Mon Top 20 de films

 

Ecrit pour le site DVDRama.

 

A 24 ans, c’est peut-être un peu tôt pour faire ce genre de listes. Mais bon… ça fait du bien de temps en temps de faire un peu le point. J’ai l’impression chaque année (ça revient) d’avoir fait le tour de la question cinématographique, et puis boom, d’un coup, un choc, un coup de cœur qui relance la machine… jusqu’à nouvel arrêt. Comme je suis arrêté en ce moment, c’est l’occasion de dresser ce top. Je sais, y a pas beaucoup de français, mais je ne me suis jamais senti très français. Et désolé pour la poésie, c’est toujours involontaire.

 

20 En quatrième vitesse (Robert Aldrich)

 

J’ai été franchement étonné par la virulence du ton de ce vieux film… Incroyable de voir un Mike Hammer aussi pervers, aussi violent, aussi cynique. La fin apocalyptique fait assez remue-ménage dans le contexte de l’époque (guerre froide et débuts du consumérisme de masse).

 

19 Hamburger Film Sandwich (John Landis)

 

Ah, les lycéennes catholiques en chaleur, les faux journaux, les fausses pubs... Un film entièrement faux, qui n’existe pas. Mais le faux a fait école. Tu dis merci à qui, Alain Chabat ? Le film de Landis, lui, peut s’apprécier encore plus de 25 ans après, pour la simple et bonne raison que lui, il sait faire oublier ses références.

 

18 Snapdragon (Worth Keeter)

 

Ce film ne dira pas grand-chose à grand-monde, disons que ce ne sont pas ses qualités cinématographiques qui justifient sa présence dans ce top, mais les charmes de l’actrice principale, Pamela Anderson, lesquels suffisent amplement à le citer ici. N’importe qui ayant vécu jusqu’à 16 ans pourra comprendre.

 

17 Un Cœur en hiver (Claude Sautet)

 

Les trois derniers plans du film (Auteuil dans son bar, Béart dans sa voiture, le regard de Dussolier) me hanteront à jamais. Pourtant, je ne me rappelle plus du reste du film, juste des regards désolés de ces trois personnages liés par une histoire d’amour qui finit mal (mais a-t-elle déjà commencé ?). Trois derniers plans qui suffisent à le placer ici.

 

16 Un Chien Andalou (Luis Bunuel)

 

Un quart d’heure de bizarreries et de plans loufoques. On tourne les yeux en voyant l’œil tranché, on est ému en regardant Pierre Batcheff (alors lassé de tourner des ringardises, et proche du suicide qu’il finira par accomplir) voir en transparence les charmes de la dame, on rigole en le voyant traîner un piano, deux ânes morts et un prêtre, on est triste en le voyant se tuer tout seul et retomber au milieu d’un champ sur les épaules d’une dame à moitié nue, etc etc. On comprend rien, mais c’est pas grave. Moi, j’ai tout compris. Moi, j’aime rêver la nuit.

 

15 Blade Runner (Ridley Scott)

 

Mon choc le plus récent, sur les conseils d’un ami. Je n’ai pas encore assez de recul pour en faire une description adéquate. Comme tout le monde avant moi, je louerai donc les incroyables décors, la très bonne prestation d’Harrison Ford, l’ambiguïté de Rutger Hauer… on pourrait jamais n’en finir… Pourtant, d’habitude, je déteste les films lents.

 

14 Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick)

 

Un autre film lent. La jalousie de Tom Cruise fait plaisir à voir, c’est peut-être sa seule bonne prestation dans un film. L’ambiance de ce film est si étrange, on n’a pas l’impression d’un cauchemar, seulement d’un rêve très malsain. Et pourtant, ici on parle de vie, de sexe, de pulsion, de « baiser ». Quelles sont les forces mystérieuses qui poussent l’homme à vouloir posséder une femme ? Cette possession, si elle est une des bases de notre édifice social, est-elle pour autant bénéfique à l’intérieur du couple, devenu avec le temps reproducteur de l’espèce et des structures quotidiennes ?

 

13 Eternal Sunshine Of The Spotless Mind (Michel Gondry)

 

On voit le temps pourrisseur faire son œuvre dans ce film, disait l’autre critique. Il a touché on ne peut plus juste. Ce film a dû sauver nombre de relations potentiellement sur le déclin. Et il donne envie de connaître l’amour sans en cacher les inconvénients. Bref, c’est une superbe publicité pour les bonheurs de la vie conjugale.

 

12 Brain Dead (Peter Jackson)

 

Mon film d’horreur préféré. C’est drôle, extrémiste, romantique (avec un doublage « terror », comme dirait un certain hippopotame).

 

11 Ed Wood (Tim Burton)

 

Pas de mots pour décrire ce chef d’œuvre. Je l’ai sur une VHS avec « La Jetée » de Chris Marker, j’hésitais entre ce film de Burton et le film de Marker (un autre chef d’œuvre). J’ai pris Burton parce que j’aime plusieurs de ses films (contrairement à Marker), et que celui-ci est mon préféré. C’est drôle et loufoque tout du long, puis ça finit amèrement, là où Burton ensuite mettra un peu plus de… sauce hollywoodienne (« Big Fish »). Dommage qu’un si grand conteur ait mis de l’eau dans son vin. Il avait un réel talent.

 

10 Punch Drunk Love (Paul Thomas Anderson)

 

Très beau film d’amour. Adam Sandler est épatant en entrepreneur/ascète timide qui se met à vivre d’un coup sans s’en rendre compte. La fin est très émouvante.

