Je t’aime

 

 

Premier et dernier poème écrit en état d’ivresse. De toute façon, je n’aime pas le goût de l’alcool.

 

Je veux pas avoir mal je veux avoir bien je peux pas rester la tête comme ça dans cet état là parce que je refuse de voir ce qu'il n'y a pas devant moi lorsque tu n'es pas là et toi tu es là à la place des gens qui me rejettent pour m'aimer pourquoi tu veux pas admettre que je ferais un super petit copain si j'étais en confiance et tu veux pas me donner confiance tu veux pas faire de moi l'amoureux dont tu rêves je ne veux pas être chose que l'amoureux d'une fille belle cultivée et drôle comme toi comme moi parce que oui je suis beau quand je m'y mets il suffit que je change ma garde-robe pour être beau hier je l'étais j'essayais de t'oublier et de draguer d'autres filles elle me regardait dans la bibliothèque elle était belle et cultivée et drôle mais je voulais pas elle je voulais toi toi toi toi pourquoi faut-il que toi tu veuilles pas de moi ou que tu fasses exprès de pas vouloir de moi pour pas te faire de mal tu voulais m'embrasser quand je chantais ’’Brazil’’ dans le restaurant et moi aussi toute la soirée je voulais te prendre dans mes bras je voulais t'amener dans les lieux que tu connaissais pas j'ai regretté mercredi hier soir d'aller au Pharo j'ai vu les moments merveilleux qu'on y aurait passé l'amour sur ce canon aux formes allongées les roulades sur cette herbe verte comme le paquet de haricots et j'ai quasiment pleuré l'autre type il savait pas comment faire pour me dire ça va aller parce que ça va pas ça peut pas aller tu m'as lâché au moment où je m'apprêtais à prendre mon envol mais mon aile gauche était encore cassée je veux pas m'envoler je veux pas je veux pas mon hippopotame dont je suis le fox à poil dur pourquoi tu le nies s'il-te-plaît pourquoi tu le nies fais de moi un adulte ne me casse pas comme l'autre t'a cassée je suis sûr que tu reproduis le même schéma avec moi pour te venger nous serons deux adultes triomphants dans la jungle du marché c'est la lutte finale badaboum badaboum et nous ferons badaboum badaboum sur des lits à baldaquin en jouant aux dominos nous serons plein d'adresse badaboum et je me battrai avec toi dans l'infini des jeux de lutte que nous inventerons chaque fois de nouveau c'est toujours nouveau ton visage est différent chaque jour et le mien aussi nous nous rejoignons dans la différence et quand ça se rejoint dans la ressemblance ça crée des moments magnifiques des batailles de polochons qui n'ont pas encore eu lieu des blagues de nazi sur un banc et des caresses près d'un lycée d'étudiants sans honte ni gêne qui refusent d'assister à leur cours de chimie où on met dans les tubes à essai des morceaux de toi et de moi pour nous mêler et ça fait badaboum niroum baby comme quand on hurle à tue-tête l'internationale dans la rue ma Marion aux yeux sans description qui m'ont ému un mardi après-midi en attendant un cours de linguistique et qui m'émeuvent encore plus quand je les entends dire "non je suis pas irréelle" parce qu'en plus tu es vraie je ne t'ai pas rêvée ce jour-là tu es vraie tu es encore plus belle que je le croyais je me trompais tu es plus que la femme de ma vie tu es la femme de ma mort fais en sorte que je reste ici je t'en prie je t'en prie faut-il que je prie Dieu alors qu'il n'existe pas ce salop il m'a abandonné alors que j'aurais pu être son fils un créateur fais de moi un créateur ne me laisse pas aller sur mon chemin de destruction seul et sans toi ni loi sans toit ni loi où nous habiterons bientôt ensemble je te le promets je te manquerai les soirs où nous irons coucher chacun de notre côté avec des gens différents en sachant que nous deux on s'aime et qu'on va mourir ensemble pour voir ce qu'il y a de l'autre côté du miroir où nous n'existerons plus sauf en rêve notre vie aura été aussi belle qu'un rêve et la mort ne pourra faire en sorte qu'on s'oublie ma luciole à la lumière verte qui aura défié la mort et m'aura éclairé jusqu'au bout     et au-delà…

 

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