Poèmes automatiques
pour Nathalie
Ecrits en décembre 1999, alors
que je souffrais du départ de cette fille vers d’autres horizons scolaires et
que je faisais tout pour la revoir. Les poèmes sont restés beaux, pas elle.
J’ai la foi
Pour pas longtemps, les voies les plus sévères semblent se boucher sur son chemin. Quand je te vois les obstacles s’annihilent. Je t’aime Nathalie j’ai envie de toi de tes poumons de respirer le même air que toi de te respirer. Sans doute c’est compromis mais les lapins courent dans les près à la recherche de Jésuites moins mous que des biscottes. Tu es la seule l’unique tu es ma pommade pour me guérir. Je t’aime en attendant je casque je suffoque. La noirceur m’attaque et dans le noir je ne tu n’es plus là, tout est éteint la mer s’évade dans les greniers fermés. Il n’y aura plus de couchers de soleil sans toi. La Lune et ses brouillards viendront me tuer et je t’aime pourtant pourquoi pas car les pâtes au caramel ne sont pas ton plat préféré. Je me doute de tes sourires quand dans le lointain on voit concentrées des milliers de petites lunes vertes et rouges qui clignotent sans cesse d’une couleur à l’autre. Sous tes regards le chant des oiseaux se plie et revient dans ta bouche, là d’où tout vient ; ta bouche, l’origine des insectes qui piquent les footballeurs qui mentent à l’arbitre et l’origine de moi. Je renie ma mère car je t’aime. Je veux tout quitter je t’aime je t’aime je t’aime je t’aime ma Nathalie aux beaux cheveux de bonheur blond, aux belles cuisses de désir et tes yeux je veux qu’ils me regardent avec amour parce que mes yeux, le miens, le feront longtemps, très longtemps, jusqu’à la fin.
Pluie et
brouillard
Attendre, ça tue. Je t’aime avec tes drôles de cheveux rouges qui ne gâchent rien car tu as de belles joues et les petits yeux qu’il me faut afin d’être heureux. Je te veux avec moi sous la neige tondue par les branches d’arbres et le carrelage qui forme pieds et cieux n’a pas la mauvaise haleine que l’on reproche aux bouledogues saignants. Sans toi les voiles de mariée ne sont rien que des troncs d’arbre qui saignent, décharnés, désossés et avec un sourire dont personne ne peut avoir honte. Les monstres les plus variés me jettent dans les puits profonds et sombres les nuits d’hiver lorsque tu n’es pas là. Pour remonter je pense à toi. Pour redescendre je ne sais ce qui me pousse à t’oublier. Les saucisses angoissantes du lendemain disent que je ne suis pas un jouet, et pendant que je le réfute en hurlant, tu remontes mon cou en m’embrassant d’une façon si tendre que même le pire des ours serait calmé par tes caresses. Mais les ours n’ont rien à voir là-dedans : c’est moi que je veux que tu aimes. Je vais y arriver peut-être. Donc les seules fois où tu ne voudras pas me revoir seront les seules fois où je souffrirai. J’ai hâte de te revoir rire ; ce petit gloussement qui résonne encore dans mon torse comme si il était le mien. Ce petit gloussement, je veux l’entendre et le retenir, je veux l’embrasser, avant qu’il ne sorte, même je veux que tu sois à moi. Et toi, si tu veux, je te mangerai entière, je t’aime, je t’aimerai. Sous des violons massifs qui cogneront sur un tambour vert, la plupart de nos baisers feront tellement de bruit que les morts se réveilleront assourdis et que les vivants ne seront plus que des tenailles végétales. Je t’aime je t’aime je t’aime il n’y a plus rien après toi juste des mots qui se frappent, qui hurlent. Toi douce onomatopée ; et dans ce dernier appel, ce dernier petit bourdonnement, se cache des millions de splendeurs dont mon amour ne se séparera pas.