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Diverses citations                         Diverses citations

 

 

1. Ces Canadiens français qu’un destin assez pénible réduit trop souvent à la médiocrité, mais chez lesquels se réveille, à l’occasion, la bravoure des ancêtres, qui ont fondé un pays dans une sauvagerie inhumaine et qui l’ont, pendant longtemps, défendu contre les Indiens, puis contre des colonies voisines bien plus peuplées et bien mieux appuyées par leur métropole.

2. Romains par le cœur, Normands par la tête, ils ont tout pour déconcerter les étrangers qui veulent les comprendre. Ils sont à la fois Français et Américains, ils sont simples et compliqués, ça leur fait plaisir et, l’œil ouvert, ils se laissent emporter dans les cercles vicieux avec un sourire malin.

3. Le patriote qui ne se contente pas d’aimer sa patrie, mais qui hait la patrie
des autres, est un faux patriote qui, tôt ou tard trahira la cause qu’il prétend défendre, si déjà il ne la trahit pas.

4. La patrie, c’est un père qui parle à l’oreille de son enfant.

5. (…) le symbole même du Québécois, rempli de tous les dons, mais qui se contente de peu, qui ne sait pas écrire avec l’application qu’il faut ni envisager la vie sans passion infantile.

6. (…) des Québécois authentiques, représentants du peuple le plus soumis de la terre, qui ne rouspète jamais longtemps, manipulé par la politique après l’avoir été par les clercs.

7. (…) les Canadiens français (…) crient très fort, font des assemblées, écrivent des éditoriaux, font un tapage du diable, mais empêchent toujours tout d’arriver et (…) ont honte après, d’avoir tant crié pour rien.

8. Quand un Canadien français te donne son amitié, il le fait de tout son cœur et les vrais amis sont rares dans la vie, on ne peut plus se payer le luxe de les dédaigner.

9. Pauvre petit Québécois, je salue en toi la mort en sursis qui économise pendant trois ans pour aller tout dépenser sur les sables blonds de Old Orchard, dans les odeurs de hot-dogs et de friture. Je salue en toi la race «qui ne sait pas mourir» parce que tu es déjà mort, hoquetant, rotant, le ventre plein de bière et de petits vers, devant ton téléviseur made in U.S.A. Je salue en toi l’ivrognerie et l’inconscience, le masochisme et la jalousie, le laisser-aller général et l’atavisme qui te contentent, qui te permettent de t’expliquer, surtout de te justifier : «Il y a trois cents ans, on a été vaincus par les Anglais…» Dans deux cents ans, tu diras encore : « Il y a cinq cents ans, on a été vaincus par les Anglais, vous savez…»

10. Il n’était qu’ordinaire. De surcroît, Québécois. Cela suffisait à le faire rager. Il lui semblait que la destinée avait manqué de générosité à son égard.(…) 11la culture a la vertu d’embellir un visage plus que le fard et les cosmétiques

11. (…) il faut être riche de temps et d’argent pour avoir une vie intellectuelle : la culture n’est pas à la portée des démunis de la société

12. Il faut mélanger les cultures des fois, la vie a meilleur goût ainsi.

13. (…) c’est si exaltant de vivre difficilement, et connais-tu quelque chose de plus difficile pour un homme que d’être un Canadien français?

14. (…) les Canadiens français ne peuvent pas s’empêcher de se mépriser les uns les autres et de le crier sur la place publique. Ils ne peuvent pas vivre sans s’injurier et lancer aux quatre coins du pays l’écho de leurs accusations alors qu’il n’y a peut-être pas de peuple au monde qui a un plus grand besoin d’union.

15. Ah, ces Canadiens français…Ils sont bien en retard dans leur évolution. Ils ont un tel respect des traditions qu’il est pratiquement impossible de les faire réfléchir sur les problèmes de l’heure.

16. (…) la plus belle chose dans la vie de l’homme, ici-bas, après l’amour de Dieu, c’est l’amour de la patrie qui est l’amour des siens.

17. (…) les sentiments personnels ne doivent pas compter, quand il s’agit de la patrie, de la vie nationale.

18. (…) le vrai patriotisme c’est d’abord le culte de sa langue, expression par excellence de sa personnalité.

19. Le Québécois classique est un bon bipède, pas méchant, crédule, parfois pieux, large de cœur et étroit d’esprit; on lui connaît assez peu d’initiative, aucune compétence mais une belle soumission, le cul moulé pour recevoir la botte
anglaise, et un grand mépris pour les mots.

20. Petit Québécois, je te salue pour l’an deux mille : «Hi, little man! Take it easy and give me a scotch…» Il n’y aura pas de «please» car il y aura longtemps que tu auras oublié ta destinée de porteur d’eau pour devenir le porteur de scotch de l’Américain qui se vautrera sur tes terres et sur tes femmes.

21. Le Québec, qu’on le prenne de tous bords, tous côtés, c’est une difficulté intellectuelle, une entité qu’on ne retrouve pas dans les livres de définitions.

22. Les habitants de la province de Québec font des enfants et vont à l’église. Ils savent se contenter de ce qu’ils ont : de la terre, des femmes généreuses et une langue qu’ils gardent précieusement tout en la bousculant un peu. On châtie bien ce qu’on aime…

23. Le Québec c’est l’histoire des occasions manquées.

24. (…) j’ai un œil qui regrette l’Europe et l’autre qui convoite l’Amérique. C’est peut-être ça être Québécois. C’est vouloir mettre tous ses paquets dans le même bateau sans jamais y arriver…

25. Quand on a neuf générations derrière soi qui ont toutes vécu d’ennui et de petites misères, qui ont grignoté morceau par morceau toutes leurs journées avant d’entrer dans l’éternité, on ne devient pas du jour au lendemain un régénérateur de la race.

