L'ALIGNEMENT CORPOREL OPTIMAL

Le concept d’alignement corporel optimal fût d’abord énoncé par Mabel E. Todd (1959), et repris ensuite par Sweigard (chapitre 16, 1974) et nombreux intervenants en danse (Gantz, 1989 ; Minton, 1990). Il se définit par un agencement des parties du squelette qui permet de profiter d’un support maximal de poids à ses articulations proximales tout en respectant les principes mécaniques d’un système en équilibre. On assume que si l’équilibre du système est optimal, il s’ensuivra une économie du travail musculaire lors du maintien d’une position corporelle. Todd et Sweigard vont jusqu’à affirmer que la compréhension et l’application des notions liées au concept d’alignement corporel optimal constituent les conditions essentielles à l'exécution d'un mouvement efficace et performant.

Dans la position debout, ces auteurs expliquent que l’axe central de chacune des trois structures axiales du squelette, que sont la tête, le thorax et le bassin, doit être aligné verticalement l’un avec l’autre et cet axe se confond avec la ligne de gravité. Chacune des structures axiales étant rattachées au rachis, l’alignement vertical de ces parties est dépendant des courbures de la colonne vertébrale. Il s’ensuit que toutes déviations de l’axe central d’une de ces parties qui l’éloignent d’une verticale idéale influencent l’alignement des autres parties et l’équilibre de l’ensemble du squelette. D’autre part, les structures appendiculaires, que sont les membres supérieurs et inférieurs, doivent être libres de s’orienter dans toutes les directions, tandis que le support de poids au niveau des membres inférieurs doit permettre un déplacement fluide et harmonieux du corps dans l’espace.

En bref, nous pouvons dire que l’alignement corporel optimal renvoie à la notion de synergie musculaire, entre la musculature agoniste et la musculature antagoniste, laquelle détermine le placement correct des segments corporels les uns par rapport aux autres. Le but de cet état est de potentialiser le mouvement au niveau des articulations les plus sollicitées en danse, et de minimiser les efforts et contraintes musculaires.

La méthode Pilates / P.M.F. s'inspire grandement de ce concept développée cliniquement par le docteur Lulu E. Sweigard (1974) il y a quelque soixante-dix ans, laquelle a grandement influencé les méthodes utilisées dans la quête d’un corps équilibré et aligné. Parmi les caractéristiques qui dominent cette technique, l'accent placé sur la direction du mouvement des parties du squelette ont préséance. Sweigard soutient essentiellement que l’alignement progressif des parties du squelette les unes par rapport aux autres est le seul moyen susceptible de faciliter le remodelage des commandes nerveuses sous-corticales responsables de l’activité musculaire qui sous-tendent l’alignement corporel. Plus récemment, les plus récentes recherches menées auprès de danseurs professionnels (Gougeon, 2001) ont démontré les effets positifs observés de cette approche.

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