La retraite dorée est un mythe pour trop de retraités québécois, conclut une étude commandée par l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP).
L'étude en question, rendue publique mercredi et réalisée par Louis Ascah, professeur titulaire au Département d'économique de l'Université de Sherbrooke, démontre principalement que :
- les régimes publics sont insuffisants pour maintenir le niveau de vie à la retraite des personnes de la classe moyenne;
- les régimes à l'emploi sont généralement insuffisants et couvrent seulement une fraction de la main-d'oeuvre;
- quand ils existent, ils offrent une rente initiale de retraite souvent insuffisante, une indexation généralement nulle ou partielle et une rente acquise en cas de départ à la retraite souvent de faible valeur;
- l'épargne personnelle est seulement le lot d'une minorité plus fortunée.
Ces constats inquiètent le président de l'AQRP, Roger Bellavance, qui réclame un débat public sur le maintien du niveau de vie à la retraite, en particulier à la suite du report des audiences publiques sur les projets de loi 30 et 27 portant respectivement sur les régimes complémentaires de retraite et l'administration des régimes de retraite du secteur public.
Dans son étude de 25 pages, le professeur Ascah signale que les régimes à l'emploi couvrent seulement une fraction de la main-d'oeuvre et que la situation va en empirant. Ainsi en 1995, seulement 31 pour cent des salariés du secteur privé avaient un régime de retraite à l'emploi, comparativement à 100 pour cent des salariés du secteur public.
La structure même du marché de l'emploi donnent peu de signes encourageants.
"La croissance des emplois à temps partiel et le travail autonome ne contribueront pas à faire augmenter le taux de couverture. La baisse du taux de syndicalisation ne contribue pas non plus à augmenter le nombre de régimes de retraite négociés", indique l'économiste.
Il signale également la diminution du poids relatif, dans le nouvelle économie, des grandes entreprises stables offrant une plus grande sécurité d'emploi à long terme et des régimes de retraite. Il note en outre que dans les entreprises à fort roulement du personnel, les employeurs ne sont pas enclins à offrir des régimes de retraite, pas plus que les travailleurs ne sont portés à en demander.
Le professeur Ascah examine ensuite l'avenue de l'épargne personnelle pour combler le manque de revenus à la retraite.
Il signale que le programme enregistré d'épargne-retraite (REER) profite davantage aux personnes avec des revenus plus élevés qui ont les moyens d'y contribuer. Selon Statistique Canada, environ 25 pour cent des unités familiales ont une épargne-retraite privée de plus de 100 000 $ et ces mêmes 25 pour cent détiennent un peu plus de 84 pour cent de l'ensemble des avoirs en épargne-retraite privée.
Tous ces éléments font conclure au professeur Ascah que "la retraite dorée est et restera donc un mythe pour un trop grand nombre de retraités".