 

9 Donnie Darko (Richard Kelly)

 

Rien que pour la chanson d’Echo and The Bunnymen en ouverture, ce film valait le coup. Et après, le lapin géant, la fin de tout, la jolie fille, les profs, les autres élèves, le pédophile… Voilà ce qu’aurait été un roman de Philip K. Dick s’il l’avait placé dans le contexte réaliste de l’ère Reagan (je sais, j’abuse). Et c’est un film que j’aurais voulu voir adolescent.

 

8 King Kong (Merian Cooper et Ernest Schoedsack)

 

Un singe violent et saturé de désir, métaphore d’une humanité que l’Humanité s’oblige à combattre… Les effets spéciaux n’ont pas vieilli un brin : on verra si Peter Jackson arrivera à conserver la poésie des miniatures en pâte à modeler. Personnellement, je reste sceptique. Les expressions de King Kong agonisant sur l’Empire State Building ne sont pas à la portée de n’importe quel acteur, alors à la portée de n’importe quel programmeur, je crois pas. Ce film est immortel.

 

7 Evil Dead (Sam Raimi)

 

Un bon film d’horreur se reconnaît à ce que quand on le voit pour la quatrième ou cinquième fois, on sursaute encore aux moments-clés. Celui-là, il me le fait à chaque fois. C’est dire combien il est bon. Mais je crois que personne n’a besoin de mon avis ici pour apprécier ce film à sa juste valeur.

 

6 Le Cercle des poètes disparus (Peter Weir)

 

Un film démagogique, diront certains, et ils auront raison. J’ai pris pas mal de distance face à un film que je considérais comme ultime étant plus jeune. Mais comment ne pas être ému devant la quête d’absolu de Neil, de Knox, de Charlie, de Todd, voire de Cameron (le fayot absolu) ? Certes, l’histoire est simpliste, les personnages parfois manichéens, mais comment ne pas être heureux de voir Neil décrocher son premier rôle, de saisir Knox dans les bras de la superbe Chris (qui définit pour un gamin tout ce que peut être une beauté féminine…) ? Comment ne pas être dégoûté devant le cynisme de l’échelle de Pritchard (garantie 100% par tous les directeurs de ressources humaines) ? 24 ans, et déjà nostalgique…

 

5 Ghost World (Terry Zwigoff)

 

C’est déprimant, léger, triste, drôle, cynique, amer… et surtout c’est une description admirable de ce que le monde est en train de devenir : une trappe à commerces où les employés sont des robots, voire des jouets (la séquence où Enid bosse pour un multiplex est édifiante). Il ne reste alors plus que des paumés, des collectionneurs d’objets qui tentent d’oublier leur vide intérieur, et quelques jeunes en quête d’identité qui savent où on les amène et qui ne se laissent pas faire. A choisir, mieux vaut être un paumé que rien du tout.

 

4 Man on the Moon (Milos Forman)

 

Andy Kaufman a réellement existé. Et s’il avait pas existé, on l’aurait inventé pour les besoins de ce film (on me dit qu’il est encore vivant). Ben oui c’est une farce, avec tout ce que personne ne comprend (c’est vraiment un top de paumé). Je dis n’importe quoi, mais si ça vous donne pas envie de comprendre et de voir ce film, alors vous pouvez arrêter de lire ce classement.

 

3 Brazil (Terry Gilliam)

 

Encore un film de « paumés », je sais. Je ne parlerai pas de la merveilleuse musique de Michael Kamen, de l’incroyable Jonathan Pryce, de l’histoire, des dialogues (mention à la nécrophilie), bref je ne parlerai pas de ce film. Je citerai simplement un professeur de cinéma en université disant : « Si vous ne l’avez pas vu, je me demande bien ce que vous faîtes ici. » Rien de plus.

 

2 Robocop (Paul Verhoeven)

 

Un film anti-corporations et anti-yuppie, produit par une grosse boîte d’Hollywood et réalisé par un des meilleurs cinéastes de tous les temps. Tout le monde connaît ce film, je n’en rajoute pas. Disons simplement que je l’avais vu enfant, qu’il m’avait traumatisé… et que maintenant, adulte, il me terrorise encore, même si j’en saisis enfin le second degré. Objectivement, il n’est pas meilleur que d’autres films de Verhoeven, comme « Total Recall », « Spetters » ou « Le Quatrième Homme », trois vrais chefs d’œuvre qui auraient tous pu prétendre à une place dans ce top. J’ai préféré y aller à l’affectif.

 

1 Adaptation (Spike Jonze)

 

Que dire de plus si ce n’est que je l’ai vu plus d’une dizaine de fois, et qu’à chaque fois j’y trouve quelque chose de plus ? Une réflexion sur le métier de scénariste à Hollywood, sur le métier d’écrivain tout court, sur l’art d’écrire, sur la théorie de l’évolution, sur l’origine du monde, sur l’Amour (du prochain), sur l’amour (de soi-même), sur l’amour (de sa vie), sur la passion, sur où elle mène, à l’échelle individuelle, à l’échelle humaine, à… bon, c’est vrai, j’extrapole un peu. Mais tous ceux qui l’auront vu, s’ils ont un peu de culture, et surtout, s’ils savent un peu se remuer les méninges, sauront que ce film est une pépite de laquelle toutes les découvertes peuvent être extraites. Je le recommande particulièrement aux extraterrestres qui me lisent.

 

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