Textes à écrire
Voilà des notes concernant une conception sociologique particulière. Si quelqu’un veut rédiger un ou plusieurs textes à l’aide de ces notes, il est libre de le faire. Encore faut-il qu’il parvienne à les décoder, HA HA HA !
De l’écriture
d’une sociologie
Référence au texte « présupposés ». Là encore, mise au jour de nos options.
Becker : « Ecrire en se disant que le lecteur est quelqu’un qui nous déteste ». Hors humour, cela suppose : 1) le lecteur doit être convaincu (le statut scientifique de la socio ?). 2) le lecteur est incapable de participer à la lecture. D’accord sur le premier point, pourquoi (Passeron). Pas d’accord sur le second point, pourquoi et quoi à la place.
1) La sociologie est la science des faits sociaux. Il faut donc se demander si on argumente ou si on prouve. Passeron, langage naturel, mais pas pour autant aller hurler avec les loups de l’herméneutique sauvage. Cela compatible avec point de vue dynamique à la Elias sur individus et sociétés.
2) La sociologie s’écrit comme
n’importe quoi d’autre. Le sociologue manipule jusqu’à un certain degré les
pensées de son lecteur. Analogie roman de science-fiction : le sociologue
décrit/crée un univers avec une logique propre dont le lecteur s’imprègne progressivement
au fil de sa lecture. Il est capable de boucher les trous lui-même quand il y
en a… le sociologue peut donc passer certains éléments sous-jacents à son
raisonnement sous silence. Ce sont les éléments du raisonnement qui sont en
décalage avec sa logique générale qu’il doit détailler afin d’éviter les
malentendus avec son lecteur et d’entraîner celui-ci sur la piste des
prénotions.
Citations Passeron… Breton (prendre un texte automatique, citer un bout rationnel sans dévoiler l’identité du texte, puis construire une lecture de base avec cet extrait…) ou sci-fi
Biographies,
théories sociologiques, interprétation(s) du monde empirique
Passeron : histoire et sociologie épistémologiquement indiscernables depuis la création de l’Ecole des Annales.
Déterminisme social – pas celui de Bourdieu, mais celui d’Elias.
Exemple de construction d’habitus : Gatsby le magnifique, p.19 :
« Dès mon âge le plus tendre et le plus facile à influencer, mon père m’a donné un certain conseil que je n’ai jamais oublié.
- Chaque fois que tu te prépares à critiquer quelqu’un, m’a-t-il dit, souviens-toi qu’en venant sur terre tout le monde n’a pas eu droit aux mêmes avantages que toi.
Il n’a rien dit d’autre, mais il existait entre nous une complicité si rare que nous nous comprenions à demi-mot, et j’ai su qu’il en sous-entendait beaucoup plus qu’il n’en exprimait. Depuis, je m’efforce de réserver tous mes jugements – habitude qui a conduit vers moi de nombreuses natures singulières et m’a rendu victime de quelques raseurs aguerris. Un esprit fragile décèle très vite ce trait de caractère lorsqu’il se manifeste chez un individu normal et, de lui-même, il vient s’y attacher. »
On remarque que le narrateur sait la généalogie de ce qu’il est… mais qu’il naturalise, voire donne comme essentiel les traits caractéristiques des personnes qui l’entourent. Mais ce sont des limites du roman ; s’il veut développer une histoire, le romancier, comme le cinéaste, est obligé de restreindre le nombre de ses personnages significatifs. Le reste est figuration. Le bon romancier et le sociologue partagent cette compétence, disposer des points de vue et mettre au jour les forces qui les amènent à être ce qu’ils sont. La différence est l’objectif de l’écrit : le romancier crée un monde pour y plonger son lecteur, il peut donc se contenter comme le fait Fitzgerald de bâtir quelques personnages complexes et deux-trois autres en arrière-plan pour développer son histoire et exprimer ce qu’il a à exprimer (morale, critique sociale, esthétique du monde - souvent les trois simultanément).
Le sociologue va chercher ces points de vue dans le monde empirique (définition de Passeron) et créer un monde dans le cadre de son écriture, quoiqu’il en dise. Dans une certaine mesure, il va créer une fiction. Il ne va pas pouvoir en rester simplement à la description du monde empirique, parce que le lecteur va reconstruire autour de son analyse un monde sans s’en rendre compte. Il va lire plus que ce qu’il est écrit, il va imaginer de lui-même les figurants de ce monde en se basant pour partie sur ce que lui dit le texte, pour partie sur ses propres prénotions. Limite de ce raisonnement : je considère que lecteur est un rôle défini, avec ses compétences et manques et qu’il ne varierait pas selon les individus qui l’endossent. Mais sans idéal type, pas de sociologie et même, pas de société possible, que cette typologie se base sur des conventions négociées (savoir-faire) ou par des caractéristiques imposées (savoir-être). Société = organisation procéduelle d’activités entre individus, de la simple communication à la construction de fusées spatiales. Le sociologue doit donc s’attacher à développer une exemplification et un raisonnement. La sociologie s’écrit comme n’importe quoi d’autre. Le sociologue manipule jusqu’à un certain degré les pensées de son lecteur. Analogie roman de science-fiction : le sociologue décrit/crée un univers avec une logique propre dont le lecteur s’imprègne progressivement au fil de sa lecture. Il est capable de boucher les trous lui-même quand il y en a… le sociologue peut donc passer certains éléments sous-jacents à son raisonnement sous silence. Ce sont les éléments du raisonnement qui sont en décalage avec sa logique générale qu’il doit détailler afin d’éviter les malentendus avec son lecteur et d’entraîner celui-ci sur la piste des prénotions. C’est l’exemplification qui permet le raisonnement, et non l’inverse.
Habitus se révèle à l’individu et à la société sur le long terme (simple différence d’échelle). Giddens et la réflexivité. En fait, habitus interdépendance sur longue durée historique crée habitus structure sur courte période de vie individuelle. Individu maillon. Individualisme produit de la société – citer Elias. Autocontrainte. Méthodologiquement, user de la théorie d’Elias est préférable à celle de Bourdieu. Dire pourquoi (relire Bourdieu d’abord, utiliser Le sens pratique en arguant que c’est son livre principal de théorisation, on se fout des nuances postérieures).
Il y a déterminisme social parce qu’il y a eu d’abord déterminisme biologique – citer Darwin. Un seul unicellulaire veut dire : structures physiologiques partagées. Nous pouvons nous comprendre ; pas de langage possible sans structures neuronales communes. Possibilité des sciences naturelles d’abord, puis possibilité des sciences sociales ensuite.