L’histoire : un savoir indispensable ?  Une science impossible ?

 

 

Selon le sujet, l’histoire représenterait à la fois « un savoir indispensable et une science impossible » ; remercions donc celui-ci de nous mâcher le travail en nous mettant tout de suite d’accord sur ces faits et en nous donnant un plan que nous ne manquerons pas d’exploiter.

Nous verrons donc en premier lieu si l’histoire est indispensable, et en quoi ; ensuite en quoi elle ne peut être une science.

 

L’histoire n’est pas indispensable. Si on remonte à ses origines, on voit tout de suite le but avoué : répertorier tous les évènements, les classer dans l’ordre chronologique le plus précis, après les avoir raconté de la manière la plus juste ; le fait étant établi à partir de documents divers (livres, ustensiles de cuisine, statues, Pokemons…). Quoiqu’il en soit ce travail est toujours subjectif, étant donné qu’il juge les conséquences des faits décrits, qu’il les dit positifs ou négatifs. Qui sont les historiens pour nous dire qu’il ne faut pas refaire telle ou telle chose, parce que ce serait mauvais ? Tous les historiens ont un semblant de moralistes, et la morale c’est nul.

Chaque Coup d’Etat n’entraîne pas forcément une dictature ; j’ai lu qu’après la prise de pouvoir de Castro à Cuba, la plupart des gens étaient loin d’être malheureux. De même, selon la culture, la nationalité, ou la préférence politique d’un historien, celui-ci peut « déguiser » les faits de façon à ce qu’ils lui soient favorables, voire les censurer. Pourquoi voir forcément dans le communisme un totalitarisme ? Les théories de Marx sont bien loin des pratiques de Staline.

A cause de tout cela, l’Histoire prend des airs de roman, tour à tour onirique ou cauchemardesque. La connaissance de l’histoire ne donne aucun avantage tant qu’il reste des ignorants (pourquoi tant de dictatures en Afrique ?). Pire, elle présente même des inconvénients : certains peuvent vivre dans la peur de nouvelles catastrophes (cf. guerre froide). On pourrait rétorquer que dans le cas de la guerre froide, la connaissance des effets de la bombe A (« testée » auparavant sur le Japon) a permis la sauvegarde de plusieurs millions de vies. Mais la peur de l’époque, a-t-elle emmené quelques anonymes au suicide ? Les choses sont plus importantes avant la mort qu’après. De toute façon, l’historien ne s’intéresse pas à la foule, aux anonymes ; il est obsédé par les grandeurs. D’ailleurs, comme on est tous égaux, pourquoi n’aurais-je pas mon nom dans un livre d’histoire, et un chapitre pour moi ? Qu’ont Jules César, De Gaulle, Hitler et Jésus-Christ (a-t-il au moins existé, celui-là ?) de plus que moi ? A mon niveau, je réalise de grandes choses ; moi aussi, je vis. Il faudrait la liste complète de tous les juifs tués par les nazis pour se rendre compte que c’était une horreur ; cependant, l’historien se contente de chiffres, comme s’il comptait du bétail.

Voilà donc en quoi l’Histoire est loin d’être indispensable : elle est forcément subjective, elle peut romancer ou exagérer, en conséquence de quoi elle n’est qu’un catalogue de plus qui se veut exhaustif, au moins en apparence. Je préfère encore ne rien savoir, et ne pas m’inquiéter pour des sottises.

 

L’histoire est donc une science impossible ; d’un à cause de son côté catalogue toujours incomplet et sujet à modifications ; de l’autre part parce que ces mêmes modifications sont faites par des hommes.

Les biographies, par exemple, sont par leur caractère même des livres d’histoire. Toutes trahissent la volonté de leur auteur : montrer les hauts et les bas de la vie d’un homme, mais d’un point de vue critique. Même si la complaisance y est coutumière (je ne parle pas des autobiographies !), d’autres peuvent rabaisser leur sujet à grands coups d’interprétations « scandaleuses » (mais quelques fois justifiées), ou, plus radical, d’insultes. A force de nouvelles biographies, l’image du « grand homme » dont il y est question divague selon les périodes, comme les récits successifs.

Il en va de même en histoire générale. Or la science, elle, reste toujours juste. La représentation d’un virus est la même par exemple, mais elle devient au fil du temps plus précise, et permet des progrès ; on affine le vaccin, mais il reste le même à la base. Alors qu’en histoire, c’est une représentation qui en chasse une autre ; le déséquilibre constant ne permet rien, et surtout pas le progrès.

Il est donc impossible pour l’histoire d’être une science, car elle est soumise aux fluctuations du temps et des mentalités de ceux qui la font et de ceux qui l’analysent.

 

 

Ce qui ajoute une raison de plus pour dire que l’histoire est loin d’être indispensable : elle ne permet pas le progrès, en plus d’être incomplète et en mouvement constant. La science permet de guérir des blessures, alors que l’histoire ne fait que les raviver.

L’histoire ne fera jamais le poids face à la logique de la mort ; elle est donc inutile. Mieux vaut donc l’ignorer, et vivre au jour le jour. Carpe diem.

Retour à l'index
Hosted by www.Geocities.ws

1