Un tas de
bitume allergique
Certains parapluies prétendent le contraire de ce que je ne viens pas de dire : eh bien ils ont tort. Car, voyez-vous ? ; non, vous ne voyez pas ; tant pis, je suis obligé de m’arrêter ici. Adieu ! Ou plutôt non : voici ici, si vous le voulez bien… Comment ça, vous voulez pas ? Alors je parlerai tout seul. Voici donc un dialogue entre deux personnes très compréhensives, Alain et son magnétoscope Sony. La scène se passe sur un baobab :
Alain : (cri épouvantable) Le ton de cette fugue me semble très digestif. Cependant, la nature est une maquerelle indomptable que l’on ne peut oublier.
Sony : Oui, tout à fait Thierry. Les Parisiens en ont pris six, et après ma douche, je vous prierai d’accepter mes salutations les plus distinguées.
A : Non, non. (hésitant) Ce matin, j’ai… (il pleure) j’ai mis au four un plat de spaghettis et… je les ai fait manger au chien ! Que… que vais-je faire ? Quelle sera ma destinée après ce terrible accident ?
S : Les questions sont la proie de la vengeance. Signe ton arrêt de mort et je te préparerai une tarte au foie de morue.
A : La fois où je me suis fait oublier, l’OM a gagné un match contre le syndicat des pommes cinématographiques. (il pète) Oh là ! C’est l’heure de mon rot. Magnétoscope, tape-moi sur le dos (Sony s’exécute ; Alain dégage un rot horrible). « Ce rot, je te le ferai payer », a dit Clint Eastwood dans le film ’’Arnaque à Palm Beach’’.
S : Je sais, et je regrette d’ailleurs la chute des haricots sur les pistes de ski. Ah… la pluie ! Cette escroquerie qui bondit dans tous les coins de ma maison. Je lui ai proposée de faire un disque avec moi, mais elle a prétextée qu’elle avait la migraine… (soupirant) Quand la pluie a mal à la tête, je ne peux que m’assurer contre le vol.
A : C’est dommage qu’il n’y ait plus de roses dyslexiques sur cette Terre. On en ferait de bons shampooings, qui corrigeraient nos fautes d’orthographes dans la douche. Moi, quand je suis dans la douche, et que je parle à voix haute, je fais tout le temps des fautes d’orthographe.
S : Prends donc un verre de cynisme avec ces cacahuètes… Ca te fera l’effet de l’asphyxie… L’étouffement est la meilleure des solutions quand on est obnubilé par le fait d’avoir des morpions dans les gencives.
A : Tu as raison.
S : Ecoute l’amour battre des ailes et tu trouveras le mot qui te manque sur ta grille de mots croisés. (on entend un chant corse) Tu vois, l’isolement c’est l’amour ; l’isolement c’est la tendresse dissymétrique.
A : Pourquoi ? Les laspalles du temps sont inoubliables. Agent lecteur darot des collines.
S : Je sais que tu m’aimes. Approche-toi de mes yeux et écris sur eux, eux qui ont tant envie de recevoir de l’encre…
A : Ô magnétoscope, tu es torride comme la pluie acide qui veut que j’aille à la piscine !
S : Viens, mon amour. (ils s’embrassent passionnément)
A : Tu vois,
S : lorsque je suis en transe,
A : les chèvres assomment
S : mes sens alertés. (nouveau baiser ; Alain caresse derrière le magnétoscope) Petit coquin ! Où mets-tu tes mains ?
A : Tes fesses sont mes ailes. Laisse-moi m’envoler avec toi !
S : (il se met en colère) Ah non ! Ca part dans l’obscénité !
A : Mais… je nous pensais amoureux !
S : (surpris) Ah ouais c’est vrai. (nouvelles caresses)
A : Sony, veux-tu me prendre pour époux ?
S : Oui. (ils descendent du baobab)
RIDEAU
Ainsi s’achève cette histoire stupéfiée, qui nous vaut des pleurs et qui fait rentrer des tonnes de pognon dans les caisses de l’infâme industrie du théâtre. Nous vous laissons imaginer à quoi ressembleront les enfants d’un tel couple, nous sommes en train de calculer nos bénéfices. Au revoir, tout le monde !!