Quand on a été toute sa carrière son propre patron, la retraite est une ligne bien mince. Roger Fortier en parle en connaissance de cause. Huit ans après avoir pris sa retraite, le voilà de retour sur le marché du travail... à 72 ans.
Véronique Bouvier
Sa motivation ? "C'était un défi", répond-il avec une étincelle dans l'oeil. En mai 2005, il est pressenti par les propriétaires de Radio-Boomer de Laval. Il est nommé vice-président, responsable de la promotion, de la radio.
Il s'est ainsi retrouvé à travailler 35 heures semaine, au milieu d'employés plus jeunes. " J'ai été très bien accepté dès mon arrivée. Mon humour m'a aidé. Ce fut une très bonne expérience, pleine de rencontres ", reconnaît-il.
Un retour au travail réussi mais presque trop prenant. Le plus difficile a été de sacrifier ses deux passions, la chasse et la pêche. " Je n'ai pu faire que trois jours de pêche. Ça a été un enfer. "
Son contrat a pris fin en juin. Mais il se prépare déjà à rempiler! Dès la mi-octobre, il aura une chronique hebdomadaire Chasse et Pêche à TVRL, la télévision communautaire de Laval. Et cette fois-ci, il compte bien se garder du temps pour pêcher et voyager.
"En attendant, je me repose et je touche le chômage pour la première fois de ma vie ", lance-t-il dans un éclat de rire.
Une planification satisfaisante
Pour Roger, ce retour au travail répondait aussi à son souci de renforcer sa situation financière. " Et pourquoi pas ? Ça a certainement aidé mes finances. "
Même si leur niveau de vie n'a pas baissé depuis la retraite de Roger, sa femme et lui font plus attention et calculent leurs dépenses. Pour bien vivre sa retraite, Roger Fortier évalue ses besoins à 75 % de son revenu antérieur.
Une somme dont il bénéficie grâce à une planification financière commencée bien avant l'étape fatidique.
Et ce, malgré une carrière très chargée. Prenant la suite de son père, il occupe la tête de l'Institut national des viandes pendant 20 ans. Il devient aussi président de l'Association des journalistes de plein air du Canada et fait de la télévision pendant 15 ans en collaborant aux émissions Pour vous Mesdames avec Nicole Germain ou encore Bonne table à TQS.
Et aujourd'hui encore, son agenda est bien fourni. Il occupe bénévolement la présidence du RIAQ, le réseau d'information des aînées et aînés du Québec, qui compte 100 000 membres.
Sans régime de retraite, il a cotisé dans des REER et investi son argent selon les conseils de son planificateur financier personnel. " Quand vous êtes votre propre patron, il faut encore plus faire attention. Et à bien y penser, j'aurais dû commencer plus tôt à accumuler de l'argent dans un REER."
Il regrette surtout d'avoir fait confiance à une de ses connaissances et d'avoir placé, en suivant ses conseils, une grosse somme d'argent dans des fonds miniers. Placement qui a fondu comme neige au soleil. " Il ne faut pas se fier aux conseils des amis ou proches. Il faut aller chercher un bon planificateur, ce que j'ai fait par la suite. Ça a été une bonne leçon."