La Fin du monde
C’en était trop.
Il n’avait jamais rien eu de sa vie : les belles voitures, les filles en bikini, le bronzage au bord des piscines des grands hôtels… Tout ça lui échappait injustement, ainsi que sa vie, qui s’en allait progressivement sans qu’il ne pût rien faire.
Mais cette fois, c’était décidé : il allait agir.
Il allait construire sa machine dans un élan d’ingéniosité dont seuls les plus grands paresseux étaient capables. Au moment où il appuierait sur le bouton, tout s’arrêterait autour de lui et il pourrait bouger où bon lui semble sans que personne ne bronche.
Il pourrait alors toucher les jolies femmes en bikini autour de la piscine et profiter du luxe qui lui était interdit. Il ré-enclencherait la course du temps dans ses moments de lassitude afin que les autres se remettent à fournir du nouveau pour son confort. Et peut-être même que, comme dans les meilleurs films, il bénéficierait d’une quasi immortalité.
Le grand soir arriva après deux ans acharnés de travail.
Tout était prêt pour son expérience ultime de la jouissance.
Au moment où il posa son doigt sur le bouton de la machine, son doigt resta posé sur le bouton de la machine.