LAFARGUE, Paul, Le Droit à la paresse, Le temps des cerises, 1996 (1ère édition : 1880)

 

Neveu de Marx (avec des anecdotes marrantes contées en introduction sur le fait que Karl voulait d’un mari financièrement aisé pour sa fille ; pragmatique, hein ?). Titre trompeur. Les citations suffisent à résumer.

 

Citations

 

« Dans les pages qui vont suivre, je me bornerai à démontrer qu’étant donné les moyens de production modernes et leur puissance reproductive illimitée, il faut mater la passion extravagante des ouvriers pour le travail et les obliger à consommer les marchandises qu’ils produisent. » (p.59 ; il ne savait pas qu’une fois appliqué, ce système mènerait à plus de capitalisme encore ah ah ah)

 

« (…) la passion aveugle, perverse et homicide du travail transforme la machine libératrice en instrument d’asservissement des hommes libres : sa productivité les appauvrit. » (p.60)

 

« (…) en se serrant le ventre, la classe ouvrière a développé outre mesure le ventre de la bourgeoisie condamnée à la surconsommation. » (p.67)

 

« Dans son Economique, Xénophon écrit :

 

« Les gens qui se livrent aux travaux manuels ne sont jamais élevés aux charges, et on a bien raison. La plupart, condamnés à être assis tout le jour, quelques-uns même à éprouver le feu continuel, ne peuvent manquer d’avoir le corps altéré et il est bien difficile que l’esprit ne s’en ressente. »

« Que peut-il sortir d’honorable d’une boutique professe Cicéron, et qu’est-ce que le commerce peut produire d’honnête ? Tout ce qui s’appelle boutique est indigne d’un honnête homme (…), les marchands ne peuvent gagner sans mentir, et quoi de plus honteux que le mensonge ! Donc, on doit regarder comme quelque chose de bas et de vil le métier de tous ceux qui vendent leur peine et leur industrie ; car quiconque donne son travail pour de l’argent se vend lui-même et se met au rang des esclaves. »

Prolétaires, abrutis par le dogme du travail, entendez-vous le langage de ces philosophes, que l’on vous cache avec un soin jaloux : un citoyen qui donne son travail pour de l’argent se dégrade au rang des esclaves, il commet un crime, qui mérite des années de prison. » (pp.84-85)

 

« Le rêve d’Aristote est notre réalité. Nos machines au souffle de feu, aux membres d’acier, infatigables, à la fécondité merveilleuse, inépuisable, accomplissent docilement d’elles-mêmes leur travail sacré ; et cependant le génie des grands philosophes du capitalisme reste dominé par le préjugé du salariat, le pire des esclavages. Ils ne comprennent pas encore que la machine est le rédempteur de l’humanité, le Dieu qui rachètera l’homme des sordidae artes et du travail salarié, le Dieu qui lui donnera des loisirs et la liberté. » (p.86 ; dernier paragraphe)

 

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