26. (…) on ne doit jamais se couper de ses racines, car le risque est grand de devenir alors un être hybride : un être sans personnalité définie, sans base de tradition, sans fondement ancestral; un être qui n’appartient à aucune famille ni à aucun milieu (…)

27. L’accent, c’est ce qui rappelle le mieux nos racines et personne ne devrait avoir honte d’être ce qu’il est. C’est pourquoi il est dangereux de le changer en cours de route. Si l’on perd de vue d’où l’on vient peut-on jamais être sûr de savoir où l’on va?

28. L’Amérique est un paradis pour les enthousiastes. Mais pour les désabusés, quel enfer! Tant de choses à nier, à maudire.

29. Ah! Les Américains! Ils vous ouvriront peut-être les bras. Mais ils ne les refermeront jamais!

30. Vous êtes citoyen américain, n’est-ce pas? Alors le monde vous appartient.

31. Nous, les Américains du Nord, nous avons un présent et un avenir, les Européens, eux, ont en plus un passé. C’est une force.

32. Quand un Canadien français a bu, il se sent riche, important, étranger et il parle anglais.

33. Avec les Anglaises, il ne faut jamais discuter. On a toujours tort. Surtout lorsqu’on a raison parce qu’alors on a tort d’avoir raison.

34. (…) pour gagner sa vie au Québec, ne suffit-il pas d’être unilingue anglais? On a toujours obtenu les postes de commande en ne parlant que l’anglais… Dans un pays colonisé, n’est-il pas naturel de parler la langue du plus fort? En autant que les Anglais sauront dire en français : Je ne comprends pas, on leur parlera dans leur langue. Par le truchement de ces quatre mots magiques, messieurs de la race supérieure continueront de se faire traiter comme des rois. C’est une question de tradition.

35. La politesse de l’Anglais, c’est l’impassibilité du visage et de la voix. Il trouve autant de plaisir à montrer ses émotions qu’en éprouverait une nonne à exhiber ses jambes aux passants.

36. Quelle ironie que cette langue qualifiée de «seconde» puisse généralement faciliter l’accès aux premiers postes à ceux qui la maîtrisent! En réalité, c’est la langue du pouvoir et de l’argent. La langue des maîtres(…)

37. (…) les Anglais sont un peuple d’une ténacité presque surhumaine. Ils ne s’avouent jamais vaincus. Et ils finissent toujours par ne pas l’être.

38. L’Anglais (…) est l’homme le plus conservateur au monde. Malgré son air d’internationaliste, il demeure la nationaliste le plus enragé . Comme l’Allemand, il ne pourra jamais se considérer autrement que comme membre de la race supérieure…

39. Ils s’appellent Canadiens français, catholiques, et cela suffit pour qu’on leur refuse la plus élémentaire justice.

40. Être un Canadien français, c’est être anémique ou impotent, ça n’a même pas la beauté du tragique. C’est bête, c’est rasant, c’est emmerdant, c’est ridicule, c’est illogique, c’est démoralisant…

41. (…) cette école de pensée qui veut, au Canada français, que la Conquête ait été bénéfique à la nation. Elle nous a évité la Révolution française disent les prêtres. – Elle nous a permis d’accéder aux formes politiques anglaises, qui sont supérieures à toutes les autres – disent les hommes politiques. – Elle a fait de nous les membres d’un grand Empire –disent les militaires. – Elle nous a permis d’apprendre l’anglais - disent ceux qui rêvent de se perdre quelque jour dans la masse américaine.

42. Peuple vaincu et qu’on a tenu trop souvent sous le joug! Peuple gagné par l’éblouissement de la civilisation matérielle étalée autour de lui. Peuple abandonné à ses seules énergies, en qui l’âme latine s’efforce du survivre, harcelée par l’infiltration étrangère et résistant à cause de l’hérédité de croyance, de tradition, d’aspirations accumulées durant trois siècles de souffrance. Mais pour un Canadien qui luttait, pour un qui gardait foi en l’avenir et en la survie de la race, il y en avait cent, mille qui n’y pensaient même pas, dont l’attention de s’était jamais arrêtée à la pensée d’une unité nationale. Le sens d’une individualité ethnique n’existait pas. On s’abandonnait progressivement à l’ambiance, on se laissait circonscrire par les influences qui nous étaient les plus manifestement nocives. La réaction était sans force. Nous mourrions avec délices, de la plus lâche des morts : celle par inanition.

43. (…) un petit groupe francophone perdu dans un coin de l’Amérique du Nord… Vu de l’extérieur, ce groupe n’offrait pas plus d’intérêt que des centaines de minorités disséminées un peu partout sur le globe. Le climat intellectuel était loin d’être satisfaisant. «Comment s’en étonner? C’est le contraire qui serait surprenant.» Une poignée de Français, des paysans pour la plupart, sans instruction, privés de leurs chefs, avaient choisi de rester en Amérique après la défaite…Ils avaient dû aller au plus pressé : vivre, cultiver la terre, défendre leurs traditions, leur langue. Et ils avaient tenu le coup. Ils s’étaient adaptés peu à peu au nouveau régime; avaient essayé de tirer parti de la situation…

44. Un Canadien français, c’est un type qui donne son cœur à la France, son argent à l’Angleterre, son sang à la Croix-Rouge…et son vote à tort et à travers!

-Dictionnaire des citations québécoises Éditions Québec/Amérique, 1994

 

 

 

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