Poèmes en prose
Ecrits pendant un été très très chaud, dans ma chambre, encerclé de murs moites.
Nuits
Crispation sous les couvertures, craquement de drap sous mes pensées. Les étoiles là-bas ressentent ma douce fêlure. Et pourtant un sommeil de trépassé ; enveloppé dans un silence chaotique, je subis l’esclavage nocturne.
Les idées se déroulent. ’’Revenez demain ; laissez-moi dormir !’’ Des supplications désespérées. C’est un orage sans le bruit de la pluie, juste les éclairs, les nombreux éclairs, les incessants éclairs. La foudre a parlé. Je vais avoir droit à une autre nuit blanche.
Chaos
Un Soleil bleu, de nombreuses tasses de café. Et puis plus rien.
Plus rien d’autre. Le feu sous l’océan. Les sirènes. C’est là qu’il faut aller vivre.
Ellipse de soleil
Je t’oublierai, ma princesse. Agitant ton souvenir derrière mes lunettes noires… Mon étoile a craqué, ton rêve s’est dissous dans ma perte. Un rodéo dans l’espace.
Quand je lis, j’ai l’impression de caresser ta peau. Je vis sans toi pourtant.
Et je mourrai en sentant ton haleine, au doux bruit de tes lèvres.
Pleurs
Sur la pente, les gouttes d’eau qui s’effondrent. Mon frère qui se noie. Et les mains inutiles.
Derrière la maison la pluie joue à colin-maillard.
Je n’en ai plus pour bien longtemps. On pénètre dans la chambre à petits flots.
Le plus grand malheur après avoir fermé une porte est d’en perdre la clef.
La fenêtre, elle, est bien ouverte. Deux pas. Un saut dans l’inconnu.
Rideau
Les rues vides. Une indiscutable présence.
La lumière des réverbères se teintait de noir. Le vent rougissait l’atmosphère.
Sous les arbres qui frissonnaient, les ricochets des canettes retentirent.
Je pensais tomber d’une falaise à la lueur de ce poignard. Mes mains ne seraient plus jamais salies par la peur du lendemain. Toutefois, je ne crois pas l’avoir mérité.
J’avais réussi.