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5 octobre 2006

Retraite égale bonheur ? Oui, c'est possible

René Lewandowski

Même si certains s'y habituent mal ou jamais, la retraite peut être heureuse. Selon une récente étude de Statistique Canada, en 2005, 40 % des hommes et 36 % des femmes de 65 à 74 ans se disaient satisfaits de leur vie, le plus haut taux de satisfaction, tous âges confondus. Et ils ne font pas que regarder la télé. Ils marchent, nagent, font du ski, sortent avec des amis, la belle vie quoi.

Pour vivre sa retraite comme on l'a rêvée, on doit cependant mettre le temps pour bien la préparer. Une planification financière est évidemment essentielle, mais pas suffisante. « Il faut être prêt sur le plan émotif », dit Carol Bezaire, vice-présidente, planification successorale et fiscale, à la Financière Mackenzie.

Une des façons d'y arriver est de s'organiser d'avance une nouvelle vie. En se trouvant des nouveaux hobbys, en se constituant un nouveau réseau d'amis, en ayant des projets... Ainsi armé, l'échéance de la retraite n'est plus forcément angoissante.

« Moi j'ai hâte ! » dit Louise Nadon, de Montréal. Cette agente de recherche à l'INRS âgée de 56 ans prévoit arrêter de travailler dans trois ou quatre ans. D'ici là, elle se prépare. Dans quelques mois, elle devrait assister à un cours de préparation à la retraite offert par l'employeur de son conjoint, Jean-Yves.

Et puis, à mesure que l'échéance approche, ses rêves se transforment. Elle qui avait prévu de voyager a changé d'idée depuis qu'elle a acquis, il y a deux ans, un chalet près de Mont-Laurier.

Elle aime tellement ça qu'elle pense maintenant y demeurer à temps partiel une fois à la retraite, afin de se consacrer à ses nouveaux hobbys : vélo, randonnée pédestre, pêche, course à pied, cueillette de petits fruits...

« Il n'y a pas que le travail dans la vie », dit celle qui a profité de ce petit coin de pays pour se bâtir un nouveau réseau d'amis.

Côté finances, Louise Nadon a un plan. Dès le printemps 2007, elle prévoit vendre sa maison, libre d'hypothèque, pour en racheter comptant une plus petite. Car même si elle apprécie la nature, elle n'a pas l'intention de couper tous les ponts avec son ancienne vie. Avec le reste du produit de la vente, elle compte ensuite régler le solde hypothécaire du chalet. Ainsi, à sa retraite, elle n'aura plus aucune dette.

Et juste au cas où elle s'ennuierait, elle a même prévu une deuxième carrière : agent d'immeubles. « Il paraît que les chalets se vendent bien dans le Nord ! »

Yvan Sinotte, de Clarenceville, a préféré opter pour un boulot à temps partiel. Ainsi, à 58 ans, ce conseiller à l'information à la CSN ne travaille que huit mois par année. Cela lui permet de se préparer mentalement à une retraite définitive. « Et pour que ma conjointe s'habitue à me voir plus souvent à la maison ! » Pendant ses congés, de décembre à mars, il en profite pour s'éclipser en Floride, où il possède un modeste condo. I1 marche, joue au tennis et au golf. Il a bien hâte de vivre ces moments de joie à temps plein. Ancien journaliste, Yvan Sinotte ne sait pas encore s'il retournera à son ancien métier lorsque son contrat de travail viendra à échéance, en novembre 2007. Mais il se garde la possibilité de faire de la pige, pour arrondir ses fins de mois ou s'il s'ennuie trop. « On ne sait jamais. »


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