Un jour, tu seras un Homme, mon Fils

 

 

Au moment où il embrassait sa joue, où son vagin bouillant de sueur sentait l’orgasme à plein nez et que ses cris rejaillissaient en échos dans la pièce, il ne se doutait pas que l’amour de son amie était simulé.

 

Soi-disant, elle était vierge. C’était un bonheur pour lui d’avoir trouvé quelqu’un qui, comme lui, avait attendu de trouver l’âme soeur avec laquelle il pourrait se livrer sans risque à des ébats coupables avant même le mariage et sans rien demander aux parents. Bref, à eux deux, ils formaient un sale couple de faux chrétiens intégristes. 26 ans chacun, et toujours puceaux…

 

Elle avait soi-disant trouvé un copain qui avait accepté de leur prêter son appartement afin qu’ensemble, ils puissent joyeusement s’initier aux joies de l’amour physique. Il s’effacerait une ou deux nuits et les laisserait jouir sans encombre de leur Passion commune. Il n’y avait qu’à s’y rendre, un de ces soirs… c’était à environ 30 kilomètres de leur quartier d’origine, de là où vivaient leurs parents entourés de la petite communauté catholique près de la petite église où ils se rendaient à deux tous les dimanches matins.

 

Ils s’étaient connus à l’école primaire, puis elle était partie avec ses parents qui avaient été mutés à l’autre bout du pays du jour au lendemain. Il l’avait retrouvé douze ans plus tard, lorsqu’elle était revenue vivre dans son quartier d’origine avec sa famille.

Ce fut à l’Université qu’ils se lièrent d‘amitié dans un premier temps, avant que leurs relations ne se compliquent et qu’ils ne se rendent compte qu’ils s’aimaient. Leurs rapports au départ très courtois s’étaient considérablement épaissis lorsqu’ils se disputèrent pour la première fois. A la suite de cette dispute, ils devinrent quasiment inséparables. De temps en temps, elle s’absentait.

 

Ca s’était bien passé pendant la nuit. Il l’avait prise entière. Pas même un bout de ses mollets n’avait été épargné par ses doigts ou par ses lèvres. Elle avait vraiment joui, elle avait inondé le lit de toute sa mouillure amère.

 

Mais, au réveil, il se rappela qu’en la pénétrant, il n’avait rien senti se déchirer sous l’impulsion de son pénis. Il mettait ça sur le compte d’une intense activité masturbatoire, mais il n’en était pas certain. Il la voyait mal se faire ça. Tout cela allait être confirmé dans la journée.

 

Il la reprit trois fois dans la matinée, deux dans l’après-midi. Il n’en pouvait plus.

 

Elle se rhabilla vers 15h et sortit en prétextant qu’elle était épuisée et qu’elle allait chercher un peu à manger à l’épicerie du coin. A 17h30, elle n’était toujours pas revenue. Inutile de dire qu’il était inquiet. Il n’avait aucun moyen de la contacter. Dehors, l’épicerie était fermée. Son esprit s’obscurcissait. Au moment où il décrocha son téléphone pour prévenir la police, elle revint… et elle n’était pas seule.

 

Il n’avait jamais vu le propriétaire de l’appartement, mais à l’évidence, c’était lui qui accompagnait sa copine. Physiquement, ce n’était pas du tout lui ; blond, grand, les cheveux très courts, vêtu d’une longue veste noire, d’une jupe bleue ciel et de chaussures en cuir roses. Il se dandinait avec un parapluie vert dont le manche était en bois.

 

« Ca va, l’ami ? » Il fonça comme un dingue sur lui et le gifla trois fois sur la joue, fort, très fort, horriblement fort… avant de le jeter sur le lit dont il venait de se lever et de le frapper avec son ombrelle tour à tour sur le torse et sur le dos, le retournant au gré de ses passions.

 

Il se réveilla. Son amie l’informa qu’il s’était évanoui. L’autre freak avait enlevé sa jupe et se dressait soudain sur sa gauche, sans pudeur aucune. Il sentit son cœur battre de panique et se replia sur le lit. C’était une fille.

 

« Ne t’inquiètes pas ! Tu vas tout savoir », lui dit son amie.

 

« Tu es une saleté de faux chrétien », lui dit l’autre. « Tu as été puni, c’est normal, pour ce que tu as osé faire avant le mariage. » Il regardait son amie sans comprendre. « Elle aussi, je l’ai punie, ne t’en fais pas. Mais laisse-moi reprendre là où j’en étais. Normalement, tu aurais dû attendre le mariage. Tu t’es laissé emporter par tes passions sans aucune retenue. Il était propre au moins, ton pénis ? », lâcha-t-elle, subitement enfantine. Il hocha la tête. « Tu mens ! » Elle se mit à califourchon sur lui, lui retira son caleçon, souleva sa jupe et… il n’y avait rien à faire. Il ne bandait pas.

 

Elle reprit son ombrelle et attaqua ses fesses. Il se sentit comme tout à coup transcendé, et sans se poser de questions, il se jeta sur elle, l’empoigna brutalement et lui rendit tous les coups qu’elle lui avait donné, plus même ; non seulement, il la frappa sur le torse et sur le dos, mais il lui vola son parapluie, et enfonça le manche avec violence dans son vagin, lorsqu’il eut trouvé assez de force pour la coucher sur le lit.

Son amie, frappée d’une stupeur panique, les observait se débattre sans geste.

 

Il n’allait pas la tuer. Ca ne lui était pas passé par la tête. Il allait la menacer et lui demander plus d’explications. Il le fit d’une voix ferme et résolue.

 

Elle hurlait de plaisir : « Je suis lesbienne, tu ne me fais pas de mal là. J’allais nous punir tous les deux en me mettant sur toi. Je n’aime pas la bite. » Elle déploya un rire monstrueux, le genre de rire qui vient du fin fond de l’estomac.

 

D’un air découragé, il retira le parapluie et le rendit à la jeune fille, qui se le réintroduisit joyeusement entre les jambes et se mit à haranguer son amie.

« Viens », lui dit-elle. Il était maintenant debout dans la pièce. Elles jouaient toutes les deux devant ses yeux.

 

Elles en avaient terminé. Sa petite amie le regarda dans les yeux.

« Je ne t’aime pas. Je prends plus de plaisir seule ou avec elle qu’avec toi. Tu n’as aucune endurance. » Effectivement, elle n’était pas vierge.

 

Il prit conscience que l’Amour était comme tout le reste, vide de sens. Il pensait à leurs affinités, à leurs moments communs, à leurs discussions passionnées et à leurs baisers. Il pensait à leur unique nuit ensemble. Tout ça, c’était une belle histoire mais c’était creux. Dieu n’existait pas. Il n’était destiné à rien.

 

« Je t’ai menti. J’ai vécu avec Virginie des moments, des moments aussi doux qu’avec toi. Je ne me connaissais pas. Il fallait que je sache. Désolé. »

 

Elles se rhabillèrent gaiement au son de leurs mots doux. Il les regarda comme si elles n’étaient que deux poupées automates… sans se douter qu’il y avait bien Quelque Chose qui les manipulait.

 

Elles partirent main dans la main, et lui, incompréhensible, incompréhensif, se tenait droit le regard dirigé vers la porte d’entrée qu’elles étaient sur le point d’ouvrir dans l’intention de s'en aller ensemble.


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