Le Héros aquatique : trilogie en une pièce de théâtre et deux poèmes

 

 

I[1]

 

Personnages :

 

Arthur, 31 ans, trisomique

Hélène 27 ans, actrice de sitcom

 

Décor : banquise orange sur fond de paysage alpin. Il pleut.

 

Ils rentrent en sautant.

 

Hélène : Je nettoie par terre, mon chéri. Quoi de plus ennuyeux que la terre qui tremble ? On doit vraiment s’emmerder au Japon.

 

Arthur : Il faut dire que je n’ai pas de fiancée. Ca facilite les choses pour le spectateur. Ne pas marcher sur le gazon.

 

Hélène : Il est temps de faire rentrer un nouveau personnage.

 

Hélène sort. Silence complet pendant une demi-heure. Puis miaulement off.

 

Arthur : Comme la Lune est lyrique en ce beau jour d’été ! Les oiseaux font de l’haltérophilie, ce qui leur vaudra un jour ou l’autre de passer devant un tribunal. Elle est ridicule avec son chemisier rempli de sang. Elle n’a pas fini de sourire sans son mouchoir.

 

Hélène rentre.

 

Hélène : Ta mère n’est qu’une éponge luxuriante dont les aisselles jouissent lentement mais sûrement de ses odeurs nauséabondes. Satan le colibri.

 

Arthur sort de sa chemise une rose, laquelle se transforme en chapeau ; puis un hippopotame sort du chapeau.

 

Arthur : Le premier tour de magie qui sait surprendre.

 

Hélène : Tu ne manques pas de charme. Néanmoins, tu n’es pas digne de la pucelle que je ne serai jamais.

 

Arthur : Le tractopelle est mort parce que le roi du Trésor Public, notre gourou à tous, a décidé d’allonger ses bras comme un éléphant déshydraté. Ira-t-on nous pendre au petit matin ?

 

Hélène : Ce sera difficile de finir sur une aussi bonne note. Sinon à part ça, ça va ? Ca va. Je viens d’aller à la boulangerie, mais il n’y a plus de pain. Ah ! Zut ! Je comptais y aller. Que vais-je faire ? Allez à l’épicerie, leur pain est excellent.

 

Arthur : Pain souffrance.

 

Hélène : Tout à fait. Mais les carreaux n’acceptent pas qu’on te laisse sur eux.

 

Un ange passe, puis s’envole.

 

Arthur : Rien de tel qu’un bain chaud pour mourir doucement ! Claude François l’a prouvé. L’eau est si relaxante…

 

Hélène : … on dirait du sucre auquel je dis : « je t’aime ». C’est un morceau de sucre sexy parce qu’il est écarlate comme une clef des songes qu’un magicien misérable aurait voulu détruire.

 

Arthur : Maximum nourriture place télégénique pirater. Et avoine aussi !

 

Après avoir hurlé à tue-tête, ils sortent main dans la main.

 

 

II

 

Le retour on se croirait au cinéma

Ma ma ma Et le croissant de lune érection voiture

Les ouragans de jonquilles tellurique manifestation

Eden en Turquie avec les ours les plus connus du moment

Babybel Mars Twix ceci est une publicité pas un poème

Consommez mes amis

La vie est consommation de poussière

Le regard bleu qui méprise elle ne veut pas ça se voit

Elle me regarde pour pouvoir me dire que ce n’est pas la peine pour me faire vomir cigare drogue douce Allemagne

Tu redeviendras manège couloir ? Non tu balançoire rondelle ?

Alerte rouge ! Il y a du gaz imperméable

Derrière les rayons du Soleil

Le lion se cache non en fait il est mort ce soir

Mais Jésus est là il va le guérir

Grâce au clonage

Jésus fellation Marie sodomie Saint-Esprit et cunnilingus Allah 69 Mahomet lévrette Bouddha

Sex and Religion êtes-vous sûr d’aimer la guitare

Se marier avec hirondelle rire diligence hécroiiiiiii ya !

 

 

III

 

La trilogie Patrick Duffy salle à manger

Irrigation balai de sorcière un bébé sans jambes

Aaaa tub tub tub tub tub… C’est l’heure de manger

Palam Palam di de dou da pali palo taaaaa !

Enchanté ironie « Paroles d’une chanson » Economisez grâce à

Smarties enfants hétérogène Tampax

Les chiens ont droit à leurs croquettes eux aussi

Héros qui nage ! Salade malade !! Et voleur qui souriiie !!!

Tu ne peux pas rester là l’orque à tête d’alligator

Refuse de perdre ses dents de lait

Possédé par sa tante l’incestueux cousin raquette de tennis

Le bateau comme un cerf-collant

Le dernier parmi les victimes de ce cauchemar

Des gens suivent parfait léopard koala camions qui sourd-oreille

N’ont pas l’anatomie d’un piéton sur chaise roulante

Mais alors est-ce vraiment un piéton ? Phrase célèbre de Shakespeare

Regarde-moi si tu l’oses, que je te viole l’œil

Flambant neuf téléphone suivre le fil de la fusée

Je de maux ventre ouvert pour réparer le téléphone

Ailleurs Fort Boyard c’est ailleurs

Père Fourras un pied dans la tombe plus une cuillère



[1] Quelques phrases ô combien prémonitoires pour moi se cachent dans cette première partie du texte. Il est toujours étonnant de voir à quel point dans certains écrits automatiques quelques phrases peuvent s’enchaîner, faire lien, présager d’un futur alors inconnu.


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