Sonnet ensoleillé

 

« Tous mes jours sont des nuits tant que je ne te vois,

Et mes nuits de clairs jours quand je rêve de toi. »

W.S.

 

Des yeux perchés sur les cieux

T’aperçurent sur un nuage,

Parfumant ton teint délicieux.

Ton charme était en plein rodage

 

Et tu rendais le monde bleu.

Plus que tes lèvres, tes cheveux

Aux anges passants souriaient

Et ceux-ci, trop ravis, tombaient.

 

En bas, un bon diable t’attend

Encore ; d’un lent mouvement,

Il te tend un bouquet de fleurs,

 

La larme à l’œil, la joie au cœur.

Sa tête palpite et se noie :

’’Eh, dis ! Descendrais-tu pour moi ?’’

 

 

 

Ce poème a été écrit pour une fille au prénom trop particulier pour être nommé ici (respectons son anonymat), et qui m’a rejeté. Après avoir essuyé son rejet, j’avais écrit une lettre en réponse dont voici la deuxième partie, bien sanglante :

 

Quand tu dis que l’amour ne se contrôle pas (ce qui est vrai), tu insinues que je t’aime… alors que je te connais à peine. Je te trouvais jolie, ronde… très féminine. Et sympathique, insouciante, timide… mais je te connais pas assez. D’un côté c’est vrai que j’ai envie de tomber amoureux, sans savoir pourquoi, mais je reste méfiant depuis les péripéties de ces deux dernières années.

Tu me penses romantique, eh ben non en fait, je suis qu’un gros obsédé qui fait tout pour arriver à ses fins. On dirait pas comme ça, hein ?!

Et toi, t’es romantique ? Moi je l’étais plus jeune, j’ai l’impression que ça s’en va, je veux pas vieillir, je tente de le rester, mais tout fuit.

’’Tu ne communiques les choses importantes pour toi que par l’écrit’’ : en parlant c’est trop dur et puis de toute façon on s’en fout. Je veux pas me prendre la tête et celle des autres, j’ai besoin d’insouciance. L’écriture, ça défoule, c’est qu’un truc en plus. C’est peut-être pour ça qu’a priori tu serais plaisante. Enfin, que tu aurais été plaisante. Il vaut mieux passer à autre chose, et ne plus être ’’romantique’’ : baiser toutes les filles du coin les unes après les autres, sans se soucier du lendemain. Merci de ton lumineux conseil.

Désolé d’avoir été aussi insultant, mais il fallait que ça sorte. C’est clair, je vais rester comme je suis, étant donné qu’il existe sûrement des filles avec lesquelles je serai capable de m’entendre. Quant à toi, je te souhaite la belle vie avec plein de beaux garçons bien droits, une belle vie insouciante, bien planifiée et sans surprises. ’’Tu finiras comme une satisfaite qui n’a rien fait, n’ayant rien voulu faire.’’

 

Inutile de dire que je ne lui ai pas envoyée. J’avais mes raisons.

 

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