Poèmes pour Mélanie

 

 

Deux textes écrits en pensant à elle, lorsque j’étais plein de son insolite expressivité, qui s’est avérée être avec le temps aussi profonde et authentique que je me l’imaginais. Mais je suis un idiot. Comme d’habitude, il reste de jolis poèmes. C’est toujours ça de gagné pour le monde.

 

A la gloire, au regret, de l'idéalisme perdu

 

Gracieuse au regard de tournesol à la lueur du soleil

Gracieuse à la voix claire et fluide comme l’eau des torrents de Drôme

A la moue de bouche fraise dont m’échappe l’arôme enfumé de rares expirations

Au calme légendaire mythique imaginaire

Qui cache des battements de cœur de jeune fille en quête d’horizons lointains

A la gorge fissurée d’angoisses inaudibles qui s’épanchent en des accords charmeurs

Gracieuse

Qui ne veut pas que je poursuive à l’aimer

Que j’écrive la suite de ce poème

Que je me souvienne d’elle

Gracieuse

Me disparaît – M’a disparu.

 

Guerre

 

Ma vie pourrait se résumer à une suite de bisous. Je n’en ai jamais assez. Surtout lorsqu’ils sont donnés par une bouche aussi voluptueuse que celle de Mélanie, ma Mélanie, dont les yeux, étincelants de quelque chose de purement Mélanie et que je veux faire mien sans succès, se cachent sous ses paupières pour étinceler.

Par les effleurements, par les câlins, par les caresses, qui représentaient chacun des sortes de nouvelles étapes, je n’arrivais pas à saisir cet absolu qui est le sien, alors je suis passé aux bisous. J’ai amené mes mains de partout où je pouvais sur son corps, et même dans son corps, mais elles ne m’ont rien rapporté. J’ai posé mes doigts, rapproché mon nez, déployé ma langue partout où je pouvais, sur les myrtilles de ses seins, sur la pomme de son nombril, et plus bas encore, là où se situent d’autres fruits aussi savoureux et qui me délectent sans mystère. Mais ça n’y faisait rien ! Elle ne voulait pas me donner sa Mélanie ! Il ne me restait plus qu’un moyen, le dernier ; si celui-ci ne marchait pas, j’étais définitivement perdu. Il fallait que je lui fasse un bisou. Je ne savais pas encore où, mais il ne fallait pas que je perde de temps. Je le lui donnai sur la joue. Au moment où je posai mes lèvres, ce fut comme si elle m’en cédait un petit bout… mais juste comme, parce qu’une fois que j’étais éloigné, ce fut comme si je ne lui avais jamais fait de bisou. J’étais frustré. Elle avait un grand sourire alors, et j’étais sûr qu’elle faisait exprès pour me rendre jaloux. Je voulais quand même, il n’était pas question de me laisser abattre. Elle me défia alors en avançant sa moue. C’était intimidant, c’était intime. Si je le faisais, elle allait peut-être avoir mon secret à moi. Mais… je voulais avoir le sien à elle, alors je me lançais. Et il me fut révélé. Enfin… je crus le découvrir ! Nos lèvres descellées, il était déjà parti. Mélanie me regardait comme si je ne lui avais rien dit, ce qui n’était pas vrai, puisque je venais de lui donner un bisou. Elle s’approcha, et me le rendit. Une fois revenu de ce voyage involontaire, je m’aperçus que je n’en avais pas plus. J’étais en colère. Mélanie tendait de nouveau ses lèvres, comme si elle m’ordonnait que je l’embrasse là, tout de suite. Elle n’allait pas m’avoir à ce jeu-là. J’y mis toute ma fougue.

Depuis ce jour, je lui fais des bisous de plus en plus forts. Elle ne me fera pas renoncer. En plus, je suis sûr que ça lui ne fait pas plaisir, ainsi que je m’acharne ! Elle a beau sourire, elle ne m’aura pas. Parce que c’est moi qui l’aurai d’abord ! Et… na !

 

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