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5 octobre 2006

L'âge de la retraite, ce grand inconnu

Peut-on encore choisir l'âge de sa retraite? Si la question est claire et limpide, la réponse l'est moins.

Véronique Bouvier

"Il est encore possible de choisir l'âge de sa retraite, estime André Buteau, président de l'Institut québécois de planification financière (IQPF). À condition d'avoir bien épargné, d'avoir été au bon endroit au bon moment, d'avoir accès à des caisses de retraite intéressantes, ou d'avoir eu un coup de chance dans certains investissements. "

Pour les autres, moins chanceux, la situation est bien souvent la même: on ne choisit pas l'âge de sa retraite, c'est la réalité qui en décide.

"Les futurs retraités ont une idée de l'âge auquel ils veulent prendre leur retraite, mais entre cet âge, souvent assez jeune, et la faisabilité financière, il y a un écart ", remarque Monique Tremblay, première vice-présidente, Épargne et Fonds distincts, chez Desjardins Sécurité financière.

Bon an, mal an, la grande majorité des travailleurs continuent de vouloir prendre leur retraite jeunes.

Un salarié sur trois compte même la prendre entre 55 et 59 ans, selon un sondage CROP réalisé en 2005 pour le compte de l'Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec.

Autre signe de l'attraction exercée par une retraite anticipée, l'âge moyen du départ à la retraite au Québec reste 60

ans depuis l'an 2000, alors que l'âge légal de la retraite est fixé à 65 ans. La retraite, une échéance qui s'éloigne
L'avenir risque toutefois d'en être autrement, estime André Buteau de l'IQPF, qui prévoit un rallongement de l'âge de la retraite dans tous les pays. Déjà, au Japon, l'âge moyen de la retraite anticipée a été repoussé à 70 ans.

"Aux États-Unis, l'âge de la retraite pour la sécurité sociale est passé de 65 à 67 ans. En Europe, on commence à envisager de rester un peu plus longtemps au travail", renchérit Monique Tremblay.

Devant cette perspective, la retraite progressive est la solution pour ceux qui souhaitent travailler plus longtemps ou ceux qui n'ont pas le choix de poursuivre leur carrière.

Quant à ceux qui ne bénéficient pas d'un régime de retraite avec leur employeur et qui n'ont pas bâti leur propre capital, ils n'échapperont pas à une retraite tardive ou, au mieux, progressive, croit Hélène Gagné, planificateur financier chez PWL Capital.

"Mentionnons aussi le cas des gens qui passent à travers un divorce ou une séparation. Leur bilan en prend un coup, précise encore Hélène Gagné. Et plus on tarde à prendre la retraite, plus les ennuis de santé risquent d'apparaître."

Une stratégie globale à commencer tôt
La meilleure façon de choisir le moment de sa retraite reste encore de la planifier. " Se préparer signifie regarder en détail quels seront l'environnement familial, le capital foncier et les sources de revenus à la retraite ", explique Monique Tremblay.

Sans oublier l'état de santé et la situation familiale qui influencent directement l'âge de la retraite. Être de santé fragile, avoir encore des enfants à charge, perdre son emploi, payer une pension après un divorce, sont autant de facteurs à considérer.

De l'avis des spécialistes, plus une planification est entreprise tôt, plus l'étape de la retraite se déroulera sereinement, avec une perspective financière prometteuse.

Et à plus forte raison si les travailleurs prévoient quitter leur emploi à 55 ans. Selon Hélène Gagné, seuls ceux qui bénéficient de régimes de retraite, surtout dans le secteur public, peuvent encore envisager une retraite complète à la mi-cinquantaine. Mais plus pour très longtemps, prévient-elle.

"Depuis environ 15 ans, on a encouragé les travailleurs à prendre une retraite hâtive: ils auront donc cotisé au régime de retraite moins longtemps. Pourtant, ils vivront plus longtemps et recevront les prestations durant plus d'années. La pression sur les caisses de retraite va s'accroître."


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