans tous les activités qu'il fait.

Pour savoir si l'apprentissage de la musique peut aider la mémoire, il faut d'abord consi-dérer comment fonctionne la mémorisation et comment la musique peut l'affecter. La musique est un art et une pratique qui demande un haut niveau de compréhension abstraite. Les formes de musique, les mélodies et les harmonies ainsi que la notation elle-même, bref, tout ce qui a rapport avec la production et l'écoute de la musique sont des choses qui n'ont que peu de correspondances pratiques. La représentation graphique utilise des symboles arbitraires; la terminologie du phrasé est exprimé par des émotions qui n'ont que des liens psycho-affectifs entre elles; le rythme demande une compréhension mathématique et proportionnelle; etc. etc. etc.

L'étude suivante confirme que plus une notion demande une compréhension d'abstraction, plus elle persistera dans la mémoire. Il y va donc que l'apprentissage de la musique devrait servir comme agent de développement de la mémoire.

"We assume that separate systems exist for retaining information at different levels of abstraction. Craik and Lockhart (1972) have made the general argument that the higher the level of abstraction, or "depth of processing" of information, the longer its persistence in memory"

Avantages

Dans l'apprentissage de la musique, il est évident que l'on ne travaille pas que la musique tout court, c'est-à-dire, la mélodie dépourvue de tout autre chose. En travaillant les chansons, on travaille aussi la langue et l'histoire. Une chanson peut donc être analysée pour l'état de son lan-gage et de sa syntaxe. Sans porter de jugement, on peut comparer des styles d'élocution et des dialectes dans les diverses chansons folkloriques. Les chansons peuvent être choisies en fonction de leur apport à la connaissance de l'histoire du pays ou autres connaissances telles les valeurs, la religion et même l'anatomie ("The head bone's connected to the . . . back bone . . .").

La musique elle-même devient un nouveau langage de communication. Toute personne qui parle couramment deux langues ou plus l'affirmera; une langue, c'est plus qu'une façon de s'exprimer, c'est une façon de penser et le plus on connaît de langues, le plus il est facile d'en apprendre d'autres. Ce qui est intéressant, surtout en musique classique, c'est qu'il est plus facile d'apprendre les paroles d'une langue inconnue avec l'aide d'une mélodie. Que nous comprenons le texte ou pas, la mélodie donne souvent une bonne idée de ce que les mots veulent dire, rend la mémorisation plus facile et la motivation d'apprendre est accentuée par la plaisance.

En ce qui a trait à la syntaxe et la grammaire plus spécifiquement, elles sont très pertinentes quand à la qualité d'une chanson. La prosodie est l'art de faire en sorte que l'accent tonique naturel d'une langue parlée coïncide avec les courants rythmiques d'une mélodie. C'est ce qui fait que des mélodies de style anglaises, par exemple, sont difficiles à adapter à un texte français. Le meilleur exemple est la difficulté avec laquelle l'opéra c'est instaurée à Paris dans le moyen-âge. Les mélodies étaient trop italiennes et l'adaptation à la prose française était guère réussie. Il a fallu Jean-Baptiste Lully (un italien devenu français) pour incorporer une excellente connaissance de la prosodie française à l'art de la mélodie dans sa forme opératique. Il a ainsi créé l'opéra français.

Comme mentionné plus haut, l'apprentissage de la musique, même à ses débuts, favorise la compréhension abstraite nécessaire à l'assimilation des mathématiques et des sciences. Dès le début, l'élève est confronté aux proportions dans le temps par la durée des notes et la régularité du rythme. Chose étonnante, c'est que la compréhension de ceux-ci semble se faire de façon naturelle chez le jeune enfant. N'en reste-t-il que l'éducation musicale de base et avancée tend à améliorer cette compréhension et la rendre consciente plutôt qu'intuitive.

De plus, la musique utilise un système de notation complexe mais très suggestive des actions à poser (durée d'une note, sa hauteur relative à une autre etc.). L'assimilation de cette notation est relativement facile (plusieurs affirmeront que c'est plus facile lire la musique que le texte) et prépare l'enfant à des symboles de plus en plus complexes, arbitraires et abstraits.

La citation suivante appuie mes affirmations:

"Hypothèse I: Les habiletés développées en musique favoriseront un meilleur rendement du groupe expérimental [avec musique] en mathématiques, comparativement au groupe de contrôle [sans musique].

"Hypothèse II: Les habiletés développées en musique favoriseront un meilleur rendement de groupe expérimental en Français"

Enfants en difficultés

On entend de plus en plus parler de musicothérapie, d'idiots savants et de toutes sortes de choses relées à la musique en rapport avec les gens qui ont des problèmes d'ordre psychologique et pathologique. Il semblerait y exister une telle indentification des gens en difficulté avec la musique (encore une fois, le style n'est pas traité ici) que les thérapeutes l'utilisent comme moyen de réadaptation. Bien que la musique n'est pas une cure à leurs problèmes, elle aide quand-même ces gens à se sentir mieux avec eux-mêmes et à utiliser leurs facultés au maximum, ce qui ne serait pas nécessairement le cas sans la présence de la musique dans leur vies. Ceci est surtout évident lorsqu'une difficulté est reliée à un conflit culturel comme on peut voir souvent dans des régions cosmopolites.

Selon les résultats des expériences pratiqueés avec les tests d'intelligence classiques, le niveau général de l'intelligence ne se modifie pas sous l'effet de l'éducation musicale. [...] Par contre, [...] l'éducation musicale atténue le déséquilibre entre l'intelligence verbale et pratique des classes à statut socio-économique bas. Ceci montre que l'effet de l'éducation musicale compensant le handicap culturel peut se manifester à travers la structure de l'intelligence et le développement de la créativité".

L'âge fait une différence

Pourquoi la musique au primaire? La recherche neurologique contemporaine dans le développement humain tend à affirmer que les enfants forment leur capacité cérébrale et intellectuelle très tôt dans la vie. En effet, les recherches ont démontré que les enfants de 0 à 2 ans ont une activité cérébrale deux fois plus élevée que chez l'adulte. C'est à cet âge que se forment la grande partie des connexions entre les hémisphères et toutes les parties du cerveau ainsi que les réseaux d'échanges d'informations et de fonctions régies par chacune d'elles.

Il semblerait que le plus on apprend quelque chose jeune, le plus facilement on l'apprend et mieux c'est retenu. Je reviens à l'exemple des langues. Combien de personnes sont parfaits bilingues parce qu'ils ont appris les langues à un jeune âge et combien sont aussi bons ayant appris l'autre langue comme adulte? La norme (je ne parle évidemment pas des exceptions) semble démontrer que l'apprentissage d'une langue à très jeune âge rend la communication verbale adulte bien meilleure.

Il y va de même pour la musique. Ma propre expérience en solfège est typique. J'ai commencé le solfège à l'age de 17 ans. Avec un montant raisonnable de travail, je réussissais mes exercices avec une difficulté moyenne et un nombre passable d'erreurs. Dans ma classe il y avait des jeunes de 8 à 12 ans qui semblaient ne jamais travailler et qui accomplissaient leurs tâches sans efforts et sans erreurs. Dans cette même classe, il y avait aussi des chanteurs qui commencèrent leur éducation formelle beaucoup plus tard à cause de la mue de la voix (même chez la femme). L'âge moyenne du début d'une formation de chanteur est de 21 ans. Ces personnes travaillaient le solfège pendant un nombre considérable d'heures par semaine investissant des efforts que je qualifierais d'admirables. N'en reste-t-il que rendu à la classe, ils éprouvaient une difficulté formidable à exécuter les exercices et faisaient un nombre inacceptable d'erreurs.

Il semble donc que les plus grands bienfaits de l'éducation musicale seront ressenti si celle-ci est enseignée au primaire. Voyons donc ce que les recherches en disent.

"On the 1st task, untrained 1st graders got about 75% correct (chance was 50%). After training, however, performance was aqbout 90% correct. [...] However, with training, the 3rd graders improved dramatically to around 80% correct. As with other materials, it appears that there are periods in a child's life when he or she can benefit more than other times from training that focusses on relevant aspects of auditory materials."

Les effets sociaux:

L'aspect social du milieu scolaire

La chose la plus difficile, et la plus importante, pour bien des enfants, surtout les enfants uniques, est l'intégration dans un milieu social. Ce n'est plus le milieu familial où l'enfant est l'objet de toutes les attentions (quand c'est le cas) et la société est remarquablement plus grande. Maintenant, l'enfant doit apprendre à partager l'espace et les choses avec d'autres. Il doit apprendre qu'il y a des choses qu'on peut faire dans certaines conditions mais pas dans d'autres. Il doit apprendre que son meilleur encouragement viendra de lui-même. Il doit apprendre à écouter les consignes de la société même si ça ne fait pas toujours son affaire. Toutes ces choses sont accentuées et ont moins la possibilité d'appel dans le milieu scolaire qu'à la maison.

La musique aide à ce développement. La musique d'ensemble nécessite l'obéissance à un chef qui doit se montrer apte à diriger l'ensemble. Il y a l'ensemble, mais il y a aussi la réussite personnelle dans la maîtrise de son instrument: personne ne peut le faire à sa place. Le travail est constructif et va vers un but bien défini et le désir de chacun se fond dans le désir collectif d'arriver au but. Plutôt que compétition, il y a entraide où chaque personne complémente l'autre et les éner-gies sont dirigés vers l'accomplissement d'un but commun, mais jamais en dépit de quelqu'un d'autre.

"Coopération:
1- observation et utilisation des instructions
2- apprentissage et utilisation des règles en commun
3- autodiscipline
4- conscience de soi positive, à l'aide des succès
5- développement d'un travail individuel fiable
6- relations interpersonnelles dans le groupe
7- compréhension et reprise des buts du groupe - coopération volontaire aux buts du groupe.
[...] L'énumération n'est, de loin, complète."

Tout ceci est fait dans le câdre d'une activité amusante. Donc, la motivation de développer ces facultés est grande et la satisfaction plus complète.

L'aspect psychologique collectif

Dans la musique populaire, nous assistons à un phénomène particulier. La musique change avec le temps et ce changement semble coïncider avec un changement dans la philosophie générale de la population. Des groupes de gens se définissent et s'associent à un style particulier de musique qui, aussi, se définit des autres styles.

La science du son, les études de l'harmonie et la musicothérapie ne sont pas encore assez avancés pour concorder, mais il y a une tradition de théorie musicale à part de la norme (PANTONAL inc. Montréal, Qué.) qui prétend posséder les outils nécessaires pour analyser les liens entre la psy-chologie d'un individu, ou la sociologie d'une collectivité définie, et les paramêtres musicaux. Ces gens ont pris une approche tout-à-fait différente à la compréhension de l'essence de la musique et font des choses incroyables avec ces connaissances. Ils peuvent même se rendre au point de prédire les changements qui caratériseront la musique selon les tendances sociales.

Une anecdote très intéressante illustre bien ce point. Michel Perrault, directeur de PANTONAL, a fait une telle prédiction vers le milieu des annés 1950. La musique, à l'époque, était encore caractérisée par les modes majeurs, surtout, et mineurs ainsi que par les sensations fortes qui les accompagnaient. Ceci dans un contexte où le patriotisme était encore très fort sui-vant les deux grandes guerres. Mais ce sentiment s'estompait, une société de pacifistes s'est montré et le courant poussait les gens vers la paix et la fraternité plutôt que vers la battaille pour la liberté.

Perrault, voyant cela, a prédit que dans les annés 1960 la musique, aussi, subirait une déroute. Plutôt que d'être fondée sur des enchaînements d'accords puissants (comme Dominante-Tonique), elle serait bâtie sur des enchaînements dits "faibles" (comme Sous Dominante-Tonique) produisant une musique populaire qui ressemblerait plus aux modes grecs et ecclésiastiques que les gammes classiques. Ces changements auraient pour effet de provoquer un sentiment de joie paisi-ble. La paix et non pas la guerre; l'amour et non pas la haine; l'inclusion des moeurs différents et non pas l'idéal personnel.

En effet, si on analyse la musique de l'époque, on peut retrouver plusieurs changements dans les procédés de composition qui concordent avec ses prédictions. On notera aussi comment les paroles ont changé d'orientation de façon dramatique. Si vous n'êtes pas convaincus, souvenez-vous de Woodstock, Vermont.

À quoi sert cette capacité de prédiction? Si on peut analyser la musique selon les chan-gements sociologiques, il est fort probable que l'on puisse prédire les tendances sociales selon les changements dans la musique. Avec ces outils, on pourrait mieux comprendre les gens. Pour les enfants, ça nous permettrait d'avoir une meilleure idée de ce qu'ils ressentent et de comment agir en fonction de tout ça.

Les compétences et les grâces sociales développées par la musique

Les parents sont souvent fiers d'envoyer leur enfant à l'école afin qu'il puisse apprendre "les choses utiles dans la vie": savoir parler en public, apprendre les manières, développer leur curiosité intellectuelle etc. Voyons comment la musique peut être un moyen puissant pour promouvoir ces choses.

Dans l'apprentissage du chant choral, on travaille très minutieusement la prononciation. L'enfant chante en groupe et n'a pas la pression d'une présentation orale devant une classe. D'autant plus, il chante une chanson qui peut prendre la vedette à sa place s'il est trop nerveux. L'accomplissement du projet (le concert) et le plaisir pris dans le travail amène l'enfant à s'affirmer en tant qu'individu important pour la société. Ceci se fait de façon respectueuse evers les autres, une grâce qu'il a appris par le travail en groupe. Avec un bon professeur, même l'enfant le plus timide finira par chanter fort et il aimera parler passionément des choses qu'il fait en chorale. Ceci ne peut faillir de se montrer comme attitude générale dans tous les aspects de sa vie.

Aussi, par la pratique de l'art, l'enfant développera la conception du bon goût. Quoique ce terme est bien relatif, le travail qui consiste à écouter attentivement et toujours chercher un meilleur résultat apprendra à l'enfant à toujours chercher la qualité et les belles choses dans tout ce qu'il fait. Si le professeur enseigne des styles variés, l'enfant apprendra que 'différent' ne veut pas dire 'moins appréciable'. Au contraire, la variété devient l'épice de la vie. La pratique de la musique vocale ou instrumentale, dans cet aspect, développe donc peut-être mieux que n'importe quel activité l'ouverture d'esprit et la tolérance.

L'aspect psychologique individuel

Qui ne peut pas se souvenir d'un moment où la musique a soulagé une peine? Qui ne peut pas se souvenir d'un moment où la musique était associé à une grande joie? Qui n'éprouve pas une tendre émotion envers certains morceaux de musique à cause de ça?

Les souvenirs des particuliers ne sont pas les seuls à affirmer que la musique a un impact profond sur la vie d'une personne. Le musicothérapeute gagne sa vie en utilisant ce fait sur des malades physiques, mentaux, émotionnels ainsi que sur des prisonniers, des personnes âgés et toute personne qui peut bénificier des bienfaits de la musique. À part le psychologue, la religon aussi utilise la musique depuis des siècles pour promouvoir la sensation de dévotion dans les églises. La musique semble tellement forte que certaines religions l'interdisent quant d'autres ont réglé les éléments de sa composition avec une main de fer: le plain-chant à l'époque du pape Grégoire le 1er. (Il n'est pas certain si cette régulation avait pour but l'élévation spirituelle ou la domination politique. D'une façon ou d'une autre, on voit l'importance attribuée à la musique.) Même les mouvements religieux comme le nouvel-âge sont caractérisés par un style particulier de musique.

Pour certains, c'est l'écoute et pour d'autres, c'est la pratique d'un instrument. Combien de personnes, musiciens ou pas, connaissez-vous qui aiment se divertir en pratiquant le piano ou à chanter dans la chorale de l'église? Un nombre surprenant de personnes défoulent leurs peines et leurs joies de cette façon sur un instrument; même s'ils ne sont que très amateurs de leur propre avoeu. Enseigner le chant et les instruments à l'école fournit donc à l'enfant un outil permanent pour s'occupper lui-même des ses problêmes intérieurs. Devenant une personne moins stressé qu'il ne le serait autrement, il peut ensuite transmettre sa bienséance aux autres.

Apprendre la flûte à bec, par exemple, est un moyen très peu coûteux (une excellente flûte soprano peut-être achetée pour ±$10.00 selon les régions) et deviendra pas moins qu'un ami qui le suivra toute sa vie. Une anecdote intéressante est mon Cours de Chef au Combat; je gardais toujours mon flageolet (pipeau irlandais en métal qui ressemble à la flûte à bec) à la portée pour me soulager du stress d'un cours militaire. Il est arrivé que j'en ai joué pour le restant des candidats qui ont improvisé une parade ce qui a eu pour effet de remonter le moral de façon spectaculaire. Une chose si simple a fait ce que certains appèlleraient un miracle.

Relever un défi:

De plus, l'apprentissage d'un instrument n'est pas toujours facile quoiqu'il est agréable. Ce mélange de difficulté et d'arément motive un individu à relever les défis qu'il rencontrera dans la vie. La difficulté encourrue est apaisée par le plaisir que donne le jeu musical. Le plus une personne s'efforce à atteindre un but, le plus la personne s'habitue à le faire et de relever des défis devient donc un automatisme plutôt qu'une corvée.

Le trac:

Bien des gens possèdent un gêne qui les empêchent souvent de faire des tâches aussi simples que de téléphoner un propriétaire pour exiger la réparation d'un électroménager qui fonctionne mal. Cette peur est connue dans le domaine artistique comme le Trac qui empêche souvent les musiciens de se présenter en spectacle, surtout à leurs débuts. Tous les musiciens professionnels parlent de cette peur à leurs premiers concerts. Par contre, les musiciens expérimentés parleront d'une diminution de cet anxiété jusqu'à la perdition de celle-ci. De plus, le plus on travaille ce phénomène tôt, le plus il s'appaise rapidement.

La préparation de l'enfant aux possibilités professionnelles

Selon mon expérience et celui de mes pairs, il y a un grand défaut dans l'enseignement de la musique surtout chez les particuliers: l'idéal professionnel. C'est-à-dire que l'on veut nécessairement que l'élève devienne un musicien professionnel. Quelqu'en soit le talent et la réussite d'un élève en musique, il y a toujours de grands profits à tirer de la musique comme passe-temps plutôt que comme carrière. La vie professionnelle est non seulement difficile à atteindre mais difficile à vivre. Je connais bien trop de personnes qui se sont rendues au conservatoire et à l'université croyant que la seule façon de servir la musique était de devenir professionnel. Se rendant compte qu'ils étaient soit pas tout-à-fait assez bons pour le métier, soit mal adaptés personellement au métier ou que le monde professionnel réponde si mal à leurs attentes, ils font souvent des crises d'identité à un âge avancé et doivent recommencer leur cheminement vers le travail comme gagne-pain alors qu'ils devraient l'avoir terminé. La plupart du temps, si le musicien frustré n'est pas devenu enseignant de musique, la personne développe un dégoût considérable pour la musique.

Par contre, combien de médecins, ingénieurs, avocats, politiciens et autres professionnels connaissez-vous qui ont pratiqués, pratiquent toujours la musique, ou du moins sont des méloma-nes passionnés et zélés? La plupart des gens que je connais sont d'accord avec moi que c'est la presque totalité.

Il semble évident que les bienfaits et les facultés mentionnés ci-haut doivent aider grandement au développement des caractéristiques nécessaires pour accéder aux professions sophistiqués. Sans ce développement préalable, on peut imaginer que le seul intérêt vers ces pro-fessions risque de se montrer moins certain chez l'enfant moyen. Je ne crois pas qu'une coïn-cidence d'une telle envergure soit le résultat de la chance.

Autres effets sociaux:

La qualité de vie

Compte tenu de tout ce qui a été traité jusqu'alors, il est certain que la pratique, ou du moins l'appréciation pour la musique via l'enseignement à l'école, offre une qualité de vie de loin supérieure à celle qui n'y a pas accès. Cette qualité de vie ne dépend même pas de la situation financière de la personne car, à l'extrême, chanter ne coûte rien. Il existe toutes sortes d'instruments qui varient en prix de quelques dollars à quelques centaines de dollars à plusieurs milliers de dollars, mais la satisfaction chez l'amateur n'en dépend nullement. Les concerts sont aussi accessibles à la presque totalité du monde par la télévision et la radio. Les concerts publiques aussi peuvent être assistés pour des coûts variant de la gratuité aux prix modiques jusqu'à des sommes considérables, et ce, sans avoir un rapport direct avec la qualité du concert. Toutes les écoles de musique publiques offrent des concerts gratuits et ceux-ci offrent habituellement une qualité appréciable, parfois même professionnelle.

Les relations inter-culturelles

Quoi de plus, l'activité musicale à la maison permet la transmission de la culture. On parle de culture familliale et de culture patriotique. Dans l'activité musicale, comme nous l'avons vu, il n'y a pas de limites à l'intégration et à l'appréciation des styles divers. L'activité étant faite pour le plaisir qu'on y prend, la transmission de cette culture se fait de façon aisée.

On y trouve donc une meilleure connaissance de sa (ses) propre(s) culture(s) ainsi que l'ouverture aux cultures de nos voisins. Ceci résultera, sans doute, en une meilleure commu-nication entre les cultures et plus de tolérance, de compréhension et de joie dans l'interaction avec d'autres cultures.

Les effets psychomoteurs:

Y a-t-il que des avantages cognitifs, intellectuels, psychologiques, sociaux, professionnels et culturels à tirer de la musique? Bien que ceux-ci sont déjà assez impressionnants, les bienfaits de la musique ne s'arrêtent pas là.

Agilités neurophysiques

L'adaptation physique est aussi incluse dans l'évantail des bénédictions de la pratique musicale. La personne qui apprend un instrument, doit nécessairement développer l'agilité de ses deux mains. Dans le cas des instruments à cordes frottées ou pincées, l'agilité est accentuée par l'indépendance des deux mains qui font des tâches totalement différentes simultanément.

Ceci ne veut pas insinuer que les musiciens sont tous ambidextres, mais que l'agilité des deux mains devient plus importante. Une conséquence de ceci est que l'apprentissage de nouvelles tâches physiques est facilité et que l'échange des mains pour une tâche en cas de besoin est moins pénible. Cette question toute seule pourrait faire l'objet d'une étude neurologique poussée.

Quoi de plus, la musique ne fonctionne pas qu'avec les mains. Elle ne fonctionne pas non plus qu'avec les mains et les oreilles. La musique est faite à partir de l'intéraction entre tous les sens pertinents (la vue, l'ouïe et le toucher). C'est cette interaction qui régit l'action physique sur l'instrument et la production sonore. Pour ce faire, il doit s'être développée une grande connexion entre les diverses parties du cerveau et du moteur humain. En effet, il semblerait que le corps calleux du cerveau (la partie qui sert de pont entre les hémisphères pour le transfert de l'information et les fonctions aux différents centres spécialisés du cerveau) est appréciablement plus développé chez le musicien professionnel que chez le non-musicien. Ceci devrait également faire l'objet de recherche de la part de neurologues spécialisés.

Les plus grands musiciens le savent et l'appliquent à leur art. Ivry Gitlis (soliste internationnal au violon) a dit à un élève également bien reconnu: "tu ne joues pas la musique pas avec les doigts, tu l'entends" lors d'une leçon enregistré dans le câdre d'une étude neurologique. Ce qu'il voulait dire est que l'attention ne doit pas être portée sur les doigts lors du jeu d'un instrument, ceci serait trop long. Mais en écoutant, le sens critique de l'oreille combiné avec les facultés émotives du goût agiront sur les gestes beaucoup plus rapidement et avec plus de précision afin produiront un plus beau résultat avec plus de facilité.

L'agilité que produit une telle complicité entre les diverses parties du moteur humain ne sont pas réservés à la musique mais offrent des possibilités incroyables dans tous les domaines. Le travail ainsi fait donne une connaissance de son corps impressionnante. La délicatesse et la précision du mouvement sont plus raffinés que même la danse. Sans un bon contrôle des tensions du corps, il y a risque de blessure. La médecine sportive est en train d'inspirer la pratique d'une médecine musicale qui prend de plus en plus d'ampleur à cause de la complexité des problèmes. Une telle compréhension du corps peut se montrer fort utile dans des travaux forçants où le risque de blessure peut être bien amoindri par l'écoute de son corps.

Les bégayeurs:

Un autre apport physique important de la pratique musicale qui ne doit pas être négligé est l'effet de la chanson sur les bégayeurs. Les études médicaux ne comprennent pas encore le phénomène, mais les bégayeurs démontrent une facilité d'élocution étonnante aussitôt que la parole est mise en musique. Là où ils demeuraient incapables de prononcer plusieurs syllabes de suite sans trébucher (comme résultat, quelques-uns sont complètement incompréhensibles), ils deviennent maintenant capables de chanter d'une voix très mélodieuse des textes très compliquées. Nous avons tous au moins entendu parler de ce phénomène et ceux qui l'ont témoignés, comme moi, en restent toujours épatés.

Conclusion:

Pourquoi met-on tant d'importance à l'enseignement de la musique en Europe et moins au Canada?

J'ai eu maintes occasions de parler avec des européens venant de tous les coins du continent. Quelqu'en soit leur provenance ou leur métier, ils avaient tous une chose en commun: une grande culture musicale développée, entre autres, à l'école. Au Canada, cette culture est bien moins importante. On cosidère que c'est une dépense coûteuse qui ne rapporte que peu au développement de l'enfant. Pourtant, on dépense des sommes considérables pour l'éducation physique et les sports. L'enfant doit se former un bon physique? Dans la majorité des lieux, l'enfant est la dernière personne qui a un besoin réel pour un programme d'activité physique organisé: il est déjà assez actif à l'extérieur de l'école!

La culture et le développement affectif, par contre, souffre beaucoup dans notre société matérialliste. Les gens, qui ne développent pas ces aspects à l'école, restent cicatrisés par cette lacune ou deviennent atrophiés quand à leur capacité d'intégrer ces concepts. Le monde avance donc à pas indécis vers des buts inconnus et pour une raison insondable. L'identité canadienne existe de moins en moins. Nous avons une histoire qui s'est arrêtée en quelque part et des valeurs qui se reflètent dans les troubles sociaux et individuelles que nous vivons.

Les européens, par contre, semblent avoir une identité culturelle bien définie. Ils ne sont pas sans leur problêmes, mais ils ont au moins une bonne idée de qui ils sont.

La musique n'est certainement pas le seul véhicule d'identité culturelle, mais elle ouvre la porte à bien d'autres tels que la littérature artistique et la philosophie. À la suite de cet exposé, il me semble que la question "l'éducation musicale est-elle utile au développement de l'individu et rapporte-t-elle à la société?" n'a plus sa place!

Annexe:

Un aperçu parapsychologique de la musique.

Cet partie n'a pour but que d'entretenir une curiosité et d'inciter l'intérêt dans le domaine. La parapsychologie (ou psilogie selon l'université de Montréal) est considérée de plus en plus comme une science sérieuse. Son aire d'étude est tout ce que l'on nomme anomalie scientifique, c'est-à-dire, phénomène dont la réalité est indéniable mais qui semble aller à l'encontre de tous les modèles scientifiques concernant le monde dans lequel nous vivons; autrement dit, tout phénomène dit "surnaturel". (Il est ici considéré que rien n'est surnaturel dans le sens que ça dépasse les possibilités de la nature. Il ne reste donc que le naturel mal compris.)

La télépathie, la capacité de transmettre des informations sous formes d'émotions, d'images, voire même de diaolgues sans l'aide des organes pour les transmettre ou les recevoir a fait l'objet de maintes fabulations au travers des siècles. C'est bien démontré que la majorité des cas publicisés de télépathie sont frauduleuses et que même les cas les plus convaincants peuvent être expliqués par des notions traditionnellement reconnus comme "normales". Mais il reste des cas qui défient toute explication traditionnelle.

Une étude dont les hypothèses ont étés publiées dans la revue scientifique OMNI indique que l'incidence de télépathie réelle est de loin plus fréquente chez les musiciens et les acteurs que toute autre catégorie étudiée. L'étude n'implique pas que l'apprentissage de la musique rend les gens médiums, mais ne fait que démontrer les évidences incroyables qu'il semble y exister un lien entre les perceptions extrasensorielles et la pratique musicale et théâtrale.

Y aurait-il a un lien avec tous les bienfaits neuro et psychologiques mentionnés ci-haut?

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