Une pièce surréaliste et brutale :

’’Le carré d’as’’

 

 

Mars 2000. Très représentatif de ma psychologie générale, je trouve.

 

Personnages :

 

Désir, jeune femme fainéante, 24 ans.

Jean-Claude, homosexuel retraité, 58 ans.

Jésus Christ, proxénète, 31 ans.

 

Scène : dans une chambre d’hôtel sale ; il pleut derrière une fenêtre située à gauche du décor.

 

Ils rentrent, et se mettent où ils veulent.

 

Désir : Ah ! L’envie de jongler avec des balles de ping-pong m’est passée pendant la nuit. Que vais-je faire de mon désespoir ?

 

Jésus Christ : Je ne peux pas te convaincre de m’aimer, je suppose.

 

Il défait son pantalon, et se branle.

 

Désir : Je ne peux plus avoir le temps de regarder les couleurs mornes qui (elle regarde par la fenêtre) envahissent ma vie et celles de millions d’autres. La tristesse m’a soumise à la fatalité.

 

Jean-Claude : (il s’allonge sur le lit) Viens, jeune femme, en créant une vie, tu renouvelleras la tienne.

 

Désir attrape Jean-Claude et le frappe.

 

Jésus Christ : Aaaaah ! (il éjacule sur le premier rang)

 

Jean-Claude : (en retournant Désir et la frappant à son tour) Je veux juste baiser, salope !

 

Il déshabille Désir, qui résiste. Désir finit torse nu, alors que Jean-Claude n’a plus son pantalon ni son caleçon.

 

Désir : Oh, et puis vas-y !

 

Elle écarte les cuisses, et Jean-Claude s’y engouffre après l’avoir dénudée.

 

Désir : Tu n’as rien d’autre à proposer, garçon !

 

Jésus Christ les regarde, puis regarde le public d’un œil anéanti. Il sort un revolver et se tire une balle dans la bouche.

 

Désir : (mettant sa main sur l’épaule de Jean-Claude) N’entends-tu pas le cri des villes mortes qui, après avoir pleuré leurs souffrances, y ont mis fin ? Désormais, je ne vois plus de raisons de vivre avec toi.

 

Elle se défait de Jean-Claude, qui se met à rire. Désir se relève et se dirige vers la fenêtre, toujours nue.

 

Désir : La voilà donc, cette nudité de l’homme que personne ne veut voir ! A travers ces averses, je ne peux qu’apercevoir les nombreuses larmes que je n’ai cessé de retenir.

 

Jean-Claude : Ta pensée te perdra. Ah ! le temps fuit trop vite pour que tu puisses rattraper les erreurs de ton passé…

 

Désir : (d’un ton qui laisse Jean-Claude hors de la conversation) J’ai délaissé mes amants les plus farouches pour une vie banale ; mourir et rejoindre les gens qui me manquent est une solution trop facile. Je voudrais tant éviter le malheur !

 

Jean-Claude : (il rit) Ha ! J’en ai marre de t’entendre te plaindre !

 

Désir va chercher le revolver de Jésus Christ, et abat Jean-Claude (plusieurs coups).

 

Désir : (elle pleure) Je ne pourrai… plus…. ! (un cri)

 

Elle ouvre la fenêtre. La pluie mouille son visage et sa gorge.

Rideau.

 